mercredi 8 septembre 2010

Marie Leszczynska


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Le 5 septembre 1725, Louis XV épouse Marie Leszczynska. Pour cette princesse inconnue, fille du roi de Pologne en exil, Stanislas Ier, ce mariage inattendu est un cadeau du destin. La gentillesse de la charmante Polonaise et l'amour du jeune roi balaient les préjugés. Mais le conte de fées ne dure qu'une dizaine d'années, le temps de donner naissance à huit filles et à deux garçons, dont l'un meurt en bas âge. Puis le " Bien-Aimé " se met à collectionner les favorites. La reine, tout en se tenant à l'écart de la politique, continue d'assumer ses tâches avec dignité et dévoile son vrai visage qu'Anne Muratori-Philip révèle ici dans tout son éclat.

« A Stanislas Leszczynski, le bienfaisant, la Lorraine reconnaissante »


Telle est l’inscription au bas de la statue au centre la place éponyme à Nancy. Quel rapport, me direz vous, avec la femme dont il est question dans ce livre ? Ils sont père et fille. Si les Lorrains sont français, c’est à Stanislas qu’ils le doivent ; Les Duchés de Lorraine et de Bar, ont été apportés en dot (tardivement) au Royaume de France par Marie Leszczynska.

Madame Muratori-Philip retrace dans ce livre le destin à peine croyable d’une jeune adolescente, fille d’un roi sans couronne, balloté par les vicissitudes de l’histoire en la Pologne, et la Lorraine où il finira sa vie sous les flammes de sa cheminée.

Voici ce qu’écrivait Stanislas à sa fille à la veille de ses noces avec Louis XV, en 1725 : "Répondez aux espérances du roi par toutes les attentions possibles ; vous ne devez plus pensez que d’après lui et comme lui, ne plus ressentir de joies ou de chagrins que ceux qui l’affectent, ne connaître d’ambitions que de lui plaire, d’autres plaisirs que de lui obéir, d’autres intérêts que de mériter sa tendresse ; vous ne devez ne plus avoir à vous ni humeur, ni penchant ; votre âme doit se perdre dans la sienne."

Autres paroles d’un père à sa fille : "Si le propre des reines est d’être trompées, elles détiennent en revanche le pouvoir extraordinaire de donner chair à la dignité de la couronne."


Si j’ai choisi de mettre en valeur ces deux extraits, c’est parce qu’ils reflètent parfaitement ce qu’a été la vie privée et de souveraine de l’épouse du roi de France. Ces qualités ont été bien mises en valeur par l’auteur, notamment son incroyable dignité vis à vie de la Pompadour, son rôle de souveraine qu’elle a assumé en dépit des nombreux deuils de mère.

Une reine qui n’était pas capricieuse, bonne mère et aimante, malgré ses apparences froides et timides. Ce fut une reine humaine, qui n’hésitait pas à s’endetter pour aider les nécessiteux, une musicienne ayant connu Farinelli, Couperin, et Mozart alors âgé de 7 ans.

Une femme bonne vivante, ayant hérité de son père la gourmandise. Nous devons à Stanislas la madeleine, et les babas ; Marie Leszczynska apportera la bouchée à la reine.

Si après 43 ans de règne, elle est inhumé comme le veut la tradition en la Basique St Denis, son cœur rejoindra Nancy auprès de ses parents, fidèle à la Pologne de ses origines et à la Lorraine sa terre d’adoption

J’ai apprécié cette lecture, malgré quelques longueurs inhérentes à toute biographie qui se veut complète. J’y ai retrouvé des éléments historiques fort intéressants, et de nombreuses références qui font le quotidien des Nancéens.

Anne Muratori-Philip -Pygmalion -389 pages

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