mercredi 29 avril 2020

Sur le mont Mitaké


La littérature thaïe est rare ; de mémoire, je n’en avais jamais vu sur les tables de mon libraire. C’est avant tout la curiosité qui m’y a poussé, et je ne l’ai pas regretté !

J’y ai retrouvé ce qui fait l’essence de la littérature asiatique, à savoir le côté introspection, une ambiance, et un rythme caractéristique.

Nopporn, alors étudiant au Japon, s’éprend chastement d’une femme de quinze ans son ainé épouse d’un haut dignitaire thaï qui lui demande de veiller à ce que son épouse ne s’ennuie pas dans son pays d’adoption.

Ce roman relate cet amour impossible, entre un homme et une femme que tout oppose ; un jeu subtil, une sorte de cache-cache dans lequel personne ne se dévoile vraiment ; ni n’assume réellement.

Une histoire de passion triste et sage ; d’une transgression impossible et impensable dans cette société corsetée et codée.

Il transpire de cet opus une ambiance particulière qui pourra rebuter le lecteur. Pour ma part, je l’ai appréciée. Je me suis laissé embarquer par ce court récit, original, désuet et tout en contraste. Un roman à découvrir !!

Sur le mont Mitaké de Sibourapâ, traduit du thaï par Marcel Barang, aux éditions Zoe (Novembre 2018,176 pages)


Sîbourapâ, nom de plume de Kulap Saipradit (1905 - 1974), fut un intellectuel et romancier thaïlandais très engagé dans la lutte pour la justice sociale et contre la censure. Ses actions et ses écrits lui valurent plusieurs années de prison et l'exil. Avec sa femme, il traduisit en thaï de nombreux auteurs étrangers comme Jane Austen, Tchekhov, Gorki. Sur le Mont Mitaké (titre original Derrière le tableau, "Khang Lang Phap") reste son chef-d'œuvre, toujours étudié en Thaïlande et considéré aujourd'hui comme un des vingt plus grands romans de la littérature thaïe. C’est sa première traduction en français.

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