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jeudi 15 février 2024

Le soleil des rebelles


Il se rappelait son père, sa mère, sa petite sœur, la gouvernante Eilika et chacun des habitants du château, mais il n’arrivait pas à se voir. Il était comme une silhouette floue.

Il n’est plus à prouver que le regretté Luca Di Fulvio est un formidable conteur. Il est capable d’embarquer son lecteur dans des histoires rocambolesques et aventureuses avec des personnage attachants et bien campés !

Cette fois Luca Di Fulvio nous projette au Royaume de Saxe dans les années 1400. Un enfant grandi en toute innocence au royaume de son père le Roi. C’était sans compter sur l’avidité et la cruauté du Seigneur voisin qui massacre la famille entière, laissant le petit Marcus, orphelin, et recueilli dans une famille de serfs. Ce petit Prince va devoir très vite s’habituer à une nouvelle vie, oublier qui il est pour se fondre dans un monde qui lui était jusque -là tout à fait étranger. Avec Eloisa, la fille de sa protectrice, Markus est embarqué dans une série d’aventures vertigineuses, qui pour lui feront office de parcours initiatique pour à la fois se réapproprier sa vie, tenter de reconquérir son rang, échapper autant que faire ce peu à ces bourreaux, et pourquoi pas les mettre hors d’état de nuire, mais surtout grandir, apprendre, se forger un caractère et se construire une vie d’homme.

Change ta manière de penser, ou ta vie ne dépendra plus de toi. T’as compris ?

Il y a dans ce roman du sang, de l’aventure, des rebondissements, du suspense, de l’amour, de la solidarité. Et si parfois, on voit bien que l’auteur s’égare un peu, en rajoute un tantinet, peut se faire un peu long parfois, il prend néanmoins le parti de distraire avec élégance et bon goût.

Le soleil des rebelles de Luca Di Fulvio, traduit de l’italien par Françoise Brun aux éditions Slatkine (Avril 2018,637 pages) et Pocket (Mai 2019, 830 pages)

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien,né en 1957, auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition.

Ses romans mêlent habilement histoire, suspense et émotions.

Publié en 1996, son premier roman, "Zelter", est une histoire de vampire.

Son deuxième roman, "L’empailleur" ("L'impagliatore", 2000), est un thriller qui est adapté au cinéma en 2004 par Eros Puglielli sous le titre "Ochi di cristallo".

Les droits cinématographiques de son roman "L'échelle de Dionysos" ("La scala di Dioniso", 2006), dont il a aussi écrit le scénario, sont vendus avant même la parution du livre en librairie.

Sous le pseudonyme de Duke J. Blanco, il aborde la littérature d'enfance et de jeunesse avec "I misteri dell'Altro Mare" en 2002.

Luca Di Fulvio est devenu l'un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de "Le gang des rêves" ("La gang dei sogni", 2008), le premier tome d'une saga familiale. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d'un jeune Italien, s'est lentement mais sûrement transformé en best-seller. Suivront "Les enfants de Venise" ("La ragazza che toccava il cielo", 2013) puis "Le soleil des rebelles" ("Il bambino che trovò il sole di notte", 2018),"Les prisonniers de la liberté" en 2019

Luca Di Fulvio est finaliste du prix Bancarella 2021 avec "Mamma Roma" ("La Ballata della città eterna", 2020).

Atteint de la maladie de Charcot, il est décédé à 66 ans en 2023.

 

samedi 2 décembre 2023

Ce n’est qu’un début, commissaire Soneri

Cher ami

Nous revoilà donc, vous et moi pour quelques heures italiennes dans votre chère ville de Parme ; mais pas que ! Parce que votre enquête va vous pousser un peu plus loin dans votre beau pays, des montagnes vers les rivages méditerranéens, vous aller voyager un peu plus, souvent en compagnie de votre amie qui vous apaise et vous soutient sans en avoir l’air.

Il fait froid et gris dans bonne vielle ville de Parme quand coup sur coup deux individus sont retrouvés morts. L’un richement vêtu mais non identifié, s’est visiblement suicidé, l’autre apparemment plus nanti est assassiné devant chez lui. A priori rien de commun entre les deux, mais, sait-on jamais. Pour le moment, nous nageons en plein brouillard, comme Parme du reste.

Mais comme vous êtes un fin limier, vous allez vite tenir une toute petite piste qui va remuer en vous beaucoup de souvenirs. En effet, la seconde victime n’est autre qu’un agitateur politique, soixante-huitard. C’était l’époque où les deux extrêmes se regardaient en chien de faïence, mais l’un comme l’autre a vite ravalé leurs illusions pour s’embourgeoiser sans mine de rien.

Vous aussi avec perdu vos illusions ; force est de constater qu’il vous faut composer avec cela chaque jour. Vous n’êtes pas un joyeux drille, plutôt nostalgique d’un temps révolu, mais plutôt un jouisseur tranquille. Il y a toujours une bonne table sur votre route, quelques verres de vin ou de Grappa. Et puis il y a Angela, toujours présente, aux petits soins. Vous vous faites coquin de temps en temps, n’est-ce pas ?

J’ai apprécié mon escapade italienne en votre compagnie ; escapade sans pétarades ni grosses secousses, mais une escapade où je vous ai vu toujours aussi déterminé, méthodique et perspicace. Merci pour le dépaysement, les repas savoureux qui m’ont fait beaucoup fait saliver, et votre petit côté bougon qui vous donne un air si attachant !

Ce n’est qu’un début, commissaire Soneri de Valerio Varési, traduit de l’italien par Florence Rigollet aux éditions Agullo (Mai 2023, 350 pages)

Valerio Varesi est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l’Université de Bologne après une thèse sur Kierkegaard, il devient journaliste en 1985. Il est l’auteur de onze romans au héros récurrent, dont Le Fleuve des brumes nominé au prestigieux prix littéraire italien Strega ainsi qu'au Gold Dagger Award en Grande Bretagne. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues.