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vendredi 30 août 2013

Lettres de Bagdad


« L’Irak est un pays de fantômes. Chaque famille, chaque tribu, chaque religion a les siens. Ils se battent en coulisse. Ils se moquent du sable et des pages des livres d’histoire. Ils laissent des ombres au coin des sourires. »

Grand reporter en Irak, Lucas Menguet a pris l’habitude d’envoyer chaque soir ses lettres autant pour ne pas perdre le fil avec les siens, et sa rédaction, que pour ne pas perdre pied dans cette poudrière où le danger commence bien avant l’arrivée en Irak.

C’est cette vie si particulière de journaliste de guerre qui nous est offerte avec la précision du professionnel soucieux du détail,  le sens du concret  sans le côté mélodramatique.

Que reste-t-il de quelques minutes de reportage dans lesquelles on ne peut tout monter, ni tout transmette, par rapport à la force des mots et des images qu’ils suggèrent ?

Avec un savant mélange de sérieux, de dérision, et parfois d’absurde, Lucas nous en apprend beaucoup du journalisme de terrain, le rôle essentiel qu’ont « les locaux » pour assurer la sécurité, et le travail sur place de celles et ceux qui nous informent. Hommage leur est rendu au travers de ces 40 lettres. En dépit de la violence, des risques incommensurables, Lucas Menget est viscéralement attaché à ce pays, et ses habitants ; il les comprend infiniment plus que les déclencheurs de cette guerre. (Guerre dont il se garde bien de juger le bien- fondé ou pas, d’ailleurs).

Si le style journalistique prévaut dans ces lettres, il n’exclue pas les moments d’émotions, ni les anecdotes bienvenue dans ce monde de brutes.

« L’Irak est le pays du doute. Pour tous et pour chacun. Cinq ans d’extrême violence ont appris aux Irakiens à ne plus rien promettre, à ne plus rien croire. »

Un grand merci aux éditions Thierry Marchaisse et libfly pour la lecture de cet ouvrage dans le cadre d'une opération consacrée à l'édition indépendante .


Lettres de Bagdad, Lucas Menget
Thierry Marchaisse éditions, Août 2013
140 pages




4ème de couverture :

« Nous attaquons une deuxième nuit de montage, pour tenter, avec quelques reportages, de montrer à quoi ressemble l’Irak. La tâche est impossible.

Il faudrait dire à la fois la complexité et l’attachement. Le drame et les rires. Les chiites, les sunnites, les chrétiens, les fous et les moins fous. Les suicidaires et les visionnaires. Les réalistes et les perdus. Le sable et le pétrole. La bêtise de quelques illuminés de Washington, et la naïveté de leurs successeurs. Les rêves des Irakiens, quand la parole fut libre pour quelques mois. Les désillusions, maintenant que les mots sont de nouveau chuchotés.

Mes reportages ne peuvent pas montrer cela. Ils ne peuvent guère non plus montrer l’absurde et l’horreur. Encore moins le mélange des deux. Mais ces lettres peut-être ? »
A propos de l’auteur :

Lucas Menget, né en 1974, ancien journaliste à RFI, grand reporter à Complément d’enquête et Envoyé spécial sur France 2, puis à France 24, est depuis 2012 rédacteur en chef à la chaîne d'information i>Télé.





Pour le challenge de George .

jeudi 9 mai 2013

Lettres, notes et portraits/1928-1974


Les écrits consignés dans ces ouvrages sont des correspondances d’ordre personnel choisies par le fils de l’ancien Président et Eric Roussel historien et auteur d’une biographie de Georges Pompidou.
Classés selon un ordre chronologique découpé en 11tranches de vie du personnage. Les écrits sont de nature très variée : lettres amicales, lettres personnelles mais ayant un caractère protocolaire avéré, notes succinctes pas forcément rédigées, de longues réflexions à divers propos, entretiens, et portraits des grandes personnalités de l’époque.
Auparavant, le fils de l’ancien rendra un vibrant témoignage à propos de son père tout en expliquant l’objet de ce recueil.
Les écrits de Georges Pompidou sont saisissants d’érudition et d’intelligence. Ses lettres de jeunesse à son ami Pujol (correspondance qui perdurera, d’ailleurs) montrent une maturité extraordinaire, et surtout la formation littéraire précoce et solide de Pompidou. Bien des années plus tard,  ses échanges et réflexions  à propos de son anthologie de la poésie française sont fort intéressants.
L’évolution politique du personnage, ainsi que son engagement indéfectible auprès du général de Gaule constituent une large part de ses écrits.

Ses notes  plus généralistes à propos de grands sujets de société (presse, université, enseignement) sont d’une incroyable, modernité, et d’une grande lucidité. Pour peu que l’on connaisse un minimum ce qu’a été la vie de Georges Pompidou (Je conseille à ce propos l’ouvrage de Jean-Pierre Corcelette paru en 2007 aux éditions nouveau monde), que l’on prenne son temps pour s’imprégner des écrits, et que l’on accepte que des périodes puissent moins passionner que d’autres, ce livre est instructif à plus d’un titre, et révèle un homme méconnu.
« Le pouvoir pour le pouvoir, pour les honneurs, pour les facilités qu’il offre, ne m’intéresse pas. J’aurais pu vivre autrement. Je dirais même j’aurais aimé vivre autrement. Mais ce qui est sans prix, c’est la conviction d’être associé à une tâche historique, de participer, immédiatement aux côté d’un homme exceptionnel, à une œuvre sans précédent de rénovation nationale. »


Lettres, notes et portraits, Georges Pompidou (Alain Pompidou, Eric Roussel)
Robert Laffont (Novembre 2012)
540 pages


4ème de couverture :

Ces écrits, inédits, de Georges Pompidou témoignent de manière intime de la façon dont il a vécu sa carrière politique, et donc un morceau d’histoire de France. Rien de lui n’a été publié depuis trente ans.
Son itinéraire est singulier car il ne l’avait pas prévu. « Je suis tellement flemmard, dit-il, je serai un professeur moyen ou un secrétaire d’État moyen ». Ce que l’on découvre ici, c’est d’abord la construction d’une personnalité : une intelligence hors du commun, une capacité d’assimilation et une mémoire extraordinaires ; une affectation de peu travailler étant donné sa rapidité ; une passion pour la poésie, la littérature, les arts en général. Fou de musée, de théâtre et de cinéma, il est entouré d’amis, d’artistes et d’écrivains. Jeune, c’est un ardent socialiste. En 1944, professeur débutant, il rencontre le général de Gaulle : c’est un choc définitif pour lui, pour de Gaulle une découverte. Pompidou est ébloui mais cet intellectuel est lucide. Son admiration est immense et le ton est et sera libre ; il est le contraire d’un godillot. Ses notes montrent qu’il s’interroge sur l’intransigeance ou le mode d’action du Général. cet homme, entièrement dévoué, est néanmoins indépendant.

 Pour le challenge de George.