mercredi 29 février 2012

L'armoire des robes oubliées


« Les vivants ne savent rien de la mort, mis celle-ci, avec sa discrète avancée, fait irruption dans leur quotidien. »
Que savons- nous des nôtres ? Quelle est la part de secret de nos parents ou grands -parents ?
C’est toute la problématique de ce roman, dans lequel nous irons entre aujourd’hui et hier, entre jeunesse et fin de vie, pour comprendre ce qu’a été le couple formé par Elsa et Martti, Martti et Eeva.
Elsa est une grand-mère qui revient chez elle, non pas pour mourir, mais pour vivre ce qui lui reste à vivre. Elle offre là, une magnifique leçon, en montrant quand, même en fin de vie, tant qu’il y a de la vie, il convient de la vivre jusqu’au bout. Entourée de sa fille, de ses petites filles, et de son mari. Les relations sont difficiles avec Eleonoora qui comprend assez mal les choix de sa mère, elle-même comprenant assez mal ‘attitude de sa fille.
« Les mères deviennent des enfants pour leurs filles, et les filles, les tutrices de leur mère. »
La complicité se fait plus forte entre Elsa et Anna.
 Quand, un jour, il suffit une robe refasse surface, pour que cela donne un certain relief à cette histoire. Anna part seule à la recherche d’un passé auquel seul Martti pense encore, lorsqu’il part s’isoler à la campagne.
Ce roman est surprenant jusque dans sa construction. Non seulement, il y a une alternance entre le passé et le présent –c’est classique, me direz-vous ; mais il y a un changement constant de narrateur, sans que cela ne mette le lecteur en danger, et dans la difficulté. Les choses s’ordonnent d’emblée. Cela donne un roman agréable à lire, et pour lequel les questions viennent sans cesse interpeller le lecteur. L’écriture est fine, les personnages sont bien cernés. L’auteur réussi à monter la complexité d’une vie à deux, dépeint avec justesse le vent de folie et de liberté qui soufflait à la fin des années 60.
Ce livre, une fois entamé, se laisse lire d’un seule traite, ou presque.
Je remercie chaleureusement Joëlle Faure des éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

L'armoire des robes oubliées, Riikka Pulkkinen
Albin Michel (04/01/2012)
400 pages


4ème de couverture :
Révélation finlandaise, Riikka Pulkkinen a tout juste trente ans et le visage d’un ange, mais ne vous y trompez pas : c’est une très vieille âme qui sait décrire avec la même puissance d’émotion une grand-mère en train de mourir, un homme qui se retourne sur son passé ou une jeune fille qui, trouvant une robe oubliée, part à la découverte des secrets de famille….

Quelques mots à propos de l'auteur
Née en Finlande en 1980, Riikka Pulkkinen étudie la littérature et la philosophie à l'université d'Helsinki.
En 2006, elle publie son premier roman, Raja (La Frontière), qui l'impose d'emblée comme un des jeunes écrivains les plus doués de sa génération. Son second roman, L’armoire des robes oubliées, publié en 2010, confirme son talent. Sélectionné pour le plus grand prix littéraire finlandais, le Finlandia Prize, encensé par la critique, L’armoire des robes oubliées, l'une des sensations de la Foire de Francfort 2010, a déjà été vendu dans douze pays.


 Pour la Finlande dans le cadre du défi scandinave proposé par Prune .  



 Pour  une un objet dans le challenge Petit bac 2012 proposé par Enna


Passage par la Finlande pour le challenge Voisins-voisines proposé par Anne.


lundi 27 février 2012

Les filles de l'ouragan


Je remercie vivement Marine de Youngmeister des éditions Philippe Rey pour l’envoi de ce livre, et de m‘avoir ainsi pu faire découvrir Joyce Maynard.
J’aurai lu ce livre d’une traite, tant l’écriture est agréable, et la construction limpide. La prose est assez austère, sans grandes fioritures, mais fluide et entrainante. Les chapitres courts s’enchainent sans bruit, sans accroc.
Après un court prologue permettant au lecteur de se situer dans le temps et l’espace, nous assisterons à une forme de dialogue entre Ruth et Dana, les deux filles de l’ouragan. En effet, hormis, un troisième narrateur ne faisant qu’une courte halte à la fin du roman, Ruth et Dana prendront alternativement la parole, et dérouleront, ainsi, comme si elles discutaient devant une tasse de thé, leur vie dont le seul point commun semble être leur jour de naissance.
Dans le contexte de la ruralité américaine des années 50, l’auteur dresse le portrait de deux femmes que tout oppose. Elles viennent toutes deux de milieux familial différents, reçoivent une éducation différente. Et progressivement, nous voyons s’affirmer Ruth et Dana en totale contradiction avec leur environnement personnel. Chacune, à sa manière se battent pour réussir en milieu hostile.
Très vite, nous sentons, qu’il y a « anguille sous roche », que peut-être les choses ne se sont pas passées tout à fait comme ça. J’ai assez vite deviné la suite. La fin ne m’a pas surprise.
Mais, il n’empêche que cette lecture m’a happée, et fait beaucoup de bien.

Les filles de l'ouragan, Joyce Maynard
Editions Philppe Rey (05/01/2012)
330 pages

 4ème de couverture :
Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, Les Filles de l’ouragan suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui. Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s’entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte - les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé - et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence. C’est un roman sur la culture des fraises et la conscription pour le Vietnam ; sur l’élevage des chèvres et les rêves vains de fortune vite gagnée ; sur l’amour de la terre et l’amour d’un père ; sur des individus qui, sans cesser de se chérir, peuvent soudain se blesser profondément. Les Filles de l’ouragan est surtout une histoire sur les liens qui constituent une famille, un foyer, sur la force dévastatrice de l’amour qui s’achève, et l’apaisement qu’apporte le pardon.

Quelques mots à propos de l'auteur
Auteur de plusieurs romans et essais (dont Long week-end), collaboratrice de multiples journaux, radios et magazines, Joyce Maynard, 57 ans, née à Durham dans le New Hampshire, vit désormais entre la Californie et le Guatemala. Surnommée lors de ses débuts fracassants en 1972 la Françoise Sagan américaine, elle est également connue pour sa relation avec J.D. Salinger alors qu’elle avait 18 ans, relation douloureuse sur laquelle elle est revenue dans son autobiographie vingt ans plus tard (Et devant moi, le monde).

Pour l'état de le New Hampshire, dans le cadre du challenge 50 états/50 billets organisé par Sofynet  19/51


La rentrée littéraire hiver 2012


Parmi les 480 romans publiés en ce début d'années, voici ceux que j'ai retenus.....





1. Le sillage de l'oubli, Bruce Machart- Gallmeister
2. Un roman américain, Stephen Carter-Robert Laffont
3. Un léger déplacement, Marie Sizun- Arléa
4. Fureur, Chochana Boukhobza-Denoël
5. Les jours blancs, Hélène Padas-Billaud-Chèvre feuille étoilée
6. Les impurs, Caroline Boidé- Serge Safran
7. Les séparées, Kéthévane Davrichevy- Sabine Wespeiser
8. Les anges de New York, R.J Ellory- Sonatine
9. Au pays des kangourous, Gilles Paris- Don Quichotte
10. Les filles de l'ouragan, Joyce Maynard- Philippe Rey
11.L'armoire des robes oubliées, Riilkka Pulkkinen
12.Le tribunal des âmes, Donato Carrisi- Calmann Levy
13 Le révélateur, Mireille Juchau- Mercure de France
14.Ce parfait ciel bleu, Xavier de Moulins-Au diable Vauvert éditions
15.Le journal de la veuve, Mick Jackson- Christian Bourgois éditions
16.Dernier homicide connu, Olivier Kourilsky-Edition Glyphe
17.Refuge, Terry Tempest Williams
18.La liste de mes envies,Grégoire Delacourt
19.Le prix de la peur, Chris Carter
20.La comtesse de Ricotta, Milena Agus
21.En vieillissant les hommes pleurent, Jean-Luc Seigle
22.Dernier refrain à Ispahan, Naïri Nahapétian
23.Le syndrome de glissement, Elisabeth Laureau-Daull
24.Notre-Dame du Nil, Scholastique Mukasonga
25.L'élimination, Rithy Panh
26.Au lieu-dit Noir-Etang, Thomas H.Cook
27.Belle famille, Arthur Dreyfus
28.Rêves oubliés, Léonor De Récondo
29.La tête à Toto, Sandra Kollender
30.

C'est lundi que lisez vous? (28)

Ce que j'ai lu ou achevé la semaine passée

*Le photographe,  Guibert/Lefevre/Le mercier
* Les séparés, Kéthévane Davrichey


Semaine très décevante au niveau de la lecture, peu de temps, grosse fatigue, et livres peu passionnants font que j'ai renoncé à:

*L'invité mystère ,Grégoire Bouillier
*Une si longue lettre, Mariama Bâ, pour le blogoclub
*Au livre bonheur, trop mièvre et mou, et dont l'auteur peine à monter ses intentions !!!

Ce que je suis en train de lire

*New-York:histoire, promenades, anthologie&dictionnaire
Un livre qui se picore, et se consulte au grès des envies et de son temps, plus qu'il ne se lit
*En mémoire de la forêt, Charles T.Powers

Ce que je lirai ensuite

 On verra............

dimanche 26 février 2012

Les séparées


Je ne connaissais pas l’auteur. J’avais lu de bons avis à propos de ce livre. Je voulais donc la découvrir. Je remercie vivement les éditions Sabine Wespieser qui m’ont gentiment offert ce livre.
Indéniablement, l’écriture de Kéthévane Davrichewy est belle et élégante. Son ouvrage se lit facilement et rapidement. Mais…..jamais, au cours de ma lecture,  je ne me suis sentie concernée. C’est à distance que j’ai suivi ce roman à deux voix, mêlant le passé et le présent. Je ne peux pas dire, si c’est l’écriture que ne m’a pas charmée, ou si c’est l’histoire en elle-même. Le début des années 80, n’a pas de résonance particulière pour moi, ce sont les premières années du collège ; une époque bien enterrée… Est-ce pour cela que je n’ai pas été touchée par cette histoire ?
Est-ce cette histoire d’amitié avortée, qui ne m’a pas séduite ? Certainement…je me suis constamment demandé qui était qui, qui vivait avec qui, qui faisait quoi. Alice et Cécile ne sont jamais rentrées dans mon univers ; elles me sont restées assez vagues, lointaines.
Est-ce que l’écriture de l’auteur qui ne parvient pas à m’émouvoir ?
Je suis finalement assez déçue d’être passée à côté de l’ouvrage.
 Je tenterai un autre ouvrage pour le savoir.

Les séparées, Kéthévane Davrichewy
Editions Sabine Wespieser (12/01/2012)
182 pages


 

4ème de couverture :
Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues.
Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.
Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des « années Mitterrand ». Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun.
Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu’Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, et comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l’inévitable désamour.
Car c’est tout simplement de la perte et de la fin de l’enfance qu’il s’agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.

Quelques mots à propos de l'auteur :
 
Kéthévane Davrichewy est née à Paris. Après de nombreux ouvrages pour la jeunesse à L’École des loisirs et un premier roman en 2004 (Tout ira bien, Arléa), elle a publié en 2010 chez Sabine Wespieser éditeur La Mer Noire, qui a remporté plusieurs prix et été traduit en allemand, en italien, en néerlandais et en suédois.

Le photographe

Quand l’œil du photographe, rencontre le crayon du dessinateur, cela donne un ouvrage graphique original, doublé d’un ouvrage pédagogique d’un grand intérêt.
Le travail sur le terrain des organisations humanitaires, ici MSF, est bien abordé. L’humanité, et la technicité de ces gens ressortent à chaque page, et permettent aux profanes d’appréhender leurs difficultés  pour accomplir leur mission dans des contrées qui manquent de tout, et dont les traditions culturelles et cultuelles freinent considérablement l’action.
Le graphique est intiment mêlé aux photographies de l’auteur. J’ai trouvé que cela rendait encore plus vivant le récit d’une aventure ayant existé.
Si les embûches n’ont pas manqué, si le choc culturel est réel, il n’en reste pas moins que ce pays a quelque chose d’attirant, autant  humainement que géographiquement.
Les textes sont de bonne tenue.

Encore une fois, cette BD, m’aura montré que le genre pouvait dépasser le cadre du ludique, et du simple divertissement.

          
Le photographe,Didier Lefèvre, Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier
Aire libre (2003/2004/2006)/ Dupuis pour l’intégrale (2010)
   3 tomes (80/80/97 pages) ou intégrale (272 pages)


4ème de couverture :
En 1986, le photographe Didier Lefèvre rejoint une mission de Médecins sans frontières en Afghanistan, alors en guerre contre l’Union soviétique, pour acheminer une aide médicale à travers les montagnes. Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert nous racontent ce long périple, jalonné de rencontres et de dangers, sur la trame du reportage photographique réalisé sur place par Didier Lefèvre. À la croisée du dessin et du photoreportage, un récit poignant et profondément humain, habité de figures exceptionnelles.


Pour  une un métier dans le challenge Petit bac 2012 proposé par Enna.  


lundi 20 février 2012

C'est lundi que lisez -vous? (27)

Ce que j'ai lu ou achevé la semaine passée

*Les impurs, Caroline Boidé
*Les jours blancs, Hélène Pradas-Billaud
*Les anges de New York, R.J Ellory
*De l'eau pour les éléphants, Sara Gruen
* Le front russe, Jean -Claude Lalumière
Ce que je suis en train de lire

*New-York:histoire, promenades, anthologie&dictionnaire
Un livre qui se picore, et se consulte au grès des envies et de son temps, plus qu'il ne se lit
*Mon livre bonheur

*L'invité mystère, Grégoire Bouillier 
*En mémoire de la forêt, Charles T.Powers

Ce que je lirai ensuite

 On verra............

dimanche 19 février 2012

Le front russe


« Le concours, ça vous pose un homme, me dit-il. C’est le pedigree du fonctionnaire, un label de qualité irréfutable. »
Voilà qui résumera l’atmosphère de ce livre : à la fois absurde et satyrique.
Notre jeune fonctionnaire, tout juste parvenu bon dernier, ou presque à réussir son concours, se voit, affecté au Quai d’Orsay. Maladroit au possible, jeune garçon couvé par sa maman comme on ne l’imagine plus de nos jours, provincial débarquant à Paris encore plein de rêves et d’illusion, il ne s’imagine pas qu’une toute petite gaffe de rien du tout va le propulser directement dans un placard comme seule l’administration française sait les concocter.
Nous suivrons donc les aventures diplomatico-administratives de ce jeune anti héros, plus Gaston La gaffe que fonctionnaire planqué.
Il y a une vision assez caustique de la  haute fonction publique. Si le trait est certainement un peu forcé, il y a malgré tout une assez bonne observation de la part de l’auteur.
Très bien écrit, dans un style très Quai d’Orsay, ce court premier roman a l’avantage d’être court. Il se lit vite, et ne lasse pas. Plus long, j’aurais certainement déclaré forfait.
Certes, il y a des situations un peu drôles ; mais enfin, je ne me suis pas tordue de rire non plus. En vérité, c’est une bonne lecture de dimanche pour qui n’a pas trop envie de torturer les méninges. Il n’y rien attendre de ce roman, hormis un peu de distraction ; l’histoire en elle-même n’apportant pas d’éléments essentiels… à mon avis, en tout cas. C’est relativement assez inconsistant.

Le front russe, Jean-Claude Lalumière
 Le Dilettante (21 août 2010)/ Le livre de poche (février 2012)
 Sélection2012 pour le prix des lecteurs du Livre de poche
252/208 pages

 
4ème de couverture :
- On vous envoie sur le front russe ! C’est vache pour un nouveau. Je n’avais pas envie de discuter de cela avec lui.
- Pouvez-vous simplement me dire où cela se trouve ? insistai-je.
- C’est dans les nouveaux quartiers, juste derrière la gare d’Austerlitz. J.-C. L.
Qui veut voyager loin passe un concours du ministère des Affaires étrangères. Mais le quai d'Orsay n'est pas toujours un quai d'embarquement et le narrateur se retrouve dans un obscur service, le «Bureau des pays en voie de création- Section Europe de l’Est et Sibérie »…

Quelques mots à propos de l'auteur: 


Né à Bordeaux en 1970, Jean-Claude Lalumière a d'abord écrit des fictions pour les Ateliers de création de Radio France avant de publier son premier roman, Le Front russe. Plusieurs fois primé, ce livre a notamment reçu le prix Jeune mousquetaire du premier roman en 2011.




Pour le défi du premier roman d'Anne .

Le tag des 11 choses

J'ai été taguée par Agathe !

Le principe est simple : Décrire 11 choses de soi.
Répondre aux 11 questions posées et en créer 11 nouvelles pour les personnes taguées.
Taguer 11 personnes et mettre un lien vers leurs blogs.
Prévenir les personnes que l'on a taguées.

Voici tout d'abord 11 choses sur moi


1.Je n'aime guère parler de moi
2.J'apprécie assez peu celles et ceux qui passe t leur temps à se plaindre de tout et de rien
3.Fumeuse repentie depuis un bout de temps je suis devenue intolérante vis à vis du tabac et des fumeurs ( en ma présence, tout du moins)
4.J'ai beaucoup de mal à résister au chocolat, et aux bonnes choses sucrées
5. Je n'aime pas l'effort physique
6.J'aime être au calme, je fuis comme la peste le bruit, et l'agitation ambiante
7.Grande fan des chansonniers, je ne rate presque jamais l'intervention de Laurent Gerra sur RTL
8.J'aime les voyages, mais assez peu l'aventure
9.Je ne suis pas d'un naturel patient, tout doit aller vite.
10.Je déteste les mouchoirs en papiers, et je persiste à repasser mes mouchoirs en tissus
11. Je suis contente d'être au point 11 car je n'ai plus grand chose à dire de moi qui puisse être divulgué.

Voici les 11 questions d'Agathe

1. Quels sont tes coups de coeur 2011?

30 livres lu en 2011 m'ont fait cet effet, si je devais en retenir 10 , ce serait : 

Même le silence a une fin, d'Ingrid Betancourt
Sanctuaire, William Faulkner
Cotton Point, Pete Dexter
La reine Alice, de Lydia Flem
Les saisons de la nuit, Colum Mc cann
Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan
Avant la nuit, Reinaldo Arenas
Seul le silence, R.J Ellory
L'ampleur du saccage, Katouar Harchi
Une odyssée cambodgienne, Haing Ngor

 
2. Quel est ton auteur préféré?

Je n'en ai pas
 
3. Y a-t-il un auteur que tu n'aimes pas?

Je n'en ai pas non plus

4. Combien de temps consacres-tu à la lecture chaque jour?

Une heure, c'est le minimum vital pour moi, ensuite, c'est fonction de ce que j'ai à faire d'autre.

5. Combien as-tu de livres dans ta bibliothèque?

Plus de 1000 si j'inclus les livres d'art, et beaux livres en général
 
6. Qu'y a-t-il dans ton i-pod?

Bonne question, je ne l'ai pas allumé depuis quelques mois !!! 
 
7. Aimes-tu les films tirés de romans?

Oui, mais ce n'est pas impératif 
 
8. Livre papier ou livre numérique?

Livre papier, sans hésitation, bien que je n'ai pas essayé le livre numérique, parce que justement, je   n 'en ai pas envie. Un livre, reste un livre: un objet, qui a une odeur, une histoire, un toucher particulier, dont les pages ont un son bien à elles.
Une tablette reste un truc froid, sans vie.
  
9. As-tu déjà rencontré des auteurs?

Oui, plein de fois
 
10. Lis-tu des livres dans une langue étrangère?

Non, hélas !!!
 
11. Combien de livres t'achètes-tu en moyenne par mois?

Joker.......

Voici les onze questions que je pose à : Achille ; Malo. Anne ; George ; Ys ; Clara ; Sofynet ; Calypso ; Prune ; Sharon ; Zazy


1. pourquoi lis-tu?
2.Que regardes-tu à la télévision?
3.Quel est ton dernier livre à jeter aux orties?
4.Que serait-tu capable de faire ( politiquement incorrect) pour pouvoir lire en paix?
5.Combien de livres peux-tu lire en même temps? 
6.A quel rythme lis-tu?
7.Quel est le voyage de tes rêves ?
8.Quels sont tes compositeurs préférés?
9.Comment est rangée bibliothèque?
10.Que fais-tu en après avoir allumé ton Pc?
11.Travailles -tu les dimanches?
 

samedi 18 février 2012

L'italienne à Alger Giooacchino Rossini)

Nouvelle production
Coproduction Opéra-Théâtre de Metz Métropole, Slovak National Theatre de Bratislava et Opéra national de Lorraine

Ouvrage chanté en italien, surtitré
Durée de l'ouvrage : 2h30 + entracte

Dramma Giocoso en deux actes
Livret d'Angelo Anelli
Créé au théâtre San Benedetto de Venise le 22 mai 1813

Direction musicale : Paolo Olmi
Mise en scène : David Hermann
Décors : Rifail Ajdarpasic
Costumes : Bettina Walter
Lumières : Fabrice Kebour

Choeur des hommes de l'Opéra national de Lorraine
Choeur des hommes de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Orchestre symphonique et lyrique de Nancy



Le metteur en scène a choisi de délocaliser l'intrigue dans la jungle, et de situer son action dans un avion. Ce fut superbe. Avec des masques tout droit sortis du musée des Arts premier, une carlingue d'avion plus vraie que vraie, le spectateur se sent dépaysé, et emporté dans un ailleurs où il faisait si bon.

Des voix bien choisies, et un très bon jeu des chanteurs complètent une production très réussie. Cela faisait un bout de temps que je n'avais pas eu un tel coup de coeur lyrique.
Marie Nicole Lemieux, qui avait déjà chanté chez nus dans Jules César et Orlando Furioso, s'est trouvé un rôle sur mesure qui lui va comme un gant.
Coup de chapeau au ténor qui tient le rôle de Lindoro, qui a fait sensation








De l'eau pour les éléphants


« Tout n’est qu’illusion Jacob, et c’est bien ainsi. C’est ce qu’on nous demande, ce qu’on attend de nous. »
Une petite phrase, tout simple, qui résume à elle seule l’univers du cirque , à cette époque-là.
Jacob est très âgé, 90 -93 ans, il ne sait plus très bien. Il n’est pas très heureux dans cette maison de retraite. Je n’ai pas ressenti beaucoup d’humanité dans cet endroit-là. Les vieux, on les met là, on leur fait manger ça ; parce que c’est comme ça ! Ses enfants ne viennent pas beaucoup le voir ; ils ont leur vie. Il se distrait comme il peut. Un jour, un cirque plante son chapiteau en face de la maison de retraite. Jacob se souvient…
« Je m’accroche à ma colère avec le peu d’humanité subsistant dans mon corps ruiné, mais c’est inutile. »
« Quand ai-je cessé d’être moi ? »
Il était jeune, brillant, plein d’avenir…mais la vie en a décidé autrement.            Un jour, orphelin, et sans le sou, il saute dans un train. Nous sommes dans les années 30, aux Etats Unis, la grande dépression. Ce train n’est autre que le convoi d’un cirque ambulant qui va de ville en ville distraire les populations.
Avec Jacob, je découvrirai l’univers impitoyable du cirque. Je découvre, horrifiée, la vilenie, la cupidité, mais surtout la cruauté gratuite et inimaginable, tant vers les hommes, que vers (et pour moi, c’est pire encore, plus lâche) les animaux qui sont censés les nourrir.
« Je m’installe à ne certaine distance de la tente qui abrite les bêtes délaissées, en proie à un désespoir croissant. »
« Je tourne à l’angle à l’instant même où Pete égorge un cheval gris et décrépit. Le cheval hurle tandis qu’un geyser de sang jaillit de la plaie béante. »
Moi aussi je hurle, mais on ne m’entend pas !
Jacob fait le dos rond, il lui faudra se faire accepter parmi tous. Il connaît les animaux, sait les soigner ; cela lui facilitera les choses. Il se fera quelques amis. Jacob voudrait bien quitter le train. Que lui manque-t-il ? La force, le courage ? Sans doute un peu des deux.
« Je retourne à mon wagon et m’allonge sur mn sac de couchage, écœuré par ce qui se passe dans la ménagerie et surtout par ma propre passivité. »
Mais il se souvient de son père et de ses valeurs.
« Le fait est que je suis le seul à me dresser entre ces bêtes et les pratiques d’August  et D’Oncle Al ; et à ma place mon père les soignerait. Qu’importe ce que j’ai fait hier soir, je ne puis les abandonner. Je suis leur bon berger, leur protecteur. Et c’est plus qu’un devoir : c’est un pacte avec mon père. »
La lumière viendra de Marlène, la belle, elle aussi cabossée par la vie, et Rosie, une éléphante, malmenée, elle aussi par ce sale type d' August. Il n’y a pas grand monde pour s’opposer à lui. Tout le monde le craint. Un jour viendra où il récoltera ce qu’il a semé. Mais en attendant, chacun doit jouer son rôle, et passer le plus inaperçu possible.
L’auteur ne s’est pas contenté d’une histoire de cirque, et de sentiments ; elle a bien montré le caractère particulier de cette époque avec sa crise économique, la prohibition et toutes les dérives qu’elle a provoquées. La vie, et les contraintes d’un cirque ainsi que celles et ceux qui le font vivre sont bien bordées.
Le style est fluide ; les retours en arrière sont bien maitrisés. Ce roman se lit d’une traite, ou presque, et, laisse un très bon souvenir de lecture.

De l'eau pour les éléphants, Sara Gruen
Albin Michel (Mai 2007) / Le livre de poche (juin 2009)
 402/470 pages



4ème de couverture :
Ce roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d’un auteur inconnu un véritable phénomène d’édition, le coup de coeur de l’Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur « plus grand spectacle du monde ». Embauché comme soigneur, il va découvrir l’envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.
Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l’éléphante que nul jusqu’alors n’a pu dresser, dans un improbable trio.
Plus qu’un simple roman sur le cirque, De l’eau pour les éléphants est l’histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l’amour est un luxe.

Quelques mot à propos de l'auteur
Sara Gruen est née au Canada, et, a la double nationalité (canadienne et américaine).Elle  a déménagé aux États en 1999 pour travailler dans la rédaction technique.
Elle vit dans le nord de l'Illinois avec son mari, ses trois enfants, deux chiens, deux chats, trois chèvres, et un cheval dans une communauté écologiste. Cavalière émérite, engagée auprès d’organisations de protection des animaux, Sara Gruen puise son inspiration dans sa passion pour les animaux.
Auteur de deux premiers roman, Riding Lessons (La Leçon d'équitation) et Flying Changes (Parcours sans faute) , elle se fait connaître du public avec la publication de son troisième livre, Water for Elephants (De l'eau pour les éléphants), qui devient numéro un du classement des best-sellers du New York Times. Le réalisateur Andrew R. Tennenbaum a acquis les droits d'adaptation au cinéma pour un montant de plus d'un million de dollars.

D'autres avis: Elora ; Ellcrys ; ptitelfe ; Kllouche : Candyshy ; mimigogotte ; nekotenshi ; Felina ; Dex ; agnes ; Hell-eau ; lenacoli ; Achille ; Petitepom ;



Pour le challenge de Sharon .

Pour  une un animal dans le challenge Petit bac 2012 proposé par Enna



Pour l'état de l'Illinois, dans le cadre du challenge 50 états/50 billets organisé par Sofynet  18/51




mercredi 15 février 2012

Les anges de New York

« Bon Dieu, il ne comprenait rien lui-même ! Parfois il fallait une bouteille de Bushmills pour le mettre au lit. Honnêtement qu’il fasse nuit ou jour, tout ce qu’il voyait, c’étaient les morts. Parfois les femmes. Et les adolescentes, des filles comme Rebecca. Toutes parties, bousillées comme pas possible. »
Il y a des livres qui prennent le temps de s’installer, et qui ne s’apprivoisent pas dès les premières phrases. Il y en a d’autres, au contraire, qui telle une pince invisible vous accroche  dès les premières lignes et qui ne vous lâchent plus une semelle. Les anges de New York est de cette seconde catégorie : une fois dedans, plus moyen de vous en échapper ; la nuit, le jour, la brosse à dent  ou la casserole à la main, le livre dans l’autre, devant un distributeur de tickets de cinéma ….
Le premier chapitre s’ouvre sur une scène qui ne vous laissera aucun répit. Dans son style bien à lui, avec son langage de flic aguerri, vous voilà scotché, et embarqué avec Parrish pour un voyage au cœur d’une institution  new-yorkaise aux 4 lettres légendaires bien connue des amateurs de séries américaines. Oui, mais sauf que là, ce n’est pas du cinéma, c’est du brut de décoffrage, pas question de flic bien propre sur lui, un peu trop lisse, et  à la trop belle gueule.
Parrish, c’est autre chose. C’est plutôt le looser de service, largement penché sur la boisson, privé de permis de conduite, sous le coup d’une exclusion de la police, il a perdu en route un de ses hommes. Rien ne va, ni dans son travail, ni dans sa famille. De ce côté-là aussi, il traine quelques casseroles, a ses zones sombres, l’ombre d’un père  lui aussi flic, deux enfants avec lesquels il est en conflit, une ex-femme. Le passé le hante, il a mal au père.
C’est avec un homme accablé, rongé par la haine  et l’alcool, un homme au bord du précipice, un coriace, un dur, un type qui aura bien du mal à fendre l’armure, que nous cheminons. Un type douloureux, un looser, un raté, qui foire tout ce qu’il touche.
« Bon sang, vous me connaissez ! Je dépose un fardeau plein de merde et j’en ramasse immédiatement un autre. »
 A première vue, rien de bien excitant… et pourtant… Il est attachant, Parrish. Combien de fois, j’ai eu envie de lui donner du jus de fruit, à la place de son breuvage obscure .Parrish est un flic droit, investi dans sa mission. Quand les cadavres de jeunes filles s’amoncellent, il ne renonce pas, il cherche, veut savoir, réfléchit. D’accord, parfois il dépasse la ligne jaune, mais c’est toujours pour la bonne cause.
« Que même quand les gens font les choses de la mauvaise manière, ils peuvent les faire pour de bonnes raisons. »
Flanqué d’un adjoint, Raddick, chargé de le surveiller, et avec lequel il aura quelques démêles, il va" aller au charbon", comme on dit. Il veut en avoir le cœur net. Il est un père au fond de lui. Raté peut-être, mais pas un salaud. Il y a des choses avec lesquelles on ne badine pas.
Parrish, c’est l’homme, le faux dur, le petit garçon, qui quand il vient de morfler au boulot, accourt chez Eve, la pute de service, mais avant tout la confidente, et l’épaule tendre et désintéressée.
Parrish  c’est le type au pied du mur, sommé d’aller déballer ses affaires, chaque jour, chez une psy qui ne va pas le ménager. La renaissance est à ce prix. Pour avancer, et pour rester flic, il va lui falloir faire la paix avec lui, solder ses comptes avec ce père dont l’image publique est si différente de celle qu’en a le fils. Il va lui falloir remette tout à plat avec l’aide de Marie dans le rôle de fouilleuse d’âme.
Parrish, c’est tout cela à la fois. C’est pour cela qu’on s’y attache si vite, et qu’on ne réfléchit pas avant de partir avec lui. On ne sait pas très bien, où l’on va, mais on y va. On ne sait pas très bien comment l’on va en sortir, on ne sait pas très bien sur quel tordu on va tomber, mais on y va, les yeux fermés.
R.J Ellory signe là un bien bel ouvrage, il y a du rythme, de l’humour, des cadavres, de la vie. Ses personnages sont fouillés. C’est jusqu’au trognon, qu’il va creuser. Cela décoiffe, on ne s’embarrasse pas avec la sémantique, une pute est une pute.
Choisissez bien votre moment pour le lire, couper le téléphone au besoin, faites l’ours dans la tanière, laissez vos comptes, votre repassage….de toute façon, vous n’aurez pas d’autre choix.
Je remercie infiniment Fabienne Reichenbach des éditions Sonatine (dont les parutions ne m’ont jamais déçue) qui a eu la gentillesse de m’envoyer ce livre pour mon plus grand bonheur. C’est là mon premier coup de cœur littéraire de l’année.

Les anges de NewYork, R.J Ellory
Sonatine Editions (15/03/2012)
550 pages




4ème de couverture :
Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C’est un homme perdu, qui n’a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d’élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu’il vient de perdre son partenaire et qu’il est l’objet d’une enquête des affaires internes, Frank s’obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d’une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d’un tueur en série qui sévit dans l’ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu’ajouter à un passif déjà lourd. Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l’histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés.
Après avoir évoqué la mafia dans Vendetta, la CIA dans Les Anonymes, R. J. Ellory s’attaque à une nouvelle figure de la mythologie américaine, la police de New York. Avec ce récit d’une rare profondeur, qui n’est pas sans évoquer des films comme Serpico, La nuit nous appartient, ou encore Copland, Ellory nous offre à la fois un grand thriller au suspense omniprésent et le portrait déchirant d’un homme en quête de justice et de rédemption.

A propos de l'auteur:
R. J. Ellory est né en 1965 en Angleterre. Après avoir connu l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rythm’n’blues, avant de se tourner vers la photographie. Après Seul le silence, Vendetta et Les Anonymes, Les Anges de New York est son quatrième roman publié en France par Sonatine Éditions.


 Pour  une un lieu, et, une personne dans le challenge Petit bac 2012 proposé par Enna.





Le thriller de service  pour le challenge d'Emily.



Petite halte outre manche avec le challenge d'Anne .



mardi 14 février 2012

Les impurs

« Dans la loi de nos pères, Malek et moi étions des pestiférés, des impurs. Pour eux notre union était une malédiction. »
   Ils étaient jeunes, beaux ; ils avaient l’avenir devant eux. Ils vivaient sur une terre, l’Algérie, où  « les Juifs et les Arabes se côtoyaient depuis des siècles, bien avant le XIXe siècle et l’arrivée des Français. ».
Ils vivent leur amour comme ils l’entendent ; nous sommes au milieu des années 50, rien ne les arrêtent, ni les injonctions parentales, ni les conseils des religieux. L’auteur, jeune femme, se met dans la peau du jeune homme avec une rare sensibilité, et une bonne dose de sensualité, sans pour autant " dépasser la ligne jaune". Dans les propos de David, on devine déjà la culpabilité, et la crainte du regard de l’autre qui plus tard aura raison de lui.
Les temps se faisant plus troubles en Algérie, les Juifs étant soudains mis d’office du côté des Français, se voient obligés de choisir entre « la valise ou le cercueil », et David se voit tenu à rentrer dans le rang, lui que la vie n’a, entre temps pas épargné.
C’est la seconde partie, en totale rupture narrative avec la première et dernière, qui nous l’apprendra, sous forme de lettres écrites par Malek, son unique amour. Un amour dont il parle ainsi : « Notre amour devint une eau souterraine à protéger ; ses sillons pénétraient profondément en moi et ne laissaient rien qui fût sous son empire. »
L’auteur a su, habilement glisser, telles des dépêches de presse, de courtes phrases ou observations au fil des mois sur la quotidien en Algérie, rompant ainsi avec le lyrisme ambiant, et ancrant son roman avec l’Histoire.
L’ouvrage est particulièrement bien écrit, et bien équilibré. Il aborde un sujet douloureux, abordé sous un angle original. Ce fut pour moi une très heureuse découverte, que je dois aux éditions Serge Safran que je remercie tout particulièrement pour l’envoi de ce livre, et pour sa confiance.

Les impurs, Caroline Boidé
Serge Safran éditeur (12/01/2012)
160 pages






4ème de couverture :
Alger, fin des années cinquante. Malek, jeune musulmane, n’a d’autre religion que celle des livres. David est un ébéniste juif de Batna. Ensemble ils vont vivre un amour fou alors que s’installe la guerre civile. Si Malek est décidée à vivre sa passion jusqu’au bout, David, lui, reste plus perméable au nouvel ordre du monde.
Loin des images sépia de l’Algérie de l’époque, Les Impurs lève le voile sur ce bastion de paix millénaire entre juifs et arabes, fait de jours communs et bariolés, éclaire à sa manière notre présent et ce que l’on nomme à tort l’entente impossible.
 Dans ce roman d’une grande sensualité, Caroline Boidé nous montre combien par-delà la disparition et la guerre suffocante, écrire ouvre une espérance inouïe d’entendre les voix qui se sont tues et de voir enfin sans limites.
Quelques mots à propos de l'auteur:
Caroline Boidé est une jeune femme de trente ans, née d'une mère juive d'Algérie et d'un père originaire de France.
Les Impurs est son deuxième roman.

lundi 13 février 2012

Les jours blancs

« J’aurais pu t’écrire une nuit d’orage, déchirée de pluie, d’odeur de terre trempée. Et  c’est ce jour que j’ai choisi. Un jour blanc d’avant l’été.
J’ouvre les volets en refermant les yeux. Je pense à tout. A rien .Alors je pense à toi. »

Son frère était grand reporter à RTL ; il est mort il y a 10 ans en Afghanistan. Son frère lui manque. Elle lui écrit cette lettre courte et émouvante.
Pierre est l’absent. Et plutôt que de laisser paraitre sa tristesse, légitime, le chagrin, le désespoir, ou tout autre sentiment négatif, Hélène Pradas-Billaud, choisi  de faire renaître l’enfance heureuse qu’elle a passée avec son frère. Nous y découvrons une fratrie soudée (ils étaient 3 : Hélène, Pierre, et Marie-Noëlle), une enfance insouciante faite de joie simples et intenses. Telle une peinture, Hélène Pradas-Billaud pose ici, et là par petites touches tout ce qui fait ses souvenirs, et nourrit son chemin  après la mort de son frère.
« Je n’écris pas pour raconter l’histoire. J’écris sans histoire. J’écris comme on respire. Comme on vit la vie. J’écris le recueil de l’enfance. De l’amour tendre. De ce qui vit dans ton absence. »
« J’écris sur ta présence. J’écris sur ton absence. J’écris sur ta présence absente. C’est ainsi lorsqu’on est disparu. »

Sans rage,  tristesse, ni larmoiement, elle parle de l’absence, et dit le manque de l’autre. Avec peu de mots, des phrases tantôt empreintes d’un certain lyrisme, tantôt taillées au cordeau, elle plonge le lecteur dans une grande sérénité, et l’évocation du blanc, couleur sereine, n’y est pas étrangère. Elle donne aussi au lecteur l’occasion de revenir sur son propre ressenti qu’il a de l’absence des siens. Cette lettre est une forme de passage à autre chose .Il s’y dégage une grande sensibilité, une impression de force et de fragilité intimement mêlées.
Un grand merci aux éditions Chèvre-feuille étoilée de Montpellier pour cet ouvrage plein de qualité, et à Babélio  pour son opération Masse critique.


Les jours blancs, Hélène Pradas-Billaud
Editions Chèvre-feuille étoilée (15/02/2012)
124 pages
4ème de couverture :
Ta mort pourtant pousse à la vie. Une vie au présent. Ebouriffée, ouverte aux courants d’air. Insaisissable, constante et grave. Une vie amante. Une vie troublante. Si jeune au monde et sage. Une vie qui se suffit d’aimer. Une bouche à mordre quand on le dit. Vie. C’est ton absence qui me l’a appris. Au tableau noir, première du rang, je l’ai bien vu, c’était écrit lorsque tu es parti.
 « Les jours blancs, ce sont les jours sans. Sans la présence d’un être à jamais disparu. Comme tant d’autres, j’ai vécu douloureusement l’envol de mes filles. Dans le cas d’Hélène Pradas-Billaud, c’est son frère qui lui manque cruellement. Il y a tout juste dix ans, ce très jeune grand reporter [Pierre billaud] que j’avais apprécié à RTL était tué par les talibans avec deux de ses confrères en Afghanistan. Comme elle ne pouvait plus lui parler, Hélène a écrit à Pierre. Sous forme romancée et très poétique. C’est l’enfance qui remonte des sous sols de la mémoire, leur enfance, leurs rêves, leur désir commun d’absolu. Il y a beaucoup de sensualité dans ce texte. Beaucoup d’espoir aussi en une vie meilleure, immaculée. Où va le blanc quand fond la neige ? » Patrick POIVRE D’ARVOR
A propos de l'auteur:

Hélène Pradas-Billaud est auteur de nouvelles et poèmes. « Les jours blancs » est son premier roman. Le fil de ce qu’elle crée est guidé par la découverte de l’autre dans sa vie de femme et son métier de responsable des ressources humaines.







 Pour  une couleur dans le challenge Petit bac 2012 proposé par Enna.


Pour le challenge proposé par Anne.