lundi 28 novembre 2011

C'est lundi que lisez -vous? (15)

Ce que j'ai lu ou achevé la semaine passée

*Le crépuscules des superhéros, Deborah Eisenberg
* Commissaire Garon, les cahiers du ministre, Saint-Luc
* Un père idéal, Paul Cleave
*La séparation, Dan Franck 


*Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet, Reif Larsen ( pour le blogoclub)
Livre abandonné tellement je l'ai trouvé chiant


Ce que je suis en train de lire

*Un livre destination Israël

*Le dernier Lisa Gardner.....




Ce que je lirai cette semaine

Ce qui est en cours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
M’intéresser d'un peu plus près à:

*Seul le silence, R.J.Ellory
*Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

samedi 26 novembre 2011

Un père idéal


Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande. Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur. Après Un employé modèle, Paul Cleave récidive avec ce thriller noir et glaçant, au suspens omniprésent, et impose définitivement un style tout à fait nouveau dans l'univers du polar.
« Je pourrais tuer en ce moment, et si le monstre avait son mot à dire, c’est ce que je ferais. La question est : Pendant combien de temps pourrais-je le faire taire ? Non, attendez-la vraie question est : Est-ce que je peux vraiment le faire taire ? »

Edward, longtemps catalogué comme le fils du tueur, trouve finalement une place honorable dans la société : un bon travail, une épouse, une ravissante petite fille, un projet de maison…..et puis….soudain, la machine s’enraye……son monstre revient…..son père aussi……

L’auteur, dans les premiers chapitres, plante le décor, nous présente un homme socialement incéré, mais déjà psychiquement marqué par une histoire familiale qui aurait pu le détruire comme il a détruit sa mère et sa sœur.

Et puis, le rythme s’accélère au fur et à mesure de la descente aux enfers d’Edward. Paul Cleave nous entraine sur les pas d’un serial killer, avec méthode et précisions. L’ambiance est particulièrement sombre, les scènes décrites avec précisions et visuellement sans équivoques…..veillez à avoir l’estomac bien calé, sinon…..Tout cela passe bien, nous n’avons pas affaire à des anges, qu’on se le dise !!!

Si le suspense est bien entretenu, il peut sembler, que parfois, les évènements arrivent un peu trop facilement, un peu trop fortuitement….parfois…

Je n’ai pas lu  un employé modèle, je n’ai donc pas d’élément de comparaison, et  j’aborde ce livre sans à priori venant d’un auteur dont j’aurais apprécié ou pas le premier opus ; je l’aborde donc avec les attentes classiques d’un polar…

.Plus qu’un polar, c’est un mélange de policier avec une enquête classique, qui au fond n’est pas l’objet principal, de thriller psychologique, à mon avis intéressant car la personnalité complexe du fils, et par -delà du père aussi est bien abordée, et un soupçon de roman noir de par la tristesse, et le climat général.

Un livre qui se lit facilement, écrit la plupart du temps avec la voix d’Edward et la voix de son monstre……, et de temps à autre une narration plus impersonnelle. Les chapitres sont courts, le rythme soutenu, il est ensuite difficile de s’extraire de ce livre.

Peut-on échapper à ses gênes, à son histoire familiale ? Le mal se transmet-il ? Ou faut-il un malheureux concours de circonstances pour basculer ? Telles sont les questions que l’on se pose tout au long de ce livre.

Les éditions Sonatine, proposent des publications de qualité, et qui s’écartent un peu des standards…à chaque fois pour mon plus grand bonheur.
Paul Cleave-Sonatine Editions(06/10/201)-405 pages

Paul Cleave est né à Christchurch, Nouvelle-Zélande, en 1974. Après Un employé modèle, Un père idéal est son second roman publié en France.





22ème ouvrage lu dans le cadre du challenge organisé par Hérisson .










7ème ouvrage dans le cade du challenge organisé par les agents littéraires.

mardi 22 novembre 2011

Commissaire Garon:Les cahiers du ministre

Le commissaire divisionnaire Garon dirige la brigade des affaires générales de Lyon, brigade un peu particulière chargée des dossiers mettant en cause des personnalités en vue. Suivez-le pataugeant dans la fange peu ragoûtante des affaires dites « spéciales » et plongeant dans les marigots souvent inavouables de la politique et de la finance.
La mort de Patrice Warth, ancien ministre, ex-trésorier de l'Union des conservateurs de progrès, sème la panique dans le landerneau politique : sa veuve allègue détenir des cahiers compromettants et menace de les rendre publics si toute la lumière n’est pas faite sur la disparition de son mari.
L'enquête de Garon le mènera de Lyon à Chantilly, en passant par Cannes et Genève, sur fond de guerre impitoyable des « services », de mafieux sans état d'âme et d'hommes politiques aux abois.
Le commissaire Garon s’est gentiment invité chez moi, comme ça, parce c’était moi….parce que je le valais bien, sans doute (petit clin d’œil à Madame Guyancourt…..) et je lui ai ouvert la porte en grand !!! Et bien m’en a pris, car je ne me suis pas ennuyée une seconde en sa compagnie, et en plus il m’a bien fait rire.

Lyonnais, amateur de bouchon, fillette, rosette, et autres réjouissances terrestres, je l’imagine bien rondouillard, la gouaille à l’Audiard. Le commissaire ne s’embarrasse pas avec les formalités, et c’est souvent qu’il surfe avec la légalité…mais q ‘importe, quand la raison d’état l’exige, tous les moyens sont bons !! Un flic qui a du métier, un flic à qui on ne la fait pas, un flic qui a plus d’un tour dans sa besace.

L’intrigue nous porte au cœur même du pouvoir, et, bien que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne peut qu’être fortuite, il faudrait sortir d’une longue diète médiatique pour ne pas reconnaître nos personnages…. Et avec quel brio, quel humour !!! Jamais méchant, mais sarcastique, et bien observé surtout, le phrasé est dynamique, et surtout dans le ton juste de ce milieu. Saint –Luc, sans en avoir l’air, égratigne la haute administration, les politicards de tous poils. Et parfois, il le fait avec tant de subtilité, qu’un non habitué de l’actualité politique pourrait ne pas s’y retrouver…..cela rend encore plus drôle.

Si vous avez de l’humour, vous appréciez que l’on se moque de l’échiquier politique, même le vôtre (démocratie oblige),  que vous avez besoin de vous abandonner quelques heures à la légèreté, que vous n’êtes pas trop regardant sur la morale, alors ce livre est pour vous. Si vous avez envie de vous promener dans Lyon, et prendre un peu de bon temps sur la côte, et en Suisse, partez avec Garon, vous ne verrez pas le temps passer, et en plus il a quelques bonnes adresses… attention, cependant, il côtoye des gens pas toujours très fréquentables, et ses méthodes parfois peuvent choquer le bourgeois !!!

Un grand merci à Saint-Luc qui m’a gentiment proposé son nouvel opus, dédicacé, ça ne s’invente pas, un 11 /11/11 à 11h11 !!!!

Saint-Luc-Editions Beaurepaire(02/09/2011)-202 pages 

L'auteur, SAINT-LUC, connaît bien le microcosme des cabinets ministériels - pour les avoir fréquentés sous Giscard - et le monde politique dans lequel il a exercé diverses responsabilités, avant de mener une carrière au sein de charges d'agents de change et de banques.




21 ème ouvrage lu dans le cadre du Challenge organisé par Hérisson.











6ème ouvrage de la rentrée 2011 édités par les "petites" maisons.
Organisé par les agents littéraires.

Le crépuscule des superhéros


Dans l’insouciance de leur jeunesse, ils sirotent du champagne sur la terrasse de leur loft new-yorkais. Nathaniel, Lyle, Amity et Madison, de grands enfants impatients, fourmillent de projets et veulent changer le monde. Mais les tours s’écroulent, la crise les frappe, ils perdent emploi, logis, utopies. De leurs rêves, il ne reste que des débris. Les superhéros, ça n’existe plus.
Merci à libfly de m’avoir donné l’occasion de lire ce livre grâce à l’opération un(e) mordu(e), une critique, en collaboration avec les éditions Points

J’ai eu la plus grande peine du monde à pouvoir lire, chacune des six nouvelles dans leur intégralité. Je n’ai d’abord pas été convaincue par le style, haché, dépourvu de dialogues matérialisés (ces derniers étant noyés dans la masse sans que l’on puisse y voir clair d’emblée….et rien que cela, je bloque)

Les histoires en elles même sont comment dire….. et bien à vrai dire, je ne saurais même pas le dire, parce que c’est tarabiscoté, et qu’en arrivant à la fin d’une nouvelle, je devais avoir des yeux gros comme ça à me dire oui, et alors quoi ?

Quant à parler du lien qui relie ces nouvelles, parce que, normalement tout recueil de nouvelles comporte un ou plusieurs points communs sensés générer une unité, et capter le lecteur….. En ce qui me concerne, je n’ai pas trouvé ce fil conducteur qui m’aurait bien aidée. Y en a-t-il un, d’ailleurs ?

Je suis bien incapable de dire si oui, ou non, j’ai aimé ce livre…..Parce qu’avant tout je n’ai pas compris ce que j’ai lu. Et quand je ne comprends pas, c’est comme un marin sans gouvernail…..c’est le début de la fin.

Dommage, la couverture montrant New-York depuis le sommet terrasse d’un immeuble m’avait mise l’eau à la bouche. Je n’en suis que plus déçue. J’espère de tout cœur avoir plus de plaisir de lecture avec le second livre de l’opération.

Deborah Eisenberg-Editions de l’olivier(janvier 2009)/Points (août 2011)-278/252 pages

Née à Chicago en 1945, Deborah Eisenberg est l'auteur de six recueils de nouvelles, dont Petits désordres sans importance et Transactions dans une monnaie étrangère (Le Promeneur, 1993 et 1994). Ses textes sont régulièrement publiés dans le New Yorker.


lundi 21 novembre 2011

C'est lundi que lisez -vous? (14)

Ce que j'ai lu ou achevé la semaine passée

*Montana, Larry Watson
* Lune de sang, Todd Ritter
* Le sac , un petit monde d'amour, Jean-Claude Kaufmann
*Eux sur la photo, Hélène Gestern
Ce que je suis en train de lire

*Le crépuscules des superhéros, Deborah Eisenberg
*Commissaire Garon, les cahiers du ministre, Saint-Luc

Ce que je lirai cette semaine

Ce qui est en cours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
M’intéresser d'un peu plus près à:

*Suor, Jorge Amado
*Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet, Reif Larsen ( pour le blogoclub)
*Une divine plaisanterie, Margaret Laurence
*Le dernier Lisa Gardner.....

dimanche 20 novembre 2011

Eux sur la photo


Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices : deux noms, et une photographie retrouvée dans des papiers de famille qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.
Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit.
Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie.
« Oui, il est insupportable de ne pas savoir ; ce silence familial est un poison qui contamine tout ce qu’il touche, nos rêves, nos peurs, nos vies d’adultes. Et il finit par nous replier autour de de nos questions trente ou quarante ans après. »

Ce poison dont parle Hélène, il en faudra trouver l’antidote ; un antidote qui arrivera sans crier gare, sous forme d’une photo, retrouvée dans les archives familiales.
Comment une banale photo peut bouleverser une vie, et surtout la remplir soudainement de tout ce qui lui manquait depuis des décennies.
La photographie, l’objet type de la mémoire familiale sera au centre de ce roman épistolaire. Car tout part d’une photo, les personnages clés de la vie d’Hélène et Stéphane sont des photographes, et c’est photo après photo qu’Hélène et Stéphane vont construire leur vie, et relier chaque évènement.
Roman épistolaire donc, car d’un simple avis de recherche dans un quotidien, va naître un échange entre deux inconnus qui deviendra de plus en plus intime, et profond, mais restera, et c’est là un paradoxe, assez longtemps distancié par un vouvoiement qui ,compte tenu de leur sentiments respectifs , pourrait paraître désuet. Pour ma part, je l’ai perçu comme une grande pudeur, un profond respect entre eux, mais aussi une peur plus ou moins  inconsciente de l’avenir et des réponses à leurs recherches.
La correspondance utilise des modes aussi variés que la lettre traditionnelle travaillée, intimiste et profonde, le courriel qui peut être bref et synthétique, ou au contraire aussi personnalisé que la lettre, et le sms.
Entre chaque épisode de correspondance, nous franchissons une étape supplémentaire grâce à une photo qu’Hélène Gestern a le génie de faire vivre avec les mots ; si tant est que je pouvais visualiser chacune d’elle. Elle décrit avec beaucoup de finesse et de détail chaque grain de photographie. Du grand art…
Je serais incomplète en passant sous silence une autre lettre, longue, cette fois, lettre posthume, si belle, qui ne peut que nous toucher au cœur, et nous ôter toute tentative de jugement .Si le secret est un poison, il peut être un poison doté des meilleures intentions…. Doit-on tout dire ? Et si oui, oui, quand le dire ? Comment ?
Aller à la rencontre de l’intimité de ses parents n’est-il pas déjà un pas de trop ? Où et quand s’arrêter ?
Hélène Gestern, qui signe  là son premier ouvrage, nous offre une écriture soignée, au charme désuet de la correspondance d’antan, un phrasé qui immédiatement m’a portée sur le chemin d’Hélène et Stéphane. C’est avec eux que j’ai vécu deux après-midi durant, comme eux j’ai douté, eu des crèves cœur, me suis aussi amusée de leur humour. En dépit du drame qui se cache derrière tous ces secrets verrouillés, j’ai trouvé la fin apaisante, et apaisée. C’est à la grande sagesse de nos deux personnages que l’on doit cela. En effet vouloir connaître la vérité, est une chose ; l’assumer, et en faire un atout, est tout autre. Assurément Hélène et Stéphane ont réussi l’épreuve.
« Aujourd’hui, lorsque je pense à eux deux, je mesure la force de leur lien, ce lien qui nous a conduits l’un vers l’autre à trente-sept ans de distance, à partir d’une improbable coupure de journal. (…)Oui, c’étaient eux  sur la photo, qui nous parlaient, nous appelaient… Je les contemple jusqu’au vertige et je crois les entendre nous dire qu’il faut vivre maintenant, saisir la chance qu’ils ont laissée échapper. »
Ils m’ont parlé à moi aussi, ces deux-là… Hélène Gestern, rencontrée chez elle, à Nancy, au livre sur la place, m’a également parlé à l’oreille tout au long de ses pages. Ce premier ouvrage est plein de promesses pour les suivants.
Que mon libraire, qui lui aussi, m’a parlé de ce livre avec tant passion, soit remercié.
Hélène Gestern- Arléa (Août 2011) -275 pages
Hélène Gestern a 40 ans. Elle vit et travaille à Nancy. Eux sur la photo est son premier roman.





20 ème ouvrage de la rentrée lu, dans le cadre du challenge organisé par Hérisson









Challenge ABC Critique Babélio 19/26 [G] 







5ème ouvrage lu 










Cet ouvrage rentre également dans le défi organisé par Opaline, La plume au féminin. 



Le sac, un petit monde d'amour


Le sac n’est pas un objet ordinaire. En plongeant dans ses profondeurs, ce livre nous révèle un univers immense et fascinant où le cœur de l’intime et les vérités secrètes croisent les images de soi qu’on rêve d’afficher. On y met un peu tout et n’importe quoi à la va-vite, et ces gestes sont aussi naturels et spontanés que sont agaçants les efforts en sens inverse pour trouver les clés ou le téléphone qui s’y cachent.
Accessoire de mode, le sac n’a pourtant rien d’accessoire. Jean-Claude Kaufmann nous explique pourquoi il est l’un des lieux privilégiés où se fabrique l’identité. Ce n’est pas un hasard si certaines parviennent à raconter leur vie au travers de leur sac et de son contenu. Quant aux petites choses qu’il recèle, même les plus dérisoires ont beaucoup à dire. Il n’est pas rare, par exemple, qu’on y trouve des cailloux ! Et on aurait bien tort de se moquer. Car là se nichent mille pépites de sentiments et d’émotions. Jean-Claude Kaufmann n’en doute pas un instant : entre tendresse et passions, le sac est un vrai petit monde d’amour qu’il nous propose de partager.
« Regardons. Il est très rare qu’une femme n’ait pas de sac. Le sac est à la femme ce que la coquille est à l’escargot. Sauf que la coquille, on sait ce qu’il y a dedans. Et que les escargots se ressemblent. Pour les femmes……. »

Le sac n’est pas pour moi un accessoire  de mode fétiche. Comme beaucoup j’en ai des tas, mais jamais le bon. J’en ai de toutes les formes, et de toutes les tailles, mais il manque toujours Celui dont j’aurais besoin précisément à ce moment-là !!!

Je ne craque pas pour un sac comme je craque pour les collants, la lingerie, ou les chaussures, certes, mais comme toute femme, je ne sors -presque-jamais sans mon sac. Mais à bien y réfléchir, j’ai eu une fois un coup de foudre pour ce beau petit sac rouge, moi qui ne porte pas souvent de rouge, dans une petite boutique de l’ile St Louis à Paris.

Connaissant Jean-Claude Kaufmann pour avoir lu il y a quelques années La femme seule et le prince charmant, et Premier matin, et avoir apprécié l’accessibilité de ces livres, je me suis laissé tenter une nouvelle fois à la faveur d’une rencontre à une fête du livre.

Il ne s’agit pas d’une étude sociologique concernant le sac à main, mais d’une mise en forme rédigée d’un certain nombre de témoignages de femmes à ce propos ,que l’auteur avait sollicitées par le biais d’une annonce dans un célèbre mensuel de psychologie.

Sur le fond, j’ai trouvé cela intéressant, souvent émouvant ; bien des sacs "racontent" les drames de vie ….Le sociologue n’est jamais très loin, et il éclaire en un rien de temps tel ou tel comportement.

Sur la forme, Jean –Claude Kaufmann a su rester accessible sans céder à la facilité de langage. Les chapitres sont courts, ce qui permet de fractionner à souhait sa lecture, sans avoir l’impression de perdre la bandoulière… 

« Le sac n’est pas qu’affaire d’image et d’identité. Après le temps fort de l’achat, il est introduit dans l’ordinaire des gestes et des petits secrets, des repères habituels et des commodités. »

Si je ne me suis pas reconnue dans tous les dires de ces dames ; si je n’ai pas un rapport fusionnel avec mon sac, je reconnais bien volontiers avoir souri, et opiné du chef à lire certaines confessions, ou certains inventaires…..Si mes premiers sacs étaient de taille riquiqui, plus l’âge avance, plus mon sac prend du volume…et plus il se rempli…Cela rassure, parait-il…

 Comme l’ont fait Sabrina, Apolline, Joy, Valmontine et tant d’autres, j’ai vidé mon sac…..


la petite trousse bleue est à elle seule une vraie caverne d'Ali Baba ....en gros c'est la pochette " au cas où"
Quand à celle qui est mauve, je n'en parle même pas, entre les papiers de la voiture, et les miens , carte bancaire, cartes de fidélité en tout genre, billet de loto, facturettes, bon de réductions, carte vitale, timbres,les quelques sous dont je dispose...ce n'est pas triste !!!
Pour le reste, rien de bien original, ce dont j'ai besoin ....Pour les secrets...et bien, c'est secret ! Na !

Jean -Claude Kaufmann- JCLattès (mars 2011)-252 pages

Jean-Claude Kaufmann est sociologue. Directeur de recherches au CNRS il scrute les détails les plus fins de notre vie quotidienne et démontre avec humour que rien, jamais, n’est anodin. Partant de l’analyse concrète, il perce à jour l’évolution de l’individu ou le comportement du couple dans notre société. Une démarche originale suivie avec curiosité par un très large public. Ses livres sont traduits en quinze langues.

samedi 19 novembre 2011

Lune de sang


Le 20 juillet 1969, durant la nuit, Neil Armstrong pose le pied sur la lune. Cette même nuit, un enfant de 9 ans, Charlie Olmstead, disparaît à Perry Hollow. On ne retrouvera que son vélo, près des chutes de Sunset Falls. L’enquête menée par la police locale conclut à un accident.
De nos jours. Le dossier de cette disparition non résolue est rouvert par son frère cadet, Eric Olmstead. Âgé de quelques mois à l’époque des faits, il a promis à sa mère, depuis décédée, de faire la lumière sur l’affaire. Maggie a toujours pensé que son fils aîné avait été kidnappé. Obsédée par cette idée, elle menait sa propre enquête et avait découvert que six enfants avaient disparu entre 69 et 72 dans des circonstances similaires.
Aidé par un ancien flic, Nick Donnelly, et par le shérif Kate Campbell, Eric fait bientôt d’étranges découvertes au sein de la petite communauté de Perry Hollow à la fois glauque et banale. Sous le calme apparent de la routine provinciale, le passé va vite se révéler plus tragique que prévu. Les habitants de ce quartier résidentiel ont tous une histoire enfouie dont l’acmé se situe le 20 juillet 1969, cette nuit où l’homme a marché sur la lune et où le jeune Charlie Olmstead a disparu. On sent qu’ils portent en eux un fardeau de honte, de frustration et de colère, assez lourd pour les pousser à commettre des actes criminels.
Quels drames ont eu lieu cette fameuse nuit de pleine lune ?
Même si l’écriture aurait mérité un peu plus de recherche – ou pour le moins la qualité de la traduction-, je n’ai pas boudé mon plaisir pour lire ce thriller dont le rythme n’arrête pas une minute, et s’accélère sur la fin.

C’est l’histoire en elle-même qui justifie mon intérêt. En effet elle mêle le présent au passé sur fond de conquête lunaire, sans oublier une part d’anticipation, puisque à ma connaissance, contrairement au scénario, les chinois n’ont pas encore posé leurs petits pieds sur notre satellite.

Que vient faire la lune dans tout cela ? Qu’entend l’auteur par lune de sang ? Tout vient à temps pour qui qui sait attendre ! Et il faudra patienter  un peu avant d’entre-apercevoir le fin mot de l’histoire, car l’auteur promène son lecteur d’hypothèse en hypothèse, amène des personnages troubles et mystérieux qui tous ont de bonnes raisons d’être le coupable idéal….Mais…tout cela serait encore trop facile.

J’ai bien aimé le tandem formé par Nick et Kate, tous deux montrés sous un jour humain, avec leurs failles, leurs soucis de tous les jours. Monsieur et Madame tout le monde qui doivent composer avec fêlures qui peuvent parfois déteindre sur leur travail.

Un bon moment de lecture donc, que je recommande parmi d’autres plus sérieuses, pour le plaisir de s’offrir une coupure avec notre quotidien.

Je remercie Madame Charlotte, et les éditions Ixelles de m’avoir offert cette opportunité.
Todd Ritter-Ixelles éditions (Août 2011)-344 pages

Todd Ritter est journaliste depuis plus de quinze ans. Il collabore actuellement au New Jersey Star-Ledger. Il a couvert de nombreuses enquêtes criminelles qui ont décuplé sa passion pour les intrigues policières. Il vit dans le New Jersey.Il est l’auteur d’un précédent thriller : Avis de décès

19 ème ouvrage lu dans le cadre du 1% littéraire organisé par Hérisson.

4ème ouvrage lu dans le cadre de ce challenge









11 ème lecture dans le cadre du challenge organisé par Sofynet. Pour la Pennsylvanie

vendredi 18 novembre 2011

Le tag du portait chinois , le retour...

Loo s'y met.....

Si j'étais :


une musique, Le cantique de Jean Racine, de Gabriel Fauré

un musée, Le musée d'Orsay à Paris
un paysage,l'immensité du désert
un symbole,une colombe
un remède, celui qui viendra à bout de la bêtise humaine.......l'espoir fait vivre !!!
un chemin,un chemin de montagne, on en bave , on en voit pas le bout....mais à l'arrivée quelle récompense !!!
un instrument, la harpe, l'instrument féminin par excellence
une découverte, la pénicilline.......quel progrès en matière de santé !!!


mercredi 16 novembre 2011

Montana 1948


De l'été de ses douze ans en 1948 au Montana, David Hayden, fils du shérif de Mercer County, gardera le souvenir de sa vie.
Des évènements bouleversant qui concernent la jeune indienne Mary Little Soldier vont irrémédiablement transformer les rapports de David avec sa famille et sutout lui faire découvrir que la quête de vérité peut être douloureuse.
A la fois souvenir de famille, drame psychologique et récit d’aventure, Montana 1948 est devenu rapidement un classique de la fiction américaine contemporaine.
Il s’en souviendra longtemps de l’été de ses douze ans…..L’été où l’enfance le quittera pour rejoindre ce triste monde des adultes…..

Triste monde, en effet que ces adultes….surtout quand certains s’obstinent à vouloir laver son linge sale en famille, et passer outre la justice.
Triste monde où ces même gens ont à un moment donné représenté la Loi….
Triste monde, où dans ces temps pas très lointains, la parole d’une indienne ne valait pas celle d’une blanche.
Triste monde où la bourgeoisie locale s’arrogeait des droits sur autrui…..Cela existe encore de nos jours du reste….
Triste monde où la recherche de la vérité est un long chemin escarpé…qui n’arrive pas souvent à destination.
Triste monde où vouloir la vérité, dans le respect du droit et de la dignité humaine a un prix trop lourd à payer…
Dans une écriture ciselée, sans fioriture, ni détours inutiles, Larry Watson dresse un tableau d’une époque, d’une culture, et brosse parfaitement  des personnages qui pourraient très bien être des gens d’aujourd’hui, et vivant près de nous.
Je n’ai pu m’empêcher de rapprocher le sort de Marie l’indienne, à  celui une autre femme dont je tairai le nom, mais dont la parole n’a  pas pesé bien lourd, il n’y a pas si longtemps de cela….
Triste monde…..
 Larry Watson-JC Lattès (02/1996)/ 10/18(04/1998)/Gallmeister poche (04/2010)-210/210/162 pages



LARRY WATSON est né en 1947 à Rugby, dans le Dakota du Nord. Petit-fils et fils du shérif, il rompt la tradition familiale et se lance dans l'écriture. Auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles traduits en une dizaine de langues, il a été récompensé par de nombreux prix littéraires. Montana 1948 a, dès sa parution aux États-Unis en 1993, été reconnu comme un nouveau classique américain. Larry Watson vit dans le Wisconsin.



Dans le cadre du challenge nature writing organisé par Folfaerie.







Dans le cadre du challenge organisé par Sofynet,
Pour le Montana, 10 ème ouvrage







lundi 14 novembre 2011

Et le gagnant est ???????






Souvenez vous, j'ai participé à ce jury.!!!
Neuf romans noirs, policiers ou Thrillers.......


La sélection:


1) Les visages, de Jonathan Kellerman
2) Cotton Point, de Pete Dexter
3) Les brumes du passé , de Leonardo Padura
4) Origine, de Diana Abu Jaber
5) Les courants fourbes du lac Tai, de Quiu Xialong
6) Hypothermie, de Arnaldur Indridason
7) La ronde des innocents, de Valentin Musso
8) Hiver, de Mons Kallentoft
9) Donne-moi tes yeux, Torsten Pettersson


Je suis très heureuse des résultats, car le lauréat était mon chouchou, avec 15 voix 


contre le second qui lui est le seul titre à m'être tombé des mains, mais qui a eu ses adeptes avec 11 voix.



un grand merci aux éditions Points pour leur confiance, et une organisation exemplaire .

Le tag du portrait chinois



 Mince je me suis fais taguer........la faute à Prune


1.Si j'étais un  poème,et bien je n'en serais aucun....la poésie ne me touche pas, je ne la comprends pas, et je n'en lis pas....
2. Si j'étais un dessert, je serais un cheesecake new-yorkais
3. Si j'étais une librairie,  ce serait l'autre rive à Nancy, Jean Bernard y est toujours de bons conseils
4. Si j'étais un film,je serais la liste de Schindler, le seul film que j’ai vu 2 fois en salle, la même semaine, et pour lequel je suis restée vissée à mon fauteuil de longues minutes.....
5. Si j'étais un voyage, je serais un safari photo en Afrique
6. Si j'étais un roman policier, je n'en sais trop rien en fait.....joker !!
7. Si j'étais un vilain défaut,l"hypocrisie.....les hypocrites s'en sortent toujours !!!
8. Si j'étais une langue étrangère, je serais ......aucune idée  ....second joker!!
9. Si j'étais un regret, c'est celui de ne pas savoir regretter plus souvent.....
10. Si j'étais un chat,  je serais un gros chat-chat d’intérieur qui n'a pas à se soucier de sa pitance !!!

Je tag Zazy, Malo, Sofynet, Jostein, et Enna

Avec les questions suivantes

1) un objet; 2) un pays;3) une couleur;4) une musique; 5)un tableau; 6)unE matière;7)un sens;8)une odeur;9)un métier;10) un son

C'est lundi que lisez -vous? (13)

Ce que j'ai lu ou achevé la semaine passée

*Les noces barbares,Yann Queffélec
* Un livre "secret"( LC du 01/12/2011)
* De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles,Lucien Jerphagnon
*Un premier livre "Israël" (LC du 28/01/2012)

Ce que je suis en train de lire

*Le sac , un petit monde d'amour, Jean-Claude Kaufmann 
*Le crépuscules des superhéros, Deborah Eisenberg
*Lune de sang, Todd Ritter
Ce que je lirai cette semaine

Ce qui est en cours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
M’intéresser d'un peu plus près à:

*Montana, Larry Watson
*Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet, Reif Larsen ( pour le blogoclub)

vendredi 11 novembre 2011

De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles


Allègre et profond, Lucien Jerphagnon, philosophe et historien, alterne souvenirs, anecdotes, réflexions piquantes ou sérieuses, dans le récit d'un étonnant parcours, qui l'a mené de Jankélévitch à saint Augustin. Le livre d'un sage qui, tels les anges loués par Chesterton, ne vole si haut que parce qu'il se prend à la légère. "Depuis les origines jusqu'à nos jours, la vocation première de la philosophie a toujours été de promouvoir en l'homme la conscience de lui-même et du monde, afin de réaliser, en lui et autour de lui, ce que les Grecs appelaient eudaimonia et les Romains beata vita, autrement dit une vie harmonieuse parce que conforme à sa destinée, et heureuse parce qu'harmonieuse..."
Comme souvent, je découvre un auteur au moment où il s’en va. Paru quelques semaines avant le décès de Lucien Jerphagnon, ce livre serait me probablement passé inaperçu. Il aura donc suffi que l’on parle de son auteur, pour aiguiser ma curiosité, et l’opportunité offerte par News Book pour le lire ; je l’en remercie ainsi que les éditions Albin Michel. J’aime de temps à autre délaisser le roman pour les choses de l’esprit.

Dans cet ultime ouvrage, le philosophe s’est entretenu avec Christiane Rancé, journalistes chef de service « enquête » au Figaro, essayiste, et romancière. Il y a autant de chapitres que de thèmes abordés, qu’ils soient sérieux ou plus légers, d’où les autres bagatelles du titre. J’ai trouvé la conduite de l’entretien très vivante, avec une grande variété de type de question.

Si les grandes questions philosophiques me restent encore et toujours de l’ordre de l’inaccessible, j’ai apprécié la volonté de l’auteur d’être compréhensible. J’ai diversement goûté aux sujets abordés, mais, ce genre d’ouvrage me réconcilie avec la philo.

Lucien Jerphagnon revient sur toute une vie dédiée non pas à la philosophie, mais à l’histoire de la pensée, comme il l’explique modestement : « En tant que philosophe, je ne me voyais pas créer un étage supplémentaire à la tour de Babel. » Mais c’est sur toute une vie qu’il revient en distillant tout au long de sa réflexion, sagesse et bon sens.

« Nul ne souffle plus haut qu’il n’a l’esprit »

En effet, au-delà de la consistance du propos, j’ai trouvé ce livre reposant, amusant par moment. Et ceci sans céder à la facilité de langage, semant, ici où là ses entretiens de locutions latines, et grecques.

Commenter un essai, philosophique, est délicat… à vrai dire un peu angoissant. Je ne sais pas trop si j’ai réussi à me faire comprendre. Si certains peuvent appréhender l’abord d’un tel ouvrage, il peut facilement se picorer, se lire dans le désordre, par petits morceaux, au milieu d’autres lectures. Il n’a rien de pompeux, ni d’intello tout en étant intellectuellement relevé, et abordable. Parole de quelqu’un qui n’a pas encore les clés de la "maison philosophie".

Lucien Jerphagnon-Albin Michel (août 2011)-262 pages
Né à Nancy le 07/09/1921, et décédé à Rueil-Malmaison, le 16/09/2011
Professeur émérite des universités, Lucien Jerphagnon est membre correspondant de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques.
Spécialiste de la pensée grecque et romaine, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, correspondant de plusieurs revues scientifiques étrangères, il a notamment publié Les Dieux et les Mots, Histoire de la pensée de l'Antiquité au Moyen Age (Tallandier), et une édition des Œuvres saint Augustin dans la Bibliothèque de la Pléiade.


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