vendredi 30 mars 2018

Entre deux mondes


La "jungle" de Calais a la triste réputation de concentrer toutes les misères du monde ; âmes en fuite, ayant tout quitté, et le plus souvent payé une fortune pour arriver là. Ce lieu n’est pas un but en soi. Il est le point de départ vers un monde meilleur, vers un Eldorado : la Grande –Bretagne. Il est aussi  le plus souvent un terminus forcé, devenu un monde à part, où chacun lutte pour sa survie.

Bastien, qui vient d’être tout juste muté avec femme et enfant, va vite l’apprendre.
Parallèlement, Adam un opposant syrien, se retrouve là après avoir fui un pays qu’il a à la fois servi et combattu. Adam est un officier de police. Il a auparavant fait partir sa fille et sa femme. Il nourrit l’espoir de les retrouver pour reconstruire une vie.

Entre ces deux- là, Kilani qui concentre à lui tout seul tous les drames des réfugiés et de la jungle de Calais ; un gosse qui en a vu, et qui ne peux plus dire ni les horreurs, ni les meurtres, ni les viols ; un gosse intelligent qui va réunir deux âmes en perdition prêts à tout pour le sauver lui, à défaut de de pouvoir de se sauver eux-mêmes.

Jusqu’à présent Olivier Norek, n’était pas connu pour faire dans la dentelle. Seulement cette fois il enfonce le clou, là où cela fait mal. Il ne cache rien des malaises d’une institution à fout de force, sans moyen matériel, ni humain. Quand on arrive à Calais, on en part plus ; usés jusqu’à la corde, les flics sont interdits de mutation. Alors ils gèrent comme ils peuvent…
D’autant que dans la jungle, les contours législatifs sont flous. Chaque communauté gère son quartier à sa manière ; chacun fait sa loi. La police ne peut que constater. Le crime reste impuni.

Alors quand deux solitudes se rencontrent, et malgré les incertitudes, l’énergie, revient, et soulève des montagnes ; il faut sauver Kilani, voué à une mort certaine.

Pour avoir lu (et beaucoup aimé) les 3opus consacré à Coste, je peux affirmer qu’Olivier Norek  vient de gagner ses galon de grand auteur de polar. Entre deux mondes a une dimension humaine et humaniste qui explique mon propos. On ne sort pas indemne d’une telle lecture qui nous pousse à deux mains dans une réalité difficilement soutenable.

Ouvrage lu en numérique
Entre deux monde d’Olivier Norek, chez Michel Lafon (Octobre 2017, 415 pages)

Olivier Norek est un écrivain et scénariste né en 1975.

Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93).

Il travaille d'abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d'un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l'approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l'ex-Yougoslavie (1994-1995).

Il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier, puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions.
Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).

Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. Il décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman "Code93" (2013), un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis.
"Territoires" (2014), présenté en exclusivité à l’occasion du 6ème Festival International des Littératures Policières de Toulouse Polars du Sud, est la suite de "Code 93".

Son 3ème livre, qui met en scène le capitaine Coste, "Surtensions", paraît en 2016. Il obtient le prix du polar européen du magazine Le Point. En 2017, il publie "Entre deux mondes" où il aborde un sujet brûlant d'actualité : le parcours de migrants arrivants en France.

Il a travaillé à l’écriture de la sixième saison la série télévisée française "Engrenages" (2017).

Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour y être déclinés en série.

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