mardi 27 avril 2010

Escapade à Paris



Aujourd’hui, point de littérature, mais je vous parlerai de peinture et de Paris.
Hier était annoncé comme le jour le plus beau et le plus chaud de la semaine. Pour une fois, le hasard fait bien les choses. Cela fait 3 mois que cette journée est prévue. C’est William Tuner qui en est l’alibi, si tant est qu’il m’en faille un pour aller à Paris. Quelle journée !!!!!!

Il est 7h, et je grimpe dans le TGV, qui 1h 30 plus tard me déposera gare de l'est. Il fait beau et le fond de l'air est agréable, je prends mon courage à deux pieds, et je fais le parcours jusqu'aux Galeries du Grand Palais à pied........1h 20 de marche, ne passant par les Halles, la rue de Rivoli, la Concorde, et la salle d'exposition.





Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée du Louvre, Paris, la Tate Britain, Londres et le Musée du Prado, Madrid.
Elle a été présentée à la Tate, Londres du 23 septembre 2009 au 31 janvier 2010. Elle sera ensuite présentée au musée du Prado, Madrid du 22 juin au 19 septembre 2010.


Joseph Mallord William Turner

Peintre aquarelliste et graveur, né à Londres le 23 avril 1775, et mort le 17 décembre 1851 à Chelsea. Il sera influencé par des artistes comme Guillaume Van de Velde,Aelbert Cuyp, John Robert Cozens, Wilson, et Claude Gellée dit Claude le Lorrain, ou encore Nicolas Poussin. Il travaillera d'abord la gravure. Renommé pour ses huiles, il sera considéré comme un maître de l'aquarelle et gagnera le surnom de peintre de la lumière.Tout au long de sa vie il voyagera à travers l'Europe, et notamment l'Italie et Venise. Turner, lèguera à sa mort ses œuvres à La National Gallery de Londres. C'est , de nos jours à la Tate Gallery, que la majorité de son œuvre est visible.
















Que dire, sinon, que des chefs- d'œuvre sont ici réunis. Turner est exposé avec les artistes qu'il a en son temps admirés et dont il s'est inspiré. C'est formateur de pouvoir comparer les toiles, et la manière dont est interprété un tableau. On voit d'emblée le génie de Turner à peindre la lumière, à faire du ciel un "personnage" de la toile..La dernière partie de la vie de Turner , est celle dont les toiles me sont le plus familier: des paysages, disparition du figuratif, des tons incandescents.


Comme la journée s'annonce chaude et magnifique, je me décide à revoir un quartier de Paris où j'aimerais bien y posséder une maison, ou un appartement avec terrasse et vue sur Paris........il n'est pas interdit de rêver.

Je me dirige d'abord vers le cimetière de Montmartre; Berlioz, Michel Berger, La Goulue, Jean -Claude Brialy, Dalida y reposent. Au fil des allées o découvre des choses fort humoristiques.....



Mourir? Plutôt crever!!!!! pas mal comme épitaphe.....

Le Sacré- cœur, et une vue sur Paris à faire pâlir d'envie

lundi 26 avril 2010

Camus, l'homme révolté


Camus, L’homme révolté



Auteur : Pierre-Louis Rey

Edition : Découverte Gallimard n°488 (2006)

Nombre de pages : 123

Table des matières :

I « Ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu »

II. « Il faut imaginer Sisyphe heureux »

III. « Peste/C’est un monde sans femmes et donc irrespirable »

IV. « Je me révolte donc nous sommes »

V. « Il me faut un peu de solitude, ma part d’éternité »

Témoignages et documents

4ème de couverture :

Quand Albert Camus meurt dans un accident de voiture, le 4 janvier 1960, il n'a que quarante-six ans. Journaliste, philosophe, romancier, dramaturge, il a reçu deux ans plus tôt le prix Nobel. Pour ce «Français d'Algérie» pauvre et sans racines, le tragique est indissociable de l'aspiration à un bonheur qu'il sait aussi précaire que le soleil de midi. S'il voue sa vie entière au théâtre (Caligula, L'État de siège, Les Justes), ses romans (L'Étranger, La Peste, La Chute) et son œuvre de journaliste l'imposent comme un écrivain majeur et un des principaux acteurs de son temps. Tandis que les héros de ses livres se révoltent contre l'absurdité de la condition humaine, lui s'insurge au fil des colonnes d'Alger Républicain et de Combat, au nom de la démocratie, contre les injustices du colonialisme, du communisme ou du franquisme.
Pierre-Louis Rey revisite la vie et l'œuvre de ce créateur de mythes, «solitaire et solidaire», qui fut par sa plume et la constance de ses engagements la conscience de toute une génération.

Mon appréciation :

Qui ne connaît pas Albert Camus ? Cela peut paraître saugrenu de poser la question tant l’écrivain et l’homme font partie de notre patrimoine culturel, et, historico-littéraire. Et bien je lève le doigt, un peu confuse, car en effet, je n’ai jamais lu la moindre ligne de cet auteur.

En cette année, où nous commémorons le 50 ème anniversaire de sa mort, j’ai voulu réparer cela. Il m’a paru avant tout plus judicieux de commencer par savoir qui était vraiment Camus.

Ce court ouvrage, a eu le mérite de me donner une base intéressante sur la personnalité de cet auteur, sur ses combats, et son œuvre.

Je relève un attachement profond à sa terre natale, l’Algérie, qui sans doute expliquera son ambigüité et sa difficile prise de position face aux évènements qui s’y dérouleront. Il était également profondément attaché à sa mère, à son instituteur auquel d’ailleurs il dédira son prix Nobel.

Ce livre laisse une large part aux combats, et aux prises de positions politiques auxquelles prendra part Camus, ses relations difficiles, en dernier avec Sartre. Un homme en constante révolte.

Trois de ces œuvres retiennent mon attention pour de prochaines lectures : l’étranger, la peste, et, la chute.

Comme toujours dans cette collection, et à mon grand bonheur, cet ouvrage est agrémenté de photos, d’images, d’extraits de manuscrits de l’auteur. Cela donne un ouvrage digeste et accessible.


dimanche 25 avril 2010

La valse lente des tortues


La valse lente des tortues


Auteur : Katherine Pancol

Edition : Albin Michel

Nombres de pages : 673

4ème de couverture :

Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode.
Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d’éliminer l’inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d’immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.

Mon appréciation :

Tout comme le premier, j'ai aimé ce roman. Non pas pour ses qualités littéraires, mais pour le côté dérivatif et récréatif de cette lecture. Tout comme pour le premier opus, je me suis laissée emportée par les aventures rocambolesques, et à la limite du plausible, de tous les personnages. Il y a un peu plus de suspense, un peu plus de tragique. L'auteur varie donc les plaisirs pour mieux capter son lecteur.


L'homme qui m'aimait tout bas



Eric Fottorino est né en 1960 à Nice. Il est notamment l’auteur de 3 romans publiés chez Gallimard, Caresse de rouge (prix François –Mauriac), Korsakov (prix des libraires), et Baisers de cinéma (prix Femina).

Directeur du groupe La vie-Le Monde






L’homme qui m’aimait tout bas

Auteur : Eric Fottorino

Edition : Gallimard

Nombre de pages : 148

4ème de couverture :

Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait «à l'ancienne», ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. «Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil», écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.


Mon appréciation :

Eric Fottorino est journaliste, dirige le quotidien Le Monde, et pratique le cyclisme. Il passe son enfance avec sa mère, à Bordeaux. Il a dix ans, lorsqu’il est adopté par Michel le jour où il épouse sa mère. La famille part s’installer à La Rochelle. Michel exerce la profession de masseur- kinesithépeute. Il est celui qu’on appelait l’homme aux doigts d’or. Il apportera dans la famille le soleil de sa Tunisie natale et son goût pour le cyclisme qu’il transmettra à son fils. Eric Fottorino aura deux frères. En 2008, Michel, séparé de sa femme, est retrouvé mort dans sa voiture, sur un parking ; il vient de se suicider………..

C’est en relatant ce tragique évènement que l’auteur commence ce vibrant hommage à l’homme et au père qu’il a été pour lui. Tel un peintre, qui par petites touches rempli sa toile, l’auteur va au fur et à mesure, et avec beaucoup de pudeur, nous raconter son père, et nous faire partager son enfance d’enfant adopté, élevé, éduqué et surtout aimé par celui qui est entré dans sa vie alors qu’il avait dix ans.

Lors de sa parution, j’avais entendu parler de ce livre, et surtout j’avais longuement entendu le journaliste de défendre, Le sujet m’avait interpellée. Ce livre m’a choisie il y a peu de temps ; et c’est rapidement que je l’ai lu. C’est assez paradoxal, parce bien que l’ayant lu avec gourmandise, et ayant trouvé le style agréable, je lui ai trouvé beaucoup de longueur. L’auteur tente de trouver un sens au geste de son père, sans y parvenir. Peut-être était-ce trop tôt ?

Il est écrit avec beaucoup de pudeur, et j’ai l’impression de ne pas avoir appris énormément de la vie du personnage dont il est question. Cela me laisse une petite impression d’inachevé. Cela n’ôte rien à la délicatesse de l’hommage filial dont Eric Fottorino nous fait ici la démonstration, ni au témoignage poignant de la paternité.

Le père n’est pas seulement celui qui apporte ses gènes, mais surtout celui qui élève et aime.



samedi 17 avril 2010

La trilogie New Yorkaise






Je vous propose de découvrir un écrivain New-Yorkais, qui n'écrit qu'à propos de sa ville.

Paul Auster


Né à Newark( New- Jersey) en 1947. Il vit à Brooklyn.
Poète, traducteur, il est l'un des écrivains les plus brillants de sa
génération.















Trilogie New-Yorkaise

Cité de verre(1985)-Revenants(1988)-La chambre dérobée(1988)

Auteur : Paul Auster

Editeur : Babel/Actes-sud

Nombre de pages : 444

4ème de couverture :

De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l'art de la narration est sans doute la plus déterminante. C'est qu'il suffit de s'embarquer dans la première phrase d'un de ces trois romans pour être emporté dans les péripéties de l'action et étourdi jusqu'au vertige par les tribulations des personnages.

Très vite pourtant, le thriller prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.

Mon appréciation :

Tour d’abord pourquoi avoir fait le choix de cette lecture ? Pas pour l’auteur ; bien que je le connaissant de nom pour l’avoir souvent vu et entendu parler de ses romans, je n’ai jamais jusque là eu l’envie de le lire. C’est tout bêtement –si je puis dire- un séjour à New-York dont je suis revenue toute chamboulée, qui subitement m’a attirée vers la littérature ayant New-York comme toile de fond ; et elle est abondante tant dans le roman, que dans le polar. Paul Auster, New-Yorkais, était naturellement incontournable.

La trilogie se compose de 3 romans assez courts, dont l’action se situe au cœur de cette ville, et objet principal de l’œuvre.

Dans cité de verre, Quinn un écrivain, accepte après réflexion de se laisser passer pour Paul Auster, le détective, afin de mener une enquête au sujet de Peter Stillmann que la cliente soupçonne de vouloir assassiner son propre fils. Je reste encore sous le charme de cette fameuse promenade du détective au grès des rues et des avenues de la ville. Ce sont 3 pages dans lesquelles l’auteur décrit minutieusement ce qu’il voit. Ce dernier incite le lecteur au voyage, à la flânerie, et pour moi à la nostalgie d’une époque pas très lointaine où je déambulais, les cheveux au vent, et les yeux au ciel à l’assaut de Broadway et des rives de l’Hudson River……Peut-être manquait-il le souffle et l’énergie qui imprègnent New York.

Dans Revenants, il est question de Bleu, le détective, qui opère une filature dans New-York, à la demande de Blanc, à la poursuite de Noir un homme oisif.

L’auteur dépersonnalise à l’extrême se personnages, et s’muser à les confondre et à faire de tous, tour à tour, des détectives. Il entretient le mystère entre eux puis personne ne doit rentrer en contact direct avec personne. Le lecteur, se laisse ainsi dépossédé de l’intrigue, qui au final est d’une grande banalité, et sans grand intérêt, pour se concentrer sur l’objet de l’œuvre : New York. Et pour ma part, j’ai trouvé cela très réussi.

Dans La chambre dérobée, le narrateur s’empare de la vie de Fanshawe qui a disparu. Il publie ses livres, épouse sa femme Sophie et en adopte le fils Ben. L’auteur invite le lecteur à la dépossession identitaire de celui qui fut auparavant son meilleur ami. C’est le volet qui m’aura le plus laissée sur ma faim. Je n’y ai pas retrouvé la force narratrice des deux premiers opus qui font l’intérêt de cette œuvre, dont les intrigues successives passent au second plan.

Si vous ne connaissez pas New York, lisez cette trilogie ; cela vous donnera une idée de ce qui fait l’attraction sans égal de cette ville. Si vous y êtes allé, lisez là aussi, pour prolonger le voyage et la plaisir……..

Je ne regrette absolument pas cette lecture, ni la découverte de Paul Auster, dont je lirai avec plaisir d’autres titres.



vendredi 16 avril 2010

Le compagnon de voyage



Une lecture commune avec Partage -lecture et grâce aux éditions de la table ronde pour leur partenariat, je vous présente:



Le compagnon de voyage

Auteur : Curzio Malaparte

Editeur :La table ronde

Nombre de pages :106

4ème de couverture :

Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyagea pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.

Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamasque, entame la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié.
Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.

Mon avis :

Nous sommes en pleine débâcle de l’armée italienne, en 1943. Au sud du pays Calusia fait le serment devant son lieutenant au bord du trépas, de ramener son corps à sa famille à Naples. C’est l’histoire d’une amitié, d’une fidélité d’un homme pour un homme dont ce très beau livre est l’objet. A travers une Italie en plein chao, Celusia, va coute que coute faire route vers Naples. Il fera des rencontres, vivra des aventures durant son parcours.

J’ai vécu son voyage, comme un devoir de loyauté à son Lieutenant, mais aussi comme un sens qu’il donne à sa vie.

Ce roman est court, trop court peut être. L’écriture est sans artifices sans décorum. La description du climat ambiant est, certes succincte, mais, justement tout l’intérêt de cet ouvrage n’est-il pas justement ailleurs ?

Je suis infiniment heureuse d’avoir pu gouter à cette écriture, et découvrir cet auteur. Je remercie les éditions de la table ronde et Partage Lecture d’y avoir contribué.



mardi 13 avril 2010

Sylvia

Sylvia

Auteur : Leonard Michaels

Né le 2 janvier 1933 à New York de parents polonais, il a étudié à l’université de New York puis celle du Michigan. Après une thèse consacrée à la littérature romantique, il a enseigné l’écriture, la critique littéraire et la poésie romantique à Berkeley de 1969 à 1994.

Il est l’auteur de deux romans The Men’s Club et Sylvia (1992), et de recueils de nouvelles.

Récompensé par le prix de la fondation Guggenheim, le prix de l’American Academy and Institute of Arts and Letters, le Pushcart Prize et le National Endowment for the Arts, il est mort le 10 mai 2003 à Berkeley.

Editeur : Christian Bourgeois

Nombre de pages : 150

Quatrième de couverture :

« J'ai commencé à tenir un journal en 1961 alors que je vivais avec ma petite amie de l'époque dans un immeuble de Greenwich Village. Les murs étaient fins comme du papier à cigarettes et nos voisins entendaient presque tout ce que nous disions, d'autant mieux que la plupart du temps nous hurlions à pleins poumons. [Mais] je ne parlais [...] à personne et tenais un journal intime que je gardais secret. » (L. Michaels, Time out of Mind).


Leonard Michaels rencontre Sylvia Bloch en 1960 et l'épouse deux ans après. Leur relation passionnelle se termine tragiquement un soir de 1964. Ce n'est que trente ans plus tard qu'il décide de faire le récit quasi clinique de ce premier mariage. Dans Manhattan alors en plein bouleversement, le couple croise et se mêle à des cohortes de marginaux et d'intellectuels - de Miles Davis à Jack Kerouac, en passant par Lenny Bruce.

« Chacune de ses pages témoigne d'un talent remarquablement original et brillant. » (William Styron)

Mon appréciation :

C’est l’histoire d’un bref mariage et de sa désintégration. C’est l’histoire d’un amour toxique. Un homme et une femme se rencontrent, et c’est le coup de foudre. Les deux jeunes gens vont vivre une vie de bohème dans le New York des années 60. Il sort de l’université, veut écrire. Elle est brillante, mais passablement perturbée

Une relation étrange s’installe entre eux deux. On sent d’emblée que cela va mal finir. Il est amoureux fou, cela crève les yeux. Il se rend compte de son déséquilibre mental, mais n’est pas armé pour y faire face. Il écrit « Je ne deviendrai pas fou. Pas moi. Une santé mentale à la limite de la bêtise me maintient en vie »

Il aime Sylvia, et l’épousera « parce qu’on n’abandonne pas une orpheline » lui dira son père.

C’est sa propre histoire que nous relate l’auteur 40 ans après.

Ce texte est court, mais tellement dense. Il vous happe ;une fois en main on ne le quitte plus. Un pur bonheur.




lundi 12 avril 2010

L'odeur du café


Puisque le soleil tarde à venir, allons le chercher là où il se trouve................





L’odeur du café


Lu dans le cadre d'une lecture commune avec le grain de sel




Auteur : Dany Laferrière

Né en 1953 à Haïti.Il vit aujourd’hui à Miami après vingt années passées à Montréal, et se partage entre l’écriture et le journalisme.

Editeur : Le serpent à plumes

Nombre de pages : 226

Quatrième de couverture :

Au cours de ce récit, il y a l’enfance. Celle d’un petit garçon passant ses vacances chez Da, sa grand-mère, et accompagné de la chaleureuse vigilance de ses tantes. Un peu de fièvre, et le voici privé de jeux avec ses camarades. Alors il reste sur la terrasse de bois, à côté de Da qui se balance dans le rocking-chair, avec toujours une tasse de café à portée de la main pour les passants et les voisins.

Le long des lattes de bois, l’enfant regarde les fourmis, les gouttes de pluie marquant le sol, regarde et écoute les adultes s’occuper et parler, respire les odeurs de la vie.

Chroniques des sensations enfantines, L’odeur du café est un livre envoutant, le récit d’un voyage au temps si fragile et si merveilleux de l’enfance.

Mon avis :

Ce livre est un récit. Il se compose de sept parties ; chacune étant divisée en chapitres qui sont pour l’auteur des thèmes .Il va au fil des ces thèmes égrainer ses souvenirs de gamins confiné chez sa Grand-mère Da puisque malade.

La construction du récit est assez déroutante, car tout le long de la lecture, je n’ai pas retrouvé de fil conducteur, pas de lien- ou du moins pas de lien immédiatement évident - entre les souvenir de l’enfant.

Bien entendu, cet unique lien, c’est Da ; la grand-mère dont il ne parle pas directement, mais dont on imagine facilement qu’elle a été pour l’enfant un élément très fort dans sa construction.

On retrouve dans ce livre, l’atmosphère des iles, les croyances et la culture d’Haïti, les odeurs, les couleurs.

Pour Dany Laferrière, l’odeur du café c’est évidemment, celle du breuvage que Da consomme à longueur de journée ; mais c’est surtout, et essentiellement l’odeur de l’enfance.


La lecture bien qu’elle ne fût pas- pour moi- passionnante ni captivante, de part sa présentation assez sèche, n’en reste pas moins plaisante.

J’ai eu le plaisir de découvrir une première œuvre d’un auteur, dont j’ai vu récemment le visage lors du séisme qui a ravagé son île .J’en lirai certainement d’autres prochainement.



vendredi 9 avril 2010

Et que le vaste monde poursuive sa course folle



De retour dans Big apple, mais il y a quarante ans. Un illuminé , Philippe Petit, tend un cable entre les deux Twins du World Trade center, et joue au funambule à 500 m du sol............
Ce fait divers est le prétexte au nouveau roman de Colum Mc Cann...........





Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Auteur : Colum Mc Cann

Edition : Belfond

Nombre de pages : 431

Quatrième de couverture :

Dans le New York des années 1970, un roman polyphoniques aux subtiles résonnances contemporaines, une œuvre vertigineuse.

7 août 1974.Sur un câble tendu entre les Twin Towers s’élance un funambule. Un évènement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.

Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu’il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n’avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants..

Une ronde de personnages dont les voix s’entremêlent pour restituer toute l’effervescence d’une époque. Porté par la grâce de l’écriture de Colum Mc Cann, un roman vibrant, poignant, l’histoire d’un monde qui n’en finit pas de se relever.

Appréciation :

Sans un départ imminent pour New York, je n’aurais probablement jamais acheté ce livre paraissant noyé parmi tous ses semblables lors de la rentrée littéraire de septembre.

Seulement voilà, j’ai hâte de découvrir la ville dont je rêve depuis si longtemps, et justement « le hasard » me met sous les yeux cette petite pépite. C’est dans l’avion que je commencerai ce livre.

Ce sont trois histoires qui n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est cette ville pleine d’énergie, pleine de contraste. Ces trois histoires ont entre elles un fil d’Ariane : ce type un peu fou qui un beau matin a tendu un câble entre deux tours à jamais rentrées dans l’histoire et les mémoires, et qui tente d’en faire la traversée sous les yeux médusés des passants au sol.

C’est un beau portrait du New York des années 70, celui des films de Scorcese…….

J’ai pris mon temps pour finir ce livre, bien après mon retour, pour m’imprégner encore de cette ville, bien que beaucoup moins glauque qu’à l’époque à laquelle se situe le roman. Mais pourtant j’ai été vite plongée dans les entrailles des personnages qui touchent l’un par leur engagement pour les plus faibles, d’autres leurs vies cabossées ; le tout sur un fond de guerre du Vietnam qui a profondément marqué les Américains.





jeudi 8 avril 2010

Va où ton coeur te porte

Ma toute première lecture commune avec Partage-lecture




Va où ton cœur te porte



Auteur : Susanna Tamaro

Edition : Pocket

Nombre de pages : 228

Quatrième de couverture :

Seule dans sa maison battue par les vents d’hiver, une vieille femme qui n’a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite fille. Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l’existence. Pour cela, elle n’a que les mots. Dans mots d’amour, ou des mots qui l’entraine à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pour la première fois du seul homme qu’elle ait aimé.

Quinze lettres pour dire qu’il faut faire confiance au destin et écouter son cœur.

Appréciation

Ce livre est une belle découverte, et une véritable pépite. J’ai lu avec délectation les quinze lettres qui le composent comme j’aurais touché une broderie ancienne.

J’ai été touchée par la tendresse de cette grand-mère, mais aussi par son réalisme, sa sincérité et sa sérénité (apparente, en tout cas) devant sa fin de vie toute proche. Elle livre sans craintes l’intimité de ce qu’a été sa vie, de ses sentiments, de ses doutes. Il se dégage de ce livre beaucoup de douceur, d’amour ; mais sans mièvrerie.

La vieille dame, au soir de sa vie, rappelle oh combien qu’une vie n’est ni rectiligne, ni sans aspérité. Chacun y a droit à sa part se secret, de non dit.

Ce livre me confirme un peu plus que le respect des convenances, et le maintient à tout prix des apparences ne mènent ni au bonheur ni à l’épanouissement.



Les yeux jaunes des crocodiles



Les yeux jaunes des crocodiles

Auteur : Katherine Pancol

Editeur Albin Michel

Nombre de pages : 648

Quatrième de couverture :

Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles.

Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne seront jamais, celles que nous deviendront peut-être.

Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves.

Ce roman est plein de rires et de larmes.

Ce roman c’est la vie.

Mon avis :

J'ai dévoré ce livre; non pas pour ses qualités littéraires,mais pour ses qualités relaxantes. Malgré le côté "abracadabrantesques" de certaines histoires j'ai aimé me plonger dans la vie de tous ces personnages. Il y a des livres qui ont pour rôle essentiel d'être des ponts entre les livres plus sérieux et consistants. Ce romans est un de ceux ci. Je vais pouvoir retourner vers d'autres lectures en attendant de retrouver Joséphine, Marcel, Hortense et Zoé dans "la valse lente des tortues".




mercredi 7 avril 2010

Chien blanc



CHIEN BLANC

Auteur : Romain GARY

Edition : Folio

Nombre de pages : 220

Quatrième de couverture :

C’est un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l’enseigne du chien qui fume, un bar- tabac à Nice, non loin du lycée de mon enfance.

Il m’observait, la tête légèrement penchée de côté, d’un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable.

Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills, où je venais de rejoindre ma femme Jean Seberg, pendant le tournage d’un film.

L’Amérique à feu et à sang, vue par l’auteur de La promesse de l’aube et des Racines du ciel, prix Goncourt 1956.

Appréciation :

Dans son roman, Romain Gary nous retrace sur le mode autobiographique, la fin des années 60 aux Etats –Unis et en France, et notamment l’année 1968, particulièrement agitée. Martin Luther King vient d’être assassiné, L’Amérique est le siège de violents troubles et d’émeutes raciales ; La communauté noire lutte sans relâche pour la défense de ses droits civiques, la communauté blanche s’obstine dans une ségrégation de plus en plus contestée. L’auteur et sa femme sont engagés, avec de nombreux membres du monde cinématographique, dans cette lutte contre le racisme.

L « personnage » central de ce roman, est un chien, un berger allemand, qui fait irruption dans la vie du couple. Batka, se révèle être un chien dressé pour attaquer exclusivement les noirs. Romain Gary refusera de se séparer de ce chien, de la même façon qu’il refuse le sort qui est réservé aux Noirs. De la même manière qu’il lutte pour leurs droits civiques, il va se battre, pour récupérer Batka, auquel il tient particulièrement (tout comme il voue un attachement extraordinaire aux animaux). C’est avec un employé de parc, noir, qu’il va y parvenir ; si bien, qu’à la fin, ce dernier en fera un chien noir qui attaque les blancs……

Ce livre décrit, assez bien, et parfois de manière crue, le climat de haine de l’époque, le racisme profondément ancré, la bêtise humaine et l’hypocrisie Hollywoodienne.



L'annonce



L’Annonce

Auteur : Marie -Hélène Lafon

Editeur : Buchet.Chastel

Nombre de pages : 196

Quatrième de couverture :

Eric savait par cœur certaines annonces choisies, Célibataire quarante- quatreans un mètre soixante-sept soixante-neuf kilos sans enfants chauffeur agriculteur cherche jeune femme aimant campagne voulant fonder un foyer heureux désirant enfants ; ou encore, Cherche compagne cinquante soixante-deux ans féminine (bien bustée) sans attache pour vie alternée Paris campane.

Paul, quarante-six ans, paysan à Fridières, Cantal, ne veut pas finir seul.

Annette, trente-sept ans, vit à Bailleul dans le nord avec son fils. Elle n’a jamais eu de vrai métier. Elle a aimé Didier, le père d’Eric, mais ça n’a servi à rien. Elle doit s’en aller. Recommencer ailleurs. Elle répond à l’annonce que Paul a passée.

Ce nouveau roman de Marie-Hélène Lafon raconte leur rencontre et leur histoire. C’est une histoire d’amour.

Mon avis :

C'est un roman tranquille, où il ne se passe rien.....et pourtant on est emporté dans cette lecture. L'écriture de l'auteur est joliment construite; à la manière d'autrefois, si j'ose dire. Les personnages sont attachants.