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dimanche 26 mai 2024

Au nord de la frontière

 


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La culpabilité était un manteau pesant à porter, même quand vous l’aviez taillé vous-même.

Il y a quelques auteurs seulement dont je ne rate aucune sortie ; Ellory est de ceux-là ; depuis seul le silence, aucun ne m’a échappé, aucun ne m’est tombé des mains ; chacun a sa place dans mon palmarès de lectrice. Ellory ne m’a jamais déçue !

Ellory, l’anglais, le british sait mieux que quiconque nous parler d’Amérique, d’une certaine Amérique. Cette fois, nous prenons la direction des Appalaches dans sa partie sud ; une petite bourgade de Géorgie, non loin du Tennessee. Victor y est shérif ; il même une vie tranquille, assez solitaire depuis le décès de sa femme ; pas d’enfant, sa vie est rythmée par son travail.

Quand il apprend le décès de son frère, lui aussi shérif, avec lequel il était fâché depuis de longues années, il découvre aussi une belle- sœur, et une nièce qui va autant s’accrocher à lui que lui à elle. C’est pour Jennifer qu’il accepte du bout des dents de mener l’enquête à propos de la mort de Frank qui n’a visiblement rien d’un accident.

A la fois roman noir au sein d’une région gangrénée par les trafics en tous genres, enquête   formelle au cours de laquelle il ne va pas se faire que des amis et affronter la peur panique de ses collègues d’autant que d’autres meurtres se greffent à celui de Franck, et remise en cause de l’histoire familiale qui va obliger Victor à reconsidérer sérieusement ses certitudes.

Ellory prend le temps d’installer son propos, de construire ses personnages ; Victor, bien sûr, tenace, et farouche défenseur de son rôle de shérif, et pas du tout décidé à laisser l’affaire aux fédéraux. Il veut la vérité pour sa belle-sœur, sa nièce, et aussi pour son frère.  J’ai bien aimé Shirley sa fidèle secrétaire, redoutable, efficace et qui n’hésite pas à le secouer quand elle l’estime nécessaire ; Jennifer, adorable et attachante gamine dont la fraicheur contraste avec la noirceur que quelques autres personnages.

Ellory maîtrise son tempo de bout en bout, il fait avancer son histoire sans bousculer le lecteur, sans le bombarder de rebondissements ou de détails inutiles. L’atmosphère du roman prime sur la précipitation.

Une belle plume, bien comprise jusque là par son traducteur -presque -attitré, le regretté Fabrice Pointeau.

J’ai beaucoup aimé cet opus, qui de mon point de vue est moins démonstratif, moins grandiloquent, mais plus intériorisé, plus profond également.

Du très bon Ellory ! What else ?

Au nord de la frontière de R.J.Ellory, traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau révisé par Pierre Delacolonge, aux éditions Sonatine (Mars 2024, 496 pages)

 


lundi 19 juin 2023

Le complexe d'Eden Bellwether


Ce livre a eu son succès (et quelques détracteurs également) à sa parution, au point d’y décrocher le prix du Roman Fnac, dont j’étais jurée cette année-là. Reçu en SP, je n’avais jamais osé l’aborder craignant la déception….

Ce livre a eu son succès (et quelques détracteurs également) à sa parution, au point d’y décrocher le prix du Roman Fnac, dont j’étais jurée cette année-là. Reçu en SP, je n’avais jamais osé l’aborder craignant la déception….

Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, c’est en dehors de toute pression, rien que pour le plaisir et la curiosité que je me suis enfin décidée.

Benjamin Wood campe son premier roman au cœur de Kings Collège où Oscar, aide-soignant passionné par son travail est attiré par les notes envoutante d’Eden l’organiste. Mais c’est surtout de sa sœur qu’il va tomber amoureux, puis dans les rets d’Eden manipulateur et narcissique puissant. Eden use sur son entourage de soi-disant pouvoirs qui vont pousser cette histoire dans un univers anxiogène, fantastique, à la limite de la folie et du surnaturel.

Si j’ai parfois un peu flotté au cours de ma lecture, j’en ai beaucoup apprécié le parti pris narratif, et romanesque. Le propos est ambitieux, même si les personnages ne sont pas toujours creusés comme on l’aurait voulu. L’auteur est parvenu à m’intriguer jusqu’aux dernières pages.

Et si in-fine ce n’est pas le coup de cœur, l’originalité de ce roman me laissera un bon souvenir ; sans doute parce qu’ai accepté d’une part de me laisser porter hors de ma zone de confort, et que je l’ai lu alors qu’on ne parle plus de ce livre ni de son auteur.

Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood, traduit de l’anglais par Renaud Morin aux éditions Zulma (Septembre 2014, 500 pages) et en poche (2016, et 2020)

Benjamin Wood est un écrivain britannique né en 1981.Il a fait ses études à l'Université du Lancashire central et a reçu un MFA en création littéraire à l'Université de la Colombie-Britannique, au Canada.Son premier roman "Le complexe d'Eden Bellwether" ("The Bellwether Revivals", 2012) connait un grand succès et a été bien accueilli par la critique.Il a été récompensé par de nombreux prix en France, dont prix du roman Fnac 2014, et outre-Manche."L’Écliptique" ("The Ecliptic"), son deuxième roman, parait en 2015, suivi de "Sur la route, vers ailleurs" ("A Station on the Path to Somewhere Better") en 2018.Benjamin Wood est maître de conférences au King's College de Londres. Il vit avec sa femme et son fils à Surrey.

 


 

En juin, on lit anglais, et british.... 

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