dimanche 31 juillet 2011

Le rocher de Tanios

" Le destin passe et repasse à travers nous, comme l'aiguille du cordonnier à travers le cuir qu'il façonne. " Pour Tanios, enfant des montagnes libanaises, le destin se marque d'abord dans le mystère qui entoure sa naissance : fils de la trop belle Lamia, des murmures courent le pays sur l'identité de son vrai père. Le destin passera de nouveau, dans ces années 1830 où l'Empire ottoman, l'Egypte, l'Angleterre se disputent ce pays promis aux déchirements, le jour où l'assassinat d'un chef religieux contraindra Tanios à l'exil... Mêlant l'histoire et la légende, la sagesse et la folie des hommes, le romancier de Léon l'Africain et du Premier Siècle après Béatrice nous entraîne dans un prodigieux voyage romanesque qui lui a valu le prix Goncourt 1993. --Ce texte fait référence à l'édition Poche.
 
Je connaissais Amin Maalouf de nom, mais ne l’avais jamais lu. Alors qu’il devient immortel, pour réparer cela, je choisis l’ouvrage qui lui valut le Prix Goncourt.
Et bien c’est fait, je l’aurai lu au moins une fois !!! Mais que tirer de ce livre ? Pas grand-chose.
Je l’ai terminé, très vite, comme on finit son assiette pour être quitte, et pouvoir passer au dessert, qui est plus prometteur. Le plat était mangeable, mais sans saveur, sans goût, sans odeur.
Et bien ici c’est pareil : cela se lit, c’est limpide, bien écrit. Mais quoi, me direz-vous ?
L’histoire est un peu maigrichonne ; ça manque un, beaucoup de corps. Si l’écriture est lipide le style est lourd. Il s’y dégage une espèce de léthargie toute orientale, une sorte d’indolence, de nonchalance, qui à la longue lasse énormément quand il n’y a pas la poésie, les couleurs, et un peu d’épice pour retenir le lecteur.
Peut-être que c’est au second, voir au troisième degré qu’il faut lire ce roman s’apparentant à un conte……Si on veut…… 

Amin Maalouf- Grasset (1993) Prix Goncourt-280 pages

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman.
Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis ? Un monde insoupçonné, délicieusement excentrique.
Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...).
Juliet est conquise.
Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle.
Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman et se rend à Guernesey.
Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.
Ce livre a eu un succès phénoménal. J’ai donc voulu, m’y frotter à mon tour….Je le sais pourtant, quand un livre plait trop, il ne me plait pas….Allez savoir pourquoi…..

J’arrête la lecture au bout de 150 pages…..il n’y a rien d’assez consistant pour moi. Ces pages m’ont ennuyée ; c’est pour moi, ni plus ni moins que du remplissage. Je n’apprends rien, n’éprouve rien. 
Le titre est amusant, je pensais pouvoir au moins m’y distraire….même pas. Ce que j’ai lu est banal, je me fais violence pour lire une dizaine de pages. Ce n’est pas ma conception de la lecture.                                                                                                                                        
Mary Ann Shaffer& Annie Barrows- 10/18-412 pages

Lecture commune avec Valou,Del .

samedi 30 juillet 2011

Challenge :Le 1% littéraire

  
Après Levraoueg et Schlabaya ,Hérisson   reprend le Challenge 1% de la rentrée littéraire, car je trouve que c’est une belle façon de fouiner dans cet évènement littéraire foisonnant ! Il est encore un peu tôt, je n’ai donc pas le nombre exact de titres à paraître pour cette rentrée qui commence le 18 août ! On peut cependant imaginer un nombre assez similaire aux années précédentes… soit autour de 700 titres!
654 ! Le nombre est tombé, un peu moins de titres que l’année dernière donc! 654 romans, dont 435 de romans français !

Pour réussir le challenge 1% il faudra donc lire entre hier (façon de parler, il n’y a pas de date de début, les chroniques déjà publiées comptent!) et le 31 juillet 2012  7 livres (6 1/2 en fait, mais ce n’est pas pratique!). Bien entendu on aura le droit de tricher en faisant compter les livres jeunesse de cette période aussi.


1.Le Turquetto  , Metin Arditi
2.L'ampleur du saccage  , Katouar Harchi
3.Comme une ombre  , Michel Schneider
4.Héritage  , Nicholas Shakespeare
5.Kampuchéa  , Patrick Deville
6.Unité de vie  , Fabienne, Swiatly
7.La petite  , Michèle Halberstadt
8.Vers la mer  , Anne-Sophie Stefanini 
9.Nestor rend les armes  , Clara Dupont-Monod 
10.A l'enfant que je n'aurai pas  , Linda Lê 
11.Le pied mécanique  , Joshua Ferris 
12.La vieille dame du riad  , Fouad Laroui 
13.Rien ne s'oppose à la nuit  , Delphine de Vigan
14.Code Salamandre  ,Samuel Delage
15.muse  , Joseph O'Connor 
16.Île de Pâques, le grand tabou  , Nicolas Cauwe
17.Où va l'Amérique d'Obama  , Hervé de Carmoy, Alexandre Adler
18.De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles  , Lucien Jerphagnon
19. Lune de sang  , Tod Ritter
20. Eux sur la photo  , Hélène Gestern
21.Commissaire Garon:Les cahiers du ministre  , Saint-Luc
22.Un père idéal  , Paul Cleave
23.Opium Poppy  , Hubert Haddad
24.Derniers adieux  , Lisa Gardner
25.Juste avant  , Fanny Saintenoy
26.La confusion des peines  , Laurence Tardieu
27.Un été à Cold Spring  , Richard Yates
28.Freedom  , Jonathan Franzen
29.J'ai déserté le pays de l'enfance  , Sigolène Vinson
30.Rue Darwin  , Boualem Sansal
31. Une femme fuyant l'annonce  , David Grossman
32. Du domaine des Murmures  , Carole Martinez
33. Désolations  , David Vann
34. Le silence du bourreau  , François Bizot
35. Les amandes amères, Laurence Cossé






jeudi 28 juillet 2011

Le nez dans les livres

George nous propose un nouveau challenge à partir du 28 juillet 2011 jusqu'au 28 juillet 2013.......Ouiiiiii il dure 2 ans !!!

"Je suis sûre que ça vous manquait… si si, allez, vous pouvez bien l’avouer, ça vous manquait un petit challenge made in George ! Et puis, que voulez-vous j’ai une réputation à tenir moi !
Vous connaissez mon amour pour les mises en abyme, je vous propose donc de lire des romans dont le titre contient le mot : Lecture, livre, lecteur, auteur, librairie ou bibliothèque ou tous mots en rapport direct avec notre occupation principale : Le Lecture  ! Oui comment n’y avions-nous pas pensé avant, nous qui passons notre temps le nez dans les livres !"

 3 catégories  :
1. La Lectrice : 2 romans
2. Le Liseur : 4 romans
3. La Reine des lectrices : 6 romans ou plus !


Comme toujours , modeste je suis, je commence petit......et je vois par la suite. Ma PAL renferme quelques bricoles.....la rentrée littéraire, et les blogueuses et blogueurs  me donneront aussi des idées

1. L'écriture ou la vie, Jorge Semprun 
2. Un roman américain, Stephen Carter 
3.Le journal de la veuve, Mick Jackson
4.L'écrivain de la famille, Grégoire Delacourt
5.Lettres,notes et portraits/ 1928-1974, Georges Pompidou
6.Jolie libraire dans la lumière, Frank Andriat

mercredi 27 juillet 2011

Au -delà de cette limite votre ticket n'est plus valable


Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux.
À la suite des confidences angoissées d'un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s'insinue en lui, l'envahit, le détruit, ne le quitte plus. En osant s'attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement.
Mais son livre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d'amour plein de tendresse.
Cette lecture me laisse perplexe, un peu désemparée pour en rédiger un avis juste, en tenant compte que je n’ai pas vraiment apprécié l’histoire, alors que l’écriture de Romain Gary ne souffre d’aucune objection de ma part. Et si je ne parlais que de l’histoire en elle-même, je me dois de faire la différence entre le sujet du livre, et la manière dont il a été abordé, ou du moins l’impression générale une fois le livre refermé, et quelques jours plus tard.
 Avec un certain courage, Romain Gary aborde 2 ans seulement avant sa mort la vieillesse masculine, et en particulier la perte de la virilité. Je reconnais bien volontiers qu’il fallait oser, et que Romain Gary est direct, et franc dans son langage. C’est parfois cru, le style est rêche, sans décorum. J’en ai aimé l’humour caustique, pathétique même…
« Mon vieux, ce ne sont pas les bonnes femmes qui sont trop grandes…C’est toi qui est devenu trop petit. »
Cependant je n’ai pas aimé le personnage de Jacques Rainier, obnubilé par son étage inférieur….
Je n’abandonne pas pour autant Romain Gary ; c’est juste une rencontre, avec un livre précis qui ne s’est pas faite. D’autres, j’en suis sure, me combleront davantage.
En lisant ce livre, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon ancienne pharmacienne, jamais avare d’une bonne blague, et qui disait avec malice «  Vous savez, les hommes, quand ça se grippe dans le pantalon, c’est le cerveau qui déboulonne. »

Romain Gary- Folio n°1048- 250 pages

Lecture qui rentre dans le cadre du challenge Romain Gary organisé par Delphine


Avant d'aller dormir


À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.
« Il y a deux moi, maintenant, maintenant, dans un seul corps ; l’un est une femme de quarante-sept ans, calme, polie, consciente des comportements qui sont convenables et de ceux qui ne le sont pas, l’autre a une vingtaine d’années, et elle hurle. Je n’arrive pas à décider laquelle est moi. »
«  Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi. Pour moi le temps s’étire à l’infini, il n’a presque aucun sens. »

Ce livre ma faisait de l’œil et du pied depuis sa sortie, et les avis louangeurs que je pouvais lire ici ou là…Et puis les éditions sonatines dont j’entends le bien de leurs publications, malgré mon avis mitigé sur les visages. Bref, je n’ai pas résisté bien longtemps.

Avant d’aller dormir, il faut tout écrire, tout consigner, tout graver  avant que le passage de Morphée n’efface tout.
Avant d’aller dormir, il faut surtout profiter de la journée avant qu’elle ne se perde à jamais.
Voilà, en quelques mots, résumés le quotidien de Christine  qui a perdu la mémoire après un accident…. De l’histoire c’est tout ce que je dirai, pour savoir, il faudra lire……sans passer par la fin, de préférence (si, si j’en connais qui font comme ça !!).

Pour un premier roman, S.J Watson, nous offre là un bel opus, bien construit, bien ficelé, original, bien écrit, et alors que je croyais à un moment l’affaire pliée….et bien que nenni, cela repartait de plus belle, et là, plus moyen de s’arrêter tellement c’est palpitant ; et même si dans les 30 dernières pages, le présent et les souvenirs se mélangent et que parfois on pourrait être un peu égaré, le rythme  s’accélère, les révélations arrivent encore, et que l’on se demande vraiment comment tout cela va se terminer…. Non, je vous vois venir !!! Vous ne saurez pas.

J’ai bien aimé la construction en 3 parties : 2 appelées "aujourd’hui", en début et fin de livre, représentant à elles deux un tiers du roman…..et le plat de résistance, qui est un journal, et plus consistant -au propre comme au figuré d’ailleurs- puisque qu’il représente le reste.
Je dis consistant au figuré, car, c’est cet aspect là qui m’a demandé de faire une pause dans la lecture. Je trouvais que le style   était devenu plus lourd, les propos plus répétitifs.Mais, tout cela est très bien pensé. Christine est amnésique, et son journal, qu’elle écrit avant d’aller dormir est tout ce qui lui permet de sortir du noir ; alors elle dit, redit, reformule, cherche, demande, redemande…..bref, tout cela est normal. Cette petite pause occupée ailleurs m’aura donné faim de le reprendre, et surtout ne plus le lâcher. La fin, vous dis-je, m’a sciée ; j’avais bien une idée en cours de lecture….et je me suis trompée….c’est bon signe. L’auteur aura donc réussi son pari. Un auteur à suivre donc !!

Alors, si vous ne savez pas quoi lire sur la plage, n’hésitez plus. Et faites comme moi, commencez par lire les cinquante premières pages……juste avant d’aller dormir !!!


S.J.Watson-Editions Sonatine (mai 2011)-410 pages


lundi 25 juillet 2011

Les heures silencieuses


Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits... Dans le silence de l'heure, derrière le précaire rempart de l'ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son cœur, explorant les replis les plus secrets de l'âme.
« A ce moment là, j’ai décidé que l’on m’y verrait de dos. Car à ne plus être désirée, ai-je encore un visage ? »
 Qu’il fut doux, le temps passé en compagnie de Magdalena. Dans un langage exquis, et raffiné, en totale adéquation avec son milieu social, Magdalena se confie librement et se dévoile aussi spontanément qu’elle se met en retrait sur la toile que M.De Witte doit exécuter.
Cette épouse de notable de Delft nous invite dans l’intimité de son boudoir, et de sa vie.
Ses joies, ses peines, ses désirs secrets, ses inquiétudes de mère, ses fiertés….Avec une plume délicate, légère, Gaëlle Josse réussit, en peu de pages, à mettre en mots toute l’atmosphère de la bourgeoisie de l’époque.
Ce monologue est émouvant. Le détail de l’écriture, n’est pas sans rappeler la peinture hollandaise que j’aime tant, la peinture des atmosphères, des intérieurs, la peinture de l’intime.
Je ne peux en dire plus, si ce n’est de lire ce petit bijou. Vous ne le regretterez pas.
"A l'heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m'alléger de ce qui m'encombre devient plus fort que tout. Je garde l'espoir, naïf peut-être, qu'un tel aveu sera comme l'amputation d'un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu'elle soit, permet de sauver le reste du corps."

Gaëlle Josse- Autrement littératures-134 pages 


Gaëlle Josse est née en 1960. Après des études de droit, de journalisme, de psychologie et quelques années passées en Nouvelle-Calédonie, elle travaille à Paris comme rédactrice dans un magazine. Elle vit en région parisienne. Elle a publié des poèmes dans de nombreuses revues et est l’auteure de plusieurs recueils de poésie. Les heures silencieuses est son premier roman.

Lecture qui rentre dans le cadre du challenge organisé par Opaline, la plume au féminin .