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jeudi 25 décembre 2014

Les noirs américains : des champs de coton à la Maison Blanche



A la fois savant et accessible, cet essai balaie 400 ans d’histoire, de luttes, et d’espoir pour celles et ceux arrivés  en ces lieux bien avant les pères fondateurs d’une nation qui les a longtemps humilié et relégué au rang de moins que rien.
Pour celles et ceux qui suivent un peu l’actualité, Nicole Bacharan avait suivi, et analysé la campagne des primaires américaines en vue de la présidentielle 2008, ainsi que la campagne électorale à proprement dite.

Copieusement documenté et annoté, doté d’une abondante bibliographie  cet ouvrage s’avère passionnant d’un bout à l’autre, et extrêmement instructif sur l’histoire douloureuse de cette communauté .Il est construit de manière chronologique, et se base principalement sur les appellations successives donnés aux noirs de ce pays.

Nicole Bacharan nous rappelle combien le chemin fut douloureux, semé de haine, de trahisons, de peur, ou d’indifférence venant de tous les strates de la société et ce quelles que soient les époques.

Les récents évènements (l’ouvrage s’arrête à la prestation de Serment de Barak Obama) montrent que dans un pays qui a –enfin- osé franchir le pas, les vieux démons ne sont jamais bien loin, et que loin s’en faut, la  question raciale aux USA reste toujours d’actualité.

Les noirs américains : des champs de coton à la Maison Blanche, Nicole Bacharan
Editions Perrin, 2010 
600 pages
 
4ème de couverture :

Ils sont arrivés au Nouveau Monde réduits à l'état de sous-hommes. Quatre siècles d'asservissement, de ségrégation, de violences, de souffrances ont suivi. Quatre siècles de combats pour reconquérir le statut d'être humain et imposer leurs droits. Il n'y a pas si longtemps, Martin Luther King était assassiné, et les Noirs d'Amérique risquaient encore le lynchage.
Nicole Bacharan a reconstitué cette histoire tumultueuse dans laquelle défilent d'immenses  personnalités, de Frederick Douglass à Muhammad Ali, de Malcom X  à Barack Obama.  La spécialiste des Etats-Unis nous fait vivre ici chacune des étapes de la longue marche de ceux qu'on appela tour à tour « esclaves », puis « gens de couleur», « Negroes», « Noirs »,« Afro-Américains » et qui se nomment enfin «Américains ».
A propos de l’auteur :

Nicole Bacharan, historienne, politologue, est l'auteur de nombreux livres sur la société américaine et les relations transatlantiques. Elle intervient régulièrement à la radio et à la télévision en France et aux Etats-Unis.

 Pour le challenge d'Enna : Monument connu



Pour Le billet bonus, dans le cadre du challenge de Sofynet. 51/51 +1

 Pour le challenge de Bianca.


vendredi 19 décembre 2014

L'Amérique des écrivains



Il y eut les carnets de route de Busnel. Pauline Guéna fera encore mieux avec ce « road trip » en allant à la rencontre des écrivains. Pas tous, loin s’en faut, mais 26, ce qui donne déjà un superbe recueil, et un ouvrage copieux en terme de lecture.

Pauline Guéna, romancière, prend la route, en famille durant un an, au volant d’un camping-car, et parcourt les USA et un peu le Canada pour y rencontrer les auteurs, chez eux pour la plupart, tels quels pour de longs entretiens passionnants, complets et sans langue de bois. Le processus de création est au centre de ce livre, tout comme la forte influence que peut avoir un territoire sur le travail de l’écrivain.

On y apprend énormément de choses, on s’immerge au cœur des villes ou à contrario au cœur d’un ranch au milieu de nulle part ; on sourit lorsque les chiens de Thomas McGuane manquent de faire capoter un entretien en léchant un peu trop sur le micro…On se rend compte combien l’écriture est une activité exigeante, laborieuse ; combien le succès ne va pas de soi. On est surpris d’apprendre qu’avant de pouvoir vivre de sa plume, un écrivain pouvait faire mille et un petits boulots pour faire vivre sa famille.

Entre temps, Guillaume Binet immortalise les anonymes, les scènes de vie, les paysages. Il tire un portrait attachant de ce pays, loin des clichés, pour nous le montrer humble et fragile.

Qu’on le lise comme moi d’un seul tenant, ou bien par intermittence, ce livre saura ravir les amateurs de beaux livres, et de littérature américaine.

L’Amérique des écrivains, Pauline Guéna & Guillaume Binet
Robert Laffont, Novembre 2014
340 pages

  
4ème de couverture :

Un road trip familial enthousiasmant à la rencontre des plus grands écrivains américains.
Quand Richard Ford ouvrit la porte, le vent du nord faisait tinter les grelots de glace dans les arbres du Maine et la mer rugissait dans la tempête.
Sur les murs de son studio de Santa Monica, Dennis Lehane avait punaisé les plans des trois scénarios et des deux romans sur lesquels il travaillait.
Les yearlings de l'année galopaient devant le ranch de Tom McGuane.
Et dans la cabane de Russell Banks, perchée sur une colline des Adirondacks, un air très doux passait tandis qu'il se replongeait dans ses souvenirs.
Pauline Guéna, romancière, et Guillaume Binet, photographe, sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants, à la rencontre de vingt-six grands écrivains américains. À la recherche de l'esprit des lieux.

A propos des auteurs :

Pauline Guéna est romancière née en 1976 (Le Fleuve en 2005 (prix Edmée de la Rochefoucauld), Pannonica en 2007) et scénariste. Elle a coécrit de nombreux ouvrages, entre autres Les Frégates de Taiwan avec le juge Thierry Jean-Pierre, Un conte de fée républicain avec Safia Otokoré ou encore Une Fleur dans les glaces de Géraldine Danon . Elle travaille actuellement à un projet de livre avec Charlotte Rotman sur les femmes, la maternité et le travail. Elle a déjà collaboré avec Guillaume Binet sur des reportages Voyages pour l’Express Style.

Guillaume Binet est photo journaliste. Il a notamment travaillé pour Libération et Les Inrockuptibles. Certaines de ses photos de guerre ont fait le tour du monde.

Après un passage en médecine, entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs où il suivra la section Image.

Il travaille quelques années en indépendant pour la presse avant de participer à la fondation de l’agence de photographes MYOP, dont il assurera la direction plusieurs années.

Il crée en 2010 la galerie de photographie contemporaine "La petite poule noire" à Paris. Il mène parallèlement ses travaux de commande pour la presse, des sujets de reportage qu’il initie lui-même, ainsi que des recherches plus personnelles sur la famille. Collaborateur régulier pour des sujets de société de Libération et des Inrockuptibles, il est représenté par l’Agence MYOP.

 Pour Le Connecticut, dans le cadre du challenge de Sofynet. 51/51

dimanche 7 décembre 2014

Les USA état par état –Voyage au cœur des Etats-Unis d’Amérique



Parce qu’il fait d’abord rêver, parce qu’il ensuite une multitude d’idées de voyage, de promenade, ce livre est une mine d’or.

Faits de cartes diverses, il renferme de superbes clichés dont la diversité reflète la complexité de ce pays aux multiples paradoxes.

Après quelques généralités organisées de manière thématique, puis une évocation des grandes régions, les auteurs ont pris chacun des 50 états pour les traiter de manière identique selon 13 rubriques variées ; et ce quelle que soit son importance économique, démographique ou sa taille géographique.

J’ai également beaucoup apprécié l’évocation des grandes routes mythiques sous la forme de 6 itinéraires qui sont à eux seuls de puissants appels à l’évasion.

Ce livre convient autant pour enrichir sa connaissance des états, que pour échafauder un séjour ou un circuit aux confins des grands espaces.


Les USA état par état, Collectif
Lonely planet, Octobre 2014
255 pages

 Pour Le Delaware, dans le cadre du challenge de Sofynet. 50/51


vendredi 31 octobre 2014

L'hiver du fer sacré



« Même les malheurs ont un but. Si tu ne te laisses pas abattre par un évènement douloureux, celui-ci peut atteindre son but en te rendant plus fort »

« La connaissance est la meilleure arme du guerrier. »

« On ôtait  la vie que parce qu’on n’avait pas d’autre moyen de survivre. »

« Le chasseur vit pour chasser, et non pur tuer. Seulement pour nourrir son peuple. Et le guerrier n’est pas élevé pour faire la guerre, mais pour la mettre en échec. »

Paradoxalement, pour arriver à ressentir l’avidité de lecture qui fait tant de bien, il faut savoir se donner du temps, et donner du temps à ses multiples personnages. C’est ainsi que l’on peut ainsi percevoir toute la richesse de ce livre tant dans l’écriture de qualité que dans la beauté de cette histoire aux accents crépusculaires pour ces peuples dont je ne connaissais rien, et qu’au fil de mes lectures j’apprends à aimer et à saisir la finesse.

Nous sommes en pays Sioux ; De la Verendry, l’homme blanc sans aucune intentions belliqueuses à l’égard des populations qu’il respecte, provoque bien malgré lui interrogations et défiance parce qu’un autre homme blanc, Bruneaux,  cupide et mauvais en a décidé autrement.

Ce roman est le récit d’une aventure humaine, d’une chasse à l’homme au centre  de laquelle un étrange objet prend une dimension à la fois symbolique et dramatique. L’arme à feu, et son étrange pouvoir sur l’homme…..

Ce qui frappe, c’est le sens aigu qu’ont les Sioux de la nature. Ils sont à l’affut du moindre signe animal, ou végétal. L’eau et les rivières occupent une place prépondérante, tout comme le feu et la terre. L’observation minutieuse de la nature leur set à chaque instant pour appréhender une atmosphère, et la présence humaine. L’écriture de Joseph Marshall avec ses descriptions précises  permet au lecteur une immersion totale au milieu de ce peuple attachant, et, attaché à son code de l’honneur  à ses valeurs, et à son bon sens plein de sagesse que l’Homme blanc (dans sa globalité) a ignoré pour s’imposer au fil du temps.

Les Sioux avaient bien conscience de leur fragilité face à l’homme blanc qui de par sa présence en masse peut, et s’avèrera un grand prédateur.

Ce livre est pour moi une belle découverte qui me ramènera sans aucun doute vers cet auteur et vers les Sioux.

L’hiver du fer sacré, Joseph Marshall III
Editions du rocher, avril 1997/ Folio, juin 2001
300/ 480 pages


4ème de couverture :

Pays sioux, hiver 1740. En revenant d'une expédition de chasse, Whirlwind est surpris par la détonation d'un fusil, d'un fer sacré. Le calme revenu, il cherche une explication au coup de feu et découvre le corps inanimé d'un Blanc. N'écoutant que sa conscience, Whirlwind ramène le blessé. Il s'agit d'un Français qui connaît bien la langue et les coutumes des Sioux de l'Est pour avoir séjourné parmi eux. Il se conduit de manière amicale et courtoise ; pourtant sa présence trouble l'ordre du camp, suscitant interrogations, dissensions et drames qui préfigurent les rapports entre Indiens et Blancs. Au cœur de l'ouvrage : le fusil et son étrange emprise sur l'esprit des hommes.
Sur fond romanesque, Joseph Marshall III illustre les valeurs traditionnelles indiennes - l'harmonie entre l'homme et son milieu, une nature connue dans laquelle il peut assurer sa survie en toutes circonstances. Par contraste, le Blanc exhibe sa faiblesse : il tient son pouvoir d'un objet et non d'une connaissance.

A propos de l’auteur :

Joseph M. Marshall III historien, écrivain et professeur Lakota.  Il est né à Rosebud, Dakota du sud en 1946. C'est également un défenseur de la nature qui a soutenu le retour des loups à Yellowstone. Il fait également parfois des apparitions dans les documentaires et séries consacrées à l'Ouest ou aux Indiens.

Il est l'auteur d'une quinzaine d'essais et de romans, tous consacrés au peuple Sioux.

 Pour le challenge d'Enna : la matière 


Pour Le Dakota du sud, dans le cadre du challenge de Sofynet. 49/51