samedi 20 juillet 2019

Comme des lions


Clayton Burroughs est le dernier survivant de cette famille de malfrats. A l’inverse des autres, il avait plutôt bien tourné en devenant le shérif du comté ; ce qui le mettait souvent en porte à faux avec la famille.
Désormais, il pourrait couler des jours heureux avec sa femme et son nouveau-né. Les derniers évènements l’ont pourtant quelque peu estropié, et il boit trop…
Mais, c’est surtout qu’il est à nouveau entrainé par une bande rivale bien décidé à reprendre du service sur le territoire des Burroughs.
Clayton n’a d’autres choix que de rentrer à nouveau dans la fosse aux lions….

Donner une suite à un excellent premier roman noir n’a rien d’évident. Il faut rester dans le ton du premier, ne pas tomber dans le piège de la redondance, ne pas perdre le jus et garder l’attention du lecteur.

Le pari de Brian Panowich est à mon sens gagné ! J’ai retrouvé l’ambiance très glauque et poisseuse qui m’avait scotché ; j’ai apprécié retrouver Clayton sur lequel l’auteur a davantage insisté, et j’ai apprécié un renouvellement au niveau de l’intrigue.

Voilà un auteur à surveiller, et que je suivrai avec plaisir !

Comme des lions de Brian Panowich, traduit de l’américain par Laure Manceau chez Actes Sud (Mars 2019, 305 pages)


Brian Panowich est pompier en Géorgie où il vit avec sa femme et ses quatre enfants. Avec "Bull Mountain" (2015), premier volume de la saga de la famille Burroughs, Brian Panowich est lauréat du prix international des écrivains de thriller 2016 pour le meilleur premier roman et le prix Pat Conroy pour le meilleur roman policier.





mercredi 17 juillet 2019

Le cri de l’aurore


Ma première rencontre avec Hoai Huong Nguyen remonte à 6 ans, et je n’ai rien oublié. La peur d’être déçue m’a éloigné de son second roman. Il était donc temps que je renoue avec sa plume délicate et poétique ; pour mon plus grand plaisir ; d’autant que j’apprécie les romans épistolaires.

Nous sommes dans un royaume fictif dont les dirigeants ne brillent pas par leur grand sens de la démocratie et de l’équité.
Un homme, Thanh, est -visiblement à tort ; mais au fond, peu importe- soupçonné de subversion et croupi dans une geôle, en attente d’un hypothétique et équitable procès, et plus vraisemblablement de son exécution.

Son épouse, Isey, entretient secrètement avec lui une correspondance avec une totale dévotion.

Face à l’éloignement, la mort Isey montre une dignité parfaite. Elle ouvre son cœur et son âme à son mari, mais aussi à son entourage qui l’aide à supporter la solitude et aux personnes qui peuvent directement aider son mari.

Hoai Huong Nguyen emploi une langue infiniment belle, posée et poétique. Elle prend résolument le pari de l’optimisme quelle que soit l’issue, et de l’universalité des sentiments.
Cette correspondance est dénuée de temporalité et d’unité de lieu. Elle pourrait concerner chacun d’entre nous, à n’importe quel endroit, à n’importe quelle époque.

J’ai beaucoup apprécié ce roman ; j’ai ai trouvé de la force, de la douceur, de la détermination et de la sagesse .

Le cri de l’aurore de Haoi Huong Nguyen, chez Viviane Hamy (Février 2019, 240 pages)



Hoai Huong Nguyen est née en 1976 en France de parents vietnamiens. Son prénom signifie « Se souvenir du pays » en référence au déracinement de sa famille. De langue maternelle vietnamienne, elle a appris le français en allant à l’école. Détentrice d’un doctorat de Lettres modernes portant sur « L’eau dans la poésie de Paul Claudel et celle de poètes chinois et japonais », elle a déjà publié deux recueils de poésie : Parfums et Déserts. Elle enseigne actuellement la communication au sein d’un IUT.

Paru en  2013 son premier roman, L’Ombre douce a été salué par les Prix Marguerite Audoux, le Prix Première-RTBF, le Prix du Salon du Livre de Genève, le Prix Lire Élire - Bibliothèques pour tous Nord Flandre, le Prix littéraire Asie de l’Adelf et le Prix du premier roman de Sablet.
Elle publie en 2017 Sous le ciel qui brûle et en 2019 Le cri de l’aurore.

dimanche 14 juillet 2019

Un siècle américain, tome 3 : Notre âge d’or



Ainsi prend fin cette sage familiale entamée avec Nos révolutions″… sans grande nostalgie, pour être honnête.
De 1987 à 2019, couvrant ainsi un siècle, et en anticipant les dernières années puisque publié avant, Jane Smiley s’attache à nous montrer cette famille traversant les dernières crises ; le 11 septembre, la crise financière ; mais également les interrogations environnementales qui se font de plus en plus présentes. Le glyphosate fait ainsi une entrée remarquée…

La famille se fait de plus en plus étoffée, est dispersée aux quatre coins du pays ; les rivalités s’affirment de plus en plus.

Je terminais mon avis à propos du tome2 de la façon suivante :
 ″ Malgré ces réserves, je lirai le dernier volet de cette trilogie, curieuse de découvrir comment la jeunesse va appréhender les années à venir.

Force est de constater que je n’ai pas vraiment perçu chez l’auteur de mise en avant de la nouvelle génération ni de sa manière de s’approprier le monde.

Les réserves sont toujours là et plus pesantes pour moi : longueurs, un souffle romanesque qui manque de part les choix narratifs de l’auteur.

Sans doute aurait-elle gagné à alléger un peu et à trouver des moyens de relancer l’intérêt du lecteur qui baille un peu, et s’ennuie davantage dans troisième tome (en tout cas, tel est mon ressenti).

Notre âge d’or de Jane Smiley, traduit de l’américain par Carine Chichereau, chez Rivages (Mars 2019 ;620 pages)


Jane Smiley est femme de lettres américaine née en 1949. Elle a été professeur à l'Université de l'Iowa.
Elle est lauréate du Prix Pulitzer 1992 pour le roman
L' Exploitation inspiré du Roi Lear de Shakespeare. Ce roman est adapté au cinéma en 1998 sous le titre A Thousand Acres (Secrets), réalisé par Jocelyn Moorhouse avec Michelle Pfeiffer et Jessica Lange.

Elle vit actuellement à Carmel en Californie.