lundi 31 mai 2010

J'ai tant rêvé de toi


J’ai tant rêvé de toi
Auteurs : Olivier et Patrick Poivre d’Arvor
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 258
Résumé :
« Youki, 26 ans, est à Prague en ce mois de janvier 1995 pour y rencontrer le prix Nobel et poète tchèque Pavel Kampa. Elle fait une thèse sur Robert Desnos et c'est Kampa en mai 1945 qui a recueilli son dernier souffle à la sortie du camp de Terezin. En réalité ce n'est pas le poète qu'elle vient rencontrer mais son père supposé. Sa mère journaliste avant de mourir lui a avoué avoir eu une histoire d'amour avec lui quand elle était venue enquêter en 1968 sur l'insurrection étudiante. Et Youki, fragile, anorexique, nymphomane, à l'enfance dévastée par le manque paternel va découvrir en lieu du père un Casanova vieillissant doublé d'un imposteur... » (Evene)
Mon appréciation :


Je suis depuis longtemps le travail littéraire de Patrick Poivre d’Arvor, et lis assez régulièrement ses livres. J’aime sa façon d’écrire, et sa façon de mettre en lumière des personnages complexes et torturés. C’est la curiosité qui m’a poussée vers ce livre écrit à 4 mains. Le style ne m’a pas déçue ; il y a une belle homogénéité d’écriture ; à aucun moment je n’ai eu l’occasion de me dire « tiens, là, ils ont échangé leurs plumes, ce n’est plus le même qui écrit ! ». C’est lors d’une dédicace que j’ai acquis ce livre.
De courts chapitres, des phrases bien construites en font une lecture agréable et reposante.
Cette fois, les auteurs emmènent le lecteur à Prague sur les traces de Robert Desnos, poète Français mort en déportation , par le biais d’un autre poète Pavel Kampa, Tchèque, qui a bien connu Robert Desnos .
Ce dernier fait l’objet d’une thèse de littérature ; Youki, afin de mener à bien la fin de son travail rend visite au poète Tchèque, mais va surtout à la rencontre de son passé……..
Les auteurs ont lis beaucoup d’eux –même dans ce roman. En effet, le thème de l’anorexie est omniprésent. Youki en est atteinte, tout comme l’était Solen, la fille d‘un des auteurs. Le roman lui est d’ailleurs dédié ; l’hommage est touchant, et en tout cas plus apaisé que les précédents écrits de l’auteur. Ce personnage tourmenté, à la recherche d’un père dont l’identité lui sera révélé par sa mère à l’agonie, est attachante.
Par ailleurs, j’ai trouvé les références historiques et littéraires juste s et bien dosées, bien que ma sensibilité à la poésie soit plus que maigrelette. Le titre constitue les premiers vers d’un poème de Robert Desnos écrit en déportation avant de mourir.
L’issue de l’histoire, est surprenante, et le suspens bien entretenu.


NB: PAL-Summer challenge 1/15......

jeudi 27 mai 2010

Mort à la Fenice


Mort à la Fenice
Auteur : Donna Leon
Editeur : Points
Nombre de pages : 284
4ème de couverture :
Les amateurs d'opéra sont réunis à la Fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d'orchestre allemand, dirige La Traviata. La sonnerie annonçant la fin de l'entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s'installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n'est toujours pas là... il gît dans sa loge, mort.

Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure. Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l'opéra, Guido Brunetti découvre l'envers du décor.
Mon appréciation :
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais préciser les raisons qui m’ont poussée vers ce livre là. D’une part, l’envie de lire autre chose, et notamment du polar ; puis l’envie constante pour moi de voyager avec pour cette fois- ci Venise la Sérénissime, et puis, un clin d’œil à mon goût prononcé pour l’opéra puisque l’action se situe à la Fenice de Venise.
Nous sommes à l’entracte d’une représentation de la Traviata à la Fenice de Venise .Le directeur artistique du théâtre, Fasini, vient annoncer alors que la représentation est sur le point de reprendre, que le Maestro Wellauer n’est pas en mesure de reprendre la baguette……. Et pour cause, son corps vient d’être découvert sans vie dans sa loge……..
L’enquête sera dirigée par le commissaire Brunetti. Ce dernier va non seulement nous emporter au cœur de la Sérénissime, mais aussi au cœur du milieu lyrique et de ses petits secrets.
J’ai bien aimé le commissaire Brunetti, qui finalement avant d’être un policier, est tout simplement un Homme comme les autres : il a une femme, des enfants, une vie banale, étends ses pieds sur la table basse du salon, se lève le matin pour faire le café…….bref, Donna Leon en fait un personnage humain attachant, qui mène son enquête avec le respect de l’autre et de la compassion.
J’ai aimé me promener dans les coulisses de la Fenice, et surtout dans Venise, avec la quelle l’auteur réussit à me réconcilier, dans la mesure, où mon unique séjour dans cette ville ne m’avait pas laissé le souvenir impérissable que tout séjour à Venise est sensé laisser…….
Donna Leon, dont c’est ici le premier thriller mettant en scène Brunetti, réussi à instaurer un suspens jusqu’au bout du livre. Je n’ai envisagé la conclusion qu’à la toute fin du livre et encore……..
Je retiens une grande classe dans cette enquête. En effet, il n’y a pas d’effusion de sang, pas de descriptions sordides, des dialogues et un style élégants. L’auteur ne base pas non plus son intrigue sur des personnages paumés, asociaux, dépravés, ou tout droit sortis des bas-fonds. Au contraire, Donna Leon, emmène son lecteur dans la bonne société Vénitienne, nous immerge dans son esprit. Et c’est ce qui en fait un thriller pas tout à fait comme les autres, très agréable à lire.
Avec plaisir, je retrouverai le commissaire Brunetti pour de nouvelles aventures ; pas dans l’immédiat….j’ai d’autres auteurs à suspens à découvrir avant !!!

mardi 25 mai 2010

Objectif estival: réduire ma PAL........


Le summer PAL Challenge

Caroline de http://www.bleue-et-violette.fr nous propose de faire baisser notre PAL de 30% sur la période du 1er juin 2010 au 31 août 2010.

J'ai donc fait les comptes.............. pas moins de 60 livres attendent. Il me faudrait donc la réduire de 18 livres.
Compte tenu de ma vitesse de lecture je me fixe le minimum de 15 livres.......

dimanche 23 mai 2010

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran



Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 84
4ème de couverture :
À Paris, dans les années soixante, Momo, un petit garçon juif de 12 ans, devient l'ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim, l'épicier, n'est pas arabe, la rue Bleue n'est pas bleue et l'enfant n'est peut-être pas juif.
Mon appréciation :
Ce court récit, est vite lu ; non pas parce qu’il vous prend aux tripes et qu’il est impossible de le lâcher, mais parce qu’à mon sens, il est inconsistant.
L’auteur aurait pu en faire une fable, un conte philosophique, un hymne à la tolérance. C’est un coup d’épée dans l’eau : aucune émotion ne se dégage de ce récit. Et si, c’était le cas, son écriture et sa teneur m’étaient inaccessibles….ce qui pourrait expliquer mon incompréhension.
Une lecture à vite oublier

Martin Dressler ou le roman d'un rêveur américain



Martin Dressler, ou le roman d’un rêveur américain
Auteur : Steven Millhauser
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 304
4ème de couverture :
À la fin du XIXe siècle, Martin Dressler, fils d'un modeste marchand de cigares, fait très tôt preuve d'une grande créativité et d'un sens inné des affaires. Ses rêves et ses ambitions le mèneront au sommet de l'échelle sociale. Mais ce privilège qui lui est donné d'arriver à "écouter le désir de son cœur" tient à un fil. Au-delà des personnages et des décors que l'écriture de Millhauser rend presque palpables, on perçoit de multiples non-dits, et la tension entre le monde du rêve et celui du réel. Un roman magistral sur le rêve américain et les utopies occidentales, qui a valu à son auteur le prix Pulitzer.
Mon appréciation :
Je m’attendais à une fresque aussi bouillonnante que l’était New-York à la fin du 19ème siècle, alors en pleine mutation .Or il n’en est rien, ce récit est d’un calme presque ennuyeux.
Martin Dressler, jeune homme plein d’ambition, entreprenant à souhait, ne réussit pas à me transmettre ce souffle de vie qu’il est supposé régner à cette époque à New-York.
L’auteur aborde un thème qu’il eût été intéressant de développer. En effet, Martin Dressler, comme tous les jeunes hommes de son époque passe par l’étape du mariage, institution incontournable pour réussir. Il épouse une jeune fille dont on devine le puritanisme, et les failles, mais qui à aucun moment ne font l’objet d’un approfondissement. Dès le départ de ce mariage, on sait qu’il sera un échec. La personnalité des deux protagonistes est effleurée comme si l’auteur n’osait l’aborder. Il me parait évident que ce mariage désastreux, l’emprise maternelle sur Caroline (l’épouse) n’est pas étrangère à la désillusion professionnelle de Martin, mais le livre ne l’aborde pas.
C’est la fluidité de l’écriture de ce roman qui en a sauvé la lecture, et m’a permis de le finir….sans conviction.

mardi 18 mai 2010

La couleur du bonheur



La couleur du bonheur

Auteur : Wei-Wei
Wei-Wei est née à Guangxi en 1957. Après des études de français, elle séjourne à Paris, puis à Manchester où elle vit actuellement. Elle est l’auteur du Yangsté sacrifié et de Fleurs de Chine, disponible en Points.
Editeur : Points
Nombre de pages : 359
4ème de couverture :
Mei-Li quitte tout pour rejoindre sa fille, Bai-Lan, et ses petits-enfants. Le gendre ? Envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste. Ensemble, les deux femmes affrontent la misère et les persécutions. Cuisinière hors pair, conteuse de talent, Mei-Li ramène la joie dans cette famille brisée par le communisme. Sa méthode : infusions au gingembre, cueillette de kiwis et histoires abracadabrantes !
« Cela touche infiniment. Comme touche, loin de ces tumultes, cette manière de raconter la vie la plus humble, ses joies les plus modestes. Elle fait le charme du livre. »
Le Point
Mon appréciation :
C’est l’histoire d’une famille ordinaire, qui vivait dans un pays pas tout à fait ordinaire…….
Mei-Li, est née dans les années 20, dans une Chine ancestrale et féodale. Mariée de force à l’âge de 16 ans, à un homme handicapé et aveugle, et qu’elle ne connaît pas. Esclave au sein d’une belle famille hostile et autoritaire, elle quitte tout pour rejoindre sa fille et la seconder dans l’éducation de ses enfants, alors que son propre mari est prisonnier politique du temps de Mao.
Le livre se compose de chapitres, qui alternent le mode narratif. En effet, c’est tantôt Mei-Li qui s’adresse à sa petite fille Fan –Fan, en lui narrant l’histoire familiale depuis son mariage jusqu’à celui de son unique fille Bai –Lan, tantôt les autres membres de la famille qui relatent la vie durant les années sombres de la révolution culturelle Chinoise. Bien qu’un peu confuse au début, l’organisation du livre ne m’a pas gênée ; j’ai trouvé les transitions douces et intelligemment placées.
En fait la grand-mère évoque le passé, les petits enfants, se chargent du présent.
La dure condition féminine en Chine est évoquée sans détour, mais avec beaucoup de pudeur, et de tendresse. C’est ainsi qu’est évoqué la coutume de mariages forcés, le bandage de pieds des petites filles, la terrible pression auxquelles elles sont soumises jusque dans leur vie intime.
Bien qu’ayant tout connu : les sarcasmes d’une belle sœur, la tyrannie d’une belle –mère, un mari grabataire dont il faut tout assumer, une vie de femme négligée, les difficultés de sa fille, les bouleversements de la révolution culturelle, ce livre est un hymne au bonheur, une leçon de vie et d’humilité. Cette femme, bien que vivant chichement dans une Chine en grand bouleversement, sait profiter de chaque instant de bonheur.
Pour preuve :
« Nos anciens sages disaient souvent qu’on est heureux quand on sait se contenter de ce qu’on a.»
« Pour moi le bonheur n’est pas quelque chose d’abstrait, mais l’accumulation des moments heureux que la vie m’a réservés et me réservera, innombrables. La question est de savoir les saisir à la volée, les vivres paisiblement »
La lecture de ce livre a été un pur plaisir. L’écriture y est agréable. J’ai beaucoup aimé cette plongée dans l’histoire de la Chine, de ses coutumes, et de sa philosophie.

Je remercie Livraddict et les éditions Points pour ce magnifique voyage dans le temps et dans l’espace

Pour poursuivre avec la Chine, je recommande également:
La rivière et son secret, de Zhu Xia Mei

dimanche 16 mai 2010

La ville morte



La ville morte

C'est l'avant dernière production lyrique de l'opéra National de Lorraine.
Une œuvre de Korngold (1897-1957), compositeur autrichien contraint à l'exil aux Etats-Unis pour fuir le régime nazi, mais qui à son retour en 1954 sera oublié..
La ville morte, est son seul opéra, il composera aussi un concerto pour violon, mais c'est avec la musique de film qu'il se fera connaître et qu'il excellera à Hollywood.



Le livret de cette œuvre est tiré de Bruges-la-morte de Georges Rodenbach
(que je n'ai pas lu)Nancy nous a offert une œuvre rarement jouée, car tombée dans l'oubli, mais surtout parce que la partition est difficile, et qu'elle requiert de très bons chanteurs tant les voix sont mises à rude épreuve.
et ce fut une belle réussite.


L'histoire : Bruges à la fin du XIX° siècle


Acte I
Paul pleure la mort de sa jeune femme Marie. Tout dans la ville lui rappelle cette disparition. A l’intérieur de sa maison, il a transformé une pièce en « temple du souvenir ». Là sont rassemblés les objets qui ont appartenu à sa femme, dont un portrait et une tresse de cheveux qu’il conserve telle une relique. Paul confie à son ami Frank qu’il vient de rencontrer une femme dont la ressemblance avec Marie l’a profondément troublé.
Marietta, une danseuse lilloise, chante et danse pour lui. Il se laisse séduire et compare son image avec le portrait de sa femme : c’est bien elle !
Après le départ de Marietta, pris de remords, il a une première vision : sa femme sort du portrait et l’invite à accepter l’appel de l’autre. Au même moment, il voit à sa place Marietta qui s’abandonne à la danse.

Acte II
Toujours dans sa vision, Paul se trouve devant la maison de Marietta. A force de chercher l’âme de sa femme défunte, il a fini par devenir l’esclave du corps d’une autre dont les vices à la fois l’attirent et le repoussent. Là, il rencontre Brigitta, la servante qui l’a quitté après qu’il eut rompu le serment de fidélité à l’égard de sa femme, puis son ami Frank, désormais considéré comme un dangereux rival car il aime lui aussi Marietta.
Lorsqu’arrive enfin Marietta, avec une joyeuse troupe d’artistes qui s’apprêtent à jouer « Robert le Diable », la rue se transforme en lieu de répétition. Au moment où Marietta commence à danser, toute la ville semble transpirer ce désir qui envahit Paul. Et, lorsqu’elle danse sur ce qui est censé être un cercueil, Paul y voit un sacrilège qui l’anéantit.
Resté seul avec elle, Paul avoue à Marietta qu’il n’a aimé en elle que le souvenir de sa femme. Marietta voit alors en Marie une rivale qu’elle décide de combattre sur son propre terrain.

Acte III
Depuis la fenêtre de la chambre de Marie, Paul et Marietta regardent passer la grande procession religieuse. Paul s’agenouille au passage de l’évêque, Marietta ironise sur la piété de Paul et tente de le séduire à nouveau mais cette fois la raison l’emporte et il tente de la chasser de chez lui.
C’est alors qu’elle se dirige vers le portrait de Marie, découvre la mèche de cheveux, s’en empare et commence une danse accompagnée d’un rire ironique. Hors de lui, Paul l’étrangle avec la tresse. Paul se réveille, Marietta vient de sortir de chez lui, il ne la reverra plus.




Bien qu'il s'agisse d'une musique du début du vingtième siècle, et que ce style , me laisse souvent perplexe, j'ai trouvé que la partition était très mélodieuse, et pour moi un régal à écouter, avec beaucoup de cuivres, et des instruments disséminés à plusieurs endroits ( fosse, et dans les loges de côté) ce qui donnait un beau relief à l'ensemble. D'autant que les artistes choisis pour les rôles de Marie/Marietta, et Paul étaient vocalement impressionnants
Le metteur en scène , qui nous avait offert il y y a quelques années un magnifique Mahagonny, a choisi un décor unique, modulable, très sobre, dans lequel les protagonistes ne se croisent pas, pour bien marquer le rêve qui est au cœur de cet opéra. J'ai beaucoup aimé, la toile qui était tendue en fond de scène, sur lequel était projeté l'image de Marie , pour, encore une fois, signifier sa présence irréelle.Le jeu de lumière complétait cela à merveille.






mercredi 12 mai 2010

Mauvaise base



Mauvaise base
Auteur : Harlan Coben
Edition : fleuve noir
Nombre de pages : 385
4ème de couverture :
Plage de sable fin sur une île privée des Caraïbes, une bombe sexuelle pour seule compagnie, le célèbre agent sportif Myron Bolitar essaie d'oublier ses dernières mésaventures. Mais quand Win, richissime sociopathe et néanmoins meilleur ami arrive en jet privé, les ennuis ne sont pas loin. Fatalement. Esperanza, son associée, est accusée d'avoir assassiné un de leurs clients, une star du base-ball sur le déclin. Pas vraiment la publicité rêvée pour MB Sport…
Ni une ni deux, Myron fait son come-back pour voler au secours d'Esperanza et prouver l'innocence de celle que tout accuse. Le seul problème, c'est qu'elle ne veut pas de son aide. Mais Myron n'est pas du genre à renoncer, surtout quand il considère le cas comme une affaire "personnelle". Car entre un passage éclair dans un club de trans, une propriétaire des Yankees dont la fille a disparu, un contrôle antidopage truqué et l'image d'une adolescente en train de mourir sur son ordinateur, la propre investigation de Myron le conduit à un seul autre suspect : lui-même…
Mon appréciation :


Parti sous les tropiques en bonne compagnie oublier une rupture, Myron se voit très vite dans l’obligation de rentrer. Son associée, Esperanza, est accusée d’avoir tué Clu Haid, un de leur client.
La lecture de ce polar est facile, le suspense est assez bien entretenu. En revanche le style est un peu trop familier pour moi, et l’humour de Myron Bolitar un peu trop lourd à mon sens.
Je ne garde pas un mauvais souvenir de cette lecture dans la mesure où je l’ai menée à on terme ; mais pas au point de vouloir persévérer dans la bibliographie de cet auteur.
Je suis contente d’avoir pu appréhender un de ses titres ; mais sans plus.

mardi 11 mai 2010

Ecoute ma voix



Susanna Tamaro




Susanna Tamaro, née à Trieste en 1957, est l'auteur de romans comme La tête dans les nuages (prix Elsa Morante de la première œuvre), Va où ton cœur te porte, Anima Mundi, et Réponds-moi, ainsi que d'un recueil de nouvelles (Pour voix seule) et de livres pour enfants. Son œuvre a été traduite dans 41 pays, et Va où ton cœur te porte s'est vendu à plus de huit millions d'exemplaires dans le monde. Son dernier livre, Ecoute ma voix, a paru en 2006 chez Plon. Susanna Tamaro vit près de Rome.









Ecoute ma voix

Auteur : Susanna Tamaro

Editeur : Plon
Nombre de pages : 218
4ème de couverture :
La petite-fille rebelle et lointaine de Va où ton cœur te porte est de retour à la maison. C'est elle cette fois-ci qui écrit à sa grand-mère, et à nous, évoquant ses souvenirs, ses inquiétudes, cette rancœur sourde qu'elle éprouve pour la femme qui l'a élevée et aimée. Surtout, elle avoue le besoin de chercher les traces des seules personnes qu'elle aurait vraiment voulu connaître : son père et sa mère. Pour cette raison, elle explore la villa de sa grand-mère et arrive jusqu'au grenier. A travers des lettres et des photos éparpillées, elle parvient à reconstruire le puzzle de la vie de ses parents défunts, un chemin nécessaire à sa propre reconstruction.
Ecoute ma voix marque le grand retour au roman de Susanna Tamaro. C'est une histoire intense qui aborde des sujets éternels : le besoin de se reconnaître dans un passé afin de fonder ses racines, la nécessité vitale de cultiver patiemment de quoi donner un sens à l'avenir.
Mon appréciation :
A mon idée ce livre, n’est pas un suite à Va où ton cœur te porte, mais plutôt un droit de réponse. En effet, ce récit n’est pas écrit sur le mode épistolaire, mais de manière plus classique, et narrative.
La jeune fille dont il était question dans le titre ci-dessus, est de retour au bercail alors que sa grand-mère est à la fin de sa vie. L’incompréhension entre les deux femmes croit à mesure que l’état de la vielle femme s’altère ; jusqu’à son décès.
C’est alors que la petite fille part à la recherche de son passé. En tout premier lieu, c’est naturellement vers le grenier qu’elle va se diriger sur les traces de sa mère dont elle ne sait pas grand-chose. Mais c’est surtout son père qu’elle va chercher à connaître, et à apprivoiser pour tenter d’en comprendre l’attitude.
Elle entamera, plus tard, un voyage en Israël, pour aller à la rencontre de sa famille éloignée, mais surtout à la rencontre de son histoire, à sa propre rencontre.
La jeune fille entame, ce que je considère comme un travail psychanalytique, ou du moins un profond travail sur elle. Pour preuve :
« C’est le souvenir qui construit l’être humain qui le situe dans l’histoire-son histoire personnelle et la grande histoire du monde qui nous entoure- et les paroles sont les traces que nous laissons derrière nous. »
« Mais peut-être qu’avant de nous demander où nous allons, nous devrions découvrir nous nous venons »
« Pour détruire un homme, pour le faire tomber malade, que faut-il ? Et pour qu’il guérisse ? Quel est le sens d’une maladie au cours d’une vie ? Malédiction ? Malchance ? Ou peut-être une occasion soudaine, un précieux cadeau que le ciel nous envoie ?
La maladie ne serait-elle pas le moment où une lampe nous est remise, afin de nous éclairer ? »
Elle non plus, ne crois pas au hasard….
C’est une femme apaisée qui rentrera en Italie pour y accomplir une dernière chose, et accueillir la parole de sa grand-mère.
Le style de ce récit est plus fourni. Les propos sont emprunts de plus de gravité et de profondeur. La réflexion qui est plus travaillée, reflète, à mon sens, la jeunesse et la bonne santé de la petite fille, en comparaison à celle de la grand –mère qui était en fin de vie .
Ce livre, bien qu’il puisse comporter quelques longueur, n’en reste pas moins agréable à lire, et bénéfique. En effet, indirectement, il plonge le lecteur dans Sa Propre Réflexion, et , Son Propre questionnement.


lundi 10 mai 2010

Une vie



Il n'est pas si courant d'en rencontrer dans le monde politique, et pourtant , admirable, Simone Veil l'a été a bien des égards.

* Pour avoir survécu à l'horreur des camps
* Pour en avoir tirer non pas la haine de l'autre, mais pour son sens de la réconciliation
*Pour son combat sans relâche pour une Europe unie et pacifiée
*Pour son combat pour les femmes : leur liberté et leur dignité
*Pour sa liberté de parole
*Pour ne jamais avoir transigé avec ses convictions et ses valeurs


Elle a été accueillie cette année au sein de l'Académie Française par Jean D'Ormesson, au fauteuil de Jean Racine.







J'ai lu le livre que je vous présente dès sa parution, mais il est encore extrêmement présent en moi


Une vie
Auteur : Simone VEIL
Edition : stock (2007)
Nombre de pages : 398
Quatrième de couverture :
Simone VEIL accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps.
Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.
Mon avis :
Si il y a une personnalité politique que j’apprécie et que je respecte infiniment c’est elle. Femme courageuse et engagée, jamais elle n’a transigée avec ce qui était pour elle ses valeurs. C’est certainement pour cela qu’elle n’a jamais poussé plus son parcours politique. Hélas, pour nous, sans doute…….
Dans se livre, elle raconte ses combats, ses joies, ses tragédies, son parcours politique, professionnel et personnel.
En lisant ce livre, dès sa sortie, j’ai immédiatement été frappée par l’impérieuse nécessité pour elle de témoigner, encore et toujours. Plus que la valeur littéraire de l’ouvrage, c’est la force, l’humanité de cette femme qui m’ont frappée. C’est avec beaucoup de dignité et de pudeur, qu’elle évoque, furtivement, un fils trop tôt disparu.
Un jour, au cours d’un entretien, je l’entendais parler de sa mère qu’elle aimait par dessus tout, et de son désir de toujours d’avoir une fille, et dire au journaliste le regard à la fois nostalgique et rempli de bienveillance qu’elle avait eu « trois fils merveilleux. » J’avais trouvé cela touchant.
Au moment où Simone Veil, est sur le point d’être reçue à l’Académie Française, je voulais vous parler ce livre dont je recommande la lecture.






samedi 8 mai 2010

World Trade Center, 47ème étage

S'offrir New York, ça n'est pas seulement gouter à la vitalité de la ville, déambuler sur la cinquième avenue, ou déguster de délicieux baggels fourrées au saumon. C'est à un moment ou à un autre se confronter à l'histoire récente de cette ville et de Son traumatisme gravé au sud de Manhattan.
Chaque touriste y va ; quelle que fut sa motivation.
Je n'y ai pas échappé. Je le voulais, de toute façon; non par voyeurisme, mais pour mettre une image concrète à toutes celles que j'avais pu voir via la télévision et les journaux.
8 ans, après les lieux ont changés, de nouvelles tours sont en construction, la vie reprend ses droits. Des lieux sont dédiés à l'expression collective de l'immense émotion. Mais les New -Yorkais, n'ont pas encore digérés cela, loin s'en faut. Personne n'en parle....et si par malheur on le fait, ce sont des larmes que j'ai vu couler sur des visages.




Vue du sol.........













Vue d'hélicoptère.........








Frissons garantis en voyant cela,les images du 11/09 se superposent; et je me dis à ce moment là:" il y 8 ans 3000 personnes sont mortes à cet endroit précis, et pourtant il ressemble à un chantier comme les autres. Cela restera une de mes plus fortes émotions ressenties à New York....aussi forte que celle à mon arrivée à l'observatoire de l'empire state building, et celle dans le grand hall du Metropolitan opéra.......évidemment pour des raisons radicalement différentes.



Voici un témoignage poignant d'un homme qui a vécu de près les évènements.


World Trade Center
47e étage

Auteur : Bruno Dellinger
Edition : Robert Laffont
Nombre de pages : 191
4ème de couverture :

Soudain, j'entends le vrombissement strident des moteurs de l'appareil qui s'approche à toute allure. À peine ai-je le temps de me tourner vers la fenêtre qu'un impact d'une violence inouïe ébranle le bâtiment. Une seconde, deux secondes, l'onde de choc descend des étages supérieurs, la tour oscille très violemment des tableaux se renversent, une statuette en marbre vacille, mon fauteuil avance et recule sur ses roulettes. Trois secondes, derrière les fenêtres un déluge sans fin de morceaux d'avion, de poutrelles d'aluminium, de verre, de débris, de kérosène, de feu, des corps peut-être, dégringolent devant nos yeux médusés...
Bruno Dellinger avait sa société au 47e étage de la tour numéro 1 du World Tracte Center. Le 11 septembre 2001, comme celle de milliers d'Américains, sa vie a basculé dans l'horreur. Ce ne sont pas simplement ses bureaux qui ont disparu dans cette effroyable catastrophe, ce sont les fondements mêmes de sa vie qui ont failli être irrémédiablement détruits : sa joie de vivre, son respect d'autrui, son attachement à un système social et politique, sa fierté d'appartenir à l'espèce humaine... Pour surmonter cette épreuve, il lui a fallu puiser au plus profond de lui-même. Minute par minute, il déploie son talent d'écrivain et, avec un réalisme saisissant, raconte ici les événements qui ont bouleversé sa vie et changé la face du monde

Mon appréciation :
11 Septembre 2001…….

Ce témoignage est court, et pourtant chaque mot et chaque phrase sont d’une grande précision, mais surtout d’une infinie pudeur.
L’auteur, en quelques pages seulement, décrit son début de journée et ce qui se passe, tel qu’il le vit dans son bureau au 47 ème étage d’une tour de New-York. Il mettra cinquante minutes pour arriver dehors, non sans avoir remis les choses en ordres et fait ses sauvegardes informatiques. Les mots sont percutants, et décrivent parfaitement l’état d’esprit New-Yorkais et l’atmosphère de cette ville.
Il aura la chance de s’en sortir, et surtout la force et l’énergie pour reconstruire ce qui s’est écroulé en une poignée de minutes.
Avec pudeur, mais sans faux semblant, l’auteur nous fait partager les six mois qui ont suivi ces évènements : la remise en route, vaille que vaille de sa société dont il est le créateur avec l’aide de ses deux employés, le parcours semé d’embuches, la solidarité collectives, mais aussi les vautours qui se réveillent en de pareilles circonstances. Il insiste beaucoup sur le traumatisme, l’aide précieuse de sa famille, de ses amis. C’est d’ailleurs avec l’un d’entre eux qu’il aura la force de retourner sur les lieux. Je peux comprendre le malaise que l’on ressent à ce moment là, ayant eu il y a quelques mois l’occasion de survoler la zone, et d’en avoir ressenti de violentes crampes d’estomac alors que les choses ont changé depuis, et que je ne l’ai pas vécu directement…….
La personnalité de l’auteur est à l’image de toutes celles et tous ceux qui partent faire leur vie dans cette ville : dynamique, optimiste malgré tout, la volonté d’aller de l’avant.
Il expose les incompréhensions des Européens à l’égard de la société américaine et de sa puissance, et nous livre son propre point de vue. Et même si on peut ne pas être toujours d’accord avec ses arguments, ce livre fait réfléchir à bien des égards. Si pour lui, il a été& sans aucun doute une thérapie, ou pour le moins un bon début, pour nous autres, il nous replace face à la fragilité de l’existence, et face à la nature humaine.

jeudi 6 mai 2010

Sonate de l'assassin




Sonate de l’assassin
Auteur : Jean-Baptiste Destremau
Né en 1968, Jean Baptiste Destremau est pianiste amateur et travaille dans la finance. La sonate de l’assassin est son premier roman, récompensé par le prix orange du livre 2009
Editeur : J’ai lu
Nombre de pages : 378
4ème de couverture :
«Je ne tue jamais le lundi. C'est une question d'exigence personnelle et de rythme. Il ne faut y voir ni superstition, ni vieille habitude de célibataire. J'ai toujours préféré les fins de semaine pour réaliser cette partie de mon œuvre.» Pianiste de renom, Laszlo Dumas est pourtant dénigré par les critiques qui le disent sans génie. Un jour, il décide de commettre quelques erreurs volontaires et d'occire tous ceux qui, au premier rang de la salle de concert, les repèrent. Immédiatement, son jeu devient meilleur et, bientôt, le monde de la musique s'accorde pour voir en lui un nouveau virtuose. C'est alors qu'il tombe amoureux de l'une de ses cibles...
Mon appréciation :
Autant le dire immédiatement : ce livre est un véritable coup de coup de cœur ; et il fait partie des rares qui me tiennent en haleine une partie de la nuit.
L’histoire, qui n’est pas banale, se déroule dans le monde musical, et en particulier dans celui des concertistes classiques. Pour la mélomane que je suis, je ne pouvais mieux tomber. De plus, outre le suspens qui tient le lecteur jusqu’à la dernière ligne.
Laszlo Dumas, est un pianiste de renom, très solitaire, te même une vie faite d‘un certain nombre de rituels. Maniaque, et machiavélique au possible, il se plait à glisser lors ses récitals 1 ou deux erreurs minutieusement choisies, et prends un malin plaisir à observer les réactions du public. Malheur à celui ou à celle qui aura l’ouïe fine : ce sera la mort ! Laszlo, se plait à se cacher et à se donner diverses identités. C’est ainsi, par le biais d’un forum musical, qu’il fait la connaissance de Lorraine, musicienne amateur, enseignante, et élevant seule son Petit garçon, Arthur.
Ce dernier, est espiègle, futé, et très perspicace. C’est un mauvais œil, qu’il accueille la soudaine idylle entre sa mère et Laszlo qui va tout bouleverser.
La construction de ce « roman noir » est particulière. En effet, quatre voix parlent dans ce livre, celles des 3 personnages principaux précédemment cités auxquelles il faut ajouter celle de Georges l’impresario et manager de l’artiste.
De plus il est construit en forme de sonate, de telle sorte que l’on peut comparer le livre à une partition de musique, à rapprocher également de la sonate intérieure à laquelle est soumis Laszlo psychiquement très perturbé……..
Je remercie vivement Partage-lecture, ainsi que les éditions j’ai lu dont le partenariat m’a permis de découvrir ce livre et cet auteur dont c’est le premier roman. Je ne pense pas qu’un jour, seule, j’aurais pu croiser ces pages qui m’ont donné tant de plaisir.