vendredi 13 février 2015

Falaises



Lire Olivier Adam, c’est savoir que l’on ne va pas rire ; c’est accepter d’entrer en mélancolie, de côtoyer des êtres abîmés, cabossés par la vie. C’est faire un bout de chemin en compagnie des fantômes des autres, et, ne nous leurrons pas, avec nos propres fantômes. C’est regarder droit dans les yeux nos moments de doutes, et affronter, peu ou prou nos cicatrices.

Olivier Adam ne s’en cache pas ; il ne sait pas écrire le bonheur, ni susciter les rires. Et c’est pour cela qu’on l’aime… ou pas !

Au bord des falaises, le narrateur revient le temps d’une nuit affronter son chagrin, son drame, sa meurtrissure d’enfant dont il ne s’est pas remis. En famille, il accomplit une sorte de pèlerinage sur les pas d’une mère trop tôt disparue, et sur la vie d’errance qui a suivi.

Cette mise à nu du narrateur (et de l’auteur ?) m’émeut et m’implique aussi personnellement. C’est court, fort et dense. Il n’y a aucun superflu. Olivier Adam nous livre une prose sans fioriture, et nous donne souvent le vertige. Il laisse le lecteur sur la corde raide, comme en équilibre au-dessus du vide. A charge du lecteur de s’accrocher pour ne pas sombrer comme le personnage du roman.


Falaises, Olivier Adam
Editions de l’Olivier, Août 2005/ Points, Août 2006
210/190 pages


4ème de couverture :

Étretat. Sur le balcon d’une chambre d’hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : les falaises éclairées d’où s’est jetée sa mère vingt ans plus tôt. Le temps d’une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de sa mère disparue. Une question s’immisce peu à peu dans son esprit : comment suis-je encore en vie ? Un récit intimiste à la puissance d’émotions exceptionnelle.
A propos de l’auteur :
Olivier Adam est né en 1974. Il est l’auteur de nombreux livres dont Je vais bien, ne t’en fais pas (Le Dilettante, 2000) et, aux éditions de L’Olivier, Passer l’hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, À l’abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des Vents contraires (Prix RTL/Lire 2009), Le Cœur régulier(2010), les lisières(2012), Peine perdue (2014)

 Pour le challenge d'Enna, catégorie Lieu (2ème ligne)

6 commentaires:

  1. Je n'ai encore jamais lu Olivier Adam et plus je lis d'avis sur ses romans plus je me dis que c'est un tort.

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  2. J'aimais beaucoup cet auteur avant son avant dernier livre...

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  3. J'avais lu "A l'abri de rien" qui m'avait plu mais je n'arrive pas à lire d'autres romans de lui car je trouve les histoires trop sombres. Mais je sais qu'il y en a qui sont addict à ce qu'il écrit.

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  4. J'ai toujours son avant dernier dans ma PAL. Mais il est vrai que son environnement dépressif ralentit un peu mes envies de lecture. Il faut trouver le bon moment

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  5. Les lisières sont toujours sur mon étagère

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