lundi 6 juillet 2020

Une ardente patience

Ce roman a été adapté au cinéma en 1994, sous le titre ″ Le facteur″ J’en ai un souvenir lointain, mais excellent.

Voilà, l’occasion de découvrir l’œuvre écrite pour l’escale chilienne de mon tour du monde livresque estival.

Mario est pêcheur, mais pas vraiment convaincu. Il préfère devenir facteur sur une petite île dont le seul habitant n’est autre que le poète Pablo Neruda.

Mario se prend d’amitié pour Neruda, et inversement. Chacun ayant à apprendre à l’autre, et à découvrir de l’autre. Mario n’hésite pas à solliciter le poète pour l’aider à conquérir la belle Beatriz

L’île noire est le refuge du poète, l’homme engagé que l’on connait, mort quelque jour à peine après le coup d’état de Pinochet.a prose de Skármeta est élaborée, elliptique, pleine d’humour ; ce qui rend un peu laborieuse (parfois) la lecture du recueil. Néanmoins, son contenu n’est pas dénué d’intérêt. Opposant comme Neruda, et exilé, il rend un vibrant hommage à l’infatigable militant, et défenseur des libertés, de la démocratie.

Une lecture, en demi-teinte pour moi, sans pour autant que je n’abandonne la découverte de l’auteur.

Une ardente patience d’Antonio Skármeta, traduit de l’espagnol par François Maspero aux éditions Points poche (1987/2001/2016 156 pages ; première édition française en 1987)

 

Antonio Skármeta est un écrivain chilien d'origine croate né à Antofagasta en 1940.

Il obtient une bourse Fulbright, en 1964, pour étudier à l'Université Columbia à New York. Il participe à la vie théâtrale, cinématographique et musicale de Manhattan.

 Il revient à l'université du Chili en 1967 où il enseigne la philosophie et la littérature.

Intellectuel de gauche, membre du MAPU, partisan de Salvador Allende pendant les années de l'Unité populaire, il doit quitter le pays après le coup d'état de 1973, avec le cinéaste Raul Ruiz.

L'exil, commencé en Argentine, se déroule surtout à Berlin-Ouest, jusqu'en 1989. Il y enseigne à l'Académie allemande du film et de la télévision.

Auteur de scénarios pour le cinéma et la télévision, il obtient, en septembre 1983, le Grand Prix du Festival de Biarritz pour son film "Ardiente paciencia" (réalisateur et scénariste). Il en tire un roman publié sous le même titre en 1985 (en français "Une ardente patience").

Ce roman est adapté au cinéma en 1994 sous le titre "Le Facteur" (Il postino) avec Philippe Noiret dans le rôle de Pablo Neruda. Il existe même un opéra tiré de cette œuvre avec Plácido Domingo (dans le rôle de Neruda).

En 1999, il publie le roman "La Noce du poète", récompensé en France par le Prix Médicis étranger en 2001. 

Il a reçu le Prix du livre de jeunesse sur la tolérance, décerné par l'UNESCO, en 2002, grâce à son livre de littérature pour la jeunesse "La Rédaction", puis le Prix Planeta pour "Le Ballet de la victoire" en 2003. En 2006, Antonio Skármeta a reçu le prestigieux prix Flaiano pour l'ensemble de soir œuvre.


dimanche 28 juin 2020

Le jour où Kennedy n’est pas mort

Dans mes lectures, j’ai quelques rituels, quelques habitudes, quelques auteurs fétiches dont je ne rate rien. Depuis seul le silence, Ellory est de ceux-là. Cet opus n’est pas son meilleur, mais il se situe parmi les meilleurs parce qu’il est différent des autres.

Juillet 1964, Washington, JFK prépare sa réélection ; non, vous ne rêvez pas, JFK, n’est pas mort à Dallas l’année précédente, Harvey était pourtant bien présent sur le parcours du Président. Oui, mais voilà Ellory change l’histoire.

Mitch Newman est un photographe indépendant, un peu borderline ; L’esprit abîmé par son passage à la guerre de Corée, sa rupture non assumée avec sa fiancée de l’époque, Jean, il traine un peu sa misère entre deux cuites. Il apprend justement que cette dernière vient de se suicider.

Foudroyé par la nouvelle, il n’a d’autre choix que de trouver la vérité. …D’autant que Jean enquêtait sur Kennedy qui traine un certain nombre de casseroles : fraude aux voix, ses rapports avec la pègre, son goût boulimique pour les femmes, ses addictions multiples. La présidence Kennedy, on le sait maintenant, ne fût celle d’un beau gosse qui voulait envoyer un homme sur la lune.

Pour Mitch, que l’on découvre encore très amoureux de Jean, il n’y a aucun doute, Jean ne s’est pas suicidée. Oui, mais comment le prouver ? Que savait-elle exactement ? A qui faire confiance ?

J’ai beaucoup aimé le portrait tout en nuance de Mitch, sans cesse torturé par ces démons, ses remords, et armé d’une détermination intacte pour trouver la vérité.

Voilà près de 60 ans que Kennedy est mort, non sans qu’il subsiste encore quelques zones d’ombres, certes, Ellory ne révolutionne pas sujet, mais il offre un opus réussi, bien construit et prenant.

 Je remercie les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre avec l’opération masse critique Babélio.

 

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J Ellory, traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau, aux éditions Sonatine (Juin 2020, 430 pages)

 

R. J. Ellory est né en 1965 à Birmingham. Le jour où Kennedy n’est pas mort est son douzième roman publié en France par Sonatine Éditions.