samedi 7 septembre 2019

Une vie avec Alexandra David-Néel, tome 1


Cela faisait longtemps que je voulais découvrir Alexandra David-Néel, orientaliste, voyageuse au sens le plus noble du terme, exploratrice, féministe avant l’heure.
Emprunter le chemin de la BD me semblait être une bonne chose pour commencer.
Ce roman graphique s’inspire des mémoires de Marie-Madeleine Peyronnet, sa secrétaire durant les dix dernières années de sa vie.

Deux chartes graphiques se croisent tout au long de cet album ; l’une dans les tons colorés pour le point de vue d’Alexandra et de ses souvenirs ; l’autre prune pour le point de vue de Madeleine, qui dans ce premier tome arrive au service de la vielle dame dans sa maison de Digne appelée Samtem Dzong.

Alexandra David-Néel, aussi indépendante, aventurière et pionnière qu’elle fût, doit se résoudre à se faire aider durant les dernières années de sa vie. Cette dame a du caractère, et, la cohabitation avec sa secrétaire/ femme à tout faire n’a rien d’évident. L’auteur montre bien toute l’ambiguïté de leur relation ; en dépit de son autorité, de ses exigences, et malgré les nombreux découragements de Madeleine, cette s’est prise d’une grande affection pour sa patronne. D’ailleurs, bien après son décès, continue à entretenir la mémoire d’Alexandra.

Il faut souligner en fin d’ouvrage un rappel biographique du personnage, suffisamment étayé pour ne pas à aller chercher ailleurs.

Le premier tome prend fin alors qu’en route pour Lhassa, Alexandra se trouve en difficulté et serre les dents afin de ne pas perdre de vue son objectif final : Lhassa quoi qu’il advienne.
Alexandra sera la première étrangère à y entrer en 1924….

Une vie avec Alexandra David-Néel, tome 1 de Fred Campoy & Mathieu Blanchot chez Bamboo éditions (2016, 95 pages)


mardi 3 septembre 2019

A crier dans les ruines


Ils étaient des adolescents de l’Ukraine d’avant Tchernobyl. Lena, la privilégiée car fille d’ingénieur de la centrale nucléaire qui ne tardera pas à faire parler d’elle, et Ivan, dont les parents travaillent la terre d’Ukraine.
Ils s’aiment, c’est évident ; mais l’accident de la centrale va les séparer pour de longues années….

A crier dans les ruines est l’histoire d’un amour, d’une quête à la fois personnelle et de l’autre ; c’est aussi un livre sur l’exil et tout ce qu’il ″ impose‶ de renoncements, de silence et d’enfouissement.

Ce premier roman d’Alexandra est indéniablement agréable à lire. On sent très vite le travail de recherche qu’il a nécessité. Mais cela n’a pas suffi à m’émouvoir ; rares sont les histoires d’amour qui y parviennent. Sans doute a-t-il manqué à ce premier roman ‶l’audace ″ du débutant dans le style ; ce petit coup de folie pour se démarquer (qui aurait pu me plaire ou pas mais qui lui aurait donné ce quelque chose d’originalité qui aurait fait son effet.

Je m'attendais à un rendu moins convenu, et moins académique (avec des références littéraires trop présentes et qui personnellement ne m’ont pas particulièrement parlé)

L’ensemble est propre, agréable, divertissant ; mais pas marquant.

A crier dans les ruines d’Alexandra Koszelyk aux forges de Vulcain (Août 2019 ; 250 pages)


Alexandra Koszelyk est professeure de Lettres Classiques.
Diplômée à l'Université de Caen Normandie (1995-2001), elle travaille à Saint-Germain-en-Laye depuis 2001.
"À crier dans les ruines" (2019) est son premier roman.

dimanche 1 septembre 2019

Les petits de Décembre


Ma première ″rencontre″ avec Kaouther Adimi date maintenant de quelques années ; et ce fut pour son second roman, qui à l’époque ne circulait pas sous le manteau, mais presque ! Je la suis depuis, toujours avec le même plaisir, et toujours admirative de de la manière qu’elle a de mettre en mots les choses banales de la vie.

Il y a deux ans, nous entrions dans la vie d’un petit libraire d’Alger, aujourd’hui, toujours à Alger, mais plus près de nous dans le temps, nous entrons dans l’intimité d’une cité résidentielle plutôt privilégiée dont les enfants vont s’approprier la défense, et dénoncer les hypocrisies, pour parvenir à dénoncer les petits et grands (et surtout les grands) travers de la société algérienne qu’ils ne supportent plus.

Ce sont eux, les petits ; les enfants de la cité du 11 Décembre dont les parents se gardent bien de réagir aux évènements, par peur des représailles, par habitude, par lâcheté, ou par crainte du déclassement.

Alors quand deux généraux fort de leur bon droit arrivent et s’approprient le terrain vague où se réunissent les jeunes, ces derniers n’ont pas froid aux yeux pour chasser ceux qu’ils considèrent comme des intrus, es imposteurs, et des corrompus.

La jeunesse n’a pas dit son dernier mot ; tel est le propos de ce roman bien plus profond qu’il n’y parait. La jeunesse a des convictions, des rêves ; elle a des ambitions pour ce pays qui ne pense pas à eux. La jeunesse a de l’espoir et ne semble pas décidée à se taire ; au grand dam de leurs ainés, qui par résignation courbent l’échine et se résignent.

Les petits de Décembre de Kaouther Adimi, au Seuil (Août 2019, 250 pages)


Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Actuellement, elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (en 2006 et en 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger). Son second roman, L'Envers des autres (Actes Sud, 2011) est aussi paru en Algérie aux éditions Barzakh et a obtenu le prix de la Vocation. Son premier roman Des ballerines de Papicha est paru en 2010
Elle a publié chez Seuil Des pierres dans ma poche (2016), Nos richesses (2017).