samedi 12 juin 2021

Tant qu’il y aura des cèdres

 

Samir est né en Allemagne, mais c’est le Liban qui coule dans es veines. Ses parents l’ont quitté pour se réfugier en Allemagne afin d’y reconstruire une vie loin de la guerre. Brahim et Rana obtiennent le droit de rester, de travailler. Ils y fondent une famille, toujours accompagné du fidèle ami Hakim et de sa fille Yasmin . Samir se délecte des histoires que lui invente son père à propos d’un Liban idéalisé, et peuplées de personnages et d’animaux imaginaires. Ce sont des années de labeur, mais des années heureuses. Jusqu’au jour, où Brahim, le père disparait sans jamais plus donner signe de vie. Samir est dévasté et plonge dans un profond désarroi.

Des années plus tard, Samir est sommé par Yasmin de partir au Liban, à la recherche du père dont il ne parvient à faire le deuil.

Ce roman est le récit d’un voyage initiatique au pays du cèdre, sur les lieux de la jeunesse de son père. Longue, et douloureuse sera cette quête menant ce jeune homme au cœur de l’histoire de son pays d’origine. Il y doit non seulement affronter le passé de son père, mais également les blessures du Liban. Les contes de son enfance lui sont un précieux soutien, et une mine d’indices, qui jour après jour va le rapprocher d’une vérité qu’il attend autant qu’il redoute.

J’ai beaucoup apprécié ce recueil. Je l’ai trouvé très intéressant dans son point de vue général et historique ; Suffisamment étayé pour comprendre, et juste assez pour ne pas assommer. C’est à la fois une fresque historique fidèle, une quête familiale touchante pleine de rebondissements, et un chant d’amour au Liban.

L’écriture rend un bel hommage à la beauté légendaire du Liban, à ses multiples cicatrices et la vitalité de son peuple toujours prêt à rebondir.

Tant qu’il y aura des cèdres de Pierre Jarawan, traduit de l’allemand par Paul Wider, aux éditions Héloïse d’Ormesson (Février 2020,498 pages), et chez J’ai lu (mars 2021,576 pages).

Pierre Jarawan est un écrivain germano-libanais. Il est né à Amman, en Jordanie en 1985 et a déménagé en Allemagne avec sa famille à l'âge de trois ans. Il a commencé à écrire à l'adolescence, inspiré par les histoires que son père lui avait racontées à l'heure du coucher.

Né dans une famille libano-allemande, Pierre Jarawan a grandi et fait sa vie en Allemagne. Il écrit en allemand, parle aussi anglais, un petit peu arabe . Il a longtemps exercé le métier de « slameur poétique », qui est vraiment institutionnalisé en Allemagne, et qui permet de vivre de son art, à condition de donner des performances et de remporter des prix, ce qui fut son cas. En 2015 est paru son premier roman, Am Ende bleiben die Zedern (traduit récemment en français chez Héloïse d’Ormesson sous le titre Tant qu'il y aura des cèdres), qui a été salué comme un événement, et a remporté un beau succès en librairie.

mardi 8 juin 2021

Une colère noire

 


Être noir dans le Baltimore de ma jeunesse, c’est être nu face aux éléments-face aux armes à feu, face aux coups de poings, aux couteaux, au crack, au viol, et à la maladie.

Être noir, aux USA en 2015, que cela signifie-t-il quand on est un homme de 40 ans ? Ta-Nehisi, tente d’y répondre en s’adressant à son fil de quinze ans dans cette longue lettre.

L’auteur se livre à cœur ouvert sur la condition des noirs dans son pays en se basant sur sa propre expérience, ses connaissances littéraires et politiques. Il dit la ségrégation au quotidien, la violence, l’injustice en illustrant son propos de nombreux exemple.

Ce cri sonne comme une mise en garde d’un père à son fils, et bien au-delà comme un avertissement à la nouvelle génération, que tout reste à faire, ou presque dans ce pays qui a pourtant porter au pouvoir un des leurs.

J’ai trouvé ce texte magnifique, parfaitement écrit, intelligent, lucide mais non dénué d’optimiste.

Une colère noire deTa-Nehisi Coates, traduit de l’américain parThomas Chaumaont, aux éditions Autrement (janvier 2016, 194 pages), et chez J’ai lu (Janvier2017, 190 pages)

Ta-Nehisi Coates un écrivain et journaliste américain né à Baltimore en 1975.

Après des études à l'Université Howard de Washington, il se consacre au journalisme. Il est correspondant à "The Atlantic" où il couvre les affaires nationales, et s'intéresse particulièrement aux violences raciales.

Il a été professeur invité à Massachusetts Institute of Technology de 2012 à 2014.

Il publie en 2008 "Le grand combat" (The Beautiful Struggle), un essai autobiographique sur son enfance à l'ouest de Baltimore.

Son essai, "Le procès de l'Amérique" (The Case for Reparations), a reçu le prestigieux George Polk Award 2014.

En 2015, il publie "Une colère noire" (Between the World and Me), un livre écrit comme une longue lettre à son fils, dans lequel il montre qu'en dépit des décennies de luttes pour les droits civiques, le racisme contre les Noirs reste un problème majeur aux États-Unis. L'ouvrage reçoit le National Book Award.

En 2016, l'éditeur Marvel a fait appel à Ta-Nehisi Coates afin de lancer une série centrée sur le premier super-héros noir de l'univers des comics américains, à savoir la Panthère Noire (Black Panther), créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1966.

En juillet 2018, Coates annonce qu'il quitte The Atlantic après 10 ans au journal.

2018 : Nomination pour le Prix Eisner de la meilleure mini-série pour La Panthère noire : World of Wakanda