dimanche 26 avril 2015

Auschwitz Lutetia



Les témoignages de déportations sont unanimes pour dire l’inhumanité de l’épreuve. Peu en sont sortis, c’est une réalité. Il a finalement assez peu d’écrits sur l’après des camps. Ce récit est un de ceux-là. Bref, lapidaire, sans emphase. Qu’on se le dise, revenir d’Auschwitz, si c’était en soi une  victoire, ne fut pas une sinécure. Ballotés de camp en camp, épuisés par des mois de déportation, malades pour beaucoup d’entre eux, les déportés auront à subir de longues marches et de longs transferts avant de pouvoir rentrer en France. L’hôtel Lutetia  à Paris fut la dernière étape avant le retour chez soi, quand on en avait encore un.

Marcel Bercau laisse un témoignage émouvant de ce que fut le long chemin vers le retour à la vie de ces milliers d’hommes et de femmes .L’accueil qu’ils ont trouvé,  contrairement aux idées reçues, ne fut pas aussi chaleureux qu’il aurait dû être.
La population vivait dans l’allégresse de l’armistice, et de la liberté retrouvée. Elle n’avait guère envie de " savoir" ce qui s’était passé dans les camps,pas plus qu’elle n’avait envie d’y croire et d’en indigner.

Auschwitz Lutetia, Marcel Bercau
Pygmalion, Janvier 2008
151 pages
4ème de couverture :
Attention ! ce bref récit atteint à l'insoutenable : déporté le 23 septembre 1942 dans le convoi n° 36, Marcel Bercau nous rappelle que, pour certains juifs, la sortie des camps fut loin d'être la fin de leur calvaire : évacué d'Auschwitz par les nazis, le 17 janvier 1945, il vécut encore six mois d'horreur à travers l'Allemagne, affamé, humilié, torturé, transféré de camp en camp par des marches épuisantes ou dans des wagons à bestiaux jusqu'à son arrivée à l'hôtel Lutetia, à Paris, le 2 juin 1945. On ne sort pas indemne de la lecture de ce récit.

A propos de l’auteur :

Ancien déporté d'Auschwitz, il est l'auteur d'un livre témoignage sur les camps de la mort.

Raflé par hasard dans la rue, à Paris, en janvier 1941, il est relâché pour cause de maladie, puis arrêté de nouveau le 20 aout 1941. Il est d'abord emprisonné à Pithiviers, puis envoyé au camp de Drancy qui vient juste d'être inauguré, avant d'être envoyé à Auschwitz le 23 septembre 1942. Il y restera jusqu'en 1945.

 Pour le challenge d'Enna, catégorie Lieu ( 4ème ligne)

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