lundi 4 juillet 2022

La saga des Florio 1 : Les lions de Sicile

Vous avez l’esprit occupé ailleurs ; vous aimez l’histoire, les épopées familiales ; vous avez envie d’évasion, de soleil sans avoir à sacrifier la qualité ? Cette saga est faite pour vous !

Ce premier opus de la saga des Florio s’étend sur 70 années au cours du 19ème siècle ; soit deux générations de Calabrais arrivés à Palerme dans le but clairement assumé de faire fortune, et de se hisser au plus haut de l’échelle sociale !

Voici l’histoire de Paolo et Ignacio arrivés sans le sou à Palerme, fuyant un énième séisme ravageur, démarrant petitement dans le commerce des épices, affrontant l’hostilité et la jalousie féroces des Siciliens. Il faut dire que les deux frères ont de l’ambitions pour quatre, et que rien ne les arrêtera ; ni les aléas de l’histoire à la fois présentée de manière formelle à chaque début de partie, et astucieusement intégrée au fil de la narration.

Les hommes occupent une part très importante de l’œuvre parce nous somme dans l’Italie du sud, et l’homme occupe toutes les strates de la vie sociales, en reléguant les femmes à leur rôle d’épouse et surtout de génitrice. En dépit de leur dureté de caractère, l’ascension économique des deux frères, puis de la génération suivante forge le respect de par leur intuition, leur sens des affaires, leur esprit d’entreprise, leur inventivité, et leur sens aiguë de la famille ; nous sommes en pays latin et profondément catholique, et par conséquent, on comprend assez vite que la morale intime est souvent à géométrie variable.

A contrario sous des aspects de femmes soumises, de bigotes et de Mama, les femmes agissent dans l’ombre, et à force de ténacité parviennent à faire entendre leur voix, aussi peu audibles soient-elles dans ce monde impitoyable pour elles.

Aimant les fresques historiques, j’ai particulièrement apprécié ce premier opus ; je l’ai trouvé très agréable à lire, instructif, et traitant bien ses personnages. Il me tarde de retrouver les Florio dans le second opus !

La saga des Florio 1 : Les lions de Sicile de Stefania Auci, traduit de l’italien par Renaud Temperini, aux éditions Albin Michel (Avril 2021, 560 pages) et au livre de poche (Avril 2022, 630 pages)


Née à Trapani en 1974 mais Palormitaine de cœur, Stefania Auci, après des études de droit, a travaillé quelque temps dans un cabinet juridique puis comme enseignante, avant de se consacrer à l’écriture.


Je reste fidèle au challenge du pavé de l'été organisé par Brize . 

mercredi 29 juin 2022

La dernière trace

 

Nous sommes en janvier 2003, à Londres. Elaine doit prendre l’avion pour Gibraltar afin d’assister au mariage de son amie Rosanna avec Dennis.

C’est un jour d’épais brouillard, le vol est annulé. Désespérée, elle se voit proposer d’être hébergée jusqu’au vol du lendemain par un homme. Depuis la jeune femme a disparu….

Quelques années plus tard, Rosanna qui semble s’ennuyer un peu dans son couple, et à Gibraltar, reprend son métier de journaliste pour une série de reportages à propos de disparitions non résolues… Voilà l’occasion pour elle de se pencher sur le cas de son amie.

Il est inutile de chercher de la violence, du sang ou des folles poursuites dans ce recueil. Ce dernier n’est pas pour autant un polar pépère, ou ronronnant. Des quelques personnages du début, nous allons passer à une multitude d’individus, tous plus ou moins reliés entre eux.

Charlotte Link les aborde chacun leur tour, passant de l’un à l’autre dans un récit qui se veut vivant, clair et sans monotonie.

Elle dresse pour chacun un portrait psychologique de plus en plus resserré en mettant en lumière les zones d’ombre de chacun.

Qu’est-il arrivé à Elaine ? A-t-elle volontairement disparu ? At-elle été assassinée ? A-t-elle eu un accident ?

Rien d’évident au début, car l’auteur promène assez bien son lecteur ; je reconnais pour ma part, que je me laisse facilement promener.

Sans forcément être le thriller du siècle, d’autant que celui-ci date un peu et que cela se sent à la lecture, cet opus s’avère bien agréable à lire, de bonne facture. Une lecture d’été bienvenue pour s’aérer l’esprit quand on en ressent le besoin.

La dernière trace de Charlotte Link, traduit de l’allemand par Danièle Darneau, aux éditions des Presses de la cité (2010,452 pages), en collection poche chez J’ai lu (2012, 610 pages), chez France Loisirs (2016, 648 pages).


Charlotte Link est une écrivaine allemande née en 1963.

Charlotte Link a publié son premier roman à l'âge de 19 ans.

Elle a écrit des livres pour enfants, des nouvelles, des thrillers psychologiques, des romans (historiques pour la plupart) et de nombreux articles de magazines et de quotidiens.

On lui doit également plusieurs best-sellers portés avec succès au petit écran, dont la trilogie "Le Temps des orages" (Sturmzeit) - 1989, 1992, 1994), en 1999.

En 2007, elle a reçu le prestigieux Goldene Feder pour l’ensemble de son œuvre.


Je reste fidèle au challenge du pavé de l'été organisé par Brize .