vendredi 30 janvier 2015

Le monde d'Hannah



Alors que l’Inquisition battait son plein en Espagne, la communauté juive a trouvé refuge dans l’empire Ottoman. L’avènement de la Turquie moderne, les poussera à nouveau sur d’autres chemins, dont Paris.
Alors que la seconde guerre mondiale gronde, la petite communauté certaine d’être protégée par sa nationalité turque n’imagine pas un instant pouvoir être inquiétée par les humiliations croissantes que subissent les autres juifs de France.
Les premiers sont assez bien acceptés, en tout cas au début… Hannah, dont les parents sont d’humbles réfugiés turques- travailleurs prêts à s’engager pour leur pays d’accueil- se lie d’une amitié profonde pour Suzon, français honnêtes, en tout cas, en apparence….

Ariane Bois s’attache, au travers d’une fiction, à rendre un hommage émouvant à sa mère qui a connu des faits similaires.

Si l’histoire est sans grande surprise, le dénouement prévisible, Ariane Bois montre qu’elle s’est bien documentée pour bâtir son roman. Elle ne force pas la corde sensible, mais joue plutôt dans le registre du subtile et de la pudeur pour nous rappeler les drames de ce conflit qui ont marqué les survivants bien au-delà de l’imaginable. Elle montre la soif de vivre, et d’apprendre quand on a connu les conditions difficiles, par opposition aux enfants gâtés incapables de de grandir, et de s’assumer.

L’écriture accessible, et le rythme alerte font de ce roman un très bon moment de lecture, comme on en a besoin, parfois.


Le monde d’Hannah, Ariane Bois
Robert Laffont, octobre 2011, J’ai lu, Mars 2014
290/285 pages

4ème de couverture :
Le monde d'Hannah Paris, hiver 1939. Dans le « petit Istanbul », le quartier de la diaspora judéo-turque, vivent Hannah et Suzon, deux petites filles inséparables. Quand la guerre éclate, elles découvrent le marché noir, les sirènes qui hurlent et les rafles... Pour Hannah, c'est la peur, l'expropriation et l'exil en Turquie, le pays natal de ses parents ; pour Suzon, c'est encore la protection du douillet appartement familial. La guerre terminée, elles se reverront. Mais leur monde a disparu. Tant bien que mal, les deux jeunes filles tentent de retrouver la complicité des après-midi sucrés de leur enfance, avant l'horreur. Jusqu'au jour où Hannah découvre un terrible secret. Leur amitié résistera-t-elle à ce que la guerre a ruiné ?
A propos de l’auteur :
Ariane Bois est grand reporter, spécialisée en sujets de société, au sein du groupe Marie-Claire et critique littéraire pour le magazine Avantages. Elle collabore à la revue Service Littéraire. Elle est diplômée de Sciences-Po Paris et de l'université de New-York en journalisme, elle a également écrit une thèse d'histoire sur la résistance juive en France. Son premier roman, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J'ai lu, 2010), a reçu un accueil critique unanime, a été traduit, récompensé par le Prix du premier roman de la ville de Dijon, le Prix de Combs-la-Ville et la bourse Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres, et se trouve en cours d'adaptation TV.
 Pour le challenge d'Enna catégorie:Prénom (  ligne 2)

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