dimanche 31 juillet 2011

Le rocher de Tanios

" Le destin passe et repasse à travers nous, comme l'aiguille du cordonnier à travers le cuir qu'il façonne. " Pour Tanios, enfant des montagnes libanaises, le destin se marque d'abord dans le mystère qui entoure sa naissance : fils de la trop belle Lamia, des murmures courent le pays sur l'identité de son vrai père. Le destin passera de nouveau, dans ces années 1830 où l'Empire ottoman, l'Egypte, l'Angleterre se disputent ce pays promis aux déchirements, le jour où l'assassinat d'un chef religieux contraindra Tanios à l'exil... Mêlant l'histoire et la légende, la sagesse et la folie des hommes, le romancier de Léon l'Africain et du Premier Siècle après Béatrice nous entraîne dans un prodigieux voyage romanesque qui lui a valu le prix Goncourt 1993. --Ce texte fait référence à l'édition Poche.
 
Je connaissais Amin Maalouf de nom, mais ne l’avais jamais lu. Alors qu’il devient immortel, pour réparer cela, je choisis l’ouvrage qui lui valut le Prix Goncourt.
Et bien c’est fait, je l’aurai lu au moins une fois !!! Mais que tirer de ce livre ? Pas grand-chose.
Je l’ai terminé, très vite, comme on finit son assiette pour être quitte, et pouvoir passer au dessert, qui est plus prometteur. Le plat était mangeable, mais sans saveur, sans goût, sans odeur.
Et bien ici c’est pareil : cela se lit, c’est limpide, bien écrit. Mais quoi, me direz-vous ?
L’histoire est un peu maigrichonne ; ça manque un, beaucoup de corps. Si l’écriture est lipide le style est lourd. Il s’y dégage une espèce de léthargie toute orientale, une sorte d’indolence, de nonchalance, qui à la longue lasse énormément quand il n’y a pas la poésie, les couleurs, et un peu d’épice pour retenir le lecteur.
Peut-être que c’est au second, voir au troisième degré qu’il faut lire ce roman s’apparentant à un conte……Si on veut…… 

Amin Maalouf- Grasset (1993) Prix Goncourt-280 pages

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman.
Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis ? Un monde insoupçonné, délicieusement excentrique.
Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...).
Juliet est conquise.
Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle.
Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman et se rend à Guernesey.
Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.
Ce livre a eu un succès phénoménal. J’ai donc voulu, m’y frotter à mon tour….Je le sais pourtant, quand un livre plait trop, il ne me plait pas….Allez savoir pourquoi…..

J’arrête la lecture au bout de 150 pages…..il n’y a rien d’assez consistant pour moi. Ces pages m’ont ennuyée ; c’est pour moi, ni plus ni moins que du remplissage. Je n’apprends rien, n’éprouve rien. 
Le titre est amusant, je pensais pouvoir au moins m’y distraire….même pas. Ce que j’ai lu est banal, je me fais violence pour lire une dizaine de pages. Ce n’est pas ma conception de la lecture.                                                                                                                                        
Mary Ann Shaffer& Annie Barrows- 10/18-412 pages

Lecture commune avec Valou,Del .

samedi 30 juillet 2011

Challenge :Le 1% littéraire

Après Levraoueg et Schlabaya ,Hérisson reprend le Challenge 1% de la rentrée littéraire, car je trouve que c’est une belle façon de fouiner dans cet évènement littéraire foisonnant ! Il est encore un peu tôt, je n’ai donc pas le nombre exact de titres à paraître pour cette rentrée qui commence le 18 août ! On peut cependant imaginer un nombre assez similaire aux années précédentes… soit autour de 700 titres!
654 ! Le nombre est tombé, un peu moins de titres que l’année dernière donc! 654 romans, dont 435 de romans français !

Pour réussir le challenge 1% il faudra donc lire entre hier (façon de parler, il n’y a pas de date de début, les chroniques déjà publiées comptent!) et le 31 juillet 2012  7 livres (6 1/2 en fait, mais ce n’est pas pratique!). Bien entendu on aura le droit de tricher en faisant compter les livres jeunesse de cette période aussi.


1.Le Turquetto, Metin Arditi
2.L'ampleur du saccage, Katouar Harchi
3.Comme une ombre, Michel Schneider
4.Héritage, Nicholas Shakespeare
5.Kampuchéa, Patrick Deville
6.Unité de vie, Fabienne, Swiatly
7.La petite, Michèle Halberstadt
8.Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini 
9.Nestor rend les armes, Clara Dupont-Monod 
10.A l'enfant que je n'aurai pas, Linda Lê 
11.Le pied mécanique, Joshua Ferris 
12.La vieille dame du riad, Fouad Laroui 
13.Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan
14.Code Salamandre,Samuel Delage
15.muse, Joseph O'Connor 
16.Île de Pâques, le grand tabou, Nicolas Cauwe
17.Où va l'Amérique d'Obama, Hervé de Carmoy, Alexandre Adler
18.De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles, Lucien Jerphagnon
19. Lune de sang, Tod Ritter
20. Eux sur la photo, Hélène Gestern
21.Commissaire Garon:Les cahiers du ministre, Saint-Luc
22.Un père idéal, Paul Cleave
23.Opium Poppy, Hubert Haddad
24.Derniers adieux, Lisa Gardner
25.Juste avant, Fanny Saintenoy
26.La confusion des peines, Laurence Tardieu
27.Un été à Cold Spring, Richard Yates
28.Freedom, Jonathan Franzen
29.J'ai déserté le pays de l'enfance, Sigolène Vinson
30.Rue Darwin, Boualem Sansal
31. Une femme fuyant l'annonce, David Grossman
32.
33.
34.
35.






jeudi 28 juillet 2011

Le nez dans les livres

George nous propose un nouveau challenge à partir du 28 juillet 2011 jusqu'au 28 juillet 2013.......Ouiiiiii il dure 2 ans !!!

"Je suis sûre que ça vous manquait… si si, allez, vous pouvez bien l’avouer, ça vous manquait un petit challenge made in George ! Et puis, que voulez-vous j’ai une réputation à tenir moi !
Vous connaissez mon amour pour les mises en abyme, je vous propose donc de lire des romans dont le titre contient le mot : Lecture, livre, lecteur, auteur, librairie ou bibliothèque ou tous mots en rapport direct avec notre occupation principale : Le Lecture  ! Oui comment n’y avions-nous pas pensé avant, nous qui passons notre temps le nez dans les livres !"

 3 catégories  :
1. La Lectrice : 2 romans
2. Le Liseur : 4 romans
3. La Reine des lectrices : 6 romans ou plus !


Comme toujours , modeste je suis, je commence petit......et je vois par la suite. Ma PAL renferme quelques bricoles.....la rentrée littéraire, et les blogueuses et blogueurs  me donneront aussi des idées

1. L'écriture ou la vie, Jorge Semprun 
2. Un roman américain, Stephen Carter

mercredi 27 juillet 2011

Au -delà de cette limite votre ticket n'est plus valable


Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux.
À la suite des confidences angoissées d'un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s'insinue en lui, l'envahit, le détruit, ne le quitte plus. En osant s'attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement.
Mais son livre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d'amour plein de tendresse.
Cette lecture me laisse perplexe, un peu désemparée pour en rédiger un avis juste, en tenant compte que je n’ai pas vraiment apprécié l’histoire, alors que l’écriture de Romain Gary ne souffre d’aucune objection de ma part. Et si je ne parlais que de l’histoire en elle-même, je me dois de faire la différence entre le sujet du livre, et la manière dont il a été abordé, ou du moins l’impression générale une fois le livre refermé, et quelques jours plus tard.
 Avec un certain courage, Romain Gary aborde 2 ans seulement avant sa mort la vieillesse masculine, et en particulier la perte de la virilité. Je reconnais bien volontiers qu’il fallait oser, et que Romain Gary est direct, et franc dans son langage. C’est parfois cru, le style est rêche, sans décorum. J’en ai aimé l’humour caustique, pathétique même…
« Mon vieux, ce ne sont pas les bonnes femmes qui sont trop grandes…C’est toi qui est devenu trop petit. »
Cependant je n’ai pas aimé le personnage de Jacques Rainier, obnubilé par son étage inférieur….
Je n’abandonne pas pour autant Romain Gary ; c’est juste une rencontre, avec un livre précis qui ne s’est pas faite. D’autres, j’en suis sure, me combleront davantage.
En lisant ce livre, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon ancienne pharmacienne, jamais avare d’une bonne blague, et qui disait avec malice «  Vous savez, les hommes, quand ça se grippe dans le pantalon, c’est le cerveau qui déboulonne. »

Romain Gary- Folio n°1048- 250 pages

Lecture qui rentre dans le cadre du challenge Romain Gary organisé par Delphine


Avant d'aller dormir


À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.
« Il y a deux moi, maintenant, maintenant, dans un seul corps ; l’un est une femme de quarante-sept ans, calme, polie, consciente des comportements qui sont convenables et de ceux qui ne le sont pas, l’autre a une vingtaine d’années, et elle hurle. Je n’arrive pas à décider laquelle est moi. »
«  Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi. Pour moi le temps s’étire à l’infini, il n’a presque aucun sens. »

Ce livre ma faisait de l’œil et du pied depuis sa sortie, et les avis louangeurs que je pouvais lire ici ou là…Et puis les éditions sonatines dont j’entends le bien de leurs publications, malgré mon avis mitigé sur les visages. Bref, je n’ai pas résisté bien longtemps.

Avant d’aller dormir, il faut tout écrire, tout consigner, tout graver  avant que le passage de Morphée n’efface tout.
Avant d’aller dormir, il faut surtout profiter de la journée avant qu’elle ne se perde à jamais.
Voilà, en quelques mots, résumés le quotidien de Christine  qui a perdu la mémoire après un accident…. De l’histoire c’est tout ce que je dirai, pour savoir, il faudra lire……sans passer par la fin, de préférence (si, si j’en connais qui font comme ça !!).

Pour un premier roman, S.J Watson, nous offre là un bel opus, bien construit, bien ficelé, original, bien écrit, et alors que je croyais à un moment l’affaire pliée….et bien que nenni, cela repartait de plus belle, et là, plus moyen de s’arrêter tellement c’est palpitant ; et même si dans les 30 dernières pages, le présent et les souvenirs se mélangent et que parfois on pourrait être un peu égaré, le rythme  s’accélère, les révélations arrivent encore, et que l’on se demande vraiment comment tout cela va se terminer…. Non, je vous vois venir !!! Vous ne saurez pas.

J’ai bien aimé la construction en 3 parties : 2 appelées "aujourd’hui", en début et fin de livre, représentant à elles deux un tiers du roman…..et le plat de résistance, qui est un journal, et plus consistant -au propre comme au figuré d’ailleurs- puisque qu’il représente le reste.
Je dis consistant au figuré, car, c’est cet aspect là qui m’a demandé de faire une pause dans la lecture. Je trouvais que le style   était devenu plus lourd, les propos plus répétitifs.Mais, tout cela est très bien pensé. Christine est amnésique, et son journal, qu’elle écrit avant d’aller dormir est tout ce qui lui permet de sortir du noir ; alors elle dit, redit, reformule, cherche, demande, redemande…..bref, tout cela est normal. Cette petite pause occupée ailleurs m’aura donné faim de le reprendre, et surtout ne plus le lâcher. La fin, vous dis-je, m’a sciée ; j’avais bien une idée en cours de lecture….et je me suis trompée….c’est bon signe. L’auteur aura donc réussi son pari. Un auteur à suivre donc !!

Alors, si vous ne savez pas quoi lire sur la plage, n’hésitez plus. Et faites comme moi, commencez par lire les cinquante premières pages……juste avant d’aller dormir !!!


S.J.Watson-Editions Sonatine (mai 2011)-410 pages


lundi 25 juillet 2011

Les heures silencieuses


Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits... Dans le silence de l'heure, derrière le précaire rempart de l'ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son cœur, explorant les replis les plus secrets de l'âme.
« A ce moment là, j’ai décidé que l’on m’y verrait de dos. Car à ne plus être désirée, ai-je encore un visage ? »
 Qu’il fut doux, le temps passé en compagnie de Magdalena. Dans un langage exquis, et raffiné, en totale adéquation avec son milieu social, Magdalena se confie librement et se dévoile aussi spontanément qu’elle se met en retrait sur la toile que M.De Witte doit exécuter.
Cette épouse de notable de Delft nous invite dans l’intimité de son boudoir, et de sa vie.
Ses joies, ses peines, ses désirs secrets, ses inquiétudes de mère, ses fiertés….Avec une plume délicate, légère, Gaëlle Josse réussit, en peu de pages, à mettre en mots toute l’atmosphère de la bourgeoisie de l’époque.
Ce monologue est émouvant. Le détail de l’écriture, n’est pas sans rappeler la peinture hollandaise que j’aime tant, la peinture des atmosphères, des intérieurs, la peinture de l’intime.
Je ne peux en dire plus, si ce n’est de lire ce petit bijou. Vous ne le regretterez pas.
"A l'heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m'alléger de ce qui m'encombre devient plus fort que tout. Je garde l'espoir, naïf peut-être, qu'un tel aveu sera comme l'amputation d'un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu'elle soit, permet de sauver le reste du corps."

Gaëlle Josse- Autrement littératures-134 pages 


Gaëlle Josse est née en 1960. Après des études de droit, de journalisme, de psychologie et quelques années passées en Nouvelle-Calédonie, elle travaille à Paris comme rédactrice dans un magazine. Elle vit en région parisienne. Elle a publié des poèmes dans de nombreuses revues et est l’auteure de plusieurs recueils de poésie. Les heures silencieuses est son premier roman.

Lecture qui rentre dans le cadre du challenge organisé par Opaline, la plume au féminin .


samedi 23 juillet 2011

Challenge des animaux du monde

 Sharon, aime les bestioles!! La preuve, elle lance son challenge:



Le challenge sera officiellement lancé le 24 juillet et prendra fin le 31 décembre 2012.

 
niveau Gardield (deux livres lus)
niveau Chat du Cheshire (quatres livres lus)
niveau Bagheera (six livres lus)
Le principe en serait simple : lire des livres dont le titre contient un nom d'animal,ou dans lequel l'animal tient une place importante.

 Je participe, sans savoir dans quelle catégorie.Ce sont ma pile à lire, mes trouvailles, les nouveautés, et les idées glanées ici ou là qui constitueront ce challenge.

1. Au pays des kangourous, Gilles Paris 
2.


Challenge Romain Gary

Sans impératif de date butoir, Delphine nous propose de lire, relire, ou découvrir l'œuvre de Romain Gary avec ce challenge.

Les « règles » minimalistes :
Pas de date limite ou de délai dans le temps, Gary est éternel …
Des niveaux
  • Mini-challenger : 1 à 2 romans et/ou bio
  • Moyen-Challenger : 3 à 5 romans et/ou bio
  • Big-Challenger : + de 5 romans et/ou bio
On peut choisir de lire ses livres, les bio qui lui sont consacré, et de faire référence aux films et adaptations aussi (Gary a réalisé quelques films et certains de ses livres ont été adaptés également).

Comme d'habitude, je choisis de commencer petit,puis je verrai avec le temps, et la motivation.
J'ai il y a quelques mois lu et commenté Chien blanc que j'avais beaucoup apprécié.Mon blog , à l'époque était tout nouveau, et encore en rodage, donc pas aussi attrayant que maintenant.



1- Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable.

jeudi 21 juillet 2011

De profundis


Oscar Wilde écrivit De profundis de janvier à mars 1897, c'est-à-dire au cours des derniers mois de son incarcération à Reading. C'est le seul ouvrage qu'il rédigea dans sa prison (La ballade de la geôle de Reading est postérieure à sa libération) et son dernier ouvrage en prose. C'est sans doute aussi son chef-d’œuvre et une des plus belles lettres d'amour qui existe, où résonne toute la plainte de l'amour perdu, toute la plainte de l’amour perdu.
S’il y a une œuvre où l’objet d’une lettre prend tout son sens, c’est bien celle –ci. En effet ce long monologue adressé à son amant, dont le père est à l’origine de son incarcération, est une mise à nu, un dépouillement sans précédent de l’auteur.
Celui –ci est emprisonné pour 2 ans du fait de son homosexualité. Dans la solitude de sa cellule, c’est à son amant qu’il s’exprime en montrant une extrême sensibilité, en révélant une personnalité complexe, assez torturée.
J’ai senti, au travers de ses écrits, une relation ambiguë, faite d’amour et de haine, d’un certain commensalisme de la part du compagnon, Lord Alfred Douglas. Tout au long de ces pages j’y ai plus vu du remord, des reproches, de la douleur, du désespoir. Plus que de l’amour, j’y ai plus perçu un certain attachement.
Si le style est impeccable, très beau, fluide, avec comme de la noblesse dans l’expression, j’ai ressenti à un moment de l’ennui, voir de la lassitude, en particulier aux 2/3 du livre lorsqu’il aborde la religion et le Christ. J’ai trouvé ce passage là particulièrement abscons et repoussant.
Si pour le style, et la beauté du texte, cette lecture aura été intéressante, elle ne me laissera pour autant pas un souvenir impérissable, la trouvant probablement un peu trop dépassée, trop poussiéreuse.
 Oscar Wilde-Sock (cosmopolite)-180 pages 

Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde est né dans une famille catholique le 16/10/1854 Son père est médecin, anthropologue et historien, Il suit ses études dans une école publique, où l est un élève moyen. Il rentrra ensuite à Trinity collège (université anglaise de Dublin) pour poursuivre des études en lettres classiques, puis à Oxford où il prépare un diplôme en lettres classiques assorti de cours d'histoire de l'art et de philosophie. Il commence à écrire des sonnets et remportera le concours de l'université. C'est à cette période qu'il commence à voyager : d'abord l'Italie du Nord puis La Grèce et Rome.
En 1878, il obtient brillamment son diplôme et part s'installer à Londres. C'est là qu'il publie son premier recueil de poèmes et compose sa première tragédie.
Il passe l'année 1882 aux Etats-Unis pour donner une série de conférences sur l'art. A son retour il part pour la France, où il fréquente les grands écrivains et peintres de l'époque (Hugo, Daudet, Pissarro, Degas, Zola, Verlaine)
En 1883 il rentre à Dublin et épouse une amie d'enfance Constance Lloyd de laquelle il aura deux enfants. Le couple s'installe à Dublin. Oscar Wilde devient critique pourThe Pall Mall Gazette puis rédacteur en chef de The woman's world.
C'est en 1886 qu'il rencontre Robert Ross et assume son homosexualité.
En 1891, il repart pour Paris où il reste plusieurs mois, y rencontre André Gide et achève Salomé. A son retour, il fait la connaissance d'Alfred Bruce Douglas, étudiant qui restera son amant jusqu'à sa mort.
En 1895, le père d'Alfred, porte plein pour sodomie. La plainte est admise et Oscar Wilde poursuivit pour crime de sodomie. . Oscar Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés. Il exécutera sa peine respectivement dans les prisons de Pentonville, Wandsworth et Reading.
Il sort en 1897. A sa sortie, ne pouvant payer les frais de justice il fait banqueroute. Sa femme le quitte. Il s'exile alors en France, en Normandie, puis rejoint Alfred à Napples en 1898. Il partagera les deux dernières années de sa vie entre cette ville et Paris.
Il devient alcoolique.
Il meurt en 1900 d'une méningite. Enterré à Bagneux, il sera transféré au cimetière du Père Lachaise en 1909.

Ceci est mon avant dernière lecture dans le cadre du challenge épistolaire organisé par Anne-Sophie .

Lecture qui entre également dans le cadre du challenge irlandais que nous propose Val .







mercredi 20 juillet 2011

Pleure, ô pays bien-aimé

Le Révérend Stephen Koumalo, pasteur noir d'un petit village d'Afrique du Sud, a plusieurs parents à Johannesburg: son frère John, le menuisier, sa sueur cadette, Gertrude, partie avec son petit garçon à la recherche de son mari, et son fils unique, Absalon. Sur la foi d'une lettre qui l'appelle auprès de Gertrude, Koumalo se rend à Johannesburg et découvre la réalité brutale de l'apartheid, de la misère et de la déchéance qui règnent parmi les Noirs transplantés dans la grande ville.
Son frère John est devenu un homme politique en vue, luttant pour la libération de ses compagnons de race. Gertrude mène une vie dissolue, à la limite de la prostitution.
De longues et pénibles recherches conduisent enfin Koumalo jusqu'à son fils Absalon. Pour avoir tué, lors d'un cambriolage, celui-ci attend son jugement dans un pénitencier. Au terme d'un pèlerinage aux sources de la détresse et de l'injustice, le pasteur rentrera au village, n'emmenant ni John, ni Gertrude mais seulement la femme de son fils, dont l'exécution est imminente. Témoignage émouvant sur les rapports entre la minorité blanche et la majorité opprimée des gens de couleur, l'oeuvre d'Alan Paton a parfois été considérée comme La Case de l'Oncle Tom de l'Afrique du Sud.

« Ah ! pleurez sur l’homme qui est mort, sur la femme et les enfants en deuil. Pleure, ô pays bien-aimé, ces choses ne sont pas près de finir. Le soleil se répand sur la terre, sur le beau pays dont l’homme ne sait pas jouir. L’homme ne connaît que l’effroi de son cœur. »

J’ai ce titre dans mon inconscient depuis l’adolescence ; je l’avais vu passer, en avait entendu parler….et puis plus rien. Pas moyen de remettre la main dessus. Il n’est plus édité depuis longtemps ; les libraires en ont les bras qui tombent à l’évocation du titre " Ma pauvre dame, il ne se lit plus depuis longtemps, il est épuisé…"Alors mon exemplaire est vieux, le graphisme du livre est d’un autre âge, les feuilles sont jaunies, et il sent bon le vieux livre.

Alan Paton signe là un très beau roman. Si sa structure est très classique, linéaire, parfois un peu désuète lorsque, comme moi, on lit plutôt du moderne, son contenu est on ne peut plus d’actualité. Certes l’Afrique du Sud s’est débarrassée de l’Apartheid, mais les clivages qui se révèlent dans ce livre trouvent encore écho dans notre monde. Bien qu’écrit  il y a 60 ans, on y retrouve tous les maux actuels de ce pays, mais l’auteur nous y livre tous ses espoirs.

« Je ne vois qu’un espoir pour notre pays et il sera réalisé quand les hommes blancs et les hommes noirs, n’aspirant ni au pouvoir ni à l’argent, désirant seulement le bien de leur pays, s’uniront pour y travailler. » Ceci est écrit en 1948……

Alan Paton, donne beaucoup d’humanité à ses personnages, en particulier au Révérend Koumalo qui accepte sa condition  d’homme de couleur dans un pays qui ne les aime pas bien que majoritaires, et sa condition d’homme d’Eglise tout à son sacerdoce et à la défense des siens, qu’ils soient noirs ou blancs.
S’il n’occulte pas le problème croissant des villes  où la violence, le crime et les heurts entre communauté se multiplient, l’auteur fait la part belle à la vie paisible des grandes plaines où blancs et noirs vient plus intelligemment. Certains, comme Arthur Jarvis, seront même en avance sur leur temps.

La langue a le charme d’autrefois, et si certaines élocutions peuvent choquer de nos jours, il faut les remettre dans le contexte historique.
Homme blanc ; indigène
Le contexte politico –économique est bien évoqué. L’époque est au développement minier. Le climat social importe peu, pourvu qu’il y ait des bras pour exploiter le sous-sol qui regorge de richesse.
La vie et l’engagement d’Alan Paton sont étroitement liés à l’humanité qui se dégage de ce très bon roman qui laissera son empreinte.

Alan Paton-Le livre de poche (édition épuisée)-430 pages
Alan Stewart Paton (11 janvier 1903 – 12 avril 1988) est un écrivain et un homme politique sud-africain, fondateur du parti libéral d'Afrique du Sud.
Il est né dans la province du Natal, aujourd'hui appelée KwaZulu-Natal. Sa famille descendait des colons anglais en Afrique du Sud. Ses parents appartenaient à la communauté religieuse protestante des christadelphians. Alan Paton obtint à l'université du Natal une licence de sciences ainsi qu'un diplôme d'enseignement.
Il devint enseignant en lycée, puis, de 1935 à 1948, proviseur d'un centre de rééducation pour mineurs délinquants. Il y introduisit des réformes progressistes en assouplissant les conditions de vie et en proposant toutes sortes de permissions en cas de bonne conduite : dortoirs plus ouverts, autorisation de travail hors du centre. Il autorisa aussi l'hébergement dans des familles d'accueil avec contrôle par l'institution.
Alan Paton voulut s'engager lors de la Seconde Guerre mondiale mais fut réformé. Il décida alors de voyager, à ses propres frais, pour découvrir les systèmes éducatifs étrangers et tout particulièrement leurs centres de rééducation. Il visita ainsi une partie de l'Europe et les États-Unis. Lors de son passage en Norvège, il commença à écrire son premier roman, Pleure, ô pays bien-aimé. Il en finit l'écriture fin 1946 à San Francisco, où il rencontra également son éditeur.
Rentré au pays en 1947, il fonda en 1953 le parti libéral sud-africain qui militait pacifiquement contre l'apartheid fraîchement instauré. Il en resta président jusqu'à sa dissolution en 1968, la loi interdisant alors les partis multi-raciaux.
Il prit sa retraite à Botha's Hill, dans sa province natale, où il mourut le 12 avril 1988.

Challenge ABC/Babélio 22/26 [P]
Challenge 26 auteurs/26 livres 16/26 [P]

mardi 19 juillet 2011

La ronde des innocents

Raphaël Nimier est retrouvé mort sur un sentier de randonnée des Hautes-Pyrénées et c’est son jeune frère Vincent qui va mener l’enquête jusqu’à l’obsession.
Grâce à une vidéo, ce dernier découvre avec stupéfaction que l’ancien rebelle au passé tourmenté s’était assagi et cachait une épouse et un fils, disparus eux aussi sans laisser de trace. Il se met en tête de les retrouver car la vidéo ne laisse planer aucun doute : ils sont en danger de mort. « Protège-les », y supplie son frère…
Quand j’ai vu arriver le livre de Musso, l’autre…j’ai eu comme un grand moment de solitude. Je me suis dit " Pitié, pas lui…j’entends assez parler de son frère…il ne va s’y mettre lui aussi !!"

J’ai pris mon courage à deux mains, et à deux yeux, surtout. La note de l’éditeur n’avait pas l’air mal ; d’accord, elles sont toujours accrocheuses….
Et là, je fais mon mea culpa : j’avoue, j’ai été très mauvaise langue. Il s’agit bien de Valentin, et non de Guillaume.
La ronde des innocents est son premier roman. Si parfois Valentin Musso pêche un peu par excès quand il pourrait alléger un peu, si la fin aurait mérité, à contrario d’être un peu plus étoffée, l’ensemble n’est pas mal du tout.
Le rythme est soutenu, mais pas asphyxiant. J’ai lu, et c’est rare, ce livre en une journée, sans trouver le temps long. Les chapitres s’enchainent bien.
D’un point vu de style, c’est bien écrit ; on y trouve beaucoup de référence, de petites phrases ( un peu moins aurait été tout aussi bien, mais bon, ce n’est pas rédhibitoire). J’ai trouvé que c’était bien documenté.
La construction de l’histoire est assez classique : deux affaires présentées successivement, et qui, on s’en doute assez vite, vont se rejoindre. ; Mais….le suspense est bien gardé pour attiser la curiosité.
Sans pour autant être un coup de cœur, cette lecture aura été une belle surprise, et un bon moment. Ce premier roman est assez concluant, à mes yeux, en tout cas pour suivre Mr Musso, le frère…Valentin, retenez bien son prénom, dans ses prochaines parutions….
Valentin Musso-Les nouveaux auteurs(2010)/Points(2011)-381 pages

Valentin Musso, né en 1978, est agrégé de lettres, et enseigne la littérature et les langues anciennes dans les Alpes-Maritimes. Il est le frère du romancier best-seller Guillaume Musso. La Ronde des innocents est son premier roman. 

Lu comme juré du prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2011


lundi 18 juillet 2011

Histoire d'une vie


Avec Histoire d’une vie, Aharon Appelfeld nous livre quelques-unes des clés qui permettent d’accéder à son œuvre : souvenirs de la petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Il y a aussi ces scènes brèves, visions arrachées au cauchemar de l’extermination. Puis les années d’errance, l’arrivée en Palestine, et le début de ce qui soutiendra désormais son travail : le silence, la contemplation, l’invention d’une langue. Et le sentiment de l’inachèvement lié au refus obstiné de l’autobiographie, dans son acception la plus courante : histoire d’une vie. Comme si le dévoilement de ce que chacun a de plus intime exigeait une écriture impersonnelle
« Où commence ma mémoire ? Parfois il me semble que ce n’est que vers quatre ans, lorsque nous partîmes pour la première fois, ma mère, mon père et moi, en villégiature dans les forêts sombres et humides des Carpates. D’autres fois il me semble qu’elle a germé en moi avant cela, dans ma chambre, près de la double fenêtre ornée de fleurs en papier. La neige tombe et des flocons doux, cotonneux, se déversent du ciel. Le bruissement est imperceptible. De longues heures, je reste assis à regarder ce prodige, jusqu’à ce que je me fonde dans la coulée blanche et m’endorme. »

Histoire d’une vie ne sont pas des mémoires. C’est un travail sur la Mémoire, que l’auteur a beaucoup occultée. Ainsi, c’est par bribes, à l’aide de chapitres parfois courts, que l’auteur évoque sa traversée des années, sa résilience.

Le thème de la mémoire est omniprésent, presque obsédant.
« Le cœur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu’il pleut, qu’il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp, ou dans les forêts qui m’ont abrité longtemps. La mémoire, s’avère t-il, a des racines dans le corps. »
Histoire d’une vie, c’est surtout l’histoire d’une résilience d’un homme confronté dès l’enfance aux horreurs nazies.
Sa résilience passera par le silence et la contemplation.
« La contemplation me procurait le plaisir que l’on trouve dans la sensation d’être oublié de tous. (…) Une vraie contemplation, comme la musique, est dénuée de contenu matériel. »

La langue est également, dans ce livre, un thème cher à l’auteur, lui qui aura été façonné par 4 d’entre elles : l’allemand, sa langue natale ; le Yiddish, la langue par laquelle se transmet le judaïsme ; le ruthène et le roumain parlés dans sa région natale. Il consacre un long passage à l’apprentissage de l’hébreu à son arrivée en Palestine.
« Sans langue un homme ne parle pas. Ma langue maternelle, que j’aimais, ne vivait plus en moi après deux années passées en Israël. »
« Ce que j’avais possédé-les parents, la maison, et ma langue maternelle -m’était perdu pour toujours, et cette langue qui promettait d’être une langue maternelle n’était rien d’autre qu’une langue adoptive. »

Il y aurait tant à dire, cet ouvrage, pourtant court, est d’une grande richesse. Dans un  style accessible, et bien écrit, Aharon Appelfeld parvient à nous émouvoir à plusieurs reprises ; en particulier le chapitre 11 dans lequel il évoque la cruauté des camps. Il a également su aiguisé ma curiosité en évoquant longuement les auteurs qui comme lui, issus de la diaspora ont inspiré l’écrivain respecté qu’il est devenu, avec en particulier, Yosef Agnon.

Il est finalement difficile de mettre en mots tout ce qui transpire de ce livre. Le parcours de cet homme, et la vision positive qu’il a gardé de l’humain malgré tout le reste forge le respect, et incite à le découvrir  davantage.
Aharon Appelfeld-Editions de l'olivier (2004)-240 pages - Prix Médicis étranger 2004

Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Ses parents, des juifs assimilés influents, parlaient l’allemand, le ruthène, le français et le roumain. Quand la guerre éclate, sa famille est envoyée dans un ghetto. En 1940 sa mère est tuée, son père et lui sont séparés et déportés. À l'automne 1942, Aharon Appelfeld s'évade du camp de Transnistrie. Il a dix ans. Recueilli en 1945 par l’Armée rouge, il traverse l’Europe pendant des mois avec un groupe d’adolescents orphelins, arrive en Italie et, grâce à une association juive, s’embarque clandestinement pour la Palestine où il arrive en 1946. C’est le début d’un long apprentissage. Pris en charge par l’Alyat Hanoar, il doit se former à la vie des kibboutzim et apprendre l'hébreu. Suivent l’armée (en 1949) et l’université (1952-1956) où il choisit d’étudier les littératures yiddish et hébraïque, ainsi que la mystique juive. Ses professeurs sont Martin Buber, Gershom Scholem, Ernest Simon, Yehezkiel Kaufman. Comme lui, ils ont une double culture, mais c’est sa rencontre avec Shaï Agnon qui le convainc que « le passé, même le plus dur, n’est pas une tare ou une honte mais une mine de vie ». À la fin des années 1950, il décide de se tourner vers la littérature et se met à écrire, en hébreu, sa « langue maternelle adoptive ». À la fin des années 1980, Philip Roth découvre son œuvre avec émerveillement et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock. Un demi-siècle plus tard, Aharon Appelfeld, devenu l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps, a publié une trentaine de livres, principalement des recueils de nouvelles et des romans.


vendredi 15 juillet 2011

Challenge du Prix du livre France -Inter

Zazy, encore elle !!! organise son challenge consistant à lire les ouvrages ayant reçu la distinction.

Il y a 6 niveaux de lecture :

Tranche matinale : 3 livres
Comme on nous parle : 5 livres
Cosmopolitaine : 7 livres
Le grand entretien : 10 livres
Le masque et la plume : 12 livres
Eva Bettan : 15 livres


Le challenge court jusqu'au prochain prix, soit début juin 2012 
Pour les idées c'est par ici le palmarès

Pour commencer, je la joue tranche matinale.Et puis j'aviserai ensuite en fonction de mon temps, de mes envies, et de mes folies de librairies.....

1. La voyeuse interdite, Nina Bouraoui

La plume au féminin

C'est de la faute à Zazy, en allant me promener du côté de chez elle, je suis tombée sur ce qu'il ne fallait pas voir......trop tard....j'ai craqué !!!

Opaline depuis Mars 2011 le défi La plume au féminin.




Ce défi consiste en la lecture de  
quatre (4)
livres/romans (minimum) 
écrits par des femmes
tous époques, origines, styles et âges confondus

Durée : Jusqu'à la prochaine Journée internationale des femmes, 
soit le 8 mars 2012


J'ai une pile à lire assez bien fournie dan,s ce domaine; je laisserai donc ma main choisir ce qui lui conviendra, et ce au gré des challenges déjà en cours, de l'actualité, de mes humeurs, et des conseils glanés ici ou là.

Vous qui passez me voir régulièrement ou plus épisodiquement, si l'idée vous tente, n'hésitez pas, contactez Opaline et inscrivez vous.


1. Les heures silencieuses, Gaëlle Josse
2. En retard pour la guerre, Valérie Zenatti
3.L'ampleur du saccage, Katouar Harchi
4.Jeanne, Jacqueline de Romilly

Challenge atteint, mais qui continue......

5.Unité de vie, Fabienne Swiatly
6.La petite, Michèle Halberstadt
7.Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini
7.Nestor rend les armes, Clara dupond-Monod
8.A l'enfant que je n'aurai pas, Linda Lê
9.Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan
10.Cent ans, Herbjorg Wassmo
11.La voyeuse interdite, Nina Bouraoui
12.La ferme africaine, Karen Blixen
13.Eux sur la photo, Hélène Gestern
14.L'amour secret, Paola Calvetti.
15.Derniers adieux, Lisa Gardner
16.Juste avant, Fanny Saintenoy
17.L'envers des autres, Kaouther Adimi
18.La confusion des peines, Laurence Tardieu



Meutres en bleu marine

Annie, douze ans, et William, son frère cadet, voient ce qu'ils n'auraient jamais dû voir: trois hommes en exécutent un quatrième. Pire: les assassins sont d'anciens flics. Terrorisés, les deux enfants se réfugient chez Jess Rawlins, un rancher solitaire. Pour survivre, ils n'ont qu'une seule chance: le convaincre de les protéger. Le temps presse car la "chasse aux enfants" a déjà commencé...
 A remporté l’Edgar du meilleur policier 2009
« Et l’unique façon de garder de l’avance, d’empêcher toute découverte et toute révélation était de penser et d’agir contre toute morale, de devenir l’antithèse de tout ce en quoi il croyait, de tout  ce qui lui permettait de justifier ses actes, de toutes les raisons pour lesquelles il avait choisi de devenir flic. Flic, c'est-à-dire un mec bien, un maillon honorable de la chaine de bleu marine qui tient en échec les ordures en tout genre. »

Un titre intrigant ; que vient faire la couleur bleue marine dans tout cela ?
Une couverture qui ne rassure pas ; un garçonnet les yeux grand ouverts se demandant ce qui se passe devant lui, une fillette tout aussi affolée, en retrait derrière et lui posant la main sur l’épaule en voulant lui "dire tu restes là, dis ! Surtout ne bronche pas".C’est une invitation à aller voir d’un peu plus près pour savoir…

Ce livre est conçu comme un livre de bord, un journal. Les chapitres ne sont pas intitulés comme d’habitude, mais sont horodatés. Chaque jour constitue une partie ; la dernière partie étant le mois suivant ; d’autres auraient intitulé cela une conclusion…

L’action  qui nous occupera donc durant  4jours se passe dans le nord de l’Idaho, l’Amérique profonde.

C’est une histoire bien curieuse, car très vite, nous avons qui a fait quoi. Nos deux enfants voient tout, et sont vus ; le lecteur attentifs aux différents personnages sait.
Quel intérêt me direz-vous ? Et bien c’est justement que dans ce coin perdu d’Amérique vont se croiser un tas de personnage qui pages après pages vont se révéler, et surtout vont construire les fils qui les lient les uns aux autres, alors qu’au départ, on se demande bien ce qu’ils peuvent bien faire par ici.
La 4ème  de couverture en dit largement pour que je n’ajoute pas mon grain de sel. Si le démarrage est un peu lent ; Il faut persévérer un peu pour que subitement l’on soit pris dans le vif du sujet. Même s’il n’est pas le policier de l’année, il n’en reste pas moins un polar de bonne facture, agréable à lire, sans hémoglobine inutile, ni dialogues de corps de garde. Il y a même de la tendresse dans le comportement quasi paternel de Jess Rawlins, lui, le fermier taciturne, et solitaire.

C.J.Box-  Seuil(2008)/ Points (2009)-460 pages

Né en 1967 dans le Wyoming, C. J. Box a longtemps travaillé comme guide de pêche et dans un ranch avant de devenir un auteur de romans policiers à succès largement récompensé. Il est notamment l'auteur de Sanglants Trophées, Détonations rapprochées et de L'Homme délaissé, disponibles en Points.

Livre dans le cadre du challenge Un mot , des titres que nous propose Calypso, avec cette fois pour mot conducteur ; BLEU     

 Et comme j'ai toujours une chanson qui me trotte dans la tête, petit clin d'œil à notre mot...



Pour l'Idaho 4/50  

jeudi 14 juillet 2011

Cotton Point


Paris Trout accepte de prêter aux nègres... à condition qu'ils le remboursent. N'obéissant qu'à sa propre loi, il assassine de sang-froid une jeune femme noire pour une affaire de créance oubliée. Ainsi vont les affaires dans cette petite ville du Midwest au milieu des années cinquante. À moins qu'enfin les mentalités ne changent et que l'on se décide à punir ce criminel trop arrogant...
Si à la lecture du premier chapitre vous pensez avoir tout vu, et prétendez avoir une idée de ce que sera l’atmosphère de ce livre, et bien, vous vous trompez lourdement…Il ne s’agit que d’une mise en bouche d’un voyage qui va vous emmener au plus profond de l’âme humaine…
Ce roman est plus noir que noir, glauque, répugnant, révoltant, scotchant. Il aurait pu me faire fuir dès les premières pages, moi qui d’ordinaire ne suis une adepte de ce genre d’étalage… Et pourtant, j’ai aimé ce livre ; dès les premières pages je m’y suis accrochée, et l’ai lu avec l’appétit qui fait les coups de cœur.

Pete Dexter dont je découvre l’existence, et la prose, nous assure un voyage épique dans l’Amérique profonde, celle des années 50 , en Géorgie ; le sud raciste, ségrégationniste, misogyne, et élitiste ; le sud indécrottable ; le sud répugnant.
Avec une écriture incisive, directe, sans décorum inutile, Pete Dexter nous convainc immédiatement, et nous brosse à la perfection la psychologie de nos divers personnages.
Ce ceux d’ailleurs eux qui donnent leurs noms à chacune des parties  qui constituent ce roman.
9 parties, 6 personnages ; certains reviendront donc plus souvent.
Trout, l’horreur absolue. Il n’a qu’une loi…la sienne « Paris Trout avait, à sa manière des principes. » Un type que je ne voudrais même pas qu’il croise mon pire ennemi. ; Un pervers, manipulateur, dénué du moindre sens moral, et du moindre sentiment humain, calculateur.
Hanna, son épouse et quoi s’en mordra les doigts ; une victime impuissante, qui lutte malgré tout autant que faire ce peut.
Comment ne pas parler de Rosie, victime elle aussi ; la sacrifiée ; coupable d’être noire, pauvre, délaissée par sa propre famille, et, de se trouver au mauvais endroit, u mauvais moment, en face de la mauvaise personne.
Pete Dexter brosse parfaitement cette société sudiste, corporatiste,  où ses membres restent entre soi, mais dont malgré tout on perçoit l’humanité.
Que dire de cette justice dont l’auteur nous montre les perversions, et les travers ?

Pete Dexter- Points( 2011)-414 pages
Sélection 2011 pour le prix du meilleur polar des lecteurs de Points


Pete Dexter, né en 1943 dans le Michigan, vit sur une île au large de Seattle. Il a été reporter et éditorialiste en Floride et à Philadelphie avant de se consacrer à l’écriture. Il est notamment l’auteur du cultissime Paperboy, de Train, God’s pocket et Un amour fraternel, disponibles chez Points.

Après de longues études universitaires, Pete Dexter devient, au début des années 1970, journaliste au Philadelphie Daily News. Il passe de simple reporter à 'columnist', c'est-à-dire qu'il dispose d'une colonne quotidiennement, qu'il alimente du billet qu'il veut. Pour écrire, il parcourt la ville et choisit systématiquement les reclus ou les marginaux. Son goût pour l'alcool l'aide sûrement à écrire ses papiers, mémorables pour la plupart. Avec une réputation désormais acquise, la vie de Pete Dexter prend un tournant le 9 décembre 1981. Alors qu'il écrit un article sur la mort d'un enfant par overdose dans un quartier pauvre, la famille de l'enfant réfute les faits et demande au journaliste de réécrire son papier, ce que Dexter refuse. Le frère du jeune homme le menace et, ne pliant pas, Dexter se retrouve à l'hôpital. La légende veut que Dexter soit arrivé à l'hôpital dans un piteux état, que de nombreuses opérations de chirurgie esthétique furent nécessaires, ainsi que de longs mois de rééducation. Dans tous les cas, cette période profita d'une certaine manière à Pete Dexter qui arrêta l'alcool et qui commença à écrire de la fiction. Ses ouvrages sont d'ailleurs marqués par cette histoire : 'Paperboy' (1995), 'Deadwood' (1986) ou encore 'Train' (2003). En 2007, Pete Dexter publie une compilation de ses écrits journalistiques intitulée 'Paper Trails : True Stories of Confusion, Mindless, Violence and Forbidden Desires, a Surprising Number of Which are Not About Marriage'. Un titre qui en dit long sur le personnage. L'année suivante, son polar 'God' s Pocket' est, comme souvent, salué par la critique.

Livre lu comme juré pour le prix du meilleur polar 2011 des lecteurs Points

mercredi 13 juillet 2011

Lumière pour les oubliés-Sombre enquête en Bretagne

Nous retrouvons au printemps 2006, la fameuse équipe qui a tant fait rire et frissonner les lecteurs des trois premiers ouvrages?*Cette fois-ci, l'affaire est encore plus grave: il s'agit du sort des sans-papiers, qu’ils survivent à Trélouzic, Lannion ou ailleurs. Fanch Bugalez et sa compagne Gwendoline, Eugène Cabioch leur vieil ami, sont témoins d'un drame qui empoisonne toute la région. On retrouve assassinés un écrivain haïtien, une directrice d'école, avant que la situation ne dégénère encore plus. Que se passe-t-il dans cette Bretagne où sont venus se réfugier des êtres humains de diverses nationalités? Leur sort tragique défraie la chronique, partisans et opposants de la politique d'immigration font entendre leurs voix. Le commissaire Cesare Le tellier aura fort à faire pour démêler les fils de cette inextricable pelote.une fiction adossée à l'actualité, un polar dénonçant une Europe devenue "forteresse», éloignée des idées humanistes les plus essentielles.
Bien ancré en pays de Trégor, ce polar se veut social, militant, et humaniste. Yann Venner puise dans l’actualité pour bâtir un scénario qui dans l’ensemble est assez bien ficelé. Seule la fin, m’a paru assez "tirée par les cheveux", et de fait lourde et peu plausible.
Cependant cela ne m’a pas gâché mon plaisir de lecture.
C’est drôle à souhait, le style est enlevé et rapide. J’ai souvent ri de dialogues savoureux me rappelant un peu les films d’Audiard. Un grand nombre de personnages se croisent au sein d’une petite commune de Bretagne qui ne restera pas tranquille bien longtemps, les morts surviennent, un couple disparaît. Et tout ce petit monde prend fait et cause pour ces réfugiés illégaux, ou sont eux même réfugiés. Chacun prend part à l’enquête, qu’il soit avec ou contre. Apprécié le rythme de ce roman qui en a facilité la lecture, et l’a rendu vivante, même si le côté militant pur et dur, et le prosélytisme m’ont parfois démangée voir agacée.
C’est surtout l’humour et la satire qui retiendront mon attention et qui en définitive occulteront le côté plus obscure et plus gave du sujet, qui, sans me désintéresser, reste malgré tout assez éloigné de mes préoccupations.
J’ai également apprécié le déplacement en Bretagne comme un avant goût bienvenu de mes prochaines vacances.
Autant ce fut un moment agréable de lecture, un bon dérivatif, une bonne parenthèse au milieu de lectures plus graves et sérieuse, autant où son impact restera limité, et ne laissera pas cette empreinte indélébile en moi, témoin d’un livre coup de cœur.
Je remercie les agents littéraires et les éditions Le cormoran qui m’ont donné l’occasion de lire ce livre que je n’aurais probablement jamais eu l’occasion de rencontrer sans ce partenariat.
« Cette femme-là au moins, c’est aut’chose que ma défunte Marie-Thérèse. Même si elle a des heures de vol, j’suis bien content d’être son pilote ! Pas d’problèm’, du moment qu’elle tient l’manche. »

Yann Venner-Le cormoran-312 pages
Né à Saint-Brieuc en 1953,  il vit entre Bretagne et Bourgogne. Ses recherches l'ont amené à extraire la quintessence de la vie: «tourné vers les autres, j’aime toutes les forme d'écritures et les bons vins. Quatre romans déjà parus, des recueils de poèmes et des articles sur les littératures francophones, jalonnent son parcours. Après une tétralogie romanesque -drolatique et noire-sur la Bretagne, il vient de sortir un nouveau roman dans lequel suspense, science et écologie se croisent.