mardi 1 janvier 2013

Je m'appelle Ashev Lev


« Il arrive qu’on croit être porteur d’un don exceptionnel quand on est jeune. Mais on ne s’y abandonne pas forcément. On ne sert pas seulement son intérêt personnel mais celui de son peuple. C’est ainsi que, nous juifs, nous vivons. Asherel, me comprends-tu ? »

Ashev Lev n’est pas un garçon comme les autres ; artiste dans l’âme, il montre très tôt de véritables dispositions pour le dessin puis la peinture. Seulement, Ashev ne vit pas non plus dans une famille comme les autres. D’une famille de juifs orthodoxes de Brooklyn, son père est personnellement impliqué dans le développement du mouvement Hassidim au sein de sa communauté, mais également à l’international. Il reçoit une éducation profondément religieuse qui ne s’accorde pas du tout avec ses penchants  artistiques de plus en plus prononcés.

Ce roman est l’histoire d’un  lent déchirement familial, sans pour autant, et c’est que j’apprécie beaucoup, que cela aboutisse à la haine. Chaïm Potok nous montre comment entre le père et le fils, les liens vont se distendre sans se rompre, mais en laissant s’installer l’incompréhension, le silence, et presque l’indifférence. Ce père qui loin d’approuver les choix de vie de son fils, le laisse, quoi qu’il lui en coûtât, tracer son propre chemin.
Le personnage de la mère est particulièrement intéressant ; tiraillée entre son devoir de loyauté vis-à-vis de son époux et de leur cause commune, et l’amour qu’elle voue à son fils, elle est en perpétuel équilibre pour ne pas froisser l’un, et encourager l’autre dans vers une voie qu’elle n’approuve pas non plus mais dont elle sait au plus profond d’elle qu’elle  est bonne pour Ashev…

Comme dans l’Elu, on apprend beaucoup sur cette façon de pratiquer, sur cette culture qui parfois peut nous dépasser, mais qui jamais ne nous étouffe.

Asher est un garçon attachant, complexe, torturé entre son passé et l’avenir dont il rêve. Cheminer avec lui, au milieu de ses dessins, partager son éveil religieux et culturel, est un pur plaisir.

Je m’appelle Ashev Lev, Chaïm Potok
Buchet Chastel (1972/ 10 X 18 (15 novembre 2007)
400/ 390 pages
4ème de couverture :
Dès l'enfance, Asher Lev dessine comme il respire. Ce n'est pas au goût de son père, qui ne peut supporter de voir son unique fils s'écarter de la tradition religieuse pour se livrer aux sottises de l'art. Heureusement pour le jeune homme, le grand Rèbbe, dont la toute-puissance spirituelle règne sur la communauté juive hassidique de Brooklyn, le comprend. Il s'incline devant ce destin exceptionnel et confie Asher au célèbre peintre Jacob Kahn qui devient son maître et lui révèle le monde prodigieux de l'art. Banni par les siens, Asher Lev abandonne alors la foi pour accéder aux merveilles de la création. Un roman magistral sur les affres du génie artistique, bien souvent synonyme de déchirements culturels, spirituels et intimes...

A propos de l’auteur :
Chaïm Potok est né en 1929 à New York de parents juifs polonais immigrés. Il a enseigné dans diverses universités avant de devenir éditeur à la Jewish Publication Society of America. Il est l'auteur d'une oeuvre abondante, et notamment de nombreux romans - dont Le Livre des lumières, Je m'appelle Asher Lev, L'Élu. Chaïm Potok est mort en 2002.

Challenge ABC/Babélio 17/26 [P]



1 commentaire:

  1. Le sujet de ce livre me tente beaucoup et devrait me parler. Je note.

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