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dimanche 8 janvier 2023

Tu sais qui

Cela commence par un banal et tragique accident de la route, dans lequel un acteur vedette perd la vie. Et parce que, quand on est  journaliste″ pour un webmagazine qui tient davantage du ramassis de ragots que du travail fouillé de professionnels, Julita, pressée par sa direction de générer des likes en pagaille, n’a d’autre choix que d’alimenter les pages web. Sauf que très vite, elle s’aperçoit que beaucoup de choses ne collent pas. Aidée d’un policier un peu en marge, et surtout très au fait du monde obscure des réseaux sociaux et surtout parallèle, Julita va vite mettre les mains dans un engrenage plus qu’incertain.

L’ouvrage fait la part belle aux nouvelles technologies ; il fourmille d’explications à propos de des messageries cryptées, et de tout ce qui s’y passe de plus ou moins reluisant. L’enquête prend un tournant pour le moins surprenant en prenant le soin de laisser une fin un peu ouverte qui me laisse un peu sur ma faim.

L’ouvrage a une qualité : il se lit vite, et de manière assez agréable. L’auteur parvient à tenir le suspense tout au long de ses pages.

Cependant, la qualité de l’écriture laisse vraiment à désirer ; pas beaucoup de style, un langage assez familier, une syntaxe peu travaillée. En outre le langage informatique, et les échanges de messageries ne m’ont guère convaincue. Cet aspect prend trop place, à mon goût, au détriment d’autres choses qui auraient pu être développées (comme la psychologie des personnages, par exemple).

Cet opus est original dans la production policière du moment. Il m’aura occasionné une lecture divertissante, mais sans plus.

Tu sais qui de Jakub Szamalek, traduit du polonais par Kamil Barbaski aux éditions Métailié (Septembre 2022, 460 pages)


Jakub Szamałek est un archéologue et écrivain polonais, scénariste de jeux vidéo.

Il a fait des études d'archéologie de l'Université d'Oxford avant d'obtenir un doctorat d'archéologie méditerranéenne à celle de Cambridge.

Son premier roman "Kiedy Atena odwraca wzrok" (Quand Athéna détourne le regard), polar antique à Athènes, a reçu le Prix Grand Calibre des lecteurs en 2011. Pour "Czytanie z kości" (La Lecture des ossements), polar antique entre l'Étrurie des Étrusques et l'Italie contemporaine, il a reçu le Prix Grand Calibre pour le meilleur roman policier polonais publié en 2015.

De 2012 à 2021, il est associé au studio CD Projekt. Il prend part notamment à l'écriture du scénario des jeux "The Witcher 3: Wild Hunt" et "Cyberpunk 2077". Il rejoint ensuite l'équipe de Incredible Dream Studios.

Il est également l'auteur d'une trilogie de thriller contemporain dans le monde cybernétique du web profond au XXIe siècle dont "Tu sais qui" ("Cokolwiek wybierzesz", 2019) est le premier tome.

 

 

mercredi 10 mars 2021

Faux poivre ; Histoire d’une famille polonaise

 

C’est à la faveur de quelques photos reçues par son père que l’auteur a entrepris un important travail de recherche au sujet des membres de sa famille dont elle ignorait tout, ou presque. 
Si sa famille maternelle est catholique, la branche paternelle est ce qu’elle appelle sa famille juive. Si son père fût rescapé des camps,

Nombreux sont ceux qui ont péri, alors que quelques-uns sont partis ″à temps″ aux quatre coins du globe. C’est grâce à ces derniers, et les quelques clichés, et la parole libéré de ce père longtemps mutique, que l’auteur à entrepris un imposant travail de recherche et de mémoire.

Le présent ouvrage en est le résultat, plutôt réussi, accessible malgré une certaine complexité généalogique, les difficultés inerrante à l’usage courant des diminutifs et surnoms sans que cela soit toujours clairement explicite de la part de l’auteur.

Il n’empêche, ce recueil montre très bien dur plusieurs générations, la sociologie polonaise, la quasi imperméabilité entre les communautés juives et chrétiennes, leurs différences sociales et culturelles avec tout ce que cela à impliqué sur le comportement des ″ polonais ″ lors de la montée du nazisme, et de la mise en place des mesures anti-juives. Il y a eu autant d’aveuglement, de courage que de lâcheté voire d’ignominie.

Sans parti pris, l’auteur n’élude rien, ne juge personne mais raconte, au travers de l’histoire de sa famille, l’histoire complexe et douloureuse de son pays.

Un ouvrage très intéressant, vivant, abondamment documenté et illustré de photos de qualité ; différent de tout ce que j’ai pu lire sur le sujet et la période, et pourtant complémentaire.

Faux poivre ; Histoire d’une famille polonaise de Monika Sznajderman, traduit polonais par Caroline Raszka-Dewez, aux éditions Noir sur blanc (Février 2021,290 pages)


Monika Sznajderman dirige la maison d’édition Czarne, qu’elle a fondée avec son mari, l’écrivain Andrzej Stasiuk. Née en 1959, elle a obtenu son doctorat en sciences humaines à l’Institut d’art de l’Académie polonaise des sciences à Varsovie. Elle s’intéresse à l’anthropologie de la modernité (en particulier aux problèmes de la culture audiovisuelle populaire) et aux formes de l’imaginaire religieux contemporain. Auteure de plusieurs essais, elle a également dirigé, avec l’éditrice allemande Katharina Raabe, deux ouvrages collectifs réunissant des auteurs de toute l’Europe et parus aux Éditions Noir sur Blanc : Last & Lost. Atlas d’une Europe fantôme (2007) et Odessa Transfer. Chroniques de la mer Noire (2011).