lundi 15 janvier 2018

Ariane



La banlieue de Bruxelles, elles sont deux adolescentes : Ariane et la narratrice. Ariane vit dans un milieu aisé, alors que la narratrice vient plutôt d’un milieu modeste. Elles font toutes deux connaissances au lycée. C’est le début d’une amitié très forte, pour le meilleur, et surtout pour le pire….

Myriam Leroy, dans ce premier roman dépeint ici une amitié vénéneuse, d’un amour amical aussi puissant que délétère. Elle met ainsi à nu les tourments de l’adolescence, ses instabilités émotionnelles, ses bouleversements physiques et psychiques ; elle montre cette quête de reconnaissance et d’amour de ces adultes en devenir, persuadés de leur maturité, mais étouffés par le doute, la jalousie et l’envie.
C’est dans une langue plus proche de l’oral que de l’écrit que s’exprime Myriam Leroy, comme pour mieux coller à nos deux personnages. Elle instaure une tension certaine qui va crescendo jusqu’au dénouement qui en réalité n’en est pas tout à fait un.
Ariane est un premier roman original, agréable à lire ; ses deux héroïnes sont attachantes, chacune à leur façon. Il laisse entrevoir un auteur de talent.

Un grand merci à Muriel pour la découverte de cet ouvrage.

Ariane de Myriam Leroy, aux éditions Don Quichotte (Janvier 2018, 210 pages)


Myriam Leroy est journaliste en radio, télévision et presse écrite à Bruxelles.

lundi 8 janvier 2018

Aung San Suu Kyi, demain la liberté



Avant toute chose, je me dois de préciser que j’ai lu la version grand format, donc la plus ancienne ; c’est le seul exemplaire dont disposait ma médiathèque.

De plus, il ne faut surtout pas se laisser abuser par le titre ; à savoir que l’ouvrage n’est pas uniquement consacré à La Dame (comme il était d’usage de la nommer en Birmanie pour ne pas "affoler" les oreilles indiscrètes de l’époque ( et sans doute encore actuelles…) comme l’indique le titre.

Pour comprendre ,ce pays à la fois fascinant et si mystérieux, il convient, comme l’ont fait les auteurs, de présenter Aung San Suu kyi, de dérouler l’historique de son combat, mais surtout de la resituer dans l’histoire et en particulier par rapport à son père, véritable héros national ayant obtenu l’indépendance de son pays au dépend de la Grande Bretagne.

A ce propos j’écarte tout de suite, toute polémique ayant trait au sujet des Rohyngas ; le sujet est infiniment plus complexe que les médias veulent bien nous le présenter, et surtout bien plus ancien qu’on ne l’imagine.

L’objet de ce livre est un portrait général de la Birmanie, extrêmement bien documenté, accessible, et à mon sens très objectif.

Les auteurs reviennent longuement sur les rouages de la junte militaire qui s’est installée dans les années 60 et qui depuis a mené le pays à la ruine (alors que son sous-sol regorge de richesses), dans un état d’isolement total et privant sa population de tout. Ils expliquent notamment comment l’armée a pris le contrôle total du pays, a monté les minorités les unes contre les autres.

La société birmane y est expliquée avec précision, érudition, avec entre autre, un bel exposé sur l’importance du bouddhisme et de son clergé.

Cet ouvrage serait à mes yeux parfait si j’avais eu l’édition remise à jour Néanmoins, il constitue pour moi un apport précieux pour la suite de ma "préparation birmane".

Aung San Suu Kyi, demain la liberté, de Jean-Claude Buhrer et Claude B.Levenson, aux éditions Philippe Piquier (2000,250 pages), disponible en poche (2003,320 pages, et reis à jour en 2007)


Jean-Claude Buhrer est un écrivain et journaliste français, spécialiste des Nations unies, de Amérique latine et de l’Asie.

En septembre 2001, il a été l’envoyé spécial du journal Le Monde à la conférence de Durban. Il a été correspondant permanent du journal auprès des Nations unies à Genève et c’est à ce titre qu’il a couvert les travaux de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Il a également suivi les sessions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui a succédé à la Commission en 2006.

Jean-Claude Buhrer est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’Amérique latine et l’Asie. Il a aussi écrit plusieurs ouvrages avec Claude B. Levenson, son épouse.

Claude B. Levenson (1938-2010) est un écrivain et journaliste, sinologue, tibétologue.

Elle suit une scolarité à l'école publique au Lycée Victor-Duruy. Puis, elle étudie le russe, la linguistique, la philosophie, l'Inde et ses religions à l'Université Lomonossov de Moscou.

Au début de sa carrière journalistique, elle rencontre le 14e dalaï-lama et est sa traductrice en langue française depuis bientôt trente ans. Proche du dalaï-lama, elle se dit avant tout au service de la cause tibétaine.

Elle voyage en tant qu'interprète en Asie (Inde et Asie du Sud-Est) et en Amérique latine, puis comme journaliste (Népal, Cambodge, Inde, Birmanie, Thaïlande, Indonésie). En 1984, elle visite pour la première fois le Tibet où elle se rendra à de nombreuses reprises jusqu'en 2005, date à laquelle sa demande de visa de tourisme est refusée, probablement en raison de ses activités.

Elle collabore au journal Le Monde, au Nouvel Observateur, à Politique internationale et parfois à Géo, Grands Reportages, La Tribune de Genève et la Radio suisse internationale.

dimanche 7 janvier 2018

Chacune de ses peurs



Echange appartement….tout simplement !
Corbin, part travailler à Londres, et tout naturellement il propose à Kate sa cousine londonienne de venir s’installer à Boston durant 6 mois.
Kate est à peine arrivée dans son nouveau logis, que c’est le drame….
D’abord, il y a assez peu de préliminaires ; l’auteur ne prend pas la peine d’installer son affaire, si ce n’est de dresser un portrait assez perturbé de Kate, et plutôt ombrageux de Corbin.
Donc, nous voilà dans le vif du sujet, et beaucoup trop dans le vif du sujet. L’auteur ne maintient pas longtemps le suspense ; dès la quarantaine de pages on cerne le truc, et les rares et timides diversions de l’auteur n’y feront rien ! Niveau suspense, c’est raté.
Sur la forme, l’auteur d’essai à multiplier les points de vue pour, grosso-modo, dire la même chose. C’est assez lassant, et cela n’apporte rien  à une histoire bien fade. Le tout est servi par une écriture somme toute assez banale, très ordinaire,  et sans relief.
La seule qualité, et non des moindres quand l’ennui et l’agacement se font ressentir, c’est que ce livre se lit vite ; et s’oubliera bien vite.

Policier faisant partie de la sélection du jury de janvier pour le Grand prix des lectrices Elle 2018.


Chacune de ses peurs, de Peter Swanson, traduit de l’américain par Marie-France de Paloméra, chez Calman Levy (Septembre 2017,375 pages)



Auteur de nombreux poèmes hautement récompensés, Peter Swanson a étudié la littérature à Trinity College et aux universités d’Amherst et d’Emerson. Il vit avec sa femme à Somerville, Massachusetts.

Il est l'auteur de 2 romans:
"The Girl with a Clock for a Heart", paru en français sous le titre 2014 de "La fille au coeur mécanique"
2015 "The Kind Worth Killing"

vendredi 5 janvier 2018

Taqawan



Une amérindienne qui disparait, une réserve en proie à la répression policière à propos de filets de pêche. Yves Leclerc le garde forestier qui n’en peut plus des injustices….
Taqawan est un roman protéiforme, inclassable  D’ailleurs en parler, poser des mots justes et mettre en évidence ses forces  n’a rien de facile.
Mêlant histoire, présent, légendes, symboles et métaphores, Éric Plamondon nous donne à réfléchir sur l’histoire d’un peuple qui n’a cessé d’être bafoué, ignoré, persécuté. Un peuple qui au fil des siècles a su, mieux que quiconque préserver ses ressources ; un peuple que l’on moque et dont on ne retiendra que son folklore, ou du moins ce que l’on prend pour du folklore.
  Éric Plamondon part d’un évènement datant des années 80,  réveillant brutalement en quelque sorte un Canada qui découvre son amérindianité et que si les Français avaient découvert le Québec, les amérindiens l’avait fait !
 On ne comprend pas forcément tout, il y a des choses qui nous dépassent tant elles sont chargées de symboles .En revanche on se laisse vite embarquer dans ce tourbillon aux multiples entrées et dans cette construction originale qui nous ramènent au cœur de la question indienne, et aux zones d’ombre d’une nation confrontée à « son angle mort »

Merci Muriel pour cette belle lecture.

Taqawan d’Eric Plamondon, chez Quidam éditeur (Janvier 2018,200 pages)


Né à Québec en 1969, Éric Plamondon a été pompiste à Donnacona, bibliothécaire à Thetford Mines, barman sur la Grande Allée et a enseigné le français à l'université de Toronto.

Chargé de communication et Media Designer pendant plus de dix ans, il travaille actuellement au dernier opus de sa trilogie 1984, où l'on suit les destins de Johnny Weissmuller (Hongrie-Hollywood Express, 2011), Richard Brautigan (Mayonnaise, 2012) et Steve Jobs (Pomme S, 2013).

Il vit aujourd'hui à Bordeaux.