lundi 3 août 2015

La douleur des mots



Après quelques recherches sur le sujet, il s’avère que cet ouvrage soit une des 2 parutions en français relatives aux travaux de cette commission qui, 2 années durant, s’appliquât à entendre à la fois les victimes de l’apartheid, et les ordonnateurs et/ou les exécutants.
Antjie Krog, poétesse et journaliste, farouche opposante au régime de ségrégation a  rendu compte de ces travaux.

Ce livre est donc, non pas une traduction intégrale et littérale des auditions, ni un froid rapport juridique. Il est à la fois le regard d’une femme engagée et une photographie qu’elle ne fait que montrer au monde. Des mots  et des maux des milliers d’individus entendus, à ses propres mots il  n’y a toujours qu’une infime frontière. Entre la douleur d’une femme, et celles de celles bafouées et violentées durant des décennies, il n’y a souvent qu’un pas.

Mal nécessaire à toute démocratie digne de ce nom qui veut, non pas faire table rase de son passé, mais l’étaler au grand jour pour ne pas le rejouer, cette  commission aura permis de mettre des mots  sur 60 ans d’histoire à défaut d’obtenir de ses bourreaux si ce n’est qu’un début de mea culpa. L’attitude du dernier président de l’apartheid est à donner la nausée.

« Je ne m’excuse pas…je prie pour eux »

On ne lit ce genre d’ouvrage comme on lit un roman. Il faut du temps ; à la fois pour digérer ce que l’on lit et s’arrêter sur l’écriture d’une femme dont j’aimerais pouvoir lire quelques-uns de ses poèmes.

La douleur des mots, Antjie Krog
Actes Sud, Mai 2004
416 pages

4ème de couverture :

C'est en 1994 que l'Afrique du Sud a organisé, pour la première fois de son histoire, des élections libres et démocratiques. Dans les mois qui suivirent fut créée la Commission Vérité et Réconciliation chargée de dresser un état des lieux des violations des droits de l'homme perpétrées entre 1960 et 1993. Son objectif : faire éclater la vérité publiquement afin d'éviter que de tels drames ne se reproduisent.
A partir de 1996 et pour plus de deux ans, chaque jour ou presque apportait aux Africains du Sud son lot de terribles révélations concernant le passé du pays.
La poétesse Antjie Krog a couvert ces événements pour la radio nationale. Elle s'est engagée avec ferveur auprès de ceux qui ont pris la parole dans le cadre de la Commission ou dans son sillage, et cela pendant quatre ans. De la Commission de Réconciliation à la conférence de presse de Robben Island en 1998 en passant par les témoignages des victimes, les missions des agents de l'apartheid, l'entrée en scène de Winnie Mandela et la conférence de presse de l'ancien président P. W. Botha, Antjie Krog est là, elle écoute, enregistre, diffuse et souffre..

A propos de l’auteur :
Antjie Krog est née en 1952 dans la ville minière de Kroonstad, dans l’Etat libre d’Orange, en Afrique du Sud. Issue d’une famille de fermiers afrikaners nationalistes, elle se singularise à l’âge de seize ans en publiant une poésie célébrant l’amitié entre Noirs et Blancs. Un scandale Dans sa prison Mandela finira par l’apprendre et y trouvera motif d’espoir. Enseignante, mère de quatre enfants, elle se fait connaître par des poèmes à la fois rugueux et riches en métaphores où l’engagement politique et le féminisme ne se départissent jamais d’un amour profond pour ses proches et pour les paysages de son pays. A l’instar de ses aînés André Brink et Breyten Breytenbach, elle démontre que l’écriture est à la fois survie personnelle et arme de combat universelle. ». (Notice de Georges-Marie Lory, traducteur du recueil Ni pillard, ni fuyard paru en 2004 aux Éditions Le Temps qu’il fait).
Elle travaille aussi pour la radio pour laquelle elle a couvert les débats de la commission Vérité et Réconciliation ; elle a écrit un essai sur le sujet, The Country of my Skull


 Pour le challenge de Bianca.

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