samedi 8 mai 2010

World Trade Center, 47ème étage

S'offrir New York, ça n'est pas seulement gouter à la vitalité de la ville, déambuler sur la cinquième avenue, ou déguster de délicieux baggels fourrées au saumon. C'est à un moment ou à un autre se confronter à l'histoire récente de cette ville et de Son traumatisme gravé au sud de Manhattan.
Chaque touriste y va ; quelle que fut sa motivation.
Je n'y ai pas échappé. Je le voulais, de toute façon; non par voyeurisme, mais pour mettre une image concrète à toutes celles que j'avais pu voir via la télévision et les journaux.
8 ans, après les lieux ont changés, de nouvelles tours sont en construction, la vie reprend ses droits. Des lieux sont dédiés à l'expression collective de l'immense émotion. Mais les New -Yorkais, n'ont pas encore digérés cela, loin s'en faut. Personne n'en parle....et si par malheur on le fait, ce sont des larmes que j'ai vu couler sur des visages.




Vue du sol.........













Vue d'hélicoptère.........








Frissons garantis en voyant cela,les images du 11/09 se superposent; et je me dis à ce moment là:" il y 8 ans 3000 personnes sont mortes à cet endroit précis, et pourtant il ressemble à un chantier comme les autres. Cela restera une de mes plus fortes émotions ressenties à New York....aussi forte que celle à mon arrivée à l'observatoire de l'empire state building, et celle dans le grand hall du Metropolitan opéra.......évidemment pour des raisons radicalement différentes.



Voici un témoignage poignant d'un homme qui a vécu de près les évènements.


World Trade Center
47e étage

Auteur : Bruno Dellinger
Edition : Robert Laffont
Nombre de pages : 191
4ème de couverture :

Soudain, j'entends le vrombissement strident des moteurs de l'appareil qui s'approche à toute allure. À peine ai-je le temps de me tourner vers la fenêtre qu'un impact d'une violence inouïe ébranle le bâtiment. Une seconde, deux secondes, l'onde de choc descend des étages supérieurs, la tour oscille très violemment des tableaux se renversent, une statuette en marbre vacille, mon fauteuil avance et recule sur ses roulettes. Trois secondes, derrière les fenêtres un déluge sans fin de morceaux d'avion, de poutrelles d'aluminium, de verre, de débris, de kérosène, de feu, des corps peut-être, dégringolent devant nos yeux médusés...
Bruno Dellinger avait sa société au 47e étage de la tour numéro 1 du World Tracte Center. Le 11 septembre 2001, comme celle de milliers d'Américains, sa vie a basculé dans l'horreur. Ce ne sont pas simplement ses bureaux qui ont disparu dans cette effroyable catastrophe, ce sont les fondements mêmes de sa vie qui ont failli être irrémédiablement détruits : sa joie de vivre, son respect d'autrui, son attachement à un système social et politique, sa fierté d'appartenir à l'espèce humaine... Pour surmonter cette épreuve, il lui a fallu puiser au plus profond de lui-même. Minute par minute, il déploie son talent d'écrivain et, avec un réalisme saisissant, raconte ici les événements qui ont bouleversé sa vie et changé la face du monde

Mon appréciation :
11 Septembre 2001…….

Ce témoignage est court, et pourtant chaque mot et chaque phrase sont d’une grande précision, mais surtout d’une infinie pudeur.
L’auteur, en quelques pages seulement, décrit son début de journée et ce qui se passe, tel qu’il le vit dans son bureau au 47 ème étage d’une tour de New-York. Il mettra cinquante minutes pour arriver dehors, non sans avoir remis les choses en ordres et fait ses sauvegardes informatiques. Les mots sont percutants, et décrivent parfaitement l’état d’esprit New-Yorkais et l’atmosphère de cette ville.
Il aura la chance de s’en sortir, et surtout la force et l’énergie pour reconstruire ce qui s’est écroulé en une poignée de minutes.
Avec pudeur, mais sans faux semblant, l’auteur nous fait partager les six mois qui ont suivi ces évènements : la remise en route, vaille que vaille de sa société dont il est le créateur avec l’aide de ses deux employés, le parcours semé d’embuches, la solidarité collectives, mais aussi les vautours qui se réveillent en de pareilles circonstances. Il insiste beaucoup sur le traumatisme, l’aide précieuse de sa famille, de ses amis. C’est d’ailleurs avec l’un d’entre eux qu’il aura la force de retourner sur les lieux. Je peux comprendre le malaise que l’on ressent à ce moment là, ayant eu il y a quelques mois l’occasion de survoler la zone, et d’en avoir ressenti de violentes crampes d’estomac alors que les choses ont changé depuis, et que je ne l’ai pas vécu directement…….
La personnalité de l’auteur est à l’image de toutes celles et tous ceux qui partent faire leur vie dans cette ville : dynamique, optimiste malgré tout, la volonté d’aller de l’avant.
Il expose les incompréhensions des Européens à l’égard de la société américaine et de sa puissance, et nous livre son propre point de vue. Et même si on peut ne pas être toujours d’accord avec ses arguments, ce livre fait réfléchir à bien des égards. Si pour lui, il a été& sans aucun doute une thérapie, ou pour le moins un bon début, pour nous autres, il nous replace face à la fragilité de l’existence, et face à la nature humaine.

5 commentaires:

  1. Tu es allée à N.Y. ? je pense que tu as de la chance. Maintenant qu'ils ont un nouveau président, why not !!!!!!! mais cela ne m'attire pas trop. Je vais mettre ton blog en lien sur le mien, car tu as un réel talent pour parler des bouquins et souvent, nous ne lisons pas les mêmes. J'aime m'absoudre de la réalité dans les bouquins

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  2. me suis trompée. Voici, je ne suis plus anonyme....

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  3. c'est une ville qui attire comme un aimant. A peine arrivé on se sent à la fois chez soi, et à la fois sur une autre planète; une ville fascinante dont je suis tombée amoureuse. J'en rêvais depuis des années, et j'ai concrétisé en septembre dernier, et je ne pense qu'à y retourner. J'ai une liste longue comme le bras de livre ayant New York comme toile de fond, à cela tu rajoutes mes autres envies, et celles provoquées par les forum lecture..........imagine la pagaille sur les étagères et dans ma cervelle!!!!!

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  4. Je me pose la question de savoir si j'irais voir Ground zero...

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  5. On ne se la pose pas, c'est une évidence. Pas de voyeurisme ,le site est protégé par des palissades. En revanche, l'église la plus proche est un lieu de mémoire. Pour ma part, je n'ai souhaité aller à l'endroit hommage aux pompiers, le survol du lieu m'a suffit pour "matérialiser".

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