vendredi 31 décembre 2010

Bilan 2010-Perspectives 2011

Bonne et heureuse année 2011 à celles et ceux qui me lisent: blogueurs et blogueuses, éditeurs qui me font l'honneur et le plaisir de me faire découvrir leurs parutions, auteurs qui m'offrent de belles heures de lecture.

Cette année aura été une belle année lecture:

119 livres lus
30 coups de coeur

Mon top 5 est le suivant:

1- Purge de Sofi Oksanen
2-Le troisième jour de Chochana Boukhobza
3-Ru de Kim Thuy
4-Sukkwan Island de David Vann
5-Rosa Candida de Ava Audur Olafsdottir


Un Challenge épistolaire atteint, bien qu'il court jusqu'en juillet 2011, avec 5 livres du genre lus. Et je le poursuis.

De belles rencontres avec les auteurs:

Olivier Gérard, pour te retourne pas Handala
Chochana Boukhobza,avec le troisième jour, et un autre roman dont je parlerai bientôt
Maryse Condé, avec en attendant la montée des eaux
Alain Mabankou qui illuminait le salon avec son sourire éclatant et son rire communicatif
Philippe Claudel, l'enfant du pays, tellement affable et jovial
Max Gallo, et Jean d'Ormesson si captivants en conférence

L'avenir..........

Le challenge Partage -lecture dont il me reste 4 ouvrages à lire.( fin en juin 2011)
Le Challenge New-York, dont j'ai déjà lu 2 titres ( mais 13 titres à mon actif depuis 1 an...) (jusqu'au 1er septembre 2011)
Le challenge des Nobel , à mon initiative, jusqu'au 7 octobre 2011), avec 4 auteurs lus
Le challenge ABC / Babélio ( fin en septembre 2011) avec 10 auteurs/26

Et comme cela ne suffit pas encore, 2011 voit débuter 2 autres challenges


















mardi 28 décembre 2010

Karnak café


Le Caire, vers le milieu des années 1960. Au café Al-Karnak que gère une ancienne danseuse, le narrateur fait connaissance avec trois étudiants, Hilmi, Ismaïl et Zaynab. Le premier est l'amant de la gérante, et les deux autres, amis d'enfance, s'aiment tendrement. Tous les trois se considèrent comme des enfants de la révolution de 1952 et défendent ardemment ses principes et ses réalisations. Mais un jour ils cessent de fréquenter le café et, à leur retour, les clients apprennent qu'ils ont été arrêtés par la police politique qui les suspectait, contre toute évidence, d'appartenir au mouvement des Frères musulmans. Déjà ébranlés dans leurs certitudes, ils sont encore arrêtés à deux reprises sous d'autres prétextes fallacieux. L'un d'eux, Hilmi, meurt en prison tandis que Zaynab et Ismaïl en sortent comme des loques humaines. Surviennent alors, en juin 1967, la guerre contre Israël et la cuisante défaite de l'armée égyptienne... Ecrit en 1971 et publié en 1974, ce roman a eu un grand retentissement, et le film qui en a été tiré, avec à l'affiche les plus grandes vedettes du cinéma égyptien, a longtemps été censuré à la télévision. Mahfouz y fait preuve de son habituel talent de conteur, faisant du petit café le microcosme d'une Egypte en train de perdre ses repères.
Ce court roman est paru dans sa langue originale, l’arabe, en 1974,bien avant que ne lui soit attribué son Prix Nobel, mais ça n’est qu’en 2010 qu’il n’a été traduit et édité en français.
Au regard de certains, il peu paraître court, trop court, et à ce titre pas digne d’intérêt. Ne nous trompons pas, les auteurs savent très bien ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Naguib Mahfouz, a voulu ainsi donner une impression de lourdeur, et d’étouffement au lecteur. Il a voulu, de ce fait aller à l’essentiel.
Karnak café est le lieu où l’on cause, librement, nonchalamment, sous le regard bienveillant et amoureux Qurunfula, ancienne danseuse orientale.
Trois jeunes y passent de longues heures, refont le monde, s’aiment. L’Egypte est devenue socialiste, et s’apprête à perdre une guerre éphémère contre les Israéliens. Il s’instaure alors un climat de suspicion, de répression. La torture est utilisée.
La jeunesse y perd ses repères, ses illusions.
L’écriture de Naghib Mahfouz traduit bien cette atmosphère là.
« Que nous est –il arrivé ? J’ai l’impression que nous sommes un peuple à la dérive. Les aléas de la vie et l’impact de la défaite nous ont fait perdre tout sens des valeurs…… »
Quatre parties constituent ce roman, la plus importante, celle consacrée à Qurunfula est la plus conséquente, comme pour mieux signifier le rôle pivot de cette femme pour ces jeune et ce café, lui aussi personnage, en quelque sorte de ce livre. Celle mettant en scène le bourreau est des plus réduite. Peut-être pour illustrer sa pensée ?
« Nous sommes tous à la fois victimes et assassins, qui ne comprend pas ça, ne comprend rien du tout. »
Voilà un auteur, dont cette lecture a été appréciée, que j’ai envie de découvrir à nouveau. Il y a dans son écriture une sensualité qui me parait intéressante à approfondir.
Autre détail qui a son importance, comme toujours les éditions Actes Sud ont mis un soin particulier à ce livre: papier ivoire épais, et jolie couverture pleine de mystère.
Naguib Mahfouz-Actes Sud-128 pages
Né au Caire, Naguib Mahfouz (1911-2006) est l'auteur de plus de cinquante romans et recueils de nouvelles qui lui ont valu en 1988 le prix Nobel de littérature. Une grande partie de son oeuvre est disponible en français chez Sindbad/Actes Sud et dans la collection Babel.
Nobel n°4

lundi 27 décembre 2010

Chroniques de Ford County


Un avocat frustré détourne des dommages-intérêts de ses clients ; un arnaqueur se prétend en partie amérindien pour ouvrir un casino ; un surveillant dans une maison de retraite manipule les patients et le personnel ; trois hommes partis en virée pour faire un don de sang s'arrêtent dans un club de strip-tease et finissent en prison ; la famille d'un homosexuel blanc atteint du sida demande à une vieille femme noire de le soigner jusqu'à sa mort... Dans un de ses livres les plus personnels, John Grisham nous emmène au coeur du comté du Mississippi où se déroulait déjà l'intrigue de son premier roman, Non coupable. Le sud des Etats-Unis et ses petites villes enclavées offrent, bien plus qu'un décor, un climat, un fil conducteur et constituent presque un personnage à part entière. Tantôt captivantes, tantôt émouvantes, ces Chroniques de Ford County décrivent les destins ordinaires ou extraordinaires de personnages qui se révèlent étonnamment proches de nous : leurs sentiments et leurs faiblesses, brossés avec justesse et souvent beaucoup d'humour, sont universels. Au détour d'une histoire, au creux d'un portrait, on découvre, s'il en était encore besoin, le talent de conteur de John Grisham.
J’ai fait connaissance avec John Grisham avec ses tous premiers romans policiers que j’ai lu avec délectations. Puis ceux-ci devenant au fil des parutions un peu routiniers, je m’en suis éloignée.
C’est la curiosité qui m’a poussée vers ce recueil de nouvelles, le genre n’étant pas habituel chez l’auteur.
Au cœur d’une petite ville de l’Etat du Mississippi, John Grisham compose 7 histoires qui placent l’humain comme dénominateur commun ; l’humain dans ce qu’il a de plus divers, en allant du meilleur au pire.
Lors de la lecture, je passe par presque tous les sentiments : la peur dans collecte sanglante, l’indignation dans havre de paix, le sentiment d’impuissance et d’espoir avec cette mère et ses deux fils dans dernier trajet, la honte et le dégoût dans dossiers poisseux, mais surtout l’émotion et l’espoir en l’humain dans un garçon pas comme les autres.
Les qualités de ce recueil ne manquent pas. En effet, les thèmes sont variés, la narration est de grande qualité. J’ai retrouvé la patte juridique de l’auteur dans quelques chroniques, et notamment un de ses sujets de prédilection qu’est la peine de mort, l’injustice. Nous sommes dans le sud, ne l’oublions pas.
Ces chroniques se lisent bien, sont de qualité et d’importance égale, même si j’ai moins aimé casino et huit ans après, sans forcément pouvoir y mettre une explication.
Mais, parce qu’il y a un mais, ce qui m’a gênée, c’est la forme littéraire en elle-même. En effet, pour m’y être récemment essayée, la nouvelle est pour moi difficile à lire : trop courte et trop longue à la fois, un manque d’unité dans la lecture, on « saute du cop à l’âne », je n’ai pas le temps de m’imprégner, de ce que je lis, de me concentrer que c’est déjà fini. Il y a toujours un sentiment d’inachevé, une impression de se disperser qui ne m’est pas agréable, et rend ma lecture hachée, tronçonnée.
Si j’ai pu prendre plaisir à cette lecture, c’est grâce au caractère sensé de ces histoires, aux qualités narratives, et à l’universalité de ce genre de chronique. John Grisham a dressé en un endroit précis, une photographie urbaine et sociétale. Mon cerveau cartésien, en tout cas, s’y est trouvé plus confortablement installé.
Je remercie chaleureusement Bob et les éditions Robert Laffont pour cette (re) découverte.
John Grisham-Robert Laffont-293 pages
Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat dans une petite ville du Mississippi. Avec La Firme, parue en 1991, il a rencontré son premier grand succès de romancier. Depuis, il a vendu plus de soixante millions d'exemplaires dans le monde au travers de vingt-trois romans dont L’affaire Pélican, Le Maître du jeu, L'associé, La Loi du plus faible, Le Testament, L'héritage, Le Dernier Juré, Le Clandestin, L'accusé, Le Contrat, La Revanche et, plus récemment, L'infiltré, tous publiés chez Robert Laffont.

samedi 25 décembre 2010

Meurtre à l' Assemblée




Avec ce quatrième roman policier, Jean-Louis Debré nous fait pénétrer dans le monde complexe des rapports entre le politique et la police. L'auteur nous décrit comment un banal fait divers peut devenir une affaire d'Etat.
Voici un polar qui arrive entre deux lectures plus consistantes, et qui est comme son auteur sans prétention.
C’est il y a deux ans, lors d’un salon du livre que j’avais rencontré Mr Debré, surprise d’avoir en face de moi, non pas le Président du Conseil Constitutionnel, mais un auteur parmi ses confrères racontant et riant d’histoires pas toujours très sages…….Son livre du moment m’avait séduite autant que sa spontanéité.
L’affaire commence par un banal cambriolage dans un appartement cossu des beaux quartiers de Paris. Notre capitaine de police sent une odeur un peu bizarre à cette affaire, trouve que le voisinage l’est tout autant……
Et puis, le député meurt, quelques petits truands aussi….Bref, cela commence à sentir pas très bon.
Rajoutons, pour mettre un peu de sel à tout cela, une affaire de fesses, voir peut-être une seconde, une veuve tellement triste qu’il faut bien la consoler…….
Comme je le disais, c’est sans prétention, on passe un bon moment. Seulement voilà, c’est à peu près tout, cela occupe un après-midi un peu morne. Les personnages ne sont pas vraiment étudiés, cela manque un peu de piquant, cela reste simple.
Jean-Lois Debré-Fayard Noir-275 pages
Jean-Louis Debré, aujourd'hui président du Conseil constitutionnel, fut aussi président de l'Assemblée nationale et ministre de l'Intérieur. Il a déjà publié dans la collection Fayard Noir Quand les brochets font courir les carpes.

mercredi 22 décembre 2010

En attendant la montée des eaux


Babakar est médecin. Il vit seul avec ses souvenirs d’une enfance africaine, d’une mère aux yeux bleus qui vient le visiter en songe, d’un ancien amour, Azelia, disparue elle aussi, et autres rêves de jeunesse d’avant son exil en Guadeloupe, berceau de sa famille. Mais le hasard ou la providence place une enfant sur sa route et l’oblige à renoncer à sa solitude, à ses fantômes.
La petite Anaïs n’a que lui. Sa mère, une réfugiée haïtienne, est morte en la mettant au monde, lui léguant sa fuite et sa misère. Babakar veut lui offrir un autre avenir. Ils s’envolent pour Haïti, cette île martyrisée par la violence, les gouvernements corrompus, les bandes rebelles, mais si belle, si envoûtante. Babakar recherche la famille d’Anaïs, une tante, un oncle, des grands-parents peut-être, qui pourraient lui raconter son histoire. Mais Babakar ne rencontre personne et ne peut compter que sur lui et sur ses deux amis Movar et Fouad. Des hommes qui lui ressemblent, exilés, solitaires, à la recherche d’eux-mêmes et qui trouvent à Haïti des réponses à leur quête, un lieu de paix au milieu des décombres.
« En fin de compte, il retourna à la vie puisque celle-ci est toujours la plus forte. »
De vie, il en sera question tout au long de ce roman. La vie, dont mon livre est imprégné de l’écriture de Maryse condé : « La vie, rien que la vie. » m’écrit-elle d’une main un peu fatiguée par les années, mais l’esprit vif et le regard droit dans les yeux d’une lectrice venue pour elle un dimanche de fin d’été.
Le roman est construit d’une manière assez singulière, mais sans lourdeur ni flou. L’auteur utilise plusieurs narrateurs, comme pour souligner la complexité de ces vies .Au narrateur principal s’ajoutent les différents personnages qui interviennent et se font à leur tour narrateurs lorsqu’ils sont mis en lumière.
De ce livre sort une puissance terrienne assez indéfinissable mais bien perceptible. Pas la terre au sens matériau du terme, mais la terre comme un territoire, comme une matrice, un berceau.
Cette histoire s’imprègne de cette terre, de cette ile d’Haïti, mais et surtout de l’Afrique des origines. On y retrouve des personnages pétris d’une atmosphère et d’une culture qui peuvent paraître si étranges à nous occidentaux.
Maryse Condé nous retrace le parcours chaotique de trois hommes et d’une petite fille à la recherche de leurs origines. Et c’est un voyage entre Afrique, Guadeloupe, et Haïti qu’elle va nous offrir ; un voyage teinté de la présence des esprits, des ancêtres.
Babakar est un médecin accoucheur de brousse, doté d’une humanité et d’une sensibilité à fleur de peau. Médecin de la vie, confronté à la mort, dans une ile accablée de malheurs, il n’ de cesse de vouloir conjurer le mauvais sort. Il est doté d’une fibre paternelle extraordinaire pour une petite fille, Anais, au regard…….
L’ambiance est envoutante, surnaturelle. Les esprits ne lâchent Babakar, avec une mère aux yeux si bleus qui peuplent les rêves de son fils, et lui fera un cadeau si inattendu…….
Dans un style magnifique, dans un phrasé qui par moment se veut poétique, à d’autre plus féroce, avec des phrases en créole ici ou là , Maryse Condé ne lâche son lecteur qu’à la dernière phrase.
« Il caressa tendrement la menotte et l’enfant ouvrit les yeux. C’est à ce moment là que tout se joua. Comme elle semblait le fixer, une émotion poignante se fit jour en lui tandis qu’une idée se glissait dans on esprit. »
« Un nègre aux yeux bleus, ô miracle ! »
« Quelle belle couleur que la couleur noire, l’envers obscur de nos rêves. »
Maryse Condé-JC Lattès-365 pages
Née en 1934 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé est l’auteur d’une œuvre considérable : la trilogie Ségou, La Migration des cœurs, La Traversée de la mangrove, Désirada, La Belle Créole, Histoire de la femme cannibale, Les Belles Ténébreuses, publiée aux Editions Robert Laffont et au Mercure de France. Elle a reçu le prix Tropiques, le prix de l’Académie Française et le prix Marguerite Yourcenar. Après avoir longtemps enseigné à l’Université de Columbia, elle se partage aujourd’hui entre Paris et New York.
On retrouve dans En attendant la montée des eaux ses thèmes et ses paysages de prédilection, l’empire de Ségou, les sociétés antillaises, la terrible Haïti.

mardi 21 décembre 2010

Inch'Allah,tome1: Le souffle du jasmin


1916-2001. Au cœur de l'Orient, quatre familles - juive, palestinienne, irakienne et égyptienne -, personnages fragiles et forts, émouvants et guerriers, tentent de survivre au naufrage que l'Occident leur impose. A des milliers de kilomètres de là, un diplomate français observe, impuissant, les prémices de l'apocalypse, tandis que dans son esprit résonne l'ultime question : le bruit des bombes recouvrira-t-il à jamais le souffle du jasmin ?
Ce livre paru il y a un an m’a immédiatement attiré. En effet j’aime cette « littérature de filiation », celle dans laquelle un auteur suit au long cours le destin d’une ou plusieurs familles. Et quand l’Histoire s’en mêle, quand il s’agit de l’histoire de note siècle, et de toute une région au sens large, je ne pouvais pas ne pas le lire. J’ai réussi à patienter jusqu’à la sortie du second volet pour une lecture globale.
Nous sommes en 1916, l’empire Ottoman vient d’éclater, la France et la Grande Bretagne se partagent une région, sans s’imaginer un instant sceller durablement le sort de peuples, de pays ; sans s’imaginer un instant être à l’origine de conflits plus meurtriers les uns que les autres, sans s’imaginer l’instauration de haine et de malentendus qui perdurent aujourd’hui encore.
Tout au long de cette lecture, j’ai retrouvé avec bonheur, et nostalgie, aussi, mes cours d’histoire contemporaine.
Gilbert Sinoué est un conteur délicieux. Il réussi, malgré une multitude de personnages anonymes ou célèbres, malgré la complexité de la région, de ses conflits, de ses enjeux, les intérêts contradictoires des uns et des autres, à rendre tout cela d’une limpidité extraordinaire.
Les conflits d’hier, sont les mêmes que ceux d’aujourd’hui , les hommes passent, et rien de change.
En choisissant judicieusement 4 familles, de confessions différentes, d’origine géographique différente (Palestine, Irak, Egypte, Israël), Gilbert Sinoué donne, à mon sens, une vision objective la situation, et des origines des problèmes, sans parti pris, sans complaisance.
Il a fait de ses personnages, des êtres humains avant tout, défendant –parfois durement- mais avec le souci de l’autre des positions radicalement différentes.
J’ai aimé retrouver les grandes figures historiques qui ont pétri cette région, qui pour certains ont payé durement leur désir de réconciliation, qui pour d’autres ont lutté pour leur idéal. Je cite entre autres Nasser, Ben Gourion, Sadate, Lawrence d’Arabie.
Ce premier tome prend fin alors que Nasser reprend le contrôle de l’Egypte, qu’un état s’est crée, qu’un peuple s’est vu refusé le sien. On connaît la suite, mais Gilbert Sinoué, saura, nous la raconter dans le second tome.
« Je crois parfois que Dieu, en créant l’homme, a quelque peu surestimé ses capacités »
(C’est un diplomate français de l’époque qui s’exprime)
« L’orient est un visage aux mille facettes »
Gilbert Sinoué-Flammarion-435 pages

Le challenge Nature writing




Folfaerie organise un nouveau challenge, le Challenge nature writing, autrement dit la littérature américaine mettant en avant les grands espaces, l'appel à la nature.
De janvier 2011 à décembre 2011, je lirai donc entre 1 et 5 livres au niveau de randonneuse du dimanche.



1- Casco bay de William Tapply
2-Le signal de Ron Carlson
3-Dérive sanglante de William Tapply
4-Dark tiger, William Tapply
5-Montana 1948, Larry Watson

samedi 18 décembre 2010

Arrêt Wagram


Un chassé-croisé entre Paris et New York sert de toile de fond à ce thriller dans lequel se
mêlent argent, œuvres d art et secrets pour servir des travaux sur la recherche et les manipulations génétiques. Yvan Sauvage, commissaire-priseur à Paris, et son épouse, sont effondrés depuis la disparition de leur fille âgée d un an. Menacé par une organisation qui l oblige à se livrer à du trafic d art, Yvan doit rejoindre New York, disparaître sans un mot et abandonner son épouse. Ses ravisseurs prétendent détenir sa fille. Pris dans un engrenage infernal, Yvan réussira-t-il à récupérer son enfant et à s échapper ?
Une petite fille disparue depuis un an, un couple sympathique qui « tente de faire avec » en attendant que l’affaire avance, tel est le décor initial de cette histoire. Yvan Sauvage travaille dans le monde de l’art, et, un soir, tout bascule à l’arrêt Wagram : il se voit obligé de changer d’identité, et de filer en douce direction New-York par le premier avion. Il pourrait y avoir pire comme punition, seulement voilà Yvan n’est pas au bout de ses peines. Pendant ce temps là Lise, son épouse est dans le brouillard complet, elle ne comprend rien à ce qui se passe. A cela rajoutons une voisine un peu trop curieuse, un couple d’amis qui lui veut du bien.
Voici un livre à l’écriture agréable, et à la lecture fluide Le début est prometteur, l’intrigue s’installe, et les personnages se mettent en place.
Les chassés-croisés entre Paris et New-York sont intéressants, et permettent ainsi de suivre chaque protagoniste dans sa quête de la vérité. L’ambiance big apple ressort bien
Seulement, j’ai trouvé que l’affaire restait nébuleuse un peu trop longtemps comparativement à la résolution en quatrième vitesse de l’énigme. La solution arrive, si j’ose dire, un peu comme « un cheveu sur la soupe ».Pour cela il aurait fallu que certains thèmes soient un peu plus abordés, et par la même occasion, j’aurais aimé que le personnage de Shirley soit mieux développé.
L’auteur réussit à tenir son lecteur malgré le côté un peu brouillon de cette histoire et, une chute un peu trop rapidement expédiée. Et c’est là le paradoxe de cette histoire : j’y suis rentrée rapidement, me suis laissée emportée, mais à l’arrivée, je suis restée un peu coite sans trop savoir quoi y penser.
Je remercie les éditions Les nouveaux auteurs dont je découvre avec ce livre l’existence, et Partage-Lecture qui m’ont permis de lire cet ouvrage.
Samuel Delage-Les nouveaux auteurs-300 pages
Samuel Delage né en 1978 dans le Saumurois, il a grandi sur les bords de Loire. II vit aujourd'hui à Nantes, où il partage son temps entre l'écriture et son métier d'ingénieur en informatique.

mercredi 15 décembre 2010

Contes carnivores


Un botaniste amoureux de sa plante carnivore. Un curé qui se dédouble dans différents corps. Une femme-orange qui se laisse boire par ses amants. Une société d'esthètes fascinés par les marées noires. Des Indiens d'Amazonie qu'aucun linguiste ne comprend... Entre Marcel Aymé et Jorge Luis Borges, ces quatorze nouvelles où le drolatique se mêle à l'onirique provoquent une joie... dévorante.
Les critiques avenantes ont attirée mon attention sur la dernière parution d’un auteur que je ne connaissais pas encore. L’occasion d’une lecture commune avec Partage-Lecture et le partenariat des éditions Points, me permettrons de rentrer dans l’univers de Bernard Quiriny avec Contes carnivores .C’est la joie dévorante mise en avant par une 4ème de couverture alléchante qui m’a attirée.
Je dois dire que le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur de mes espérances. Les nouvelles ont peu de point commun entre elles, hormis un caractère « abracadabrantesque » avec lequel j’ai eu beaucoup de mal à me familiariser. Mon cerveau cartésien ne semble pas programmé pour cela.
Quatorze nouvelles d’un volume équilibré, mais de qualité inégale. Certaines sont digestes, comme Mélanges amoureux, la seule qui ai réussi à m’arracher un rictus lors de la chute.
D’autres à la limite du glauque comme sanguine……… Fort heureusement il y a longtemps que les boutons crapoteux, plaies purulentes, nécroses cutanées, et j’en passe ne mettent plus au bord de la nausée. Les âmes sensibles auront, je pense, bien apprécié……….d’autant que le recueil commence par cette histoire là !!!!!
Certaines n’ont pas réussi à m’accrocher au delà de quelques pages. Chroniques musicales d’Europe n’ont même pas titillé la mélomane que je suis.
La palme revient à l’épiscopat d’Argentine…..Je ne suis déjà pas très au clair avec les mystères de la foi, mais là, un curé qui se dédouble, non, pas un curé, l’évêque, carrément……..décidément c’est beaucoup trop loufoque pour moi.
Alors si je m’en remets l’appréciation du figaro magazine comme étant « un recueil libre, virtuose, jubilatoire et revigorant »………..libre : sans aucun doute ; virtuose : je cherche toujours ; jubilatoire : je proteste vigoureusement ; revigorant : anesthésiant en ce qui me concerne.
Je remercie les éditions points qui ont eu la gentillesse de me faire parvenir ce livre.
Bernard Quirigny-Points-220 pages
Bernard Quiriny est né en 1978 en Belgique. Il a publié en 2005 un premier recueil de nouvelles. L'Angoisse de la première phrase, qui a remporté le prix de la Vocation. Contes carnivores est préfacé par Enrique Vila-Matas.
Lecture commune avec Partage-Lecture

mardi 14 décembre 2010

Lendemains de terreur


Dans cet ouvrage à la construction éblouissante, Lawrence Block révèle le secret de New York. En fait, la mégalopole n’est qu’une manière de grand village rempli d’individus de toutes sortes unis par des liens aussi solides qu’ils sont invisibles. Et qu’ils soient écrivain, ex-grand manitou de la police, galeriste, avocat spécialisé dans la défense des criminels ou drogué reconverti dans le nettoyage des hauts lieux de la vie nocturne, tous ces gens ont un point commun : un amour immodéré de cette ville qui les abrite. Voilà pourquoi lorsque, dans l’ombre terrifiante des attentats du 11 septembre, un tueur fou commence à livrer une guerre sans merci contre l’immense métropole, tous se sentent concernés.
Et désemparés devant cette machine à tuer qui frappe où et quand elle veut. Écrit dans un style à la fois lyrique et détaché, l’ouvrage est d’une grande violence, - en particulier dans la description de scènes érotiques qui pourront en choquer plus d’un.
Où l’illustre Grand Maître du roman policier américain définit ce qui, à ses yeux, constitue l’essence même de New York et dans un récit d’une grande violence raconte comment un tueur s’est mis en devoir de purger la mégalopole de tous les péchés qui s’y commettent.
Ce roman noir, car s’en est un contrairement à ce qu’indique l’éditeur, fut difficile à lire. Non pas à cause du style ; l’écriture est agréable, abordable, le livre segmentés en chapitres de longueur idéale.
Non, ça n’est pas. Un autre chose infiniment plus indéfinissable et pourtant verbalisable : la violence, le malaise ressenti parfois, et même souvent au cours de la lecture.
Et pourtant j’ai aimé cette lecture, malgré cette difficulté à avancer au rythme que j’aurais souhaité je n’ai pas songé à abandonner en cours de route comme j’ai pu le faire avec Richard Price avec lequel je faisais de temps à autre des parallèles.
Il ne s’agit pas d’un policier dans le sens noble du terme : certes il y a des crimes, mais on connaît très vite le méchant. L’intérêt de ce livre est ailleurs : New-York, mais surtout les New-Yorkais.
Ce livre est construit de manière assez particulière. Mais, ce qui se dégage de ce livre c’est la violence : la violence des circonstances, du cadre historique ; la violence des personnages, la violence érotique qui se dégage de ce livre. En effet l’auteur ne prend pas de gants pour décrire et mettre en scène certains de ses personnages, ses propos sont crus, jamais évoquées ou suggérés. Tout cela met souvent mal à l’aise. Pourquoi tout cela ? Pourquoi de cette manière là ? Dans quel but ? Si ce n’est pour l’auteur de relater à sa façon le 11 Septembre
Nous sommes donc en plein Manhattan, en 2002, quelques mois après les attentats du 11 septembre. La ville est en état de choc, les ruines fumantes, les habitants traumatisées (8 ans après ils le sont encore du reste). Un homme qui a tout perdu en ce 11 septembre sème la terreur dans la ville Et tout autour gravitent des personnages que rien ne rassemble hormis l’amour qu’ils ont tous pour leur ville, des êtres aussi complexes que New-York peut l’être.
Lawrence Block réussi à faire cohabiter un serial Killer plus maléfique que jamais, un avocat jouisseur, une galeriste nymphomane excentrique et débridée, un écrivain en mal d’inspiration, des éditeurs véreux, un ancien flic nostalgique de sa ville, l’alcolo des bas –fond de la ville.
J’ai aimé me retrouver dans l’atmosphère euphorique, contrastée, tourbillonnante de New-York, qui n’en finit pas d’inspirer les écrivains ; chacun ayant une vision qui leur est propre de cette ville.
J’avais découvert Lawrence Block avec Partage-Lecture avec un livre qui n’avait pas été un coup de cœur, mais cet auteur m’avait donné envie de revenir vers lui.
« Il y en avait foison, des tragédies, grandes ou petites, de la fondation de la ville au 11 septembre. L’histoire de la ville était celle de la mort violente »
« Il adorait New-York, suggéra un chroniqueur, et cette ville l’a trahi en lui prenant tous ceux qu’il aimait en l’espace d’une seule et horrible matinée. Et maintenant il assouvit une vengeance aussi horrible que tordue »
Lawrence Block-Seuil/Policiers-456 pages

vendredi 10 décembre 2010

Viral

A 14 ans, Victoria Brennan, nièce de la célèbre anthropologue judiciaire Temperance Brennan, vit avec son scientifique de père sur une île isolée au large de Charleston, sur la côte de Caroline du Sud. Quand elle n'est pas à Charleston pour suivre les cours du collège huppé qu'elle déteste, Victoria, dite Tory, est livrée à elle-même et à ses passions : la science, la mer, sa bande de trois copains, et surtout... les chiens-loups. Car près du centre de recherches où travaille son père, une petite meute de chiens-loups vit en liberté depuis toujours. Tory est la seule à pouvoir les approcher. Elle est donc la seule à se rendre compte que le plus jeune de la meute, Cooper, a disparu. C'est en le cherchant qu'elle trouve une plaque d'identification militaire datant de la guerre du Vietnam, près d'un tas d'os. Tory n'est pas la nièce de Temperance Brennan pour rien : elle sait que ces restes sont humains. Et pourtant, à son retour avec la police, il n'y a plus rien... Un thriller haletant qui enthousiasmera tous les fans de BONES. A lire de 13 à 99 ans et au-delà...
Tout d’abord je tiens à remercier O ! Editions et Partage Lecture de m’avoir offert, une passionnante journée de lecture. Viral m’aura tenue à peine plus de 24h ; c’est peu dire que la lecture fut prenante, et passionnante.
L’auteur nous embarque en Caroline du sud, au large de Charleston. Quatre adolescents, doués, intelligents, mais un peu abandonnés à eux même, s’ennuient sec dans leur collège huppés, et sortis de là vivent leurs aventures dans une ile au large de Charleston où il se passe des choses un peu étranges, et, où ils vont de découvertes en découvertes.
Nos 4 compères, tels les 3 Mousquetaires, tous pour un et un pour tous, sont résolus à connaître le fin mot de l’histoire.
Modernisme oblige, l’équipée est emmenée par une fille, Tory, qui relève plus du garçon manqué que de la jeune fille rangée du sud !!!Elle n’a pas froid aux yeux, a un culot monstre, et mène ses 3 copains du bout du nez.
Je laisse les méchants là où sont, le lecteur apprend à les découvrir au fur et à mesure. Comme dans toute belle histoire, ils seront démasqués. Seulement voilà, il faut un certain temps avant que ceux-ci ne sortent du bois, et c’est tout l’intérêt du livre : le suspense qui prend à l’estomac.
L’action ne manque pas ; nos 4 lascars sont jeunes, beaux et en bonne santé, quoique, là aussi le lecteur a de quoi avoir quelques sueurs froides. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont une énergie à revendre. Cela se sent dans l’écriture de Kathy Reichs qui est tout sauf ennuyeuse et molle. Le style, alerte et direct, donne un dynamisme extraordinaire à la lecture. L’auteur de part ses mots, et sa syntaxe, parvient à rendre plus vrai que vrai le langage de 4 adolescents de 14-15 ans, parfaitement aguerris aux techniques modernes, maitrisant comme pas un chat, twit, GPS et autres…….
Deux enquêtes sont menées de front, avec des éléments que se croisent, s’entrecroisent, mêlant le passé et le futur, avec un Docteur Mabuse dont les pratiques ne sont pas très rassurantes.
Je ne connaissais pas Kathy Reichs, tant dans ses livres que dans la série télévisée qui en découle. C’est une heureuse découverte pour moi. C’est avec plaisir que je la relirai.
Kathy Reichs-Oh! Editions-410 pages
Anthropologue judiciaire internationalement renommée, Kathy Reichs écrit des romans fondés sur son expérience auprès du FBI et des tribunaux qui rencontrent un immense succès et sont traduits dans près de trente pays. Son travail et ses romans, avec pour héroïne.

mercredi 8 décembre 2010

Quinze ans après, fanfan2


À vingt-cinq ans, Fanfan et Alexandre s’étaient désirés. Fou de romantisme, il lui avait fait une cour sans fin. Pour différer toujours l’usure de la passion. Quinze ans après, Alexandre a bien changé : toqué de vie domestique, il rêve d’un amour quotidiennement réenchanté. Désormais, il ne veut plus aimer toujours mais tous les jours. Avec une folie infatigable ! Mais comment prendre appui sur les tâches ménagères pour éperonner le désir ? Faire lavabo commun peut-il éviter de faire un jour rêves à part ? Seule l’aventure du quotidien amoureux mobilise son imagination. Ce défi peut-il être relevé sans votre aide ?
Je remercie le livre de poche et Bob qui m’ont permis de lire ce livre grâce à un partenariat. N’ayant pas lu Fanfan à sa sortie, je pouvais donc lire le second sans être parasitée par l’éventuel élan sympathique à son encontre. J’aborde donc Fanfan 2 l’esprit vierge…….
Et bien malgré cela, c’est une déception. J’ai une impression de vide en lisant ce livre. Les personnages m' insupportent comme Faustine de part sa personnalité perverse et profondément méchante, m’ennuient comme Fanfan par son côté mollasson, j’ai tellement envie de la secouer.Quant à Alexandre, ça n’est pas la modestie qui l’étouffe…..il fait sans cesse référence à son livre, à son film.
J’ai trouvé l’ambiance très parisienne, surfaite, superficielle.
Je ressors de cette lecture un arrière goût de campagne de markéting visant à relancer un auteur qui en son temps a marqué une génération ; génération qui comme la mienne a vieilli et est en attendre d’autre chose……un autre chose que, malheureusement je n’ai pas trouvé ici.
De plus je n’ai pas trouvé le style littéraire particulièrement élégant, ni particulièrement travaillé. Alexandre Jardin nous avait habitué à mieux.
Alexandre Jardin -Le livre de poche-287 pages

mardi 7 décembre 2010

Le violon du fou


Loin de chez lui, Cunnar passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu'il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d'oublier sa musique et d'être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier se met donc au travail en investissant leurs derniers sous dans l'élevage. Mais le troupeau est décimé par l'hiver. Impuissant, désespéré et hon­teux, Gunnar perd la raison.
Devenu colporteur, il sillonne la région avec son éternel violon tel un mendiant halluciné, jusqu'au jour où, effrayé par d'obscures visions, il se réfugie dans un cimetière...
Menant subtilement le lecteur entre naturalisme et fantastique, Selma Lagerlöf, une fois encore, surprend par la puissance de son écriture.
Une écriture soignée, agréable, et, bien construite, une couverture aux allures de contes anciens, un éditeur de qualité, une histoire où il est question d‘un violon et d’un violoniste………..et pourtant, cette lecture est loin de m’avoir comblée.
J’avais des souvenirs anciens d’un beau livre de cet auteur, le merveilleux voyage de Nils…..
Je me suis dit, à l’approche de Noël, un peu de magie, et de féerie ne feront pas de mal. Et pourtant, la magie n’a pas opéré, elle s’est éteinte même.
Je pense que ce genre de littérature, s’il a été apprécié en son temps, me parait démodé, un peu vieilli.
Les personnages sont attachants, Gunnar attaché à la musique et son violon, qui perd la raison, pour la retrouver avec Ingrid ; Ingrid la morte qui ressuscite et remet Gunnar sur les rails. Et pourtant je n’ai pas trouvé l’attache où m’accrocher pour aller à la rencontre de ce livre.
Selma Lagerlöf-Actes Sud-150 pages
L'auteur:
Selma Lagerlöf (1858-1940), prix Nobel de littérature en 1909, est sans conteste l'un des plus célèbres écrivains suédois. Son oeuvre est nourrie des légendes et de l'histoire de la région de Värmland, merveilleusement transposées par son imagination lyrique hors du commun. Parmi ses livres les plus fameux on peut citer La Saga de Costa Berling, et le texte qui lui valut sa renommée internationale : Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède (édition intégrale illustrée disponible chez Actes Sud).

samedi 4 décembre 2010

Rosa candida

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.
Un coup de cœur pour une lecture serine, limpide, dont les mots et les pages défilent, et qu’il faut savoir mettre en retrait un moment pour mieux la reprendre et ne plus la quitter.
Un livre au format à peine plus gros qu’un livre de poche, mais broché, ce qui en fait un objet agréable à tenir. La couverture aux allures psychédéliques, détonnent avec le caractère tendre, décalé, et hors du temps de cette histoire qui finit dans la lumière.
« Ma fille est immobile, à califourchon sur mes épaules. Je mets ma main en visière et plonge le regard dans l’aveuglante clarté. C’est alors que je la vois, tout en haut, dans le vitrail du chœur, la rose pourpre à huit pétales, à l’instant précis où le premier rayon transperce la corolle et vient se poser sur la joue de l’enfant. »
Ce jeune homme de 22 ans, rouquin, que son père appelle tendrement « mon petit Lobbi, s’en va prendre ses « quartiers d’été » dans un vieux monastère du continent, dont on ne sait ni le nom, ni la localisation, afin de redonner vie à une légendaire roseraie en perpétuant ce que sa mère tant aimée, et disparue lui a appris depuis sa plus tendre enfance. Il n’emporte que quelques boutons de roses, et une photo de sa fille, née d’une brève union d’un soir, et qui porte le doux prénom de Flora Sol.
Seulement voilà le destin sonne toujours à la porte………Anna refait surface, revient avec sa fille dans les bras……..
Parti pour défricher un jardin, c’est avant tout à sa propre vie qu’il va redonner vie. En cela il sera aidé par frère Thomas, vieux moine cinéphile et amateur de bonnes liqueurs qui, l’air de rien va lui l’éclairer.
« Les hasards ont un sens, dit l’abbé »
« Rares sont ceux qui prennent le temps de penser à la mort. Et puis il y a ceux qui n’ont pas le temps de mourir »
Le jardinier des roses va se découvrir Papa. Ce garçon qui au départ parait naïf, parfois un peu simplet, s’avère un homme plein de sensibilité et d’intelligence ; un garçon sans cesse hanté par une mère trop tôt disparue et qu’il ne cesse de faire vivre en l’évoquant constamment.
Ce livre ne manque pas d’humour : « J’éprouve de l’empathie pour saint Joseph. Il a du se sentir bien seul sous la couette »
Audur Ava Olafsdottir-Zulma-336 pages
D'un réalisme sans affèterie, tout l'art d'Audur Ava réside dans le décalage de son personnage, candide, cocasse et tendre. Cette insolite justesse psychologique, étrange comme le jour austral, s'épanouit dans un road movie dont notre héros sort plus ingénu que jamais, avec son angelot sur le dos. Audur Ava Ólafsdóttir est née en 1958 à Reykjavík. Rosa candida, largement salué par la presse et la critique lors de sa parution en 2007 et deux fois primé, est traduit pour la première fois en français.


Livre lu avec Livraddict dans le cadre de "destination Islande"

vendredi 3 décembre 2010

L'éveil


Une villégiature en Louisiane à la fin du XIX ème siècle : robes de mousseline, ombrelles, soirées musicales, villas du bord de mer et enfants sages. Un univers serein et paisible. Un peu trop, peut-être, aux yeux d'Edna pour qui cette quiétude confine à la torpeur. Une émotion amoureuse, un parfum enivrant et la vie change de registre. C'est «l'éveil». La jeune femme découvre son goût de vivre, sa créativité, son corps, elle-même en somme. Découverte qui ne va pas sans poser problème, dans l'Amérique de ces années-là ; pour l'héroïne du roman et pour l'auteur, dont l'oeuvre fut jugée scandaleuse, dénoncée par la presse et mise au ban des librairies de Saint-Louis en 1899, pour être enfin reconnu dans les années soixante comme l'un des grands classiques de la littérature américaine.
Une histoire de femme, écrite par une femme d’un autre siècle, qui ouvre la voie au féminisme.
Nous sommes en Louisiane à la fin du 19 ème siècle. Les femmes trompent encore leur ennui en « recevant , chez elle le mardi après midi », de blanc vêtues portant ombrelle et crinolines, dirigeant de main de maître une maisonnée remplie de métis, quarteronnes et mulâtres à leur service……….Un temps où les dames étaient des mères avant tout et épouses assujetties à leur maris; pour ce qui était de la femme……..autre temps , autres mœurs.
Edna Pontellier a 28 ans, deux enfants, et semble décidée à passer outre ces injonctions sociales et sociétales. Elle s’ennuie avec Léonce, son époux ; s’éprend de Robert, et succombe à Alcée Arobin. Elle s’éveille à la vie, à une autre vie.
« Elle abandonna complètement les mardis, et ne rendit pas las visites qu’on lui faisait. Elle ne s’obligerait plus vainement à diriger sa maison en bonne ménagère. Elle allait et venait selon son humeur, et se prêtait autant qu’elle le pouvait à ses fantaisies passagères. »
Elle aime ses enfants, mais sans plus ; ne s’en occupe pas plus que cela. Edna ne semble pas résolue à se sacrifier pour sa progéniture. Elle a le désir d’accéder à son indépendance en vivant de son art, la peinture. Mais, n’est pas artiste qui veut. Son amie la demoiselle Reisz, pianiste, le lui rappelle cruellement.
Edna, ne veut suivre le modèle en vigueur dont sa bonne amie Adèle Rastignolle, la mère par excellence, est l’archétype. Elle ne sera pas l’artiste qu’elle souhaitait être. Robert, dont elle est éperdument amoureuse ne veut s’engager avec elle dans une relation adultère. Le passage à l’acte n’est pas plus satisfaisant. Que lui reste t-il ?.....
Ce court roman a des allures « d’autant en emporte le vent », pour tout l’atmosphère coloniale qu’il dégage. La Louisiane, en ce temps là a beau avoir aboli l’esclavage, la ségrégation raciale est omniprésente, avec, dans le roman, l’usage d’un vocabulaire bien spécifique.
L’influence française est également bien relatée par des expressions que l’auteur a glissée telles quelles.
Le rythme est à l’image de la région, ralenti par la chaleur, et la moiteur que l’on sent à travers l’écriture, sans pour autant que la lecture en soit affectée.
Kate Chopin-Liana Levi-215 pages
Kate Chopin (1850-1904) est née dans à Saint-Louis d'un père irlandais et d'une mère française. En 1882, à la mort de son mari, elle entreprit de traduire des oeuvres de Maupassant et de rédiger ses premières nouvelles. L'Eveil paraît en 1899 ; l'accueil scandalisé du public la laisse amère et déçue jusqu'à sa mort. Celle par qui le scandale arrive ne connut qu'une gloire posthume.


mercredi 1 décembre 2010

Challenge 26 livres-26 auteurs

Nouveau Challenge qui à partir de janvier 2011 fera liste commune avec le Challenge ABC Babélio.

A: Olivier Adam, Le cœur régulier ( contemporain Fçais,232 pages) Février 2011
B: Chochana Boukhobza, Sous les étoiles (roman contemporain Fçais, 363 pages) Janvier 2011
C: John Connolly, Le livre des choses perdues (jeunesse Irl, 346 pages) Mars 2011 Abandonné
D: Don Delillo, L'homme qui tombe (roman contemporain USA, 296 pages) Mai2011 Abandonné
E: James Ellory ,Seul le silence (contemporain US ,600 pages)- Décembre 2011
F: William Faulkner, sanctuaire(USA, 375 pages)
G: Laurent Gaudé, Ouragan (roman contemporain Fçais ,189 pages) Mai 2011
H: Ernest Hemingway, Le soleil se lève aussi ( roman classique US,275 pages) Août 2011 Abandon
I: Arnaldur Indridason, Hypothermie (polar islandais, 350 pages)
J: Elfriede Jelinek, La pianiste (contemporain, All, 250 pages) Février 2011
K: Jesse Kellermann, les visages (thriller, Us, 472 pages) Janvier 2011
L:  Fouad Laroui, La vieille dame du riad (roman français 250 pages)
M: Colum Mc Cann, Les saisons de la nuit (roman contemporain US,320 pages)
N : Nimrod, Les jambes d'Alice (Roman contemporain Afr,140 pages) Avril 2011
O: Joseph O'Connor, Muse (contemporain Irl,278 pages) Octobre 2011
P: Alan Paton, Pleure Ô pays bien aimé (classique Afr, 429 pages); juillet 2011
Q: Queffélec, Les noces barbares (contemporain Fçais,308 pages); Novembre 2011
R: Eric Maria Remarque, à l'ouest rien de nouveau (roman All, 220 pages) Février 2011
S: Alexandre Soljenitsyne, Une journée d'Ivan Denissovitch (roman russe, 280 pages) Juin 2011
T: Ivan Tourgueniev, Premier amour (classique Russe, 96 pages) Janvier 2011
U :Antonio Ungar, ,les oreilles du loup (contemporain Colombie, 132 pages) Février 2011
V : Frankie Ventana,Une vie après l'autre, (Roman contemporain Fçais, 174 pages) Janvier 2011
W : Alice Walker, La couleur pourpre (Littérature épistolaire, 344 pages), Juillet 2011
X : Qiu Xiaolong, Les courants fourbes du lac Tai (policier Chine, 310 pages)
Y :
Richard Yates,Easter parade (roman US,267 pages); septembre 2011
Z : Valérie Zenatti, En retard pour la guerre (roman français , 190 pages) Août 2011