dimanche 28 février 2021

Sous la terre des Maoris



A défaut de voyager pour de vrai, une ballade aux antipodes via la littérature noire ne fera pas de mal….

Box et Liz forment un couple recomposé. Mark n’est pas le fils de Box, mais c’est tout comme, puisqu’il l’a élevé depuis tout petit.

Box, traversa actuellement une sale période. Autrefois entrepreneur, constructeur de maison, les affaires ont par un temps très bien marché ; leur train de vie était à l’avenant ; jusqu’au jour où la crise financière s’est invitée, faisant place à la crise, tout court, avec les conséquences sur la vie du ménage, et la vie professionnelle.

Box ayant tout perdu, est reparti de zéro, armé de son seul courage et de sa détermination comme simple ouvrier devant aller loin trouver les chantiers en laissant Liz seule avec Mark dans une maison qui n’est plus la leurre, et n’a plus rien à voir avec ce qu’ils ont connu.

Parce qu’un malheur ne suffit pas, Mark est retrouvé pendu non loin du domicile familial.

A priori, les choses s’annoncent assez simples. Box et Liz, bien que submergés par le chagrin, la culpabilité et l’incompréhension préparent soigneusement les obsèques de leur fils, en choisissant de l’inhumer sur les terres familiales de Box.

Oui mais….

Le père biologique de Mark, qui ne l’a pas connu, ni élevé vient troubler les préparatifs et réclamant, à la manière forte, de récupérer le corps de son fils pour l’inhumer, comme il de coutume chez eux, en terre Maorie. Ils ont très impressionnants ces Maoris ; taillés comme des All Blacks…. Inutile de dire que les coups vont pleuvoir…

La grosse partie de ce roman noir nous montre le combat acharné de deux pères, tous les deux convaincus, et on peut les comprendre aisément, d’être dans leur droit.

Tipène, au nom de son peuple, de ses traditions, de sa Terre veut ramener Mark là où il est né, et où est enterré son placenta.

Box, au nom du cœur et de tout ce qu’il a vécu en famille avec un garçon qu’il n’a pas conçu, mais qu’il aimé de toute son âme souhaite son repos là où lui-même a été élevé, là où ses grands-parents ont construit leur vie. C’est ainsi que l’on en apprend davantage au fil des pages sur le passé de Box et de sa famille.

Il n’y a aucun parti pris dans cette histoire à la fois émouvante et violente. Carl Nixon fait le constat de l’antagonisme entre deux cultures qui n’ont pas d’autre choix que de s’accepter et/ou de se tolérer sur cette terre où les uns étaient présents bien avant les autres.

C’est peu dire que j’ai apprécié ce livre, qui n’est pas uniquement un roman noir, mais une ouverture sur une culture que je connais peu et mal. Si la construction reste classique, c’est l’originalité du contenu qui marque.

Une belle découverte qui me conduira à nouveau vers cet auteur !

Sous la terre des Maoris de Carl Nixon, traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Benoite Dauvergne, aux éditions de l’aube (Février 2017, 336 pages)

CARL NIXON est né en 1967 à Christchurch (Nouvelle-Zélande), où il vit toujours. Auteur de nouvelles récompensées, il se consacre désormais à l’écriture de romans noirs.

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