samedi 7 février 2015

Un été à Bluepoint



Cela commence simplement. Une famille traditionnelle américaine où la mère veille sur l’éducation du fils unique, et accompagne l’ascension professionnelle du mari parti du bas de l’échelle, mais armé d’une ambition à faire lever les montagnes. Le rêve américain est en marche, et se concrétise non loin du Cape Cod dans une superbe maison au bord de l’océan où l’agent coule à flots, et le consumérisme tape à l’œil frise la nausée. Les vieux démons de l’Amérique ne sont pas morts. Les relents de ségrégation surgissent ici ou là. Le rêve, ça n’est pas pour tout le monde.
Entre un père décomplexé, et un fils résolu à ne pas céder à la tentation de l’argent insolent, le fossé se creuse au fil des années d’autant que le fils n’a cure des injonctions du père trop soucieux de maintenir son rang, et sa supériorité.

Trois partie, trois époques constituent ce roman, où nous suivront nos personnes à différentes époques sous la plume d’Hilly, le fils, hanté par le souvenir idéalisé d’un amour interdit, et la persistance, malgré tout, des liens filiaux. Stuart Nadler, dont l’écriture est soignée, signe un roman intéressant autour de la culpabilité, du secret, et d’une vision du rêve américain. Sans doute l’allusion à Gatsby le magnifique dont la lecture ne m’avait guère convaincue me parait un peu exagérée, voire prétentieuse. La seconde partie, plus touffue, est à mon sens plus roborative, et étirée que les deux autres. Il n’empêche que ce roman reste une lecture agréable, même s’il lui manque un peu de souffle pour en faire un grand roman. Stuart Nadler est un auteur prometteur avec une belle marge de progression devant lui.

Je remercie Arthur des éditions Albin Michel pour la découverte de ce livre.

Un été à Bluepoint, Stuart Nadler
Albin Michel, Janvier 2015
420 pages

  
4ème de couverture :

C’est là, durant l’été 1952, que Hilton, son fils de dix-sept ans, se lie d’amitié avec Lem Dawson, le « boy de couleur » chargé de l’entretien des lieux et du courrier. Bien que sensible à la discrimination – les Wise sont juifs –, son père voit d’un mauvais œil cette complicité. Mais ce même été, lorsque l’adolescent tombe amoureux de Savannah, la nièce de Lem, il ne sait pas encore que l’innocente idylle va tourner au drame, lui révélant la face cachée de son père et signant pour ainsi dire l’arrêt de mort de Lem.

Des années plus tard, hanté par le souvenir de la jeune fille qu’il n’a jamais oubliée, Hilly part à sa recherche. Mais la culpabilité et les bonnes intentions peuvent-elles racheter le passé ?

Après un recueil de nouvelles très remarqué, Le livre de la vie, Stuart Nadler retrace un demi-siècle d’Histoire américaine dans ce premier roman qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère Gatsby le magnifique et sa promesse du rêve américain.
A propos de l’auteur :

Diplômé de l'Université de l'Iowa, Stuart Nadler a été distingué en 2012 par la National Book Foundation comme l'un des cinq meilleurs jeunes auteurs de moins de 35 ans. Lauréat du prestigieux Truman Capote Fellowship, il enseigne la littérature à l'Université du Wisconsin. Son recueil de nouvelles, Le livre de la vie, a été publié aux Éditions Albin Michel en 2013 et salué par la presse.

 Pour le challenge d'Enna catégorie:Lieu (  ligne 2)



 Pour le challenge de Bianca.
 

3 commentaires:

  1. Un auteur à suivre peut-être...Gatsby, le rêve de nombreux écrivains.

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  2. Encore un roman qui me tente ! Hop, billet ajouté !

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