dimanche 29 décembre 2013

Bloody daughter

Martha Arguerich, née à Buenos Aires en 1941 est une légende vivante du piano ; une femme au caractère bien trempé, souvent imprévisible, rebelle et dotée d’une sensibilité hors pair.

Du pianiste américain Stephen Kovacevich, elle eut une fille, Stéphanie qui ici dresse un portrait attachant à sa mère qu’elle film depuis de nombreuses années.

Si l’on connait à peu près la pianiste, la femme, en revanche est un peu plus mystérieuse. C’est ce mystère, que lève sa fille avec infiniment de tendresse, et de retenue.

Mais que le mélomane soit rassuré, ce documentaire laisse une large place à la musique au travers des œuvres que la grande Martha a servies avec  passion, finesse et précision.

(Je ne peux parler du second DVD, qui est en fait un concert filmé, parce que je n’ai vu que le premier qui a fait l’objet d’une diffusion télévisée il y a quelques jours).

Quelques extraits:



Concours international Frédéric Chopin dont elle fut 1er prix en 1965......



dimanche 22 décembre 2013

Le syndrome de Croyde

Étranges coïncidences, Agnès est présente à chaque fois qu’il se produit une chute mortelle dans le métro. Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre !!!

Revenons un peu en arrière. Agnès, c’est la femme d’affaire à qui tout réussit. Elle est mariée à Dany un informaticien en quête d’emploi, qui se résout assez mal à sa situation d’homme d’intérieur. Ils forment un couple évoluant dans l’aisance financière et fréquentent ce qu’il convient d’appeler le gratin. Leurs meilleurs amis sont  Frank et Anne, tous deux psychiatres, et séparés.

Bien entendu, l’objectif de ce thriller repose sur la recherche de la vérité, et de la personne responsable de ces faits étranges.
Construits en deux temps, nous aurons successivement le point de vue  de Dany, mari aimant, prêt à tout pour extraire sa femme de la situation extrêmement critique ; puis d’Agnès confrontée chaque jour un peu plus à ses démons, à sa folie. C’est une plongée au cœur de sa psyché à laquelle nous assistons.
Thriller habilement dosé, le syndrome de Croyde est un thriller qui avance à bon rythme dans la psychologie de ses personnages en maniant la diversion avec malice pour ne pas réveiller trop tôt le radar interne du lecteur. En ce qui me concerne, je suis restée longtemps interrogative ; ce qui a pour but d’aiguiser ma curiosité et surtout ma soif de lire. (Mais je confesse volontiers garder volontairement une certaine naïveté, et ne pas chercher d’emblée à savoir qui est le coupable, ou à ne pas le voir histoire de ne pas gâcher mon plaisir).

Ce thriller  se lit facilement, et devient très vite prenant. Cela en fait une excellente lecture détente  de bonne qualité.

Que demander de plus en ces temps troublés ? Un bon thriller pour se dépolluer l’esprit, voilà mon remède !!!

Je remercie chaleureusement les éditions Daphnis et Chloé récemment crées pour l’envoi de ce livre. Je leur adresse tous mes encouragements dans leur projet. Petite touche personnelle: Daphnis et Chloé me fait penser à une superbe œuvre de Ravel qui me touche tout particulièrement.


Le syndrome de Croyde, Marc Welinski
Daphnis et Chloé édition, Novembre 2013
515 pages



4ème de couverture :

« Et si vous connaissiez le pousseur du métro ? »

Directrice générale de la célèbre maison de parfums Destut, volontaire, carriériste, brillante, Agnès Quincey est en voie d’être élue business woman de l’année quand elle se retrouve trois jours de suite témoin de chutes mortelles de voyageur dans le métro parisien. Accidents ? Suicides ? Meurtres ? Comment se fait-il qu’Agnès ait été présente à chaque fois ? À croire que c’est elle qu’on cherche à tuer ou qu’on essaie de rendre folle.
Et si tous ces morts étaient les victimes de cet étrange Syndrome de Croyde, découvert récemment et qui remet en cause tout ce que l’on croyait savoir jusqu’à ce jour en matière de criminologie ?

De Paris à Étretat, un thriller psychologique haletant où les personnages naviguent entre folie et manipulation.

A propos de l’auteur :
Marc Welinski, normalien et MBA de l’INSEAD, a innové tout au long de sa carrière en mettant les nouvelles technologies audiovisuelles au service des arts vivants. Il a exercé de nombreuses responsabilités dans le secteur audiovisuel et multimédia.
Il a notamment contribué à la création de TPS, où il représentait France Télévision. Parallèlement, il crée en 1997, avec Jacques Chancel, la chaîne Mezzo, consacrée à la musique, l’opéra et la danse. Il dirige la chaîne jusqu’en juin 2000, date à laquelle il intègre France Télécom comme directeur du pôle « contenus audiovisuels », et président de Wanadoo Audiovisuel.



samedi 21 décembre 2013

Tchaïkovski/ Chostakovitch/Prokofiev



Antoine Pierlot, violoncelle
Anton Lubchenko, direction


Concert russe, dirigé par un russe. Cela ne pouvait qu’être qu’explosif.

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840 - 1893)
Ouverture solennelle 1812 en mi bémol majeur, opus 49

Il s’agit d’une œuvre composée pour célébrer la victoire russe sur les troupes de Napoléon. C’est avant tout une musique flamboyante, où les percussions sont nombreuses dont une grosse caisse. Les chants populaires russes  enserrent les extraits de la Marseillaise.
Si cela donne de temps à autre un aspect pompier, il faut reconnaitre à cette œuvre de belles couleurs, rendues par une direction extrêmement dynamique et expressive d’un chef  qui n’avait pas fini de nous surprendre.

Dmitri Chostakovitch (1906 – 1975)
Concerto n°2 pour violoncelle en sol mineur, opus 126

Oeuvre que je connaissais assez peu ; en tout cas, je ne m’avais entendue au disque que de rares fois, sans forcément  être convaincue à ce moment-là.
Autant où Tchaïkovski était dans le grandiloquent, autant, où Chostakovitch est dans l’introspection. L’atmosphère y est mystérieuse, et triste. Si j’étais, en quelque sorte, dans ce concerto en terrain quelque peu inhabituel pour moi, l’interprétation d’Antoine Pierlot m’a littéralement subjuguée. Ce jeune soliste a joué avec énormément d’expressivité. L’association du violoncelle et des  percussions rendait parfaitement bien, en particulier, le xylophone

Sergueï Prokofiev (1891 – 1953)
Symphonie n°3 en ut mineur, opus 44

La seconde partie du concert fut une explosion à plus d’un titre. Pas plus les musiciens que les spectateurs ne sortent indemne d’un tel monument de musique symphonique.
Il fallait voir ce chef complètement envouté, plein de fougue et de rage, et dont les râles étaient perceptibles … Jamais je n’ai vu une telle implication dans la direction d’un orchestre. J’avais l’impression que cet homme était habité par cette musique qui l’a laissé exsangue.

Si j’avais eu faire connaissance avec cette œuvre via le disque ou une diffusion radio, il est fort probable que je n’aurais pu l’apprécier. Vivre cela en salle de concert est une expérience unique.