mercredi 21 novembre 2012

La mer, le matin


On se laisse facilement bercer par le flux et le reflux de Mare Nostrum. Cette mer tantôt sage, tantôt rebelle, cette mer témoin des révoltes, qui accompagne ou cause la perte des exilés.
L’écriture est à l’image de cette mer, toujours en mouvement. Elle porte le lecteur aussi bien qu’elle peut le balloter.
Margaret Mazzantini, traite avec délicatesse, et vérité, un aspect historique assez méconnu qu’est le passé commun qu’ont eu quelques années durant l’Italie et la Libye. De l’exil d’hier, à l’exil d’aujourd’hui, il n’y a  la mer en commun. Cette mer qu’il faut traverser, dans un sens ou dans l’autre pour trouver refuge de l’autre côté, pour y tenter une nouvelle vie  qui chassé par la faim, qui chassé par la guerre et la dictature.
Tout comme la France et l’Algérie, l’Italie et la Libye vivent une relation complexe. L’auteur ne l’esquive pas, mais la laisse infuser au travers de ses personnages pour qui elle n’est que tendresse et bienveillance
Deux femmes qui ne se connaissent pas, qui pourtant partage ce même héritage, ce même poids qu’est l’exil, la douleur de ne pas se sentir à sa place.
Angelina et les siens ont été chassés de Libye par le dictateur au nom de la dette de la colonisation ; Jamila jeune veuve emmène Farid loin d’un pays au bord de l’implosion dont le régime est à l’agonie. Angelina et Jamila ne se rencontrent pas. On pourrait penser à deux histoires différentes ; les deux sont subtilement mêlées.

La mer, le matin, Margareth Mazzantini
Robert Laffont-collection pavillons (23 Août 2012)
144 pages

4ème de couverture :
Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare.
Deux rives, deux pays, deux histoires que l'Histoire avec un grand H relie pourtant.
A propos de l’auteur :
Née à Dublin, fille d'un peintre irlandais et d'un écrivain italien, Margaret Mazzantini a quarante-cinq ans. Actrice, romancière et scénariste, elle consacre aujourd'hui sa vie à l'écriture et à sa famille. Après Antenora, Écoute-moi et Venir au monde, La Mer, le matin est son quatrième roman.




 Passage par  l'Irlande dans le challenge de Géraldine


 Pour le défi d'Opaline.

3 commentaires:

  1. Une très beau sujet, et un très beau livre pour moi aussi...

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  2. Ce livre ne peut que tenter : entre un titre aussi joli et ce que tu en dis.

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