mardi 8 avril 2014

Au cœur du Yamato (2) : Zakuro



Souvenons-nous de Mitsuba ; Takashi et Yuko travaillaient pour une firme ; Toda en était un des chefs. Ici, Aki Shimazaki choisi ce dernier comme personnage central, et, elle en fait même son narrateur.
Sa personnalité effleurée dans le précédent opus devient l’objet du second volet de cette pentalogie. L’auteur, délaisse le monde de l’entreprise, pour retourner aux sombres heures de l’histoire japonaise, en abordant des faits méconnu, et douloureux pour nombre de japonais.

Avec une rare délicatesse, Aki Shimazaki dresse un portrait émouvant de Takashi, et de sa famille durement éprouvée. J’apprécie le soin particulier apporté au choix du titre dont le sens est multiple, et se révèle au fil des pages ; pages que j’ai trouvées plus émouvantes, et plus profondes dans ce second opus.

A cela s’ajoute une couverture toute en finesse qui invite le lecteur à entrer à pas feutrés dans ce livre. Certains trouveront la portion un peu congrue. C’est justement sa concision  qui lui donne tout son aura, surtout quand on sait qu’Aki Shimazaki sait donner à chacun de ses opus une ambiance particulière, et une orientation différente à chaque fois. On finit avec regret, sans être repu, avec juste assez faim pour poursuivre dans une direction un peu différente qui saura séduire à sa manière.

Zakuro, Aki Shimazaki
Actes Sud, Février 2009
150 pages

4ème de couverture :

La dernière fois que Tsuyoshi Toda a vu son père, c'était en 1942, quand ce dernier partait travailler en Mandchourie, d'où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa mère sombre peu à peu dans les errances de l'alzheimer tout en conservant l'espoir de revoir un jour son mari, Tsuyoshi apprend que son père, porté disparu, est vivant au Japon. Lorsque le père accepte de rencontrer son fils, seul, il lui remet une lettre dans laquelle il explique les raisons de sa disparition: ce qui s'est passé sur le bateau qui le ramenait au Japon a brisé net le cours de sa vie. D'une logique dramatique imparable, ce roman explore le destin d'êtres que l'Histoire a broyé dans les replis de ses silences honteux.
A propos de l’auteur :

Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991. Elle est l’auteur d’une pentalogie intitulée Le Poids des secrets, intégralement publiée par Leméac / Actes Sud, qui comprend Tsubaki (1999 ; Babel n° 712), Hamaguri (2000, Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec ; Babel n° 783), Tsubame (2001 ; Babel n° 848), Wasurenagusa (2003, Prix Canada-Japon ; Babel n° 925) et Hotaru (2004, Prix du Gouverneur général du Canada ; Babel n° 971).
Après Mitsuba (2007), Zakuro (2009) et Tonbo (2011), Tsukushi (2012) est le quatrième volet de son second cycle romanesque publié par Leméac / Actes Sud.

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