lundi 29 août 2011

C'est lundi, que lisez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*Hypothermie, Arnaldur Indridason

On étés publiés cette semaine

*Comme une ombre, Michel Schneider
*Héritage,Nicholas Shakespeare

Deux ouvrages lus en juin2011 pour le grand prix du roman Fnac

Ce que je lirai cette semaine

Je suis en vacances.....j'ai pris quelques munitions avec moi: du polar des nouveautés,un livre en partenariat, quelques ouvrages de ma pile qui m'appellent.....mais pour le savoir, il faudra attendre mon retour......je ne lirai pas tout hélas





vendredi 26 août 2011

Le livre sur la place





Encore 3 semaines à patienter, et ce sera 3 jours de folie......des livres, des auteurs, des conférences, des émissions de radio.....

Laure Adler présidera cette 33ème édition
Simone Veil remettra le 10ème prix "Livre et droits de l'Homme" de la ville de Nancy
Marie Christine Barrault rendra hommage à Jacqueline de Romilly, accompagnée de Hugues Leclère au piano.
Fanny Contençon lira les plus beaux textes de Marguerite Duras.
Daniel Pennac se produira dans "Bartleby, le scribe"
Jean d'Ormesson s'entretiendra avec Françoise Rossinot
Lire et relire Jorge Semprun: ses plus beaux textes lus par la comédienne Catherine Matisse
Didier Decoin, lira es extraits de "Une anglaise à bicyclette"


Et puis tous les auteurs qui font cette rentrée littéraire , les éditeurs luxembourgeois, les éditeurs jeunesse, les éditeurs locaux.
Les auteurs fidèles au Livre sur la Place 

Vendredi 16 septembre
> 12h00
Chapiteau du Livre et jardin éphémère

Promenade inaugurale du Livre sur la Place, conduite par Laure ADLER, présidente de cette 33ème édition en présence de Frédéric MITTERAND, ministre de la Culture et de la Communication et de André ROSSINOT, Maire de Nancy.
Rendez-vous place de la Carrière, près de l'Arc Héré.


Vendredi 16 septembre
> 17h00
Studio de Radio France
Enregistrement en direct et en public de l'émission de France Inter " Le Grand Entretien " animée par François BUSNEL dans le studio de Radio France installé au cœur du jardin du livre devant le chapiteau.


Samedi 17 septembre
> 10h00 à 12h00
Opéra national de Lorraine
Enregistrement public de la célèbre émission littéraire de France Inter " Le Masque et la Plume " dans le foyer de l'Opéra en compagnie de Jérôme GARCIN et son équipe.

Samedi 17 septembre
> 15h00
Studio de Radio France
Enregistrement en direct et en public de l'émission de France Inter " Les liaisons heureuses " animée par Colombe SCHNECK dans le studio de Radio France installé au cœur du jardin du livre devant le chapiteau.

Dimanche 18 septembre
> 11h à 12h
Grand Salon de l'Hôtel de VilleBernard Pivot évoque son dernier livre " les mots de ma vie " (Albin Michel) à travers une conversation avec Françoise ROSSINOT.

 d'Ormesson et FOG :épatant !!

jeudi 25 août 2011

Vacances...........

Mon blog se met au ralenti, il a droit lui aussi à quelques jours de repos bien mérité.Quelques messages sont programmés, mais de manière sporadique.


* Le rendez vous traditionnel du lundi: C'est lundi que lisez vous?
* Le 1er septembre, vous pourrez lire mon avis à propos de Kampuchéa de Patrick Deville, lu en avant première en juin

 Promenades, découvertes, photographie


Lecture, repos, repos, et encore du repos......parce que je le vaux bien !!!


A bientôt................

mercredi 24 août 2011

Hypothermie

Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria.
Un suicide ? Erlendur n’y croit pas et rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d’ombres : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s’est noyé sous ses yeux.
En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs…
Une nouvelle enquête de ce cher Erlendur Sveinsson menée par la plume rigoureuse, poignante et glaçante du maître du polar islandais.

Rien de tel qu’un bon polar pour vous réconcilier avec un livre. Quand rien ne va, quand tout vous tombe des mains, un polar et ça repart !!!
J’ai   donc suivi Erlendur dans une nouvelle aventure, et, un petit séjour sous le ciel islandais est parfaitement adapté les jours de canicule.
Certes, je n’ai lu que la cité des jarres, et 4 autres romans sont arrivés avant Hypothermie, mais cela n’a aucune importance. Je regrette juste de ne pas avoir pu suivre dans l’ordre l’évolution de notre commissaire. Le moins que je puisse dire c’est qu’il a de la suite dans les idées, sans agitation, sans s’énerver, et avec une discrétion absolue par rapport à son entourage, il creuse encore et toujours…, il y a des choses qui le chiffonne, on le sent, mais il ne dit rien.
J’apprécie Erlendur, parce qu’il est humain ; c’est un type comme des milliers d’autres avec ses problèmes de couple, des enfants qui ont leur petits ou gros soucis. C’est un type qui a du cœur, et pour qui le métier, est aussi une affaire de rencontres dans lesquelles il prend part aux détresses des citoyens. Voilà un homme qui aura ténacité d’aller au bout de ses affaires, même officiellement closes. C’est un fidèle, cet Erlendur, et même un sentimental.
Dans ces romans islandais, n’allez pas chercher de débauches d’hémoglobine, de mutilations horribles, ni de langage châtié….. Non, tout y est bien policé, de bon aloi, le rythme n’y est pas frénétique, mais continue.
J’ai apprécié une construction faite de quelques flash- back, qui rompent intelligemment le rythme. J’ai trouvé que l’affaire était bien menée, et que le savant mélange entre l’affaire, ou plutôt les affaires, et les scènes de vie ordinaire permettaient une bonne immersion en terre islandaise.
L’écriture y est fluide, les chapitres sont juste comme il faut, l’épaisseur du livre idéale.
Tout cela en fait en bon policier comme il faudrait en avoir toujours sous le coude, au cas où…..vous savez, les dimanches pourris, les jours de canicule où le cerveau ramolli ne supporte pas grand-chose, le roman intello qui ce jour là vous piétine l’aorte au point de vouloir tout envoyer promener…..bref les jours où l’on a pas envie de se casser la tête, tout en gardant un certain niveau de qualité.
Arnaldur Indridason-Métailié (2010)/Points (2011)-349 pages 


Roman sélectionné pour le Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2011, et que j'ai lu en tant que juré

  

 Challenge 26 auteurs /26 livres , 21/26 [I]
Lu dans le cadre du défi scandinave en noir proposé par Prune.

Pour l'Islande                    

Comme une ombre


« Il y a des histoires qui veulent être racontées. J'écris celle de mon frère comme en un miroir. Mais on ne sépare pas d'un miroir l'image qui s'y reflète. »
M.S.
Comme une ombre, c'est l'histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur enfance, de leur rivalité secrète, de leur impossible amour. D'effrayantes symétries entre les objets, les noms, les guerres, les amours. Des images obsédantes : une piscine municipale au bord de la Seine, un dancing, une caserne à Blida, un été espagnol... Et la mystérieuse L.
Michel Schneider raconte ici l'enquête du narrateur sur les traces de son double perdu : la guerre d'Algérie et ses douleurs, la musique et ses consolations, les femmes partagées à commencer par la mère, le désir, la trahison. Il explore le plus intime et confie la difficulté de grandir privé de son ombre.
Cherchant les mots qu'il ne lui a pas dits, et qui lui auraient ouvert ses bras, le survivant adresse au frère disparu une lettre qui ne lui parviendra pas.
« - Tu vas lui écrire cette histoire ? Pourquoi ton frère ? Et maintenant ? – Je ne sais pas bien. Pour lui rendre justice. Ou me faire pardonner quelque chose. Parfois j’ai l’impression ne n’être que son écho, son reflet, son ombre. »

Voilà un roman bien singulier, mais passionnant qu’il m’a été permis de lire presque malgré moi, si j’ose dire, tant j’ai jusque là eu tant d’appréhension à aborder le moindre ouvrage de Michel Schneider.

Mais au fond, est-ce vraiment un roman ? Peut-on parler uniquement de fiction ? Je n’ai que trop peu d’éléments de la vie de l’auteur, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce que je viens de lire ne comporte pas une bonne part d’autobiographie …

La note de l’éditeur a, à mon sens, tendance à éloigner le lecteur de cette idée, mais…à postériori, j’ai tendance à penser que cette note peut jeter une certaine confusion.

Il  n’empêche, dans une construction originale et méthodique, Michel Schneider emporte son lecteur dans son histoire familiale, et fraternelle.
Ils étaient plusieurs frères et sœurs, pas tous du même père. Mais il y avait surtout Bernard et Michel. Bernard est son ainé, a " fait " l’Algérie, en est revenu, est mort prématurément.
Michel, écrivain, a en commun le goût de la musique avec son frère, et par le biais de l’écrit part à sa recherche.
Dans les chapitres impairs, c’est Michel qui s’exprime sous forme d’enquête. Les chapitres pairs sont rédigés sous forme d’un récit, impersonnel.
Chacun des chapitres raconte l’histoire de ces deux frères, mais sous un mode différent, voir parfois antagoniste, comme si l’histoire n’était pas toujours la même selon l’endroit où l’on se place.
Cette quête n’est, en réalité, rien moins qu’un cri d’amour à un frère tant aimé, que la guerre d’Algérie a abimé profondément.
Les femmes, qu’ils ont parfois partagées, et la musique occupent  une large place sans pour autant (pour la musique) que l’on puisse l’expliquer clairement.

« Jamais Michel ne saura s’il a aimé Bernard pour la musique, ou la musique pour Bernard. Jamais il ne saura  ce que la musique lui disait, à lui. Son frère parlait peu de celle qu’ils partageaient. Il disait : Tais-toi, écoute ça ! »

Cette construction  permet une lecture fluide et rapide, et permet de ne pas tomber dans l’écueil d’une  narration linéaire qui retirait tout le charme de ce livre. Le sujet somme toute assez banal, prend, à mon sens, une tout autre dimension ; et de plus laisse toujours un doute  quant à la possible note autobiographique. On referme le livre avec cette interrogation  obsédante, mais absolument pas gênante. Ce livre est intrigant, et vaut au moins pour cela  d’être lu.

Michel Schneider-Grasset (24/08/2011)-329 pages
 
 Né en 1944, Michel Schneider, écrivain et critique littéraire, a été directeur de la musique et de la danse au ministère de la Culture de 1988 à 1991. Il est l'auteur de La Comédie de la culture et de plusieurs ouvrages sur la musique, notamment Glenn Gould piano solo, Prima donna, Musiques de nuit. Il a reçu le prix Médicis de l'essai en 2003 pour Morts imaginaires et le prix Interallié 2006 pour Marilyn dernières séances.

Lu dans le cadre du jury du prix du Roman Fnac 2011 




4 /7 dans le cadre du challenge le 1% littéraire organisé par Herisson    

Héritage

Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire ? C’est ce qui arrive à Andy Lakham, employé sans avenir dans une maison d’édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l’enterrement d’un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste en compagnie d’une étrange vieille dame, aux funérailles d’un certain Christopher Madigan. Le quel avait stipulé, dans son testament, que seules les personnes présentes à la cérémonie hériteraient de sa fortune. 
Comment après une simple présence fortuites à des funérailles d’un homme qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, Andy va devenir un homme immensément riche. A première vue, la situation l’arrange bien, il tire le diable par la queue, n’a pas une situation professionnelle prometteuse, et, vient de se faire larguer.
Le fait du changement radical de situation d’Andy n’est qu’un élément mineur de ce roman ; l’auteur y consacre d’ailleurs une seconde partie dont l’importance est minime par rapport à la première consacrée, si j’ose dire à planter le décor et nos personnages dans leur vie d’avant., et à la quatrième dont l’intérêt va croissant à mesure que le dénouement approche.

« Tu n’as pas seulement hérité de la fortune de Madigan, idiot. Tu as aussi hérité de son histoire. Tan que refusera de reconnaître ce qui va avec le fric, tu resteras un pauvre con. Pourquoi ?  Parce qu’on n’a rien sans rien. »

Passée l’euphorie de la grande vie qui ne durera pas bien longtemps, Madigan saure entendre les saines paroles de son ami. Des paroles qui feront écho en lui, puisque à partir de là, il ira retrouver la vielle dame présente comme lui aux funérailles, Maral, qui sera pour lui la mémoire nécessaire pour se faire une place auprès de Madigan, et surtout pour comprendre cet homme qui préfère léguer sa fortune à des inconnus plutôt qu’à sa fille Jeannine, et de savoir qui il est en réalité.
L’auteur, en donnant à Madigan des origines arméniennes donne une tonalité historique réaliste avec l’évocation du drame de l’Arménie et de son peuple.

C’est avec un plaisir certain, et à un rythme soutenu que j’ai lu ce livre. Il est bien écrit, les choses avancent, il n’y a pas de temps morts, l’œuvre est bien découpée en fonction de l’importance qu’ont les évènements. J’avais hâte de savoir…..
Malgré tout, après avoir laissé décanter, cette lecture ne laisse pas grand sillage derrière moi. C’est un bon livre, mais pas un grand livre ; pas un livre qui me marque durablement comme d’autres ont pu me bousculer.


Nicholas Shakespeare- Grasset (24/08/2011)-425 pages
Nicholas Shakespeare est né en 1957 à Worcester. Journaliste littéraire, il est l’auteur de plusieurs romans, dont La vision d’Elena Silves ( Albin Michel  1991), prix Sumerset Maughan, ainsi que de The dancer Upstairs, dont il a écrit le scénario du film réalisé en 2002.

Livre lu dans le cadre du jury du prix du roman Fnac 2011


3 /7 dans le cadre du challenge le 1%littéraire organisé par Herisson               

lundi 22 août 2011

C'est lundi que liez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*Une saison blanche et sèche, André Brink
*L'heure trouble, Johan Theorin
*Jeanne,Jacqueline de Romilly
*Le soleil se lève aussi, Ernest Hemingway ;mettant fin au challenge ABC/Babélio

Ont été publiés cette semaines

*Le Turquetto, Metin Arditi
Lu en avant première pour la Fnac, en juin 2011

*L'ampleur du saccage, Katouar Harchi
Lu en avant première pour le furet du nord, et Libfly en juin 2011

Ce qui sera publié cette semaine

* Héritage , Nicholas Shakespeare
*Comme une ombre, Michel Schneider
Lus en avant première pour la Fnac en juin 2011

Ce que je lis en ce moment

*Lecture soleil, pour le challenge un mot des titres (1er septembre)
lecture finalement insatisfaisante , et abandonnée

Ce que je lirai ensuite

*Quelque chose de suffisamment prenant pour me faire patienter avant les vacances
Mais j'ignore encore ce que ce peut être.....





samedi 20 août 2011

Le soleil se lève aussi


« Elle éteignit sa cigarette.
- J'ai trente-quatre ans, tu sais. Je ne veux pas être une de ces garces qui débauchent les enfants.
- Non.
- Je ne veux pas devenir comme ça. Je me sens vraiment bien, tu sais, vraiment d'aplomb.
- Tant mieux.
Elle détourna les yeux. Je crus qu'elle cherchait une autre cigarette. Puis je vis qu'elle pleurait, qu'elle tremblait et qu'elle pleurait. Elle évitait de me regarder. Je la pris dans mes bras. »
Je ressens une énorme déception à propos de ce livre que je ne parviens pas à finir. Mes yeux lisent, mais c’est à peu près tout. A chaque fin de chapitre, je me demande bien ce que l’auteur veut dire, démontrer, expliquer.
Je ne réussi pas à m’intégrer à cette bande d’amis, désabusés, alcoolisés, désœuvrés, qui errent entre Paris et l’Espagne.
Certes, dans la moitié du livre que j’ai "lue", l’auteur fait un joli portait du Paris des années 50 ; certes l’Espagne est bien évoquée…mais, hélas c’est à peu près tout. Le scénario, le fil de l’histoire me laisse perplexe, voir dans l’incompréhension. Je ne saurais dire, si c’est ce livre là qui ne me convient pas, ou l’auteur dont le style n’est pas ma tasse de thé.
De cet auteur, j’avais lu, le vieil homme et la mer, mais il y a de cela très longtemps ; je n’en ai pas de souvenir très précis, ni bon ni mauvais ; à l’époque, je ne pense pas avoir été particulièrement transportée.
 Ernest Hemingway-Gallimard/Folio-275 pages
Ernest Hemingway est né en 1899 à Oak Park, près de Chicago. Il passa tous les étés de sa jeunesse en plein bois, au bord du lac Michigan. En 1917, il entre au Kansas City Star comme reporter. Il s'engage en 1918 comme ambulancier de la Croix-Rouge sur le front italien. Après la guerre, Hemingway reprend en Europe son métier de journaliste. En 1936, il devient correspondant auprès de l'armée républicaine en Espagne. Il fait la guerre de 1939 à 1945, participe à la Libération de Paris avec la division Leclerc, puis continue à voyager : Cuba, l'Italie, l'Espagne. En 1954, Hemingway reçoit le prix Nobel de littérature. En 1961, il met fin à ses jours.

Challenge ABC/Babélio, 26/26 [H]
 J’achève sur une note négative le challenge ABC/Babélio, avec une certaine malchance sur les auteurs en H, puisque c’est le 3ème que j’aborde sans succès….

Challenge 26 libres/26 auteurs ,26/26 [H]

vendredi 19 août 2011

Le prince des marées

 
Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose ou leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l'âge adulte. Parce qu'ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d'art, d'exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l'amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse.
Entre l'émotion et la vivifiante intelligence, Le prince des marées est un de ces livres magiques qui peuvent vous briser le cœur, un de ceux que l'on n'oublie jamais.
Le titre à lui seul pousse à investir le paysage de rêve choisi pour la couverture. Seule l’épaisseur de ce roman pourrait faire reculer. C’est l’été, les vacances ne sont plus très loin ; soyons fou, relevons le défi !!! Je ne l’ai pas regretté, j’ai été très vite emporté par cette histoire, pour ne me consacrer qu’à elle. J’ai lu ce livre très vite, tournant les pages sans m’en rendre compte.

Le Prince des marées nous transporte en Caroline du sud sur les traces d’une famille de pêcheurs à la découverte de ses drames et de ses secrets.
Pour éviter au maximum lassitude et linéarité qu’un grand nombre de page aurait pu engendrer, l’auteur a choisi une narration unique, mais alternée dans l’espace, et inversée dans le temps.
Le roman en lui-même est précédé d’un prologue relativement court, dans le quel Tom Wimgo (le narrateur) se présente au lecteur tant sur le plan familial que sur le plan géographique, et d’une certaine manière de manière assez claire plante le décor et la problématique.
« Elle (sa mère) règne en souveraine dans l’exquise imagerie d’un fils béat de dévotion, pourtant je ne peux lui pardonner de n’avoir rien dit du rêve qui la nourrissait du temps de mon enfance, ce rêve qui allait provoquer la ruine de ma famille et la mort de l’un d’entre nous. »
« Je vous raconterai mon histoire. Il n’y manquera rien. Je vous le jure. »
 Il suivra un épilogue relativement court aussi, s’ouvre sur une note positive, lumineuse, et achève ainsi une belle et passionnante lecture.

Nous démarrons donc notre histoire au présent avec un drame, puis tout ne sera que chassé-croisé, entre ce présent et un passé qu’il va falloir aller déterre pour sauver Savannah, la sœur jumelle de Tom auquel Susan Lowenstein, sa psychiatre new-yorkaise demande son concours pour tenter de comprendre le drame de Savannah.

Nous suivrons donc Tom, Savannah, et Luke, leurs parents Lila et Henry à la personnalité si différentes, les grands parents qui eux aussi ont leur part d’ombre. Il y a dans cette famille une conception assez particulière de ce qu’est la vérité.
« Nos parents n’étaient pas partisan d’en dire trop à leurs enfants ; ils n’allaient pas au-delà de ce qu’ils estimaient indispensable de porter à notre connaissance. »
Il se passera des choses, graves, qui auront des répercutions sur chacun, mais surtout, garder la tête haute, ne rien dire, faire comme s’il ne s’était rien passé.

Au fur et à mesure de la narration de Tom, de l’évocation de ses propres problèmes personnels, et de sa relation avec Susan, tout s’éclaire, tout s’explique.

Ici ou là, malgré les tensions, glisse ici ou là un humour sudiste caustique qui me donnera souvent le sourire aux lèvres. J’ai apprécié le mode narratif alterné ; même si les différentes situations ne sont pas franchement posées, cela n’empêche absolument pas le lecteur de s’y retrouver.
Le climat familial est bien décrit. Le sud est bien évoqué, et bien différencié de la frivolité new-yorkaise du Dr Lowenstein.
« Ma mère ne serait pas un cas facile à expédier. Nous étions nés dans une maison de souffrance, de drames et de complications. Nous étions des Sudistes typiques. En chaque Sudiste, sous le vernis du cliché se trouve un autre cliché beaucoup plus profondément enfoui. »
J’ai beaucoup aimé la manière avec l’auteur a retransmis l’amour inconditionnel entre les jumeaux.

Enfin, pour être entièrement objective, ce roman, comme la majorité des gros volumes, n’échappent pas à un certain nombre de longueurs. Certains passages auraient gagné à être abrégés. La fluidité de l’écriture aura, cependant rendu l’écueil largement surmontable.
En outre, la révélation se fait dans des termes qui peuvent heurter certains ou certaines. Le passage est court, et unique, ce qui la rend elle aussi surmontable.

Pat Conroy-Pocket n°12400-1070 pages

Lecture commune avec Anne (de poche en poche), Frankie, George, Mrs Pepy

Lecture dans le cadre du challenge le défi des mille organisé par Fattorius.  Il consiste à lire au moins un livre de plus de mille pages durant l'année....Mission accomplie !!

Pour la Caroline du Sud, berceau de la famille Wingo  6/50
 Livre adapté au cinéma par Barbra Streisand

jeudi 18 août 2011

Jeanne


Voici le livre secret de Jacqueline de Romilly. Écrit dans l'année qui suivit la mort de sa mère, en 1977, elle en fit imprimer quelques exemplaires pour les donner à ses amis. Mais par pudeur, par respect, parce qu'il y a quelque chose de vulgaire à se laisser interroger sur ce qu'il y a de plus intime, et parce qu'elle avait horreur de la vulgarité, elle n'a pas souhaité que ce livre soit publié de son vivant et a chargé son éditeur et ami Bernard de Fallois de le publier après sa mort. Elle fait ici le portrait d'une femme aux dons multiples, travailleuse infatigable, qui fit preuve pendant trente ans d'un talent d'écrivain reconnu, mais ne connut jamais le véritable succès. Après avoir perdu son mari au début de la guerre de 14, elle avait choisi de vivre dans l'ombre de sa fille. C'est toute une époque de la vie française du premier XXe siècle que Jacqueline de Romilly fait revivre autour d'elle. Mais c'est aussi le récit - on a presque envie de dire la confession - de l'union indissoluble d'une fille et de sa mère. Jacqueline de Romilly nous en dit beaucoup sur elle-même, à cette occasion, et nous comprenons mieux ce sentiment mêlé d'admiration, de sympathie, de reconnaissance et d'affection que ses lecteurs, même s'ils ne l'avaient jamais rencontrée, ont éprouvé en apprenant sa disparition.
Jeanne, sa mère ; Jeanne  son amie ; Jeanne, sa vie, Jeanne, l’amour de sa vie. C’est cette proximité avec sa mère qui avant tout surprend : il n’y a pas de maman, ou ma mère….. « Je suis sa fille-la fille de Jeanne au bracelet d’argent, ou plutôt celle qui avait été Jeanne au bracelet d’argent. » Cela surprend, mais il y a un tel respect à nommer sa mère ainsi, Elle l’érige à un rang supérieur.
Jacqueline de Romilly aura attendu sa propre mort pour offrir au public cette déclaration d’amour à sa mère que son éditeur conservait précieusement depuis 34 ans.
Si c’est bien de Jeanne Malvoisin dont il est question, Jacqueline de Romilly est omniprésente par le "Je" employé. Elle prend de fait position dans le couple fusionnel mère fille-fille. L’une ne va pas sans l’autre, elles ne font qu’un. Au travers de sa mère, c’est également elle que Jacqueline de Romilly raconte
C’est la grande guerre qui va sceller cet amour. Jeanne se retrouve veuve très vite avec une petite à élever. Jeanne a quelques talents pour écrire. Il faudra se serrer les coudes, travailler, vivre, ou plutôt survivre.
L’histoire d’une femme, l’histoire des femmes durant les guerres. Qu’il est difficile d’être seule, d’être veuve et mère, d’être une femme respectable et respectée durant cette époque.
Jeanne, c’est la bonté même, le sacrifice même. Elle vit pour et au travers de son enfant.
Jacqueline de Romilly dresse un vibrant hommage à cette femme de lettres, intelligente, et qui n’a vécu que pour sa fille.
« Je sais aussi que tout ce qui a jamais tenté Jeanne, dans la, a été refusé par elle à cause de moi. »
« Telle était, pour Jeanne, la joie de la richesse : pouvoir me donner tout ce dont j’avais un instant envie. »
C’est à la fois tendre, doux, émouvant, très instructif sur l’entre –deux guerre.
Je regrette cependant que ce livre soit écrit dans une langue trop belle pour ce genre littéraire. Le livre en aurait été plus sensible, plus proche. Peut-être que l’auteur aurait gagné à fendre davantage l’armure, même si je reconnais aisément, qu’à l’époque où ce livre a été écrit, et juste après le décès ce Jeanne, l’exercice pouvait être plus délicat.
Jacqueline de Romilly-Editions de Fallois-248 pages
26/03/1913-18/12/2010
Jacqueline de Romilly, née Jacqueline David, est la fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin. Elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly.

Études à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1933), à la Sorbonne.

Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l’université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d’être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique).

Du début à la fin, elle s’est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l’époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l’histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.).
Elle a également écrit sur l’enseignement. Quelques livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990, ainsi que quatre volumes de nouvelles.
Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l’année 1987.
Prix Ambatiélos de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1948), prix Croiset de l’Institut de France (1969), prix Langlois de l’Académie française (1974), Grand prix d’Académie de l’Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995) et diverses récompenses grecques, dont en 2008 le prix du Parlement hellénique.
Élue à l’Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d’André Roussin (7 fauteuil).
Obtenant la nationalité grecque en 1995, elle est nommée « ambassadrice de l'hellénisme » en 2000. Jacqueline de Romilly s'est convertie au catholicisme en 2008, à quatre-vingt-quinze ans.

La plume au féminin avec Opaline    

mercredi 17 août 2011

L'heure trouble


À l’heure trouble avant la tombée de la nuit, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d’une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l’affaire ? Pourquoi toutes les pistes mènent-elles à un criminel mort il y a longtemps ?
Dans une oppressante atmosphère d’huis-clos, une étrange histoire de deuil, d’oubli et de pardon, hantée par les ombres du passé.

Nº1 des ventes en Suède, déjà traduit dans une dizaine de pays, ce suspense complexe et envoûtant a été élu Meilleur roman policier suédois 2007 par la Swedish Academy of Crime.

« Des débuts impressionnants… Theorin excelle à créer une atmosphère lugubre tout en explorant avec sensibilité les liens familiaux. » The Times
Tout comme le sang des pierres, son troisième roman, j’ai lu d’une traite ce livre, première parution de l’auteur.
L’heure trouble porte bien son nom, car tout y est trouble. Chaque personnage a sa part d’ombre. La situation, les faits sont mystérieux. L’étrange n’est pas loin, les esprits non plus.
L’auteur saura tout au long de ces pages éclairer le lecteur, petit à petit, à son rythme, mais suffisamment tard pour qu’encore une fois je sois bluffée par la fin.
En combinant judicieusement le passé et le présent, et clairement, nous avançons pas à pas au milieu de cette nature que l’on devine belle, bucolique et hostile à la fois. Sur une île, en mer Baltique, où il n’y a guère d’habitants, les elfes s’invitent parfois , les morts  donnent l’impression d’être vivants, et les vivants ont parfois une partie d’eux qui ne l’est plus…..Julia dont le petit garçon a disparu 20 ans auparavant n’est plus tout à fait là, goûte un peu trop au vin rouge, et déprime tout ce qu’elle peut. C’est sans compter sur son vieux père, bourré d’arthrose, qui retrouve une seconde jeunesse en se lançant à cops perdu sur les traces de Jens son petit-fils, non sans y entrainer au passage sa fille, et de vielles connaissances de l’île.
Les liens familiaux se resserrent, on se parle ; c’est le moment de solder le passé, de songer à faire son deuil, d’aller de l’avant, de reprendre goût à la vie…
Si l’histoire prend à la gorge, par son mystère, par ce sinistre sbire, Nils, dont on ne voudrait en aucun cas croiser le moindre chemin, tant il est dépourvu de tout sens humain, si l’ambiance est sombre, "brouillardeuse", il n’y a aucune sensation d’avoir au dessus de soi une chape de plomb qui vous oppresse.
Le rythme de l’écriture compense le rythme insulaire loin de la grande ville. L’auteur saura également varier les rythmes en fonction de l’époque évoquée, et des personnages.
Cela donne un roman noir, prenant, qui se lit tout seul, et qui vous captive jusqu’à la dernière page….A lire pour celles et ceux qui ne connaissent encore pas l’auteur, et à suivre pour les autres….

Johan Theorin-Albin Michel(février 2009) -432 pages
Lu dans le cadre du défi scandinave en noir proposé par Prune . Pour la Suède, et Johan Theorin

Le Turquetto

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre – dont la signature présente une discrète anomalie – soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne ? Un égal du Titien ou du Véronèse ? Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré très jeune à Venise, masqué son identité, troqué son nom contre celui d'Elias Troyanos, fréquenté les ateliers de Titien, et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le "Petit Turc", comme l'a surnommé Titien lui-même. Metin Arditi retrace le destin mouvementé de cet artiste, né juif en terre musulmane, nourri de foi chrétienne, qui fut traîné en justice pour hérésie…
Il est vraiment dommage que la 4ème de couverture en dise un peu trop.Je ne m’appesantirai donc pas sur l’histoire en elle-même. Metin Arditi, dont je découvre ici l’univers et la plume, nous offre un roman sur une base historique, et artistique : celle d’un peintre de la renaissance, entre Venise et Constantinople, où nous suivons très bien le bouillonnement artistique, l’obscurantisme religieux alors que la Réforme bat son plein ailleurs et que l’Eglise catholique tente de garder la suprématie sur les âmes et sur le cours des choses.
L’art et la Religion, ses interférences, la place des juifs dans la cité, la persécution qui leur était, déjà ,si je puis dire, infligée, les relations sulfureuse entre le monde de l’art, de la politique et le de la gouvernance religieuse sont les point forts de ce roman écrit sous un rythme idéal : ni galopant ni somnolant. Le roman est découpé en 4 parties équilibrées, qui correspondent aux 4 étapes de vie du Turquetto. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une lecture passionnante car instructive, agréable puisque le style est élégant sans ostentation ni prétentions inutiles.
Encore une fois les éditions Actes Sud présentent un ouvrage soigné, avec une touche d’originalité non négligeable, et dont la couverture qui n’est autre que le tableau en question est à elle seule une invitation qui ne se refuse pas.
 Je prendrai volontiers, un jour prochain, le chemin vers un autre ouvrage de Metin Arditi.
Metin Arditi-Actes Sud (17/08/2011)-285 pages


Né à Ankara en 1945, écrivain suisse
Ecrivain, homme d'affaires et mécène passionné de musique, Metin Arditi arrive en Suisse alors qu'il est encore enfant. Après des études de génie atomique à l'Ecole polytechnique de Lausanne, il apprend le métier des affaires à l'Université de Stanford aux Etats-Unis. C'est lors de son retour à Genève, où il s'installe, qu'il fonde une société d'investissements immobiliers, avant de créer la Fondation Arditi et de présider l'Orchestre de la Suisse Romande. Il publie alors son premier roman 'Mon cher Jean... de la cigale à la fracture sociale' en 1998, qui sera suivi de plusieurs œuvres récompensées telles 'La Pension Marguerite', Prix Lipp Suisse 2006, ou encore 'L' Imprévisible', publié la même année, et 'La Fille des Louganis' (2007). La rentrée littéraire 2009 est l'occasion de découvrir 'Loin des bras', aux éditions Actes Sud, qui évoque les années passées par Metin Arditi au pensionnat.

Lu dans le cadre du jury du prix du roman Fnac 2011


2/7 dans le cadre du challenge 1% littéraire organisé par Hérisson          

L'ampleur du saccage


Héritiers maudits d'une féroce répression sexuelle qui s'est exercée trente ans plus tôt et a marqué leurs destins respectifs du sceau de la désespérance, quatre hommes liés par la fatalité du sang traversent la Méditerranée où s'écrit, sous le ciel algérien, l'ultime épisode de leur inconsolable désastre.
Sur un motif de tragédie antique, de crimes réitérés et d’impossible expiation, Kaoutar Harchi retrace, de la nuit d’une prison française à la quête des origines sous les cieux de l’Algérie, la fable funeste d’une humanité condamnée à s’entredéchirer dès lors que ceux qui la composent, interdits de parole ou ligotés par le refoulement de leur mémoire, sont rendus incapables d’exorciser les démons qui gouvernent leur chair animale.
« - Je te raconte tout ça pour que tu comprennes que j’ai besoin de le faire…Partir là bas, ce n’est pas simplement réaliser ses dernières volontés…c’est surtout me libérer et avancer ! »

L’ampleur du saccage…. Je dirais les saccages….saccages des corps, saccages des âmes, saccages des vies, saccages humains….

A lire le titre, à lire le mot de l’éditeur, à regarder la couverture terne, grisâtre, montant un enfant nu de dos maigrichon, penchant la tête de côté, il y avait de quoi avoir quelques à priori quant au contenu.
Le sujet est lourd, les paroles sont souvent insoutenables, les faits à peine croyables…
La construction de ce court, et c’est une heureuse initiative, et pesant roman, est chaotique, comme le sont les vies de nos 4 personnages. L’auteur saura, au fur et à mesure mettre en place un puzzle aux pièces complexes, tortueuses, mais  qui finalement s’emboitent bien. C’est un des aspects du livre que j’ai apprécié.
La narration est une sorte de quatuor. Comme en musique où les instruments ont tour à tour la parole, Arezkisi le meurtrier, Larbi son tuteur, Ryeb le gardien de prison, et Riddah le directeur de prison ont leur propre partition à l’intérieur de laquelle le passé resurgit au détour de paragraphes. 
De nos personnages qui au départ nous paraissent indépendants les une des autres, nous apprendrons, qu’ils sont liés entre eux par de terribles secrets, prisonniers d’une éducation où la tradition, les non dits, la violence sont les fondations.
Ce mode narratif multiple, chaotique correspond en tout point à l’atmosphère du livre.
L’auteur emmène son lecteur sur les chemins de l’enfance sacrifiée, de l’errance et de déracinement de l’étranger, du retour aux origines, de la destruction humaine inexorable.

En laissant décanter un peu , et en tentant de rassembler mes idées, mes réflexions, et finalement en y pensant souvent après, je me dis que c’est finalement ça un coup de cœur : un livre dont le sujet n’enthousiasme pas forcément mais qui laisse des traces, un livre que j’aimerais faire voyager, non pas pour le faire aimer, mais simplement le faire découvrir, pour faire parler ceux qui le liront, en bien ou en mal…car il en restera forcément quelque chose.
  
Kaoutar Harchi- Actes -Sud ( 17/08/2011)-120 pages       

Née à Strasbourg en 1987, de parents marocains, Kaoutar Harchi, titulaire d'une licence de lettres modernes, d'un master de socio-anthropologie et d'un master de socio-critique est, depuis 2010, doctorante-monitrice à la Sorbonne, où elle assure des enseignements en littérature et sociologie. Elle vit aujourd'hui dans la région parisienne.
Elle est l'auteur des deux romans : Zone cinglée (Sarbacane; 2009) et L'Ampleur du saccage (Actes Sud ; 2011).

 Je remercie Libfly et le furet du nord qui m’ont offert la possibilité de lire avant tout le monde cet ouvrage de la prochaine rentrée littéraire.              


 1/7 dans le cadre du 1% littéraire 2011 organisé par Hérisson


La plume au féminin avec Opaline                 

mardi 16 août 2011

Une saison blanche et sèche


Ben D Toit, un professeur d’histoire afrikaner, découvre les réalités de son pays et de l’apartheid quand Gordon, le jardinier noir de son école, et son fils sont arrêtés et meurent en prison.
Prix Médicis étranger 1980, Une saison blanche et sèche est le quatrième roman d’André Brink. Interdit dès sa publication en Afrique du Sud, il fut traduit dans une dizaine de langues. Écrit dans un style somptueux, riche de couleurs et d’image c’est l’œuvre la plus significative, la plus engagée, la plus achevée, d’un très grand romancier.
Ce livre est sur l’étagère depuis un an, prévu à l’origine pour une lecture commune vers l’Afrique du sud. Au dernier moment je lui avais préféré l’odeur des pommes de Mark Behr (lecture très appréciée, et dont je me souviens encore bien), sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, et jusqu’à maintenant avec une occasion de lui faire prendre l’air, rien n’avait dirigé ma main vers ce livre……comme c’est bizarre.
Comment d’un sujet aussi grave et douloureux, l’auteur a-t-il pu faire un livre aussi insipide, et bâtir une histoire d’une banalité déconcertante. Le sujet aurait, pourtant pu donner une œuvre grandiose .Hélas, ce livre m’a laissée de marbre : pas une émotion n’est venue chatouiller mon âme de lectrice ; rien, une neutralité affligeante.
Certes, c’est écrit correctement, André Brink n’est pas un " un mauvais rédacteur". C’est juste que le style de ce livre, n’ait rien d’ambitieux, rien de particulier qui fait que ce livre interpelle, dans un sens ou dans un autre. J’ai en mémoire, le style, et l’écriture de J.M Coetzee, sud-africain également, mais Prix Nobel de Littérature….La voilà l’explication : à force de lire des bonnes choses, je deviens difficile, exigeante, intransigeante peut-être. Peut-être ai-je un cœur de pierre, qui sait ? Mais en ouvrant un livre, je veux être interpellée, je veux vibrer, je veux tout simplement.Et là, je n'ai rien eu, rien vu, rien senti, rien entendu,même pas voulu connaître la fin. Désintérêt total.
J’ai un souvenir encore vivace, du charme un peu désuet de Pleure Ô pays bien aimé qui a laissé son empreinte.
La construction même de ce roman n’incite pas à ressentir. Le narrateur, n’est pas un personnage partie prenante de l’histoire. Il raconte, de loin, ne prend pas position, se s’implique pas, reste en dehors. De fait, moi, lectrice, je ne me sens pas "prise par la main" par un personnage, qui m’aurait dit " voilà ce que j’ai à te dire, voilà comment je vis les choses, voilà comment je les perçois ".
Cette construction linéaire est sans relief, sans détours, sans petits coins perdus dans lequel s’engouffre le lecteur, pour mieux retrouver la lumière. Un peu comme une allée en forêt, rectiligne, et désespérément  plate ; à force on s’ennuie, on marche en fermant les yeux sans grand danger.
C’est à peu près comme ça que je lis ce livre : je lis, les yeux suivent les mots, mais le cerveau est ailleurs, encore avec le livre précédent, et déjà avec le livre suivant dont j’attends qu’il me secoue davantage.

Je me pose la question du prix obtenu par ce livre, en 1980…est-ce un choix politique, en relation avec ce qui se passait là-bas, pour faire bouger les choses ?
Écrit dans un style somptueux, riche de couleurs et d’image c’est l’œuvre la plus significative, la plus engagée, la plus achevée, d’un très grand romancier. Pour reprendre la note de l’éditeur, je m’insurge contre  le style somptueux et riche en couleur…tout de même n’exagérons rien.

Il semblerait, qu’André Brink, pour ce livre, ne s’y soit pris comme il le fait habituellement dans sa construction littéraire. Pour cela il mérite une seconde chance, quand l’occasion se présentera.
André Brink- Stock(1980)/Le livre de poche(1982)-416 pages

Né en 1935, André Brink enseigne la littérature anglaise à l'Université de Cape Town. Il est l'auteur d'une douzaine de livres parmi lesquels Une Saison blanche et sèche (prix Médicis étranger 1980), Etats d'urgence, Le Vallon du diable, Un turbulent silence.


Challenge la littérature fait son cinéma, proposé par Will  

lundi 15 août 2011

C'est lundi, que lisez vous?

Je me lance à mon tour dans cette rubrique hebdomadaire.

Ce que j'ai lu la semaine passée

En retard pour la guerre, Valérie Zénatti
Les courants fourbes du lac Tai, Qiu Xiaolong
Le prince des marées, Pat Conroy (LC du 20 août)

Ce que je lis en ce moment

Une saison blanche et sèche, André Brink qui m'ennuie prodigieusement
L'heure trouble, Johan Theorin 

Cette semaine seront publiés 2 avis de lectures du mois de juin, 2 nouveautés de la rentrée littéraire chez Actes Sud
Et ce conformément aux souhaits des éditeurs, et aux engagements que j'ai pris auprès d'eux de ne pas publier d'avis avant la parution officielle d'un livre en librairie.

Ce que je lirai ensuite

Deux lectures, autour du mot soleil (LC du 1er septembre)
Le portrait de Dorian Gray,Oscar Wilde (LC du 30 août)
Jeanne, Jacqueline de Romilly
entre autre......



jeudi 11 août 2011

Les courants fourbes du lac Tai


Parce qu’il a besoin de vacances, l’inspecteur Chen est envoyé en repos au bord du lac Tai. Ce paysage idyllique cache malheureusement une triste réalité : l’eau du lac est infestée par les rejets des usines alentour. Le directeur de l’une d’entre elles est assassiné et les militants écologistes radicaux sont montrés du doigt. Dans un pays où la croissance économique débridée nie les impératifs environnementaux les plus élémentaires, l’enquête se révèle délicate pour l’inspecteur Chen.
Pour une première rencontre avec l’auteur, je dirais que ce fut un coup d’épée dans le lac. Je me suis beaucoup ennuyée avec ce policier sis je compare avec ceux que j’ai lus dernièrement. Je l’ai trouvé terriblement classique, et conventionnel.
La construction, n’apporte aucune originalité, elle est linéaire, sans marque particulière qui pourrait faire que je grade un petit quelque chose du livre.
Le rythme est lent, très lent. Bien qu’écrit en anglais, c’est un roman "asiatique" et cela se sent, se ressent ; et cette langueur, n’est pas compensée, pas relevée, pas épicée, malgré les nombreuses allusions à l’art culinaire chinois.
Tout cela manque de sang, de méchants, des vrais, des durs, des tatoués !!! Même pas peur !!!
Des personnages sans panache, ni couleur.
Et pourtant, ce policier aurait pu être bien, si l’intrigue avait été plus fouillée, plus étoffée, plus complexe. L’auteur, a choisi de nous emmené dans une région, qui se devine accueillante, reposante, au bord d’un lac, dans un cadre idyllique où les cadres des partis ont leurs habitudes pour s’y reposer et s’y détendre. A quelques encablures de là, le cadre est moins bucolique….Et c’est justement en ciblant sur les paradoxes de la Chine, que l’auteur aurait pu construire une intrigue des temps moderne où l’écologie, le développement économique et la politique ne font pas toujours bon ménage. Tout cela, bien sur est abordé, mais tout est convenu, attendu.
Le style ne révèle rien de particulier, en tout cas rien de remarquable ; Chen, poète à ses heures ne réussit pas à me toucher en glissant ici où là le fruit de son inspiration.
Peut-être que les autres opus de Qui Xiaolong valent le détour, peut-être que celui-ci est moins réussi….peut-être qu’il me faudrait tenter à nouveau ma chance…..je ne suis pas certaine du tout d’en avoir envie.
Qui Xiaolong- Liana Levi(2010)/Points (2011)-310 pages
Lu  comme juré des lecteurs dans le cadre du Prix du meilleur polar des éditions Points






Challenge ABC/Babélio, 25/26 [X]
Challenge 26 lives/26 auteurs, 19/26 [X]




lundi 8 août 2011

En retard pour la guerre


Israël, janvier 1991. Une attaque de l'Irak à l'arme chimique est redoutée, la guerre du golfe est imminente. Constance Kahn, une jeune Française, a choisi de s'installer à Jérusalem pour écrire son mémoire sur Flavius Josèphe. Elle partage sa vie avec Nathanaël, un peintre révolté et imprévisible, travaille dans une boutique bio, a pour amie Tamar, étudiante comme elle en histoire antique, et sur le point d'accoucher. Dans quinze jours tout ce monde aura peut-être disparu. Lorsque les sirènes retentissent, Constance maîtrise de moins en moins le chaos émotionnel qui l'envahit, mêlant les traumatismes du passé aux angoisses du présent. En retard pour la guerre est un roman à l'écriture sensible et retenue. Sa vitalité et son réalisme rappellent le ton de certains jeunes cinéastes israéliens contemporains.
« Oui, mais quoi ? Comment saisir l’essentiel ? Distinguer ce qui, dans le présent ,sera important sera une fois transformé en passé ? »

Malgré cette guerre chimique que tout le monde redoute, ce livre est reposant à lire. Constance vit avec son compagnon depuis peu en Israël pour terminer un mémoire, mais pas uniquement pour cela….La très brève première partie lancera une pierre dont le lecteur ne recevra les morceaux qu’à la fin du livre. Entre temps, avec finesse et sensibilité, nous partageons l’angoisse, les doutes de Constance, amis que le quotidien de ses amis et voisins de quartier.
Prise par des souvenirs encombrants, Constance a bien du mal à tout clarifier, ses motivations, son couple. Elle court après le temps, les objets, l’agent…mais au fond que fait-elle là ?
Ce livre fait réfléchir  sur le quotidien des populations vivant dans un pays en alerte permanente, et qui plus est sous la menace d’une guerre chimique. Comment faire en sorte que la peur ne prenne pas le dessus ?

« La mort dans cette nuit de vacarme n’est pas dans l’ordre des choses, ne peut pas clore les années écoulées depuis notre naissance. »
Il y a de l’espoir dans ce livre, intuitivement, je ne pouvais pas penser, en lisant à une fin tragique…..
Si je n’ai pas ressenti ce petit quelque chose indéfinissable, je n’en ai pas moins apprécié cette lecture pour la qualité de l’écriture, sa finesse, sa concision, et une certaine musicalité que j’avais déjà rencontrés chez Aharon Appelfeld dont elle est sa traductrice.
Ce premier roman est, à mes yeux, prometteur. Son auteur est à suivre de près.
Valérie Zenatti-L'olivier(janvier 2006)-188 pages

Valérie Zenatti est née à Nice en 1970. Elle a publié plusieurs livres pour la jeunesse dont Quand j'étais soldate (2002) et Une bouteille dans la mer de Gaza (2005). Depuis un an, elle se consacre à la traduction, notamment des ouvrages de Aharon Appelfeld, et à l'écriture. En retard pour la guerre est son premier roman.

Challenge ABC/Babélio: 24/26 [Z]
Challenge 26 auteurs/26 livres 18/26 [Z]

Livre lu dans le cadre du défi la plume au féminin, organisé par Opaline   





Lecture dans le cadre du challenge la lecture fait son cinéma organisé par Will