samedi 28 mai 2011

La noce d'Anna




" Sur le mur, la robe est accrochée comme un tableau de chasse. Elle est belle, sans doute un peu sage mais, qu'importe, c'est le jour d'Anna. Aujourd'hui, 21 avril, je marie ma fille, je laisserai de côté mes pensées de vieille folle, je serai comme elle aime que je sois : digne, bien coiffée, bien maquillée, souriante, prête à des conversations que je suivrai avec un enthousiasme feint et qui ne me laisseront aucun souvenir, parée pour butiner d'invité en invitée, mère parfaite que je serai aujourd'hui. Je me cacherai pour inhaler mes Fumer Tue. Je marie ma fille, aujourd'hui. Cette phrase bondit dans ma tête tandis que je la regarde dormir. J'ai quarante-deux ans et je marie ma fille aujourd'hui. J'ai soudain l'impression d'être sortie de mon corps, de flotter au-dessus d'Anna endormie et de moi-même, de regarder tout cela comme on regarde un film, de me dire que cela ne peut pas m'arriver, pas à moi. J'aurais souhaité être sage le jour du mariage de ma fille... " Pendant la noce d'Anna, sa mère se souvient. De la jeune femme qu'elle a été, si différente de sa fille aujourd'hui, de ses rêves, de ses espoirs, de ses envies ; parce qu'elle en a encore, des envies, cette femme célibataire qui marie sa fille... Pendant la noce, l'enfance d'Anna resurgit avec le souvenir du père, de l'absent, de l'inconnu... Et un autre bonheur pointe son nez dans la nuit.
Nous sommes le matin des noces d’Anna. L’espace d’une journée, toute une vie se bouscule, en désordre dans les pensées de sa mère.
Avec une infinie tendresse, avec à la fois la réserve et un naturel désarmant, elle livre ses angoisses, ses regrets de n’avoir pas fait, ou pas assez. Sous le mode de la confidence nous apprenons ses émois de jeunes filles dont Anna est issue. Elle ne se ménage pas, et se donne tout entier au lecteur dans une confession courte, mais si intense.

Il m’est difficile d’en dire plus, parce que ce texte se ressent, et se vit plus qu’il ne se raconte. Très souvent, quand c’est Beau, il faut le dire, tout simplement, sans rien ajouter…si ce n’est que de vous encourager à savourer ce texte magnifiquement écrit.

 « C’est si difficile d’être une mère, je ne sais pas comment font ces autres à qui tout réussit. »
« Jamais je n’ai vu d’enfant si sage si vite, si lisse parfois, si consciente de ses responsabilités envers moi, sa mère. Comme si très tôt, elle avait su que je l’avais mise au monde pour me recadrer, pour faire de moi une grande personne, une adulte aux yeux des autres  et une ombre aussi pour me réfugier. »

Nathacha Appanah - Gallimard/Continents noirs- 140 pages
Nathacha Appanah, née à l'île Maurice, vit et travaille en France. Après Les rochers de Poudre d'Or (prix RFO 2003, prix Rosine Perrier 2004) et Blue Bay Palace (Grand Prix littéraire des Océans Indien et Pacifique), La noce d'Anna est son troisième roman.





Jean-Jacques Rousseau à 20 ans


Comment devient-on l’un des plus grands philosophes du Siècle des Lumières, l’un de ceux qui
ont rendu possible la Révolution française, un précurseur du romantisme et de la démocratie ? On s’attend à ce que Rousseau ait reçu l’éducation nécessaire à l’élaboration de sa prodigieuse culture et de ses réflexions. Pas du tout ! Durant son adolescence, Rousseau s’est formé à travers une aventure intellectuelle, vagabonde et multiple. Né en 1712 à Genève, il est élevé de façon désordonnée par un père fantasque, né d’horlogers genevois, qui, contraint de fuir Genève, y abandonne son fils de 12 ans à un oncle, puis à un pasteur. Jean-Jacques fait la découverte de la nature, du latin, de la religion et connaît là ses premiers émois. Mais à peine âgé de 14 ans, il lui faut apprendre un métier. Apprenti chez un graveur sévère, il préfèrera s’enfuir et tenter sa chance sur les routes de la Savoie voisine. Seul, sans argent, sans ami, sans appui, que peut-il devenir ? Il abjure sa religion réformée et se convertit à la religion catholique romaine. Il y gagnera l’aide et la protection de Mme de Warrens, de quinze ans son aînée, qu’il appellera "Maman" et sera son amante. Auprès d’elle, il va parfaire son éducation par les lectures, la musique, la discussion,
l’apprentissage des savoirs. Deviendra-t-il prêtre, maître de musique, précepteur, diplomate, écrivain ? Il s’essayera à ces différentes carrières mais ne poursuit qu’un but : s’instruire de tout,
apprendre toujours, y compris dans les sciences et la philosophie, pour mieux connaître les autres, pour mieux se connaître lui-même.
Bien qu’ayant eu, comme tout aspirant bachelier, un enseignement, obligatoire et très mal dispensé, je ne connais rien de Rousseau. Je n’en suis pas très fière, mais c’est ainsi. La philo, m’a été mal enseignée, et donc ce qui aurait du m’être une ouverture sur le monde, a été au contraire pour moi, une chose immonde et totalement hermétique.
Mais, l’âge aidant, et consciente de mon inculture dans ce domaine, j’ai essayé malgré tout de m’intéresser à la chose, de loin, je le concède, mais un peu tout de même.

Les éditions Au diable Vauvert en collaboration avec Babélio m’offrent la possibilité d’en connaître un peu plus sur le personnage. Et c’est avec des attentes énormes que j’entreprends la lecture de ce livre.

Je ne juge pas la documentation, et le travail de recherche, que je crois sincèrement soignés, et pertinents. Je n’ai aucun reproche stylistique. Rien  de tout cela.
C’est juste que cet ouvrage, est à l’image de Jean- Jacques Rousseau dans sa jeunesse : touche à tout.
L’inculte que je suis pour " la chose philosophique", bien qu’ayant appris de la vie de Rousseau, n’a pas trouvé dans ce livre de synthèse claire, nette et précise de ce que Jean –Jacques Rousseau représente en terme d’idées et de concepts philosophiques. J’aurais aimé, à l’issue de ce livre, avoir envie de me plonger dans un des ouvrages du philosophe, dont on dit tant de bien….La philo m’épouvante toujours autant, 30 ans après l’avoir rencontrée non pas de gré…mais de force !!!
L’épilogue sera un peu plus conforme à mes attentes, mais…c’est un peu tard.
J’en apprendrai plus, nettement plus, en ouvrant le Lagarde et Michard.
Un grand merci à Babélio masse critique , et au Diable Vauvert pour m'avoir permis cette découverte.
Claude Mazauric-Au diable vert-165 pages
Né en 1932 à Thonon-les-Bains, Claude Mazauric est un historien spécialiste du XVIIIe siècle. Il est notamment l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels: Babeuf et la conspiration pour l'égalité, Éditions sociales, 1962 ; Babeuf. Ecrits, Le Temps des Cerises, 2009 (4ème édition), Sur la Révolution française, Éditions sociales, rééd.1988, Jacobinisme et révolution, rééd.1988 ; plus récemment L'histoire de la Révolution française et la pensée marxiste, PUF, 2009, et une biographie d’Albert Soboul en 2004 (Ed. d’Albret).



jeudi 26 mai 2011

Tag challenges

A l'initiative de Sharon, et après avoir vu les réponses d'Anne, je relai ce petit questionnaire à propos des challenges


1) A combien de challenges êtes-vous inscrite ?

12


2) Pourquoi vous êtes-vous inscrite à ces challenges ?


*Challenges ABC: pour vider ma pile
*challenge des Nobel: pour lire une littérature vers laquelle je ne vais pas spontanément
*challenge New York: j'adore cette ville
*Pays scandinaves: j'ai me bien cette littérature
*défi des 1000 ( lire un pavé de plus de 1000 pages): pour lire celui qui dort chez moi, pardi ( un des deux)
*challenge yes we Kant (philo): pour mllire un livre de philo au moins une fois dans ma vie ( j'ai réussi à esquiver la question pour le bac)
*Nature writting: pour découvrir, puis que le sujet m'intéresse
* la littérature fait son cinéma: parce que j'adore le ciné, pardi
*Challenge Irlande: le voyage, toujours le voyage
*Challenge épistolaire: un genre que j'aime bien, mais que je lis peu....alors c'est l'occasion
*Challenge de la Rome antique: pour être un peu originale

3) Combien de livres avez-vous lus à cause (ou grâce à) ces challenges ?
67


4) Combien de livres vous reste-t-il à lire pour terminer tous ces challenges ?
 au moins 23 
certains challenges sont livres....c'est à celui qui en lit le plus....
5) Envisagez-vous de craquer pour un nouveau challenge, ou de renouveler ceux en cours s'ils se prolongent ou se renouvellent en cours d'année ?

 Je suis partante pour la rentrée littéraire
Pour un nouveau challenge ABC........pas trop
Je suis partante également pour tout ce qui me fera voyager

6) Avez-vous envie de créer votre propre challenge ?
J'organise le challenge des Nobel, qui prend fin en Novembre, et.........
j'ai déjà ma petite idée pour le prochain........mais top secret, il faudra patienter


Je tague les prochains et prochaines à visiter mon blog!!!! Au travail !!

mercredi 25 mai 2011

Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut


Cinq personnes que vous avez croisées de votre vivant vous attendent là-haut. Leur sort est intimement lié au vôtre, et pourtant vous ne les connaissez pas forcément. Ces cinq rencontres, belles ou terribles, vous révèleront les fils invisibles qui nous relient tous les uns aux autres. Ignorant tout cela, le vieil Eddie, chargé de l'entretien des manèges d'une fête foraine, fait ses premiers pas là-haut. Au fil des rencontres qui lui sont destinées, il découvrira les clefs de la vérité pour plonger enfin dans une bienfaisante éternité.
Voici un livre programmé de longue date comme une lecture New-York. Cette ville me titille à nouveau plus fortement depuis quelques temps…allez donc savoir pourquoi ?
Bien que je ne fus pas submergée d’émotion en le lisant, bien que j’aie pu trouver ici ou là quelques longueurs, quelques idées un peu lisses et trop belles parfois, j’en ai apprécié la lecture .L’écriture y est simple, très facile d’accès. Cela en fait un bon livre de détente, un très bon livre de transition, ne nécessitant pas une attention trop soutenue.

L’idée de départ est assez originale. L’auteur, s’y prends à l’envers. Il fait mourir son personnage principal, Eddie, chargé de l’entretien des manèges d’une fête foraine, dont la situation est très probablement celle de Coney Island  à New-York.Il nous assistons à un large retour arrière sur ce que fut sa vie. L’originalité de ce livre, tient au fait, que nous suivons Eddie une fois là-haut…C’est au travers des 5 rencontres qu’il va y faire, que nous allons faire connaissance d’Eddie. Avec lui, nous allons cheminer, évoluer dans nos rapport avec celles et ceux que nous avons côtoyé tout au long de notre vie, et appréhender autrement notre fin que l’auteur ne voit pas comme une fin, mais comme le début d’une autre aventure.
Les personnages en eux même sont d’une épaisseur, et d’un intérêt variable.

J’ai apprécié Marguerite, son épouse, qui nous interpelle sur la mémoire qui reste aux vivants quand ils ont perdu l’objet de leur amour. L’âtre cher, s’en va, mais tout ce qui nous rattache à lui est encore là, bien là, et n’attend que d’être entretenu.

J’ai également trouvé beaucoup de résonance dans le personnage de son père
« C’est parce que personne ne vient au monde la colère au ventre. D’ailleurs, quand nous mourons, l’âme en est libérée. (…) Il faut pardonner à votre père. »

La construction de ce livre est intéressante. J’aurais aimé y trouver un peu plus de matière, un peu plus de substance. Les idées auraient mérité, à mon sens, être plus étoffer, plus développée pour qu’il n’en doit pas aussi simpliste.

Mitch Albom-Oh! Editions-272 pages

Lu dans le cadre du Challenge New-York organisé par Well read kid 



mardi 24 mai 2011

Jury littéraire 2011

Les prix des lecteurs fleurissent. Et qui mieux qu'un lecteur pour donner son vis sur ses lectures.....Je me suis toujours demandé comment cela se passait, et secrètement , j'avais envie, un jour de pouvoir m'y frotter un peu.

Cette année j'ai la chance d'y participer à deux reprises:

Le prix du meilleur polar des lecteurs Points 








Nous sommes 20 lecteurs et un jury de "professionnels présidés par Antonin Varenne, lauréat 2010 avec Fakirs.
Nous aurons 9 ouvrages à lire et à départager dans la collection Policier, Thriller, et Romans noirs, pour le 14 novembre 2011

La sélection:

1) Les visages, de Jonathan Kellerman
2) Cotton Point, de Pete Dexter
3) Les brumes du passé , de Leonardo Padura
4) Origine, de Diana Abu Jaber
5) Les courants fourbes du lac Tai, de Quiu Xialong
6) Hypothermie, de Arnaldur Indridason
7) La ronde des innocents, de Valentin Musso
8) Hiver, de Mons Kallentoft
9) Donne-moi tes yeux, Torsten Pettersson

Le 10ème prix du Roman Fnac


Entre juin et juillet 2011, je recevrai 4 à 6 ouvrages, en avant première, pour les lire "secrètement", puisque ces derniers ne paraîtront pas avant le 20 août 2011.


lundi 23 mai 2011

Ouragan

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.
Je me souviens avoir apprécié Eldorado sans que pour autant il m’en reste beaucoup de souvenir. Néanmoins j’attendais avec une certaine fièvre un autre Gaudé. Mon attente était –elle trop forte, ou bien le style Gaudé n’a pas ma préférence ? Le fait est qu’Ouragan refermé, je reste avec une certaine indifférence. Je ne me suis jamais sentie investie par cette lecture, jamais absorbée .Je l’ai suivie d’assez loin, pas vraiment concernée.

Ce roman est un kaléidoscope, une polyphonie. Douze chapitres le composent. Chaque chapitre mêle les voix d’une demi-douzaine de personnages que  l’on a parfois du mal à situer, et à remettre en place. L’auteur passe, en permanence d’un personnage ou d’un groupe de personnage à l’autre  dans chacun des chapitres ; et à mesure que les choses avancent ces passages se font de plus en plus courts. C’est un des aspects qui m’a gênée, et qui, sans aucun doute a contribué, de ma part à une retenue, et m’a pas permise de rentrer pleinement dans l’histoire.
Paradoxalement, l’histoire est intéressante. Nous sommes à la Nouvelle-Orléans, alors menacé par le cyclone Katrina. Laurent Gaudé met en valeur les exclus, les minorités, les pauvres, les laissés pour compte, et fait parler ces personnages là, ceux qui d’ordinaire n’ont pas la parole. Il y dénonce le sort de la communauté noire qui a le plus souffert de ce cyclone.
Parmi ces personnages, il y a Josephine, la vieille négresse (elle se définie ainsi), fière rebelle, têtue comme un mulet, résignée et révoltée à la fois, un rien provocatrice. C’est celle dont la voix est la plus forte dans ce roman ; elle y est plus présente…agaçante aussi parfois… « Moi Josephine Linc.Steelson….. » se plait-elle à répéter tout au long du livre…
Laurent Gaudé est assez bien parvenu à restituer l’ambiance noire, humide, et angoissante qui plane tout du long.
Laurent Gaudé-Actes Sud (Aout 2010)-189 pages
Romancier et dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé a reçu en 2004 le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, est publiée par Actes Sud.

Challenge ABC/Babélio : 19/26 [G]
Challenge 26 livres /26 auteurs: 12/26 [G]

Pour la Louisiane, 1/50        

dimanche 22 mai 2011

Les feux de la terre-Histoires de volcans



Les volcans tremblent, se gonflent, s'ouvrent et explosent.
Impuissante devant les convulsions de la nature, l'imagination populaire a mis en scène des forces surhumaines, venues d'un monde surnaturel, pour expliquer un phénomène qu'elle ne pouvait comprendre. Mais, dans le même temps, après Empédocle et Pline, Dolomieu, Hamilton, Scrope, Lacroix, Jaggar et d'autres volcanologues s'approchaient, au péril de leur vie, du Vésuve, de l'Etna, du Stromboli, de la Soufrière, du Kilauea ou du Cotopaxi, et parvenaient à mieux comprendre les formidables machines géologiques que sont les volcans.
Maurice Krafft, volcanologue lui aussi, les a affrontés pendant un quart de siècle.
Il aura fallu qu’aujourd’hui un volcan islandais sorte de son sommeil, pour je j’aille chercher ce livre lui aussi un peu en sommeil.
Les volcans me fascinent…..et c’est Maurice Krafft qui en est le responsable !!J’étais gamine, lui et son épouse parcouraient le monde pour les étudier. C’était leur passion commune, ce fut aussi leur tombeau.
Heureusement, ils ont laissé des images fabuleuses, des films admirables, qui à l’époque étaient projetés lors des célèbres conférences Connaissance du monde. Le principe était simple : un homme sur une scène présentait en direct son film.
Et ce jour là, ce fut l’émerveillement : Lui et sa femme présentaient en particulier les volcans d’Afrique… à couper le souffle des images inoubliables. Les dernière images du film représentaient ce que les volcans pouvaient offrir de plus beaux…..les diamants d’Afrique du Sud
Je garde précieusement ses livres de l’époque qu’il signait d’un gros volcan.

Dan ce livre, Maurice Krafft retrace l’histoire de la volcanologie ; depuis les temps anciens où les croyances, et les légendes étaient de mises, jusqu’à nos jours où la rigueur scientifiques et l’observation ont considérablement amélioré les connaissances dans le but ultime est la gestion optimale des risques pour les populations.
Cinq chapitres qui correspondent à 5 époques, et 5 évolutions dans ce domaine. Avec sa pédagogie habituelle, à laquelle s’ajoutent d’inévitables mises à jours qui ne sont pas de lui (puisque prématurément disparu il y  20 ans).
J’apprécie tout particulièrement les éditions Découvertes Gallimard, qui tout en se voulant grand public grâce à une présentation aérée, illustrée, et documentée, ne sacrifie pas à la qualité avec des articles pertinents et compréhensibles à tous.
A lire impérativement pour qui veut comprendre le cheminement de la science des volcans sans être assommé de terme techniques ; le tout écrit par un spécialiste du sujet.
 Maurice Krafft-Découvertes Gallimard n°113( Novembre 1991)-210 pages.


Edition mise à jour par François Dominique de Larouzière,directeur scientifique de Vulcania, en Auvergne
Maurice Krafft né en 1946, géologue-vulcanologue, a fondé en 1968 avec Katia son épouse géochimiste, le centre Vulcain, spécialisé dans la phénoménologie des éruptions volcaniques. En un quart de siècle, ils ont foulé le sol de centaines de volcans et observé près de cent éruptions à travers le monde. Auteurs d’une vingtaine de livres et de six longs métrages, ils ont par ailleurs rassemblé la plus grande bibliothèque volcanologique au monde et une importante collection iconographique.
Ils ont trouvé la mort dans l’éruption du mont Unzen, au Japon, le 3 juin 1991

Le sang des pierres


Avec L’Heure trouble et L’Écho des morts, Johan Theorin s’est imposé comme un des maîtres du polar scandinave. Il revient ici sur son territoire de prédilection, l’île d’Öland, avec un suspense virtuose.

. À la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l’île. Peter Mörner s’est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mer de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance… Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…
Ce thriller a toutes les qualités pour me plaire, pour faire oublier les autres livres en cours, me tenir suffisamment longtemps en place, et par conséquent me tenir éveillée, et choses rare…. me réveiller avant l’heure et me faire prendre mon bouquin avant ma tartine !!!

Un paysage, un pays, une atmosphère….Sur l’ile d’Öland en Suède, à l’est du pays, peu étroite mais haute .Elle se repeuple pour les fins de semaines, et l’été. L’auteur, restitue bien le cadre bucolique et sauvage des lieux. Un dépaysement fort agréable.
Un peu de surnaturel, et de légende….Nous sommes au pays des Trolls et des Elfes. Ils sont là, mais pas trop là ; juste ce qu’il faut pour donner « sa griffe » à ce roman.
Des personnages, en nombre, mais pas en grand nombre. Le lecteur s’y retrouve facilement .Ils ont leur part de mystère qui se lève petit à petit. Il y a les sympathiques, ceux qui le sont un peu moins…
Un style, que je retrouve dans le policier nordique. Malgré le rythme assez lent, l’action, cependant est marquée, et renforcée par des chapitres courts, voir très courts. J’ai aimé l’insertion de passages « flahback » qui ont pour mérite d’éviter une certaine monotonie, et une linéarité trop rigoureuse, et, des passages d’un journal qui distillera ici ou là les indices…
Ce thriller a l’originalité d’être bien écrit, avec classe et réserve. L’auteur ne fait ni dans le voyeurisme, ni dans le glauque, ni dans le pervers.
N’espérez pas trouver d’inspecteur survolté, additif, ou tonitruant .Non, tout se fait calmement, en accord avec la nature, les légendes, et ses habitants. Le suspense y est bien présent, sans ostentation, mais redoutablement efficace, parce qu’une fois dans mes mains, ce livre ne m’a plus quittée.
 Avec infiniment de plaisir je retrouverai l’auteur, découvert grâce à Livraddict, et les éditions Albin Michel, que je remercie chaleureusement.
 
 Johan Theorin-Albin Michel (Mars 2011)-426 pages
Né à Göteborg, Johan Theorin passe depuis l'enfance tous ses étés sur l'île d'Oland, au sud-est de la Suède, où se situe l'intrigue de ses trois romans, L'heure trouble (Albin Michel 2009), L'Echo des morts (Albin Michel 2010) et Le Sang des pierres, tous N° 1 sur la liste des best-sellers en Suède. Prix du meilleur roman policier suédois pour L'Heure trouble, il vient également de recevoir le prestigieux prix anglais l'International Dagger Award pour L'Echo des morts face à des adversaires aussi prestigieux que Stieg Larson ou Deon Meyer.
 Lu dans le cadre du défi scandinave en noir organisé par Prune

mercredi 18 mai 2011

L'homme qui tombe

En cette matinée du 11 septembre 2001, il y a, dans la main de Keith, masqué de cendres, criblé d'éclats de verre et revenu d'entre les morts dans l'appartement de son ex-épouse, Lianne, une mallette qui ne lui appartient pas et que sa main de rescapé serre de toutes ses forces. Tandis que Keith se rapproche et s'éloigne d'une autre femme rencontrée dans l'enfer des tours, Lianne s'abandonne à l'inquiétude que lui causent l'attitude farouche de son fils, l'atelier d'écriture pour malades d'Alzheimer dont elle a la charge, l'Homme qui Tombe, ce performeur que la police traque, la santé de sa mère qui vit depuis des années une incompréhensible liaison avec un mystérieux Européen toujours entre deux avions, entre deux univers... Affrontant, avec les seules armes de son art, un monde en morceaux dont la représentation s'est perdue avec les attentats du 11 Septembre, Don Delillo donne à voir les ressorts brisés de la belle machine humaine - psychisme, langage et corps impuissant confondus. Voyage au cœur de notre histoire commune, exploration magistrale des effets et des causes d'une catastrophe, ce roman fraye le chemin d'une catharsis qui autorise à regarder en face le Mal dans tous ses inévitables et fulgurants avènements.
Une fois n’est pas coutume, je ne donnerai pas d’avis. En effet, je ne pense rien de ce livre, parce que je n’y ai rien compris. Il ne m’a ni plu ni déplu. Je n’ai pas compris ce que l’auteur voulait dire, et de quoi il voulait parler.

C’est bien écrit, mais tellement déstructuré qu’on ne comprend rien. Les personnages arrivent comme ça, sans crier gare. On ne sait que tardivement qui ils sont et ce qu’ils font…ce qui obligent à retourner inlassablement en arrière pour tenter d’y voir clair.
C’est le chaos, le désordre…et je ne m’y retrouve pas, je perds pied.
J’en ai lu 130 pages…presque la moitié, et je suis incapable de dresser une trame à ce que j’ai lu.
En somme je n’ai pu qu’aligner des mots les uns derrière les autres sans pouvoir y donner un sens.
Dommage, j’y ai mis du temps, et de l’énergie.

Don Delillo-Actes Sud/Babel-295 pages
Auteur de quinze romans et de deux pièces de théâtre, Don DeLillo s’est aujourd’hui imposé comme un véritable culte sur le plan international. Il a obtenu les distinctions littéraires les plus prestigieuses dont The National Book Award, The pen / Faulkner Award, pour l’ensemble de son œuvre, The Jerusalem Prize 1999.
En France, toute son œuvre est disponible chez Actes Sud : Les Noms (1990 et Babel n°874), Chien galeux (1991 et Babel n° 84), Americana (1992 et Babel n° 420), Mao II (1992 et Babel n° 512), Joueurs (1993 et Babel n° 563), L’Etoile de Ratner (1996), Bruit de fond (Babel n° 371), Outremonde (1999 et Babel n° 580), Libra (Babel n° 461), Body Art (2001 et Babel n° 603), Cosmopolis (2003 et Babel n°674), ainsi que les pièces de théâtre Valparaiso (Actes Sud-Papiers, 2001) et Cœur-saignant-d’amour (Actes Sud-Papiers, 2006).

Challenge ABC/Babélio : 18/26 [D]
Challenge 26 livres/26 auteurs :11/26 [D]

Livre lu dans le cadre du Challenge New-York organisé par Well read kid


dimanche 15 mai 2011

La septième vague


Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? "Pourquoi veux-tu me rencontrer ?" demande Léo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s'esquiver pour mieux... s'aimer !
En lisant, dans la foulée la suite de Quand souffle le vent du nord, qui ne m’avait pas procuré un plaisir immense, je prenais encore plus le risque inhérent à toutes suite : celui qu’il me plaise moins …beaucoup moins.
Hélas, très vite mon sixième sens s’avérera bon : non seulement le souffle s’épuise, mais la vague n’a rien emporté du tout, pas même n’a-t-elle mouillé le bout de mes orteils !!!
Il y a beaucoup de bla-bla inutile, beaucoup de répétition.
Aucune originalité dans la présentation : on retrouve les même trucs et astuces, c’est lassant, contre productif.
Ce livre n’est pratiquement que remplissage, il n’y a pas ou peu de réflexion. Certain y ont vu de l’humour….pas moi.
Léo et Emmi sont épuisant de tergiversation….que veulent-ils, que cherchent-ils ? Dans la vraie vie, il faut savoir ce que l’on veut, on ne se tourne pas le pouce dans l’oreille indéfiniment….
Malgré quelques petits- mais touts petits, et rares-moments de sensibilité, et de d’intelligence, je me suis profondément ennuyée dans cette lecture. J’y ai vu beaucoup de futilité, d’incohérences.

A la dernière page d’un livre vite lu, heureusement du reste, je me suis dit : tout ça pour ça !!!
Mr Glattauer, vous avez certainement succombé aux sirènes du marketing en publiant une suite …une suite qui a un gout de réchauffé, et de déjà vu !!


Daniel Glattauer-Grasset( Avril 2011)-350 pages

Lu dans le cadre du challenge épistolaire organisé par Anne-Sophie.


Quand souffle le vent du nord

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…(Grasset)
L’électronique remplace peu à eu la vieille encre et le papier. La correspondance se fait différemment, mais au fond, virtuelle ou non, elle est le reflet de ce que nous sommes, et de notre époque.
Dans le mode épistolaire, j’ai tenté la ou, les lettre papier, le mode post-it….Me voici, à surfer sur la vague du mail. Après tout, , il n’y a rien d’anormal à cela, j’en use et en abouse aussi. Et j’aime ça.

Tout commence par un mal entendu. Emmi s’acharne à se désabonner d’un magasine, et, d’une malheureuse erreur d’orthographe va déboucher une longue série de mail .Leo et Emmi font donc connaissance ainsi.
Les mots sont ultra courts, ou d’une longueur qui se rapproche de la lettre manuscrite. Les mails se font rapprochés dans le temps ou se dont plus distants. Tout est permis : le mode minuscule ou majuscule comme indicateur d’humeur, les tailles de caractère, etc, etc…

L’écran désinhibe, rend les sentiments plus diserts. La parole est plus leste. Chacun des protagonistes laisse libre cours à ses fantasmes. L’intimité se laisse entrouvrir.
Je me suis laissée surprendre par cet échange, et en ai apprécié la lecture .C’est aéré, distrayant.
Mais, cela reste du virtuel….Le passage au réel, est toujours périlleux. On ne peut rester indéfiniment caché derrière son écran, que cela soit pour le courrier, pour les rencontres amoureuses, les échanges sur les forums….Il faut bien à un moment ou à un autre se retrouver, se toucher, se jauger, se sentir…

Je suis largement restée sur ma faim, car bien que certains échanges soit moins emprunts de légèreté que d’autres, j’ai  retenu beaucoup de superficialité dans tout cela. La fin reste ouverte : qu’adviendra t-il de Léo et Emmi ?
Rendez-vous avec la septième vague, que je lirai, pour savoir…


Daniel Glattauer-France Loisir/Grasset-350 pages

Daniel Glattauer, né à Vienne en 1960, écrit depuis 1989 des chroniques politiques et judiciaires pour journal Der Standaard. Il est l’auteur entre autres de Quand souffle le vent du nord (Grasset, 2010), vendu à plus de 800.000 exemplaires en Allemagne, traduit dans le monde entier.

Lu dans le cadre du Challenge épistolaire organisé par Anne-Sophie




samedi 14 mai 2011

Entre chien et loup


"Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère"
Paul Eluard

Née en 1939, institutrice, militante et responsable politique, élue maire, conseillère régionale, députée européenne, fondatrice des Editions Mutine et auteur, Marie-Thérèse Mutin, dans cette Promenade Mutine, conte, avec pudeur, humour ou émotion, un drame, une rencontre, un sourire, une phrase, qui - hasard ou destin ? - peuvent infléchir le cours d'une vie.
Mais la direction sera toujours la même : l'amour et la défense des "gagne-petit".
Je remercie les agents littéraires qui m’ont proposé de lire Entre chien et loup, les éditions Mutine, et Marie –Thérèse Mutin qui a tenu à personnaliser son livre avant de me le faire parvenir.
C’est un bonheur que de pouvoir, s’échapper des grandes maisons d’éditions pour découvrir de petits trésors comme celui-ci.
Avec ce recueil de nouvelles, Marie-Thérèse Mutin, me propose doc une promenade mutine.
Clin d’œil à son patronyme ?
La révolte qui couve, la rébellion qui bouillonne en elle ?
Sans doute les deux à la fois.
De ces 30  textes, courts, parfois très courts  se dégagent d’emblée le caractère militant, révolté de son auteur. Au travers d’histoires de vies anodines, de situations banales, Marie –Thérèse met en valeurs les humbles, les héros de tous les jours, ces petites gens au sens noble du terme.
C’est son Histoire que Marie-Thérèse Mutin, nous fait partager : ses joies, ses révoltes, les causes qui lui sont chères, ses combats politiques dont l’origine provient d’évènements si anodins parfois, son métier…
Elle nous apparaît engagée, à l’écoute, toujours là pour aider, tendre une main, soulager un malade, rêveuse : « Incorrigible  utopiste, je continue de rêver à la terre promise. », et lucide à la fois : « Le rapport de force ! Celui qui mène le monde depuis toujours, que je retrouverai si prégnant, en politique. »
J’ai aimé la concision des textes, la précision du vocabulaire, le côté direct sans détour des idées qu’elle exprime. On peut ne pas être toujours d’accord, mais c’est sans ambiguïté.
Dans noyade, j’ai apprécié le partage d’instants de vie dramatiques, où seul le silence n’a de place. Les mots ne servent à rien, seule la présence apaise. J’ai été touchée par ce texte, tout en retenue qui laisse percer le désarroi de Madame le Maire devant la mère…
Un sourire : quelques lignes magnifiques pour l’accueil d’un sourire inconnu.
Habiller les morts : un peu d’humour malgré tout « Habiller les morts ! Il est quand même plus agréable de déshabiller les vivants. »
 Sauvé des eaux, une nouvelle qui m’a énormément plu, celle du chat Moïse, sauvé, et qui comme bon nombre d’humain a vite succombé à la tentation de l’embourgeoisement. Un coup de pic élégant à l’encontre de celles et ceux qu’elle a pu rencontrer au cours de ses activités politiques…
Les confidences dignes et sincères sur le manque d’enfant…et conclusion lumineuse « Je suis une sittelle heureuse ! »

Un petit trésor à lire et relire ; une parenthèse heureuse au milieu du reste qui parfois l’est un peu moins.

 Marie -Thérèse Mutin-Les éditions Mutine-100 pages






mercredi 11 mai 2011

Le tueur des ombres


Lorsque le célèbre écrivain de romans policiers Drew Shand est assassiné, personne ne doute qu'il s'agisse d'un crime crapuleux. Shand fréquentait les lieux glauques d'Edimbourg, et cultivait la violence dans ses écrits. Des œuvres pue l'assassin semblait connaître parfaitement: il a reproduit à la lacération près une scène d'un des romans de sa victime...

Traquer les criminels, la psychologue Fiona Cameron en a fait sa croisade. Impossible pour elle de chasser de sa mémoire le meurtre de sa sueur, douze ans auparavant. Et si ses confrères l'accusent parfois de paranoïa et d'arrogance, c'est tout simplement parce qu'elle cherche dans son travail jusqu'à l'oubli d'elle-même. Seul Kit Martin, auteur de thriller reconnu, a réussi à lui faire goûter au bonheur. Ou presque....

Sur les remparts de Tolède, berceau de l'Inquisition, dans la lande écossaise ou au cœur de Manchester, l'ombre de la mort les quitte rarement. Et lorsque le tueur frappe encore et encore, Fiona est loin de se douter que son passé pourrait enfin disparaître, à jamais...

« Nous avons tous en commun de construire notre identité à partir de notre apprentissage du monde. Donc la façon de procéder des criminels reflète leur attitude dans la vie de tous les jours. »

Je n’ai fait qu’une bouchée de ce livre, et qu’elle fut savoureuse cette bouchée, trop chiche, malgré les 600 pages. Je n’aurais pas rechigné pour un second service.

Quelques pages, en italique pour bien situer, comme introduction. On découvrira plus tard que les écrivains occupent une grande place dans cette histoire.
Une  lettre à une sœur disparue, en guise d’épilogue….
Entre les deux, nous rentrons dans le vif du sujet. Le style est direct, efficace, la prose agréable, avec juste ce qu’il faut d’un peu plus olé –olé parce que c’est un polar, parce cela met un peu de piquant, et que cela est nécessaire parfois. Mais vous l’aurez compris, avec tact et modération, tout en dosage.
Dosage, le juste dosage….c’est l’expression qui me vient pour qualifier l’allure générale de ce roman. 
Des morts horribles, mais pas d’expositions inutiles
Du sentiment, de la tendresse, de l’affection, de l’amitié, mais avec retenue
De la psychologie, beaucoup, mais tellement bien amenée.
Du tourisme, mais de manière variée : Tolède, l’Irlande, l’Ecosse,
Le suspense, quant à lui, c’est sans modération pour mon plus grand bonheur, le vilain, parce qu’il y en a un, se fera désirer, de faux vilains feront parler d’eux, de vrais vilains viendront faire diversion.

Le personnage de Fiona est extrêmement attachant, et sa psychologie bien  développée. Elle vit un drame intérieur, ancien, qui est l’essence de son engagement professionnel. Elle vit une  belle relation avec Kit, écrivain à succès. Alors quand l’étau se resserre autour de ce dernier, mon estomac se noue, le rythme s’accélère,  l’horloge tourne, la nuit est douce, le vent fait vibrer les feuilles des arbres, les pages tournent, et tournent encore ; pas moyen de refermer avant de savoir…
Et si comme moi vous voulez savoir….lisez le…
Le suspense, quant à lui, c’est sans modération pour mon plus grand bonheur, le vilain, parce qu’il y en a un, se fera désirer, de faux vilains feront parler d’eux, de vrais vilains viendront faire diversion.

Le personnage de Fiona est extrêmement attachant, et sa psychologie bien  développée. Elle vit un drame intérieur, ancien, qui est l’essence de son engagement professionnel. Elle vit une  belle relation avec Kit, écrivain à succès. Alors quand l’étau se resserre autour de se dernier , mon estomac se noue, le rythme s’accélère,  l’horloge tourne, la nuit est douce, le vent fait vibrer les feuilles des arbres, les pages tournent, et tournent encore ; pas moyen de refermer avant de savoir…
Et si comme moi vous voulez savoir….lisez le…
 
 Val McDermid- Editions du Masque (2001)- 595 pages
Née en Écosse, diplômée d’Oxford, longtemps journaliste, Val McDermid vit de sa plume depuis une quinzaine d’années. Elle est établie à Manchester. Elle a reçu de très nombreuses récompenses, dont un Gold Dagger en 95 pour Le Chant des sirènes, le Los Angeles Book Prize et le Barry Award. Ses romans sont des best-sellers en G.-B. et aux E.-U., au même titre que ceux de Minette Walters et de P.D. James.


lundi 9 mai 2011

Origine


Lena est experte en empreintes digitales pour la police de Syracuse, dans l’État de New York. Elle a fait des cas de violence sur des enfants sa spécialité et ce n’est sans doute pas un hasard : Lena ignore tout de ses origines si ce n’est qu’elle fut trouvée dans de mystérieuses circonstances à l’âge de deux ans et qu’elle en garde une sorte d’hyper-sensibilité quasi animale. Elle refuse pourtant d’utiliser ce don sur le terrain jusqu’au jour où sa rencontre avec Erin Cogan, une mère qui refuse de croire la version officielle selon laquelle son bébé est décédé de mort subite, l’introduit dans une sombre et périlleuse enquête, à la découverte de son propre passé.
Dès le premier mot, le ton est donné : Je. La narratrice nous emporte dès les de début dans une aventure dont nous ne saurons le dénouement qu’à la fin. Lena est spécialiste des empreintes au sein de la police scientifique, a une vie personnelle un peu compliquée, un passé dont elle ne connaît que quelques brides, et encore. Pas très sure d’elle, elle paraît fragilisée par sa récente rupture, et son célibat.

« Mais j’éprouve une formidable compassion pour Matthew Cogan et, du même coup cela touche une corde sensible en moi, celle de ma solitude qui répond en écho. »
« Je suis devenue scientifique en partie pour me donner quelques certitudes face au chaos ambiant. »

Mais elle sent les choses, sans pour autant expliquer. Son travail de recherche à propos de morts de nourrissons, va l’emmener aux confins d’elle même, au cœur même de son être, de ses racines. Lena est littéralement hantée par ses origines, dont elle a que de vagues souvenirs. Qui est-elle d’où vient –elle ?
«  Je crois que j’ai le droit de savoir, je hasarde en m’accrochant aux accoudoirs du fauteuil. Tout le monde a le droit de savoir d’où il vient, me semble-il. »

J’ai accompagné Lena dans sa quête, dans ses interrogations, dans ses doutes. Je me suis prise d’amitié pour elle,  je me suis réjouie pour elle de trouver sur son chemin Keller qui grâce à sa patience lui apporte un peu de stabilité, et surtout  la confiance qu’elle n’avait plus. Il l’apprivoise sans condition, parce que c’est elle, comme elle est.
 « Lena, tu m’as parlé de toi. C’est ce qui t’est échu. Le passé est non négociable. Les autres doivent faire avec. »
 L’ambiance est à l’image des lieux, Syracuse dans l’état de New-York…l’hiver y est rude, glacial…L’auteur a bien su dans ses description, et dans le style traduire une certaine rugosité des choses, des lieux, et, à mette en évidence les contrastes entre le monde extérieur, et le monde intérieur plus chaleureux.
 J’ai aimé la lecture de ce livre, pour avoir été tenue en haleine jusqu’au bout. Même si parfois, cela peut trainer un peu, ici ou là, dans l’ensemble le rythme est bien maitrisé, et ce qui ne gâche rien, les cent dernières pages, se font plus pressantes.
J’ai également apprécié l’originalité de cette histoire, l’implication personnelle de Lena qui placée comme narratrice, fait qu’en tant que lectrice (et non pas comme individu) je me suis immédiatement sentie concernée par l’histoire.


Diana Abu-Jaber-Point -542 pages
Sélection 2011 pour le prix du meilleur polar des lecteurs de Points
Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd'hui professeur à l'université de Portland. Origine est son troisième roman, et le premier publié en France.

 Livre lu comme juré pour le prix du meilleur polar 2011 des lecteurs Points