jeudi 3 mars 2016

Les salauds devront payer



Cela commence par un long chapitre nous situant successivement des actions ayant trait à la France coloniale et post-coloniale. Au début on n’imagine pas trop ce que cela peut signifier….
Puis nous voilà directement à Wollaing, petite ville du nord sinistrée par la crise industrielle qui est passée par là. Un territoire abandonné aux exclus du travail, aux petits malins qui profitent de ces derniers, des brutes épaisses chargées de récupérer les traites impayées au profit d’usuriers vorace.
Ajoutons un flic particulièrement perspicace, fonctionnant à l’intuition mais dont la vie privée fait grincer quelques dents, et aidée d’une jeune femme arrivant droit de sa Lorraine natale, mais plus portée sur les faits…une pragmatique.

Pauline, la fille d’un ancien de l’usine est retrouvée morte. D’autres morts  suivront…L’affaire s’enlise un peu… Mais Buchmeyer n’a pas très envie de se voir retirer le dossier….

Ce roman est certes un thriller psychologique haletant, où la vérité ne nous est pas révélée trop vite. C’est là qu’il faudra remettre ce que nous avons appris au tout début du livre, ce qui nous semblait être du bavardage, du remplissage. Mais il est aussi une fresque sociale fort bien tricotée, où les personnages ne sont ni stéréotypés, ni simplistes. Ils nous apparaissent au contraire dans toute leur complexité prenant racine dans l’histoire qui nous est contée au début, et dans les flashbacks au fil du roman.

Ce roman est une histoire de vengeance, et de vieilles rancœurs fort bien écrite, que l’on peine à lâcher. Il serait dommage de se priver ; vraiment !

Les salauds devront payer, de Emmanuel Grand, chez Liana Levi (Janvier 2016, 380 pages)

Emmanuel Grand, né en 1966, vit en région parisienne. Son premier polar, Terminus Belz, a conquis la presse et les libraires. Sélectionné pour le Prix du meilleur polar des éditions Points et le Prix du polar SNCF 2016, il a remporté les prix PolarLens et Tenebris. Les Salauds devront payer, son deuxième roman, paraît le 7 janvier 2016.




 Challenge Petit bac chez Enna : Phrase (ligne 2)

2 commentaires:

  1. J'ai aimé le précédent roman de l'auteur et celui-ci a tout pour me plaire également.

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