mardi 26 juillet 2016

Les anonymes



Ellory est anglais, mais il est passionné par une certaine Amérique, celle qui ne tourne pas très rond, celle qui s’arrange un peu avec ses valeurs… Après Vandetta, et la Mafia, Ellory s’attaque ici à du lourd : la CIA….

Washington, non loin des lieux de pouvoir, de nos jours….
4 femmes retrouvées mortes sérieusement amochées en l’espace de quelques mois selon un modus operandi quasi similaire. Puis une autre….

L’inspecteur Miller croit avoir affaire à une "banale " histoire de meurtrier en série. Oui mais….
Parallèlement, une étrange confession d’un honorable professeur d’université qui n’a pas fait qu’enseigner dans sa vie… un type dont on va découvrir au fil des pages une vie un peu spéciale, et surtout qui va nous faire défiler l’histoire de son pays et de sa face sombre : les complots, assassinats de présidents ou tentatives, le soutien à des régimes politiques d’Amérique centrale, le trafic de drogue…

Miller est un type attachant, tant par points faibles, que par son intelligence professionnelle, son acharnement à faire éclater la vérité, à donner vie à ces femmes de l’ombre. Ce qui frappe chez lui c’est une certaine forme de naïveté. Miller sent les choses, mais il ne parvient pas à percer le mystère de ces meurtres parce qu’il ne semble pas imaginer une certaine réalité, celles des forces obscure, même quand les hautes autorités viendront  lui couper l’herbe sous les pieds.
Oui, mais Miller a son métier chevillé au corps. Pas à pas, avec les moyens dont il dispose, parfois à la limité de la légalité (mais peut-on lui en vouloir ?) il s’acharne, cherche. Et c’est ce qui fait que l’on part avec lui les yeux fermés.

Ellory nous embarque dans un thriller avec toute sa fougue que l’on retrouve dans son écriture. Son intrigue dans les méandres de la politique étrangère américaine de ces trente dernières années est parfaitement menée.

Ellory est un grand ;et chaque roman nous le prouve à nouveau, qu’on les lise dans l’ordre ou pas. A chaque fois il se renouvelle. Ouvrir un ouvrage d’Ellory, c’est la promesse de merveilleux moments de lecture, toujours trop courts ; car c’est toujours avec regret que l’on tourne la dernière page, mais avec l’espoir qu’un prochain opus se présente vite ….

Les anonymes, de R.J Ellory, traduit de l’anglais par Clément Baude, chez Sonatine (Octobre 2010, 690 pages), disponible au livre de poche (Février 2012, 740 pages)


R. J. Ellory, -soit Roger Jon Ellory- est un écrivain britannique, auteur de romans policiers et de thrillers.

Orphelin très jeune, il grandit en pension, puis chez ses grands-parents, jusqu'à être incarcéré à 17 ans pour braconnage. Une fois sa peine purgée, il se lance dans la musique, tout en étudiant et lisant beaucoup: Tolkien, Stephen King...

Il devient un temps guitariste du groupe de rock "The Manta Rays", avant de se tourner vers la photographie. Il commence à écrire en 1987, mais il devra attendre 2003 pour que son roman, "Candlemoth", soit publié.

On peut citer parmi ses œuvres : "Vendetta" (A Quiet Vendetta, 2005), "Seul le Silence" (A Quiet Belief in Angels, 2007), "Les Anonymes" (A Simple Act Of Violence, 2008) ou encore "Les Anges de New York" (Saints of New York, 2010),"Les neuf cercles " "Mauvaise étoile ", "Les assassins", " Papillon de nuit  "




2 commentaires:

  1. Un pavé qui t'a davantage conquise que le précédent, tant mieux !

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