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samedi 15 février 2020

La petite fille sur la banquise


Les mots manquent, à neuf ans pour dire ça. ″

Adélaïde a 9 ans, lorsque dans une cage d’escalier elle se fait violer. Elle mettra des années à mettre les ″ bons″ mots sur ce qu’elle a subi. Durant tout ce temps, la gamine ne va pas bien ; l’adolescente perd pied, s’engage dans des relations ″kleenex ″, cherche sa voie ; la jeune adulte erre de thérapie en thérapie sans parvenir à se relever….

Construit de manière chronologique, ce roman comporte trois parties, comme les trois étapes dans la vie d’Adélaïde. La première montre sa descente aux enfers faites d’angoisses, de tristesse, d’addictions, de haine d’elle-même, de thérapies.

Dans la seconde, Adélaïde peut enfin poser le mot viol sur ce qu’elle a subi, et qui jusqu’alors n’avait été qualifié que d’attouchements.

Enfin, la dernière partie est consacrée au procès. On y voit l’extrême difficulté pour les victimes d’être reconnues, d’être crues, et l’ultime combat que représente la confrontation entre les victimes et l’agresseur qui s’enferme dans le déni et la violence. Mais l’auteur insiste également sur la nécessité du procès. Les victimes ont besoin d’être reconnues comme telles directement et indirectement par le biais d’une condamnation du violeur.

Cet ouvrage, bouleversant, montre avec justesse et avec des mots souvent très durs, le parcours d’une enfant saccagée, à la dérive ; mais aussi d’une adolescente volontaire et courageuse.
Adélaïde insiste sur les mécanismes qui font l’amnésie des premières années, rendant indispensable le temps long qui aboutit à la verbalisation des faits et au travail de réparation.

La petite fille sur la banquise d’Adélaïde Bon, aux éditions Grasset (Mars 2018, 256 pages) et au livre de poche (Mars 2019,256 pages)


Adélaïde Bon est née en 1981, La petite fille sur la banquise est son premier livre.


Lecture autour du mot "petit" 

jeudi 15 janvier 2015

Les anges meurent de nos blessures



Yasmina Khadra, cette fois, ne nous fera pas traverser le temps, mais au contraire, a choisi une époque bien particulière de l’histoire de l’Algérie. Nous sommes au sortir de la Grande guerre, et si les différentes composantes de la population semblent vivre dans une certaine bonne entente, en tout cas de façade, il n’en reste pas moins un climat de racisme et de rejet qui finissent par exploser à la face des petites gens. A eux, qui vivent la défiance, et les mauvais coups du sort, ne reste que le sport pour espérer sortir du lot, et prendre l’ascenseur social.
Turambo est de ceux- là. Il ne ménage pas sa peine. Sa rapide mise en lumière, ne le fera pas pour autant grandir émotionnellement. Et c’est de l’amour, que viendra sa chute.

Yasmina Khadra immerge brutalement le lecteur en pleine chute pour mieux lui faire faire le chemin inverse, en sachant doser intelligemment une forme de suspense. Mais pourquoi nous trouvons notre héros promis à la bascule à Charlot ? Son destin est en marche, tout est écrit…
Enfin presque. Yasmina Khadra fera le reste en nous brossant un portrait attachant d’un homme que l’on aurait aimé pouvoir conseiller, et raisonner.
Ce que j’apprécie chez lui, c’est que les choses ne sont jamis noires ou blanches, les gens ni bon ou mauvais, mais au contraire il nuance, tente de se faire objectif, mais sans complaisance. Les choses et les personnages sont complexes, comme l’a été l’histoire de ce pays.

Si j’ai retrouvé avec plaisir Yasmina Khadra dont la plume imagée , poétique et réaliste à la fois, si plonger dans cette époque de l’histoire de l’Algérie peu abordée m’a beaucoup appris, je reste malgré tout toujours en attente des émotions ressenties lors de ma lecture de Ce que le jour doit à la nuit, sans doute un de ses meilleurs romans , pour moi, à ce jour.

Les anges meurent de nos blessures, yasmina Khadra
Julliard, Août 2013
403 pages

4ème de couverture :
Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable ou il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde ou la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour se met parfois en grand danger.

A propos de l’auteur :
Yasmina Khadra est l'auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L'Attentat et Les Sirènes de Bagdad. La plupart de ses romans, dont À quoi rêvent les loups, L'Écrivain, L'Imposture des mots et Cousine K, sont traduits dans 42 pays. Ce que le jour doit à la nuit– Meilleur livre de l'année 2008 pour le magazine LIRE et prix France Télévisions 2008 – a été adapté au cinéma par Alexandre Arcady en 2012. L'Attentat a reçu, entre autres, le prix des libraires 2006. Son adaptation cinématographique par le réalisateur Ziad Doueiri, sortie sur les écrans en 2013, a reçu de nombreuses distinctions.

 Pour le challenge de Calypso autour du mot Ange.


 Pour le challenge de Bianca.

mercredi 15 octobre 2014

Du sang sur la Baltique



Retrouvons Thomas, notre inspecteur, aidé de Nora qui ne boude pas son plaisir pour donner un coup de main à son ami ; ce qui lui change un peu les idées, alors qu’elle traverse une passe un peu difficile avec son mari.

La bonne société suédoise passe son été sur l’eau entre régates, réceptions, et mondanités en tout genre. Seulement voilà, les choses se gâtent un peu. La fête est finie. Il va bien falloir comprendre ce qui s’est passé.

Viveca Sten rentre de plein fouet dans ce milieu clos, qui a ses codes, et ses petits arrangements. Avec méthode, et mesure elle fait avancer son lecteur, non sans le perdre de temps à autre, pour le faire arriver à une vérité que l’on voir difficilement venir  à l’avance.

Ayant lu son premier opus,La reine de la Baltique, j’ai le sentiment que le second gagne en complexité. Les  personnages se font plus travaillés, les annexes sont plus consistantes pour davantage perturber le lecteur. Viveca Sten n’est pas un auteur tgv ; elle prend le temps d’installer son affaire ; mais les chapitres courts donnent un dynamisme bienvenu.

Certes j’ai lu des policiers redoutablement plus efficaces et consistants. Il n’empêche que celui-là m’a donné d’excellents moments de détente ; ce qui était le but recherché !!
 

Du sang sur la Baltique, Viveca Sten
Albin Michel, Septembre 2014
375 pages.



4ème de couverture :

Par une belle journée de juillet, une foule impatiente assiste au départ du Tour de Gotland, la plus importante régate d’Europe du nord. Mais le voilier qui fait la course en tête abandonne soudainement. Son skipper, le vice-président de la prestigieuse Royal Swedish Yachting Society, vient d’être abattu. Et si cet avocat très médiatique, père de famille respectable, n’était pas celui que l’on croit ?

Maîtresse bafouée, concurrent jaloux… la liste des suspects s’allonge au fur et à mesure d’une enquête délicate où l’inspecteur Thomas Andreasson  tente de percer à jour une élite mondaine prête à tout pour sauver les apparences. Même à tuer une seconde fois...
A propos de l’auteur :

Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture. Sa série, qui met en scène l'inspecteur Andreasson et l'avocate Nora Linde sur l'île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, la série est publiée dans une quinzaine de pays et vient d'être adaptée en série pour la télévision suédoise.

Comme ses héros, l'auteur possède une vieille maison familiale sur l'île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse.


 Pour le challenge de Calypso autour du mot Sang.