jeudi 29 septembre 2011

L'héritage d'Esther


L'héritage d Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l'art de Marai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une solitude qui la protège, une femme déjà vieillissante voit soudain ressurgir le seul homme qu'elle a aimé et qui lui a tout pris, ou presque, avant de disparaître vingt ans plus tôt. La confrontation entre ces deux êtres complexes - Esther la sage, ignorante de ses propres abîmes et Lajos l'insaisissable, séducteur et escroc - est l'occasion d'un de ces face à face où l'auteur des Braises et de La Conversation de Bolzano excelle. Un face à face où le passé semble prêt à renaître de ses cendres, le temps que se joue le dernier acte du drame, puisque " la loi de ce monde veut que soit achevé ce qui a été commencé ".
La tension dramatique extrême, l'atmosphère somnambulique, l'écriture sobre et précise font de ce court roman un véritable chef-d'œuvre.
C’est une heureuse découverte que j’ai fait là, avec cet auteur, dont l’écriture teinté de désuétude ne manque pas de charme, bien au contraire. Il n’y a rien de forcé, pas d’accumulation de formules, ni d’usage intempestif de temps de conjugaison quelque peu passés de mode ; juste ce qu’il faut.
C’est tout l’intérêt de ce court roman, plutôt que l’histoire en elle-même. Nous y retrouvons néanmoins toutes les complexités des êtres humains, qui ne sont jamais tout à fait blancs, ou tout à fait noirs, mais un mélange un peu compliqué de tout ça. C’est ainsi qu’Esther nous apparaît, avec ses contradictions, ses incohérences. Elle sait, pour Lajos, le connaît.
Esther, qui des années après, reçoit la visite de celui qu’elle a aimé, et qui tout au long de ces années l’a spoliée, trompée .Esther qui est bien décidée à ne plus céder, cette fois.
Esther qui le temps d’un retour non pas de l’homme prodige, mais de l’escroc prodige, se retourne sur un passé qu’elle croyait bien loin. Esther qui finit par renoncer et par céder.

C’est court, cela se lit facilement. L’écriture est délicieuse. Il règne une ambiance un peu particulière dans ce roman, une atmosphère lourde, renforcée par un huis clos, un nombre réduit de personnages, des fantômes qui ressurgissent. Mais une atmosphère allégée par ce style au charme d’autrefois, ciselé, sans fioriture, et, qui se laisse apprivoiser sans problème.
Sándor Márai-Albin Michel (avril 2001)-162 pages

Né en Hongrie en 1900, Sándor Márai connaît dès ses premiers romans un immense succès. Antifasciste déclaré dans une Hongrie alliée à l’Allemagne nazie, il est pourtant mis au ban par le gouvernement communiste de l’après-guerre. En 1948, il s’exile et part pour les Etats-Unis où il mettra fin à ses jours en 1989. Depuis une dizaine d’années, il jouit dans le monde entier d’une réputation égale à celle de Zweig, Roth ou Schnitzler.

C

Challenge ABC critiques Babélio 7/26 [M]

mercredi 28 septembre 2011

Nestor rend les armes

Clara Dupont-Monod, avec ce nouveau portrait d’un être des marges, poursuit une œuvre forte et singulière. Nestor est obèse. De cet homme désigné au regard des autres comme un monstre, elle tente, avec une paradoxale économie de mots, de saisir le mystère.
Au fil des pages, et comme à l’insu du lecteur, le gros père prend la dimension d’un être humain riche de son histoire. Celui dont le seul horizon est la photo d’un phare du bout du monde devient sous nos yeux un personnage : argentin, arrivé en France pendant la dictature, il y a retrouvé une jeune femme qu’il a épousée et avec qui la vie était douce. Jusqu’au drame qui inexorablement les a éloignés l’un de l’autre, au point qu’il finisse enfermé dans la rassurante forteresse de sa propre chair.
À force de patience et de tendresse, une jeune femme médecin parviendra peut-être à conjuguer sa propre solitude à celle de ce patient peu ordinaire. La langue riche et précise de Clara Dupont-Monod agit comme un charme puissant pour suggérer l’indéfinissable attachement qui naît entre ces deux-là.
L’écrivain se garde bien de conclure : trois issues s’offrent au lecteur, comme s’il était impossible qu’une histoire aussi improbable et bouleversante finisse mal.
Je ne juge en rien de la qualité de ce livre, et encore moins de la plume de Clara Dupont-Monod dont je reconnais bien volontiers les atouts. Mais, parce qu’il y a un mais, cette écriture ne semble pas être pour moi ; je dis bien semble, car c’est le premier livre de l’auteur que je lis.

Je n'ai pas aimé du tout, ou du moins, je n'y ai rien compris ou pas assez subtilement comme il apparait dans les avis lus ici ou là.. Tout cela est trop enkysté pour moi, pas assez explicite.
L'écriture est pas mal, mais me laisse indifférente.

Nestor, ne parvient pas à m’attendrir. Il est  ce qu’il est : son enveloppe n’a rien d’attractif pour moi, et le contenu ne m’a pas été révélé.
Il y a beaucoup trop de questions dans ce livre, pas de réponse. J’aime à ce que l’on me raconte une histoire, avec un début, un déroulement, et une fin. D’histoire, il n’y en a pas, mais plutôt une situation, une évocation un peu brouillonne des états d’âme d’un Nestor que j’ai peine à cerner.
Mais en plus, Clara Dupont-Monod nous propose 3 fins….
C’est un style particulier, dans lequel je n’ai pas pu ou pas su trouver les clés pour rentrer pleinement dans ce roman. Il est court, très court ; heureusement…car comme Nestor j’aurais, moi aussi rendu les armes. Ceci dit, je ne sais toujours pas pourquoi Nestor rend les armes !!!

Clara Dupont-Monod-Sabine Wespeiser (Août 2011)-117 pages

Clara Dupont-Monod est née en 1973. Diplômée en ancien français, elle a commencé très tôt une carrière de journaliste. Après avoir dirigé les pages culture de Marianne, elle est aujourd'hui responsable de la culture pour La Matinale de Canal + et intervient régulièrement dans l'émission Jeux d'épreuves (France Culture). Dès son premier livre, Eova Luciole, paru en 1998 chez Grasset, elle a mis en scène des figures de la marge. Son dernier roman paru, La Passion selon Juette (Grasset, 2007), portrait d'une femme qui au XIIe siècle entra en rébellion contre l'ordre établi, a remporté le prix Laurent Bonelli et a été finaliste du prix Goncourt. Elle est mère de deux enfants et vit à Paris.
Challenge ABC Critiques Babélio 6/26 [D]





Challenge le 1% littéraire 9/14 ( pour le 2%)organisé par Hérisson

Les Nobel 2012



Je vous l'avais annoncé, le revoilà!!!
Avec un tout nouveau logo.
Le challenge des Nobel revient à partir du 15 octobre 2011 et se terminera le 15 octobre 2012 .Comme pour la première session, le but est de se faire plaisir à découvrir des auteurs primés, et, vers lesquels nous n'irions pas spontanément.

Il y a  4 niveaux de challenge :

*Médaille de bronze, avec entre 3 et 4 auteurs
*Médaille d'argent, avec entre 5 et 7 auteurs
*Médaille d'or, avec entre 8 et 10 auteurs
*Médaille de vermeil avec au delà de 10 auteurs

Pour varier un peu les plaisirs, les fidèles de la précédente session, devront choisir, des auteurs différents du précédent challenge, et il conviendra de s'organiser pour que vos auteurs appartiennent à des décennies différentes.
J'entends pas décennie, la période comprise entre 1921, et 1930 pour les années 20 ( par exemple)
.Depuis 1901, il y a donc 11 décennies; 2011 et au delà étant une ébauche de 12ème....

En outre, à la fin de cette session se terminera par la découverte d'un ouvrage du Lauréat qui sera primé en 2012.


Je vous attends nombreuses et nombreux, Les inscriptions , et les liens de vos futurs billets sur vos blogs sont à poster ici même où une liste sera tenue à jour au fur et à mesure de vos lectures.
Merci d'avance pour votre participation.


Edit du 16/10/2012: le challenge est terminé. Merci aux ( rares) participants .


Les participants


Médaille de bonze
Djbeltounes:
Jostein:

Jasunari Kawabata ( pour la décennie 1961/1970)
Toni Morrison (pour la décennie 1991/2000)
J.M.G Le Clezio (pour la décennie 2001/2010)
Mazel:

Malo:
Mimi:

S.J Agnon ( pour la décennie 1961/1970);
Herta Müller (pour la décennie 2001/2010)

Miss-bouquins:

J.M.G Le Clezio ( pour la décennie 2001/2010)

Sharon


Herta Müller ( pour la décennie 2001-2010) 
Thomas Mann (pour ma décennie 1921-1930) 
Ernest Hemingway (pour la décennie 1951-1960)
Zazy :
Médaille d'argent
Aaliz:
Alexandre Soljenitsyne ( pour la décennie 1961/1970)  - 
Gabriel Garcia Marquez (pour la décennie 1981/1990)

Pomm  
Alexandre Soljenitsyne (pour la décennie 1961/1970) 
Médaille d'or 

Médaille de vermeil




mardi 27 septembre 2011

Vers la mer


De Paris à Nice, un itinéraire facile mais long, s'étirant comme un serpent, au rythme capricieux d'une vieille voiture, d'étapes et de rencontres hasardeuses. La jeune fille guette les rives qui la font tant rêver. La mère s'approche, elle, de la ville où sa fille la quittera, une ville qu'elle a fuie vingt ans plus tôt lorsqu'elle cherchait, avant Laure, l'aventure et l'oubli. Sur la route, ces deux femmes se découvrent hantées par les mêmes peurs et les mêmes désirs, de faux souvenirs, des images fabriquées et des résolutions impossibles. Et pour elles, rien n’a plus d’importance que ce moment, juste avant la séparation.

Je remercie Livraddict et les éditions Lattès qui m’ont offert de lire ce premier roman.
 Vers la mer est un premier roman que signe une jeune femme à l’écriture ciselée et sans grands détours. Pour moi c’est une réussite, d’autant qu’il n’est pas forcément facile de s’orienter sur la voie intimiste.
Nous avons là un roman essentiellement féminin ; les hommes sont peu présent, de passage plus exactement, voir absents si l’on considère l’entourage intimes de Catherine et Laure.
Ces deux femmes vont entamer un ultime voyage au cours duquel la mémoire se délie, et s’en va en même temps.
Le thème de la relation mère –fille est abordé avec délicatesse et retenue ; la mère que Catherine est pour Laure, La mère que Catherine n’a plus, mais qui est très présente, et dont elle porte les premiers signes de cette maladie insidieuse et inexorable qu’est Alzheimer…
A l’aube de ses dix-neuf ans, Laure s’en va vers la mer…..et vers la mère également (le titre est à ce point de vue là une énigme), avec sa mère, pour un voyage initiatique, pour permettre à l’une de se trouver, et de se positionner par rapport à sa maladie et à sa propre mère, et  à l’autre de se chercher.

« Elle avait eu le désir étrange d’un dernier voyage avec sa fille s’étirant comme un serpent, d’un itinéraire facile, mais long, et sur sa feuille de route qui lui servait de boussole et que sa fille avait tenu à imprimer « pour être bien sûres de ne pas se perdre », elles avaient choisi un chemin qui n’avait rien d’évident. »

L’oubli, la peurs sont d’autres thèmes traités…. La peur d’oublier, la peur de se perdre…

« Elle regarda sa fille, si grande, et elle sut que jusqu’à Nice la peur ne la quitterait plus et qu’elle devrait se tenir sur ses gardes, guettant d’autres bruits, d’autres souvenirs plus sombres. »
« Et sur cette route vers Nice, les souvenirs les plus importants revenaient, sans mensonge, sans masque, c’est qu’eux aussi s’en allaient. Catherine le savait : la maladie avançait, et le spectacle de ces ruines à Vienne, ne parvenait pas à la distraire ni à l’apaiser. »

J’ai apprécié l’écriture, le rythme, et la structure bien cadrée  de ce roman. Les six parties sonnent come un carnet de bord : Rupture-Le départ-L’accident-L’étape-Le vol ou l’oubli-L’anniversaire- Vers la mer.
Chacune des parties ayant ses chapitres, anonymes, eux….
Personne n’est oublié, chacun des personnages est vu à tour de rôle, est ausculté de plus près.
  Anne-Sophie Stefanini-JC Lattès (24/08/2011)-235 pages

Lu dans le cadre de la Plume au féminin, organisé par Opaline  
Challenge ABC Critiques Babélio 5/26 [S]

Lu dans le cadre du 1% littéraire organisé par Hérisson 8/14 ( je vise le 2%)  

lundi 26 septembre 2011

C'est lundi, que lisez vous?(6)

Ce que j'ai lu la semaine passée

*La comtesse et les ombres,Carrey Wallace, partenariat avec News book
*J'ai abandonné le goût des pépins de pomme, et Les brumes du passé
*L'écho des morts, Johan Theorin
Ce que je suis en train de lire

*Le pied mécanique, Joshua Ferris, partenariat grâce à Hérisson
*


Ce que je lirai cette semaine
Continuer ce qui est encours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
Et commencer:
*Nestor rend les armes, Clara Dupont-Monod
*Vers la mer, Anne-Sophie Stefanini
Ou tout autre chose.....on verra...

dimanche 25 septembre 2011

L'écho des morts


Joakim et sa femme Katrine ont décidé de quitter Stockholm pour s'installer dans une vieille ferme sur l'île d Öland. Katrine et les enfants s'y installent alors que Joakim achève l'année scolaire au collège où il enseigne.
Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim sombre dans une profonde dépression. En faisant des travaux dans la maison, il tombe sur des inscriptions mystérieuses. Il apprend alors que dans le passé, les habitants de la ferme ont souvent été victimes d'accidents mortels. Les inquiétantes légendes d'Öland refont surface et Joakim se prend à imaginer qu'à l'instar d'autres esprits, Katrine pourrait revenir.
Le suspense s'épaissit. D'étranges cambriolages en série surviennent sur l'île. La jeune policière Tilda Davidsson qui mène l'enquête a bien du mal à dénouer tous ces fils qui s'entrecroisent.

Après le brouillard d'automne de L'Heure trouble, L'écho des morts, livre d'hiver sur le deuil et la mémoire, est soutenu par l'écriture sobre, très personnelle et d'une efficacité troublante de Johan Theorin.
Second roman après L’heure trouble, et juste avant le sang des pierres, L’écho des morts (second roman donc) tient toutes les promesses du premier.
La quatrième de couverture étant assez explicite, trop d’ailleurs, je me bornerai à insister sur la construction du roman alternant le dialogue et la narration  d’une femme, Mirja Rambe, et l’essentiel du scénario au présent. Si au début, le lecteur peut penser que le passé arrive là comme " un cheveu sur la soupe"…et bien pas du tout. Tout est intelligemment mené, le passé comme le présent. L’auteur saura doser subtilement les différents plans du présent qui eux aussi paraissent sans rapport les uns avec les autres…..
J’aime cette manière bien particulière de faire d’un livre où il ne se passe rien de tonitruant, où l’action ne file pas au galop, mais où l’histoire se déroule inexorablement  et vous accroche jusqu’à la dernière page. Chacun pourrait penser que l’hiver suédois, sur une ile isolée, engourdisse de son froid extrême et humide. Au contraire, j’y ai senti toute la chaleur des Noël scandinaves où l’on fête la lumière avec tant de ferveur.
Ce que j’aime chez cet auteur, c’est qu’il instille dans chacun de ses romans un peu d’irrationnel ; ici les fantômes, les morts …. Il reste sobre dans sa prose, ne verse pas dans le sensationnel pour impressionner son monde. Il n’a pas besoin de cela ; c’est avec d’autres moyens, plus subtils qu’il y parvient.
Le suspense est savamment entretenu, et comme à chaque fois, Johan Theorin m’a bien eue.
Dorénavant, je suis bien ennuyée ; je les ai tous lus….Alors Mr Theorin, un petit effort, s’il vous plait !! Je vous attends, avec impatience !!!
Johan Theorin-Albin Michel (février 2010)-410 pages

Né en 1963 à Göteborg, Johan Theorin passe, depuis l'enfance, tous ses étés sur l'île d'Öland au Sud-est de la Suède. L'intrigue de L'Heure trouble (Albin Michel, 2009), son premier roman, et de L'écho des morts s'y situent. Ces deux romans ont été numéro un de la liste des best-sellers en Suède.
Challenge ABC critiques Babélio 2011/2012 : 4/26 [T]





Lu dans le cadre du défi scandinave organisé par Prune; pour la Suède et Johan Theorin.

mercredi 21 septembre 2011

Les brumes du passé


Mario Conde a quitté la police. Il gagne sa vie en achetant et en vendant des livres anciens puisque beaucoup de Cubains sont contraints de vendre leurs bibliothèques pour pouvoir manger. Ce jour d'été 2003, en entrant dans cette extraordinaire bibliothèque oubliée depuis quarante ans, ce ne sont pas des trésors de bibliophilie ou des perspectives financières alléchantes pour lui et ses amis de toujours qu'il va découvrir, mais une mystérieuse voix de femme qui l'envoûtera par-delà les années et l'amènera à découvrir les bas-fonds actuels de La Havane ainsi que le passé cruel que cachent les livres. Au-delà du roman noir, Leonardo Padura écrit un beau roman mélancolique sur la perte des illusions, l'amour des livres, de la culture et de la poésie des boléros. On reste longtemps marqué par l'atmosphère de ces brumes cubaines.
Ce livre m’est assez vite tombé des mains, et est resté en friche durant 3 semaines…….chose anormale pour un polar !!! A l’évidence je ne goûte absolument pas à la lenteur et aux langueurs antillaises qui règnent dans ce roman.
C’est doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, et au ralenti en soirée…..
C’est le 7 ème roman de la sélection 2011 que je lis, et le premier à me faire un effet aussi négatif. J’espère que les deux derniers seront à la hauteur de mes espérances.

 Sélection 2011 pour le Prix du meilleur polar des lecteurs Points
Léonardo Padura-Métailié (septembre 2009)/Points (Janvier 2011)-351/432 pages


Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et scénariste pour le cinéma. Il est l’auteur entre autres d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons, publiée dans douze pays.


La comtesse et les ombres

Alors que la comtesse Carolina Fantoni s'apprête à épouser Pietro, le célibataire le plus convoité de la région, un terrible voile vient obscurcir son bonheur : elle est en train de perdre la vue. Inexorablement, son champ de vision se réduit, lui dissimulant la beauté des paysages qui lui sont si chers. Ses parents refusent de la croire, tout comme son fiancé. Seul Pellegrino Turri, inventeur excentrique et ami de longue date, la comprend. Follement épris de la comtesse, le jeune homme met au point un objet révolutionnaire : la première machine à écrire, grâce à laquelle Carolina pourra communiquer avec son entourage. Cette invention va sceller le destin de ces deux rêveurs, qui entament une correspondance secrète et dangereuse... Librement inspiré de l'histoire de la première machine à écrire, ce roman rafraîchissant et intemporel est une ode à l'imagination et aux sens.
Avant toute chose, amateurs de lectures qui ont un sens, et un minimum de qualité linguistique, passez votre chemin !!! Ce livre n’est pas pour vous.

Je me suis trompée….lourdement trompée. Il faut dire que la 4ème de couverture est accrocheuse, et la couverture attire le regard…..
J’imaginais pouvoir trouver, dans une romance, une réflexion sur ce qu’est la cécité, sur ce que vivent les personnes qui en sont attentes…..Et bien non, rien !!!!
Le seul avantage du livre, c’est qu’il se lit vite, la linguistique n’est pas élaborée, bien que souvent très lourde.

Le sujet aurait pu être une belle base de roman. Il est à mon avis mal exploité. C’est le type même du livre que l’on trouve au rayon évasion de nos librairies, rayon que je fuis comme la peste.
J’attendais un petit quelque chose de cette fameuse machine à écrire dont je pensais qu’elle pouvait avoir un intérêt particulier….Or elle n’arrive qu’au dernier tiers du livre…Et que dire de la correspondance secrète des deux amants, dont on ne voit rien ?
Je me suis trompée, personne n’est responsable, c’est moi qui ai demandé à lire ce livre, pensant que…..Pour cela je remercie chaleureusement News Book et les éditions des Presses de la cité pour m’avoir donné l’occasion de le lire. Je suis plus que gênée d’écrire un tel avis ; mais non, vraiment, je n’ai pas aimé du tout.
Carey Wallace-Presse de la cité-269 pages








lundi 19 septembre 2011

C'est lundi, que lisez vous?(5)

Ce que j'ai lu la semaine passée

*Easter parade, Richard Yates
*Tu, mio, Erri De Luca
*La fille de Louganis ,Metin Arditi
*La lettre écarlate,Nathaniel Hawthorne
Ce que je suis en train de lire

*Une lecture cubaine (LC du 15 octobre) encore et toujours.....
*Le goût des pépins de pomme( lecture commune du 20 septembre)


Ce que je lirai cette semaine
Continuer ce qui est encours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
Et commencer:
*Le pied mécanique, Joshua Ferris, partenariat grâce à Hérisson
*La comtesse et les ombres,Carrey Wallace, partenariat avec News book

dimanche 18 septembre 2011

La lettre écarlate


La Lettre écarlate, c'est la marque au fer rouge qui désigne la femme adultère dans l'Amérique au puritanisme obsessionnel de l'époque coloniale. Trois personnages : Hester qui vit avec une dignité admirable sa faute et sa solitude. Arthur Dimmesdale, le jeune pasteur dont les élans mystiques soulèvent à Boston l'enthousiasme des fidèles mais qui, ensorcelé par Hester, ne parvient ni à dominer ni à vivre sa sensualité. Chillingworth, le mari, qui pendant des années tourmentera en silence le pasteur jusqu'à la folie et à la mort. Le premier des grands romans américains, la clef d'une sensibilité nationale toujours partagée entre la tentation du scandale et le démon de la culpabilité.
Publié en 1850, illustration du décalage entre personnalité publique et personnalité privée, édifiant bien qu'évitant l'écueil du didactisme grâce au symbolisme et au surnaturel omniprésents, ce récit que l'auteur refusait de qualifier de roman, préférant le terme de romance, est l'ouvrage phare de la renaissance américaine.
Je n’ai pas lu avec délectation ce livre, et n’en porterai certainement pas un grand souvenir. Voilà qui est dit. Je l’ai lu avec modération, pour ne point m’en lasser trop vite, aidée en cela par un nombre de pages tout juste acceptable pour une lecture aux  puissants relents d’austérité, et d’aridité.
Le sujet n’est pas dénué d’intérêt, c’est pour cette raison que j’ai souhaité le lire, et tenté autant que faire ce peut, le terminer. Mission accomplie, donc.
Il y a fort longtemps, en Nouvelle Angleterre, dans la ville de Boston, une communauté puritaine à souhait s’amuse à jouer au redresseur de torts, et condamne Esther  coupable d’adultère, la vilaine, à porter un A de couleur rouge sur son vêtement  afin de graver sur elle , à jamais la honte non seulement  d’avoir fauté, mais encore ne n’avoir pas dénoncé l’imprudent qui s’est laisser aller au pêcher de chair…..Et oui, que voulez vous, la chair est faible….
Entre en scène le cocu, qui entre nous, vu comme il est décrit « vieillard difforme aux traits si laids », et de surcroit absent un certain temps, ne pouvait pas espérer que sa jeune épouse restât sage bien longtemps.
J’ai bien aimé le personnage d’Esther, drapée dans sa dignité, imperméable aux médisances et discours de bonne morale. Elle a fauté, un enfant est né de cet amour là, Perle, enfant malicieuse et capricieuse, et puisque la société l’a condamnée, et bien, elle assume, se tient droite, et attend le moment où son amant et elles pourront s’enfuir…..
Seulement c’est sans compter sur le remord de l’amant qui lui s’enroule dans la culpabilité, aidé en cela par le cocu drapé dans son désir de vengeance…..Ah ces hommes….

C’est surtout le style qui m’a agacée. Il est aussi austère que cette communauté de puritain. Il est aussi lourd que la morale chrétienne encore en vigueur en ces temps là. J’ai trouvé que cette écriture avait un caractère altier.
D’autre part, je n’ai guerre apprécié cette distance imposée par l’auteur dans une narration, lourde elle aussi. Ce dernier, raconte une histoire, sans y mettre de vie ni de lien particulier auquel le lecteur puisse se raccrocher. Nous restons de fait étrangers à cette histoire, sans pouvoir à un moment ou à un autre s’identifier, se positionner. C’est dommage.
Nathaniel Hawthorne-Pocket n°4376 (1995 ; 1ère traduction française en 1955)-216 pages


Nathaniel Hawthorne, né en 1804 à Salem(Massachusetts) et décédé en 1864 à Plymouth, est le père fondateur de la littérature nord-américaine.

Dans le cadre du challenge 50 états, 50 billets , proposé par Sofynet    Pour le Massachusetts  7/50

Dans le cadre la littérature fait son cinéma organisé par Will
Ce livre a inspiré le film de Roland Joffé "Les amants du nouveau monde" avec Demi More, Gary Oldman, et Robert Duvall.

Challenge ABC critiques Babélio, 3/26 [H]



mercredi 14 septembre 2011

Easter parade


Filles d'un couple divorcé, Sarah et Emily Grimes vivent une enfance maussade, ballottée entre diverses banlieues petite-bourgeoises de New York, qui flattent les aspirations sociales de leur mère perpétuellement déconcertée par la vie. Elles se rêveraient bien un père éditorialiste du Sun mais comprennent vite qu'il ne sera jamais qu'un " simple préparateur de copie ". Au sortir de l'adolescence, Sarah, la préférée de leur père, la plus jolie et la plus sensible, entame une histoire d'amour avec le fils de leurs voisins, un beau parti élevé dans une école privée anglaise. Sur une photographie datée de 1941, lors de l'Easter Parade, le couple est immortalisé dans tout l'éclat de sa jeunesse. Un avenir radieux semble s'offrir à lui. Trop différentes pour être proches, les deux soeurs suivent chacune leur chemin, sans vraiment perdre le lien. Jusqu'à ce qu'une série d'événements tragiques n'oblige Emily à remettre leur relation en perspective... Après avoir publié en 1961 La Fenêtre panoramique (adaptée à l'écran sous le titre Les Noces rebelles., par Sam Mendes), Richard Yates poursuit ici sa chronique douce-amère des années glorieuses de la classe moyenne américaine. Paru en 1976, Easter Parade raconte la chute lente de personnages qui se rêvent trop pour se demander qui ils sont vraiment. Comme l'ensemble de son oeuvre, ce roman a marqué toute une génération d'écrivains, parmi lesquels André Dubus, Raymond Carver ou Richard Ford, et continue de fasciner nos contemporains. 
« J’ai presque cinquante ans, et je n’ai jamais rien compris de toute ma vie. »
« Aucune des deux sœurs Grimes ne serait heureuses dans la vie, et à y regarder en arrière, il apparaît que les ennuient commençaient avec le divorce de leur parents. » C’est clair, le lecteur est mis au parfum dès le début du livre. Il ne s’agira pas d’un roman rose.
Un roman noir, et triste qui prend au ventre, et que j’ai eu du mal à lâcher une fois en mains.
Dans l’Amérique des années 50, deux sœurs dans la tourmente ; tel pourrait être résumé ce très beau texte qui montre sur une cinquantaine d’année la lente descente aux enfers de Sarah et Emily, de deux manière différentes, mais arrivées au même point la déchéance physique et psychologique. Sans oublier Pookie, la mère qui montrera un piètre exemple à ses deux filles.

L’auteur se met parfaitement dans la peau de deux adolescentes qui deviendront des femmes au  destin radicalement opposé. L’une, Sarah suivra une vie puritaine avec un seul et unique mari, mais quel mari !!
« Je suis mariée. Tu apprends à endurer certaines choses quand tu veux rester mariée. » Sarah a choisi ; son destin est tracé…
Emily, préfèrera profiter de la libération sexuelle que lui offre l’époque, mais à quel prix…Emily a aussi choisi, son destin est aussi tracé…

Lequel des deux ? Pas facile à choisir !! La voie du milieu sans doute. Mais au fond choisit-on vraiment ? Nous sommes ce que nous avons décidé d’être, certes. Mais nous sommes aussi ce que nos parents ont aussi décidé pour nous en faisant, bien avant nous, leurs propres choix ; des choix qui marqueront une famille entière.
Richard Yates-Robert Laffont-267 pages

Richard Yates est né en 1926 dans l'Etat de New York. Après une enfance instable dominée par le divorce de ses parents, il rejoint l'armée. Au début des années 1950, il devient journaliste, nègre, travaille dans la publicité, avant de publier son premier roman La Fenêtre panoramique, finaliste du National Book Award. Il est soutenu par de nombreux écrivains dont Kurt Vonnegut, Dorothy Parker, William Styron ou Tennessee Williams. Il meurt en 1992.
Challenge New-York organisé par Well-read-kid  







Challenge 26 auteurs/26 livres, 22/26 [Y]
Challenge ABC critiques Babélio ,2/26 [Y]


La fille des Louganis


Dans la beauté solaire de son île grecque, la jeune Pavlina aime celui qu’elle croit son cousin, Aris. Elle ignore le secret qui dévastera pour longtemps la famille : Aris est du même père qu’elle. L’enfant qu’elle aura de lui, fruit d’un inceste, sera confié à l’adoption. La Fille des Louganis raconte l’histoire de ce double arrachement, à l’île et à l’enfant. A Genève, où elle émigre, Pavlina poursuivra son existence, comme absente à elle-même, sans renoncer au rêve – obsédant jusqu’à la folie – de retrouver un jour la fille qu’on lui a enlevée. Sur ce thème à la fois intime et universel de l’abandon, sur le hasard des rencontres et la vertu des amitiés, sur les forces vitales et les péripéties du destin qui nous gouvernent par-delà le bien et le mal, Metin Arditi a composé un roman profond, saisissant d’émotion et de vérité.

« Va savoir…La culpabilité, Pavlina…Certains jours, je me demande si ce n’est pas une idée que le diable a volé au bon Dieu. Quand elle s’insinue dans nos vies, elle nous dévore… »

Je retrouve avec plaisir la belle plume de Metin Arditi dans un ouvrage radicalement différent du Turquetto , en ce qui concerne le synopsis, du moins. Car, au fil de ma lecture j’y ai retrouvé en filigrane le thème de la religion distillé avec beaucoup d’intelligence.
Avec la fille des Louganis, l’auteur embarque son lecteur tour à tour sur une petite ile grecque Spetses, à Athènes, la grande ville, puis Genève, en lieu plus neutre.
A ces trois localités, correspondent 3 étapes dans la vie de Pavlina Louganis, qui dans sa jeunesse aima avec passion son cousin Aris sur l’ile de Spetses, vivra un exil forcé à Athènes, puis se reconstruira à Genève.
La malédiction familiale, les secrets, les fautes des uns et des autres en décideront autrement.
Si l’inceste, avec ses drames et ses secrets, est au cœur de ce roman, Metin Arditi y adjoint l’homosexualité à une époque et dans une société qui n’est pas encore mure pour l’accepter. C’est peut-être cela qui explique la manière un peu crue parfois avec laquelle elle abordée, sans pour autant que cela en soit insupportable. Le style épuré, souvent chantant, teinté d’une certaine chaleur par les mots grecs délibérément laissés par l’auteur m’a séduite, et confirme le plaisir que j’avais eu à découvrir Metin Arditi, fortuitement, il y a quelques mois.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Pavlina, sa sincérité, son amour irradiant, son sens du pardon, sa quête m’ont touchée.

Metin Arditi -Actes Sud (août 2007)-237 pages


Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Il préside l'Orchestre de la Suisse romande et la fondation Les Instruments de la Paix-Genève. Son œuvre est publiée chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La Pension Marguerite (2006 ; Babel n° 823, prix Lipp Suisse 2006), L'Imprévisible (2006, prix de la Radio suisse romande 2007 ; Babel n° 910), Victoria-Hall (Babel n° 726), La Fille des Louganis (2007 ; Babel n° 967), Loin des bras (2009 ; Babel n° 1068) et Le Turquetto (2011).

Le challenge ABC critiques Babélio , 1/26 [A]

Tu, mio


«Je comprenais mal pourquoi la virilité devait ignorer la douleur. Je la voyais appliquée aux hommes, j’essayais de la reproduire quand mon tour venait.
Lorsque j’arrivai sur la plage, mon effort pour me taire m’avait donné de la fièvre et Daniele montra à tout le monde la gloire de ma blessure. La curiosité d’une jeune fille jamais vue jusque-là, le contact de ses mains avec la mienne pleine de trous, chassèrent ma douleur de là aussi. Elle s’appelait Caia.»

Années cinquante, sur une île de pêcheurs. Un garçon de seize ans passe l’été dans la famille de son oncle. Il y côtoie un groupe de jeunes gens, dont Daniele, son cousin, et Caia, une mystérieuse jeune femme d’origine juive. Cette rencontre décisive va amorcer en lui une prise de conscience de la complexité de la condition humaine.
Avec une écriture limpide et poétique, ce court roman se lit d’une traite. Il ne s’y passe pas grand-chose, le rythme n’y est pas fulgurant, et pourtant….il sait vous tenir.

Le temps d’un été, le jeune garçon va passer sans rendre compte de l’enfance à l’âge adulte. Caia, est une jeune fille juive qu’il va rencontrer, avec qui il va découvrir l’amour, et la nature humaine, dans l’Italie de l’après guerre, où il reste des zones d’ombre.

« C’est ainsi qu’on tombe amoureux, en cherchant dans la personne aimée le point qu’elle n’a jamais révélé, qu’elle offre en don uniquement à celui qui interroge qui écoute avec amour. »
 Il va y laisser l’insouciance et côtoyer les réalités d’un passé encore proche, mais pas encore tout à fait clair
 Une histoire solaire, qui donne très envie d’approfondir l’œuvre de cet auteur.

« La morsure de la murène avait laissé un dessin de trous, une lettre claire sur ma peau foncée. Elle avait mis sa main juste là et c’était le geste le plus intime qu’une femme avait eu pour moi. Elle touchait la surface d’une douleur, une prise nette capable de la raviver comme de l’adoucir. Je suis là, disait sa main sur la blessure, je t’accompagne loin, le temps d’une chanson, et je tiens ta douleur dans ma main. »
Erri de Luca-Folio n° 5207(mars 2011)-144 pages


Erri de Luca est né à Naples en 1950 et vit aujourd’hui près de Rome. Venu à la littérature « par accident » avec Pas ici, pas maintenant, son premier roman mûri à la fin des années quatre-vingt, il est depuis considéré comme un des écrivains les plus importants de sa génération, et ses livres sont traduits dans de nombreux pays. En 2002, il a reçu le prix Femina étranger pour Montedidio.


mardi 13 septembre 2011

Challenge ABC critique 2011/2012

"Pour participer à ce challenge, il vous suffit de choisir 26 auteurs dont vous souhaitez lire une œuvre et de partager votre avis ou vos critiques sur cette œuvre. Une seule contrainte, l'initiale du nom des 26 auteurs correspond à chacune des 26 lettres de l'alphabet.

Venez annoncer ici la liste des 26 auteurs de votre choix. Et ajoutez le mot-clé #critiqué quand vous avez ajouté une critique sur Babelio, pour que les autres viennent lire votre avis.

Les bandes dessinées sont tout à fait les bienvenues ! "

Ce challenge est ouvert jusqu'au 13 septembre 2012

"Pour chaque auteur, vous pouvez également ajouter une ou plusieurs citations qui vous ont marqué et qui témoignent du style de l'écrivain... "








Mon challenge

A: Metin Arditi, La fille des louganis- Septembre 2011
B: Tahar Bekri, Salam Gaza - janvier 2012
C:  Philippe Claudel, Meuse l'oubli - Juillet 2012
D:Clara Dupont-Monod, Nestor rend les armes- Septembre 2011
E:Seul le silence, R.J Ellory-Décembre 2011
F:Joshua Ferris, Le pied mécanique- Octobre 2011
G:Hélène Gestern, Eux sur la photo-novembre 2011
H:Nathaniel Hawthorne, La lettre écarlate- Septembre 2011
I:Yuki Inoué,Mémoires d'une geisha-octobre 2011
J: Lucien Jerphagnon,De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles-Novembre 2011
K:Mons Kallentoft, Hiver-Octobre 2011
L:Fouad Laroui, La vieille dame du riad-octobre 2011
M:  Sándor Márai,L'héritage d'Esther-Septembre 2011N:
N :  Naïri Nahpétian, Dernier refrain à Ispahan- Mai 2012
O: Joseph O'Connor, Muse-Octobre 2011
PTorsten Pettersson,Donne-moi tes yeux-Octobre 2011
Q: Yann Queffélec, Les noces barbares- Novembre 2011
R:Guillermo Rosales, Mon ange-Octobre 2011
S:Anne -Sophie Stefanini, Vers la mer- Septembre 2011
T:Johan Theorin,l'écho des morts-septembre 2011
U:John Udike, Terroriste- Janvier 2012
V:Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit-Octobre 2011
W:Herbjorg Wassmo, Cent ans -Octobre 2011
X: Françoise Xénakis, Regarde, nos chemins se sont fermés- Juillet 2012
Y:Richard Yates, Easter parade-septembre 2011
Z: Stefan Zweig, Magellan- Juillet 2012

lundi 12 septembre 2011

C'est lundi, que lisez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*La malédiction des Macfadden, Frédéric Cancellera pour les nouveaux auteurs 
*Petite étoile Khmère, pour les agents littéraires
Ce que je suis en train de lire

*Une lecture cubaine (LC du 15 octobre) encore et toujours.....
*Easter parade, Richard Yates
*Tu, mio, Erri De Luca
*La fille de Louganis ,Metin Arditi

Ce que je lirai cette semaine
Continuer ce qui est encours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
Sinon:
*Le pied mécanique, Joshua Ferris, partenariat grâce à Hérisson
*La comtesse et les ombres,Carrey Wallace, partenariat avec News book


samedi 10 septembre 2011

Petite étoile Khmère


" Que faire de toute cette mémoire qui ressurgit par bribes ? Est-ce parce que je n'ai plus d'Anciens que je tiens tant à faire vivre ce souffle de transmission ? J'ai longtemps tu ce passé, mais je souhaite aujourd'hui laisser à mes filles une trace de notre famille. "






Un grand merci aux agents littéraires qui ont pensé à moi et m’ont proposé de lire cet ouvrage, et à l’éditeur qui a bien voulu m’en faire cadeau.
 Nous avons affaire ici à un ouvrage un peu particulier, puisqu’il est écrit à deux mains…enfin presque. Champey Peik a livré son témoignage, a ouvert sa mémoire à Virginie Montefiore qui s’est chargé de la mise en forme, et en mots.
« Je n’ai pas voulu écrire moi-même ni traverser seule cette période de souvenir, et j’ai confié mon récit à l’écoute attentive de l’auteur. »
J’ai trouvé cela honnête, et beaucoup "d’écrivains «pourraient s’inspirer de cette sagesse…

Sur la forme, il s’agit d’un court récit, constitué d’une multitude de petits chapitres, écrits comme si l’auteur et la récitante ne faisaient qu’un ; C’est " je " qui prévaut ; il n’y a pas de dialogue, ou très eu, mais des citations qui viennent des membres de sa famille. Cela rend la lecture plus vraie, et place la récitante au cœur de ces souvenirs.
Sur le fond, Champey Peik , dans un soucis de travail mémoriel, et désireuse de transmettre à ses filles son histoire , retrace de manière linéaire un parcours qui lui n’est pas linéaire .Si j’ai pu lire quelques témoignages de victimes directes du régime cambodgien, ici , dans son malheur, la récitante a eu plus de chance ( même si une partie de sa famille , restée au pays, paiera le prix fort) puisque qu’elle a pu fuir le pays, et se reconstruire ailleurs.
Le récit est beaucoup axé sur les us et coutumes cambodgiennes  de la famille de la récitante. On y découvre une société éprise de sagesse, et rompu au culte des ancêtres pour qui les évènements d’avril 1978 seront une rupture sans précédent, et sonnera le glas d’une famille de la bonne société cambodgienne et unie. Nous apprendrons des choses intéressantes sur la culture Khmère, et sur la capacité insoupçonnée à rebondir de tous ces peuples asiatiques imprégnés de Bouddhisme.

« Le passé, présent en chacun de nous, doit nous rendre plus fort. »

Le style est très accessible et assez simple ; cela en fait un livre qui se lit vite et facilement. J’ai apprécié la présence en annexes d’un certain nombre de documents. Cependant, il manque une certaine chaleur dans le récit, il y manque du liant et surtout, de la profondeur. J’aurais apprécié que les choses, et les faits soient abordés avec  plus de conviction et plus de tripes.
 Virginie Montefiore/Champey Peik- Editions potentiel d'action-160 pages
Champey Peik, relaxologue depuis son retour à Paris, est diplômée de la méthode Tony Neuman.
Elle travaille actuellement auprès de deux sociétés de finance à Paris.
"Petite étoile khmère "est son premier témoignage




jeudi 8 septembre 2011

L'écriture ou la vie


Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri IV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peu exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et peut-être par un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document. Mais il a composé une oeuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald.
A plusieurs reprises j’ai été émue par les témoignages audiovisuels de Jorge Semprun. Son décès il y a peu m’a incitée fortement à le lire…enfin si j’ose dire. C’est peu dire que j’en attendais beaucoup, trop peut-être ? Car je suis extrêmement déçue de cette lecture.

Par le contenu, en premier lieu. J’attendais autre chose. J’attendais un témoignage sur sa déportation. Or il ne s’agit pas tout à fait de cela ; pas que de cela en tout cas.
Par les longs passages consacrés à la philosophie, aux auteurs, en second lieu. Certes il fut étudiant en philosophie, mais cela m’a semblé ennuyeux, trop copieux, trop !! En somme cela m’a paru "j’en mets plein la vue  avec tout ce que je sais… " Alors que je n’ai guère d’atome crochu avec cette matière si abstraite à mes yeux et à mon cerveau, je me suis senti engloutie et écrasée, au point de me demander sérieusement ce que tout cela faisait là, dans ce livre là…
Par le fouillis permanent que constitue ce livre, ensuite. Je n’ai pas aimé du tout ce manque d’organisation, ces aller et retour incessant et répétitifs .Il saute sans cesse du coq à l’âne, pour revenir à l’âne, et repartir vers autre chose…..J’aime les choses quand elles sont clairement exposées. J’aime  que les idées soient organisées, structurées…bref, j’aime bien m’y retrouver.
Enfin, je suis triste du peu de sensations que m’a occasionnées cette lecture. J’attendais d’être remuée, interpellée, secouée. J’attendais de l’émotion, j’attendais d’entendre raisonner cette corde intérieure, cette petite musique qui est le signe d’une belle lecture. Je m’attendais à cheminer avec Semprun…Et bien non, rien ; ressenti zéro, émotion nulle, calme plat, bouleversement avorté, secousses réduites à néant…

Pour finir sur une note plus positive, je reconnais que l’écriture est élégante, les références solides. Hélas cela ne fait pas tout.
Jorge Semprun- Gallimard Collection Folio n°2870-395 pages

Lu dans le cadre du challenge le nez dans les livres proposé par George.

mardi 6 septembre 2011

La petite

« J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. »
Méfiez vous des enfants sages…

Encore merci à ma libraire, la même, pour son enthousiasme communicatif.
Elle a douze ans, son grand –père vient de mourir, et ce jour là elle a décidé de mourir…

Avec une sensibilité extrême, Michèle Halberstadt se met dans la peau d’une adolescente qui un beau matin a décidé d’en finir avec la vie. Cela pourrait être larmoyant, mélodramatique à souhait….C’est d’une finesse infinie, cousu point par point, et délicatement construit pour finir….lisez et vous saurez !!!

Le prologue est abrupt : « J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. »
Le fil du roman retourne dans le passé au cours duquel la petite (on ne connaît pas prénom, c’est ainsi que ses parents l’appellent…. Un signe….) se livre au lecteur à une confession intimiste. Peu à peu nous faisons route avec elle, nous vivons avec elle, et prenons part à son mal être grandissant. « Une vie qui en vaille la peine, qu’est-ce qui fait qu’on la mérite ? »
Nous rentrons à petits pas dans cette famille où cette petite n’est guère regardée, où l’on s’perçoit à peine qu’elle existe. Elle grandit à l’ombre d’une grande sœur que la famille idolâtre. « La reine et la naine. C’est ainsi que je nous voyais. Comment se faire aimer de la Reine quand on est que la naine ? J’y épuisais mes nerfs. J’en oubliais de grandir. »

« Mourir d’ennui à l’école, pour ensuite se faire toute petite, s’enfermer dans sa tête et ses pensées à la maison, cela ne s’appelait pas vivre. Dépérir plutôt. »
« De toute façon, comment aurais-je pu dire à mon père que je me sentais étrangère à tous, même lui ? »

Michèle Halberstadt aborde ici avec délicatesse un sujet douloureux, celui de notre jeunesse qui ne veut plus vivre.

Difficile d’en dire plus sans déflorer l’histoire.
Difficile de retranscrire la finesse avec laquelle la maturité de cette petite, et la qualité de sa réflexion sont écrites.
Difficile de formuler davantage une lecture toute en sensibilité dégustée avec bonheur au milieu des bruyères et avec pour seule compagnie les oiseaux du large, le soleil (un peu traitre), et la musique de l’océan……

Michèle Halberstadt- Albin Michel( Août 2011)-150 pages




7/7 dans le cadre du challenge du 1% littéraire organisé par Hérisson.

Le challenge la plume au féminin organisé par Opaline.