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vendredi 1 septembre 2017

L’homme de la montagne



Voici l’histoire de Rachel et Patty racontée par Rachel 30 ans après les faits…

Alors qu’elles sont respectivement âgées de 13 et onze ans, d’abominables meurtres de jeunes femmes sont commis dans la montagne, le terrain de jeux préféré de nos deux gamines .Patty et Rachel vivent avec leur mère, divorcée de leur père, inspecteur de police, accessoirement chargé de l‘enquête sur les meurtres.

Bien sûr l’enquête occupe une certaine place dans ce roman initiatique. Mais Joyce Maynard nous parle essentiellement de l’adolescence, de l’éveil à la féminité, les prémices du désir, et de toutes les contradictions qui enveloppent ces gamines, plus tout à fait des gamines, et pas encore des jeunes filles, des femmes en devenir.

Pas tout à fait mures psychiquement, elles ont des rêves d’adultes, des utopies de professionnelles et sont à la fois en grande demande de tendresse et d’affection parentales. ; D’autant qu’il n’est pas facile de comprendre une mère plus moins déprimée, et un père très cool qu’elles ne souhaitent pas partager….

Mais le tueur rode toujours ; les crimes persistent….

Trente ans plus tard, la narration reprend, toujours sous la plume de Rachel devenue écrivain. Forcément l’histoire continue. Mais  chut !

A chaque fois que j’ouvre un roman de Joyce Maynard, j’éprouve un immense plaisir de lecture ; je me sens à la fois en terrain connu et dépaysée.


Lecture dans le cadre du blogoclub animé par  Amandine et Florence



L’homme de la montagne de Joyce Maynard, traduit de l’américain par Françoise Adelstain chez Philippe Rey (Août,  pages)


 Connue pour avoir fréquenté, à l'âge de dix- huit, le mystérieux et mythique J. D. Salinger, Joyce Maynard est également écrivain. Elle est née en 1953

Si son portrait réaliste de Salinger n'avait pas bien été reçu par la critique, ses romans, en revanche ont connu un meilleur succès. En France, sont notamment parus "Prête à tout" (Pocket, 1995), adapté au cinéma par Gus Van Sant, et "Baby Love" (Denoël, 1983).

En 2010, les éditions Philippe Rey publie "Long week-end" (Labor Day), comédie douce-amère sur un jeune homme et sa mère qui voient leur existence bouleversé le jour où ils sont abordés par un évadé...

Son roman "To Die For" ("Prête à tout") est adapté au cinéma par Gus Van Sant en 1995 dans le film du même nom. Elle y raconte en la romançant l'affaire Pamela Smart (en), jeune femme qui avait séduit un adolescent de 15 ans afin qu'il assassine son mari. Il s'agit d'une affaire largement médiatisée aux États-Unis où c'est le premier procès entièrement diffusé à la télévision.

En 2014, elle publie "L’homme de la montagne" qui obtient un beau succès, il sera finaliste du grand prix des lectrices Elle 2015, en 2016, "Les Règles d'usage", et 2017  Un jour ,tu raconteras cette histoire ".

samedi 1 octobre 2016

Territoires



« La violence crée la peur, et la peur soumet les hommes. »

Petit nouveau dans le monde du polar français, Olivier Norek a fait forte impression avec Code 93, et son (déjà) emblématique Capitaine Coste.

Territoires, reprend les mêmes personnages, les approfondit, et leur donne un peu plus d’épaisseur. Mais, et c’est cela qui est bien, ne reprend pas les même histoires accommodées à une sauce un peu différente.

Bien sûr, nous sommes toujours dans le 93, terreau ô combien fertile à tous les maux d’une société en pleine décomposition, alimenté par une classe politique corrompue, cynique, pourrie jusqu’à l’os,  et dont se demande jusqu’où elle est prête à aller…

Olivier Norek s’intéresse ici à la vie, et surtout aux vies de nos cités devenues des zones de non droit, prises en tenaille par les gangs et trafiquants de tout poil avec l’assentiment et , plus grave encore, la bienveillance active d’élus locaux bien plus attachés à leur confort, et intérêt, qu’à l’amélioration du cadre de vie de leurs administrés.

Coste n’est pas du genre à renoncer ; Son ennemi est autant le voyou que sa propre institution. Mais Coste veut faire éclater la vérité, au risque de faire exploser sa vie privée.

Olivier Norek est avant tout un homme de terrain. C’est avec un réalisme angoissant qu’il construit son histoire qui n’est pas sans rappeler les émeutes de banlieue d’il y a quelques années. Oui, il y a du vécu dans ses ouvrages ; et sans doute pour cela qu’à chaque fois qu’il nous scotche autant.

J’aime bien le style Norek : cash, direct, non dénué d’humour ni d’ironie, le rythme soutenu. Le tout est cadré, structuré mais laissant ici ou là une touche de fantaisie. Bref, du polar divertissant de bonne facture ! J’en redemande !!

Territoires d’Olivier Norek, chez Michel Lafon (octobre 2014, 400 pages), disponible en poche chez Pocket (Octobre 2015, 380 pages)


Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 (service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis) depuis quinze ans. Code 93, son premier roman, a été largement salué par la critique. Territoires (2014) est son deuxième polar consacré aux (més) aventures du capitaine Victor Coste et de son équipe. Ses ouvrages sont publiés chez Michel Lafon et repris chez Pocket. Olivier Norek a également participé à créer l’histoire de la sixième saison de la série Engrenages sur Canal +, et est le scénariste du téléfilm Flic tout simplement diffusé sur France 2 à la fin de l’année 2015.

mercredi 27 avril 2016

Eté rouge



Dans un petit coin reculé du Costa Rica loin du passage des touristes, Don Chepe a choisi de vivre au calme après une vie agitée aux côté des révolutionnaires. Dans ce petit paradis, il y a ses habitudes.
C’est l’été, il y fait chaud, très sec. La poussière s’infiltre partout.
Don Chepe voit son train-train bousculé par la mort d’une de ses amie dont le corps est retrouvé sur la plage.
L’argentine, c’est son nom, tenait un café avec une associée. A part cela on connait assez peu de choses à son propos.
Don Chepe va partir seul à la recherche de la vérité. L’argentine était son amie, et il veut savoir, comprendre.
A partir de quelques indices dissimulés dans le petit quelque chose qu’elle lui a laissée en héritage, il va parcourir les environs à ses risques et périls.
C’est que la région  bien que n’étant pas en guerre, n’a rien de sur pourtant. Des barons de la drogue y ont élu domicile dans le but de se faire oublier et les aléas politiques des pays voisins ont laissé des traces.

Il règne dans ce court roman une atmosphère lourde et un peu étrange que l’auteur a su parfaitement écrire. Entre passé et présent nos personnages évoluent calmement mais surement. La chaleur humaine est palpable, bien que la sobriété et la discrétion règnent.
A mi-chemin entre policier et roman noir, Été rouge m’a fait l’effet d’une fiction politico-historique puisant sa matière dans la réalité. C’est intéressant, joliment raconté, et très évocateur de ce petit pays d’Amérique centrale.

Eté rouge de Daniel Quirós, traduit de l’espagnol par Roland Faye aux éditions de l’aube (Novembre 2014, 175 pages), disponible en format poche (Novembre 2015,220 pages)



Daniel Quirós né en 1979, est un écrivain costaricien. Il vit aujourd’hui en Pennsylvanie (USA), où il enseigne la littérature espagnole à l’université́. Après Été rouge ? il a publié  son second roman :Pluie des ombres .

Challenge Petit bac chez Enna : couleur(ligne 2)

samedi 2 avril 2016

Grossir le ciel



Aux Doges, un coin perdu des Cévennes, la civilisation semble ne pas encore être passée par là. Des champs, forêts, des vaches… et puis Abel et Gus.
Gus est vieux garçon, n’a que son chien Mars, ses vaches qu’il bichonne, et ses souvenirs.
Abel, c’est son voisin de quelques centaines de mètres. Copains, sans l’être vraiment. Ils s’aident quand cela est nécessaire, boivent un coup de temps à autre.
Deux taiseux bourrus, qui se donnent des airs de méchants. Deux écorchés vifs qui cachent leurs blessures respectives.
La vie suit son cours au rythme des saisons, et des visiteurs occasionnels comme le banquier, ou les suceurs de bible.
L’abbé Pierre meurt et insidieusement les choses semblent changer…
Inutile de vouloir mettre la charrue avant les bœufs, de vouloir aller vite. C’est avec patiemment que Franck Bouysse construit la psychologie de nos personnages et nous dévoile une intrigue  en passant par d’infimes détails de la vie de chacun, ou en s’attardant sur cette campagne magnifiquement décrite. Il faut s’arrêter sur des dialogues savoureux pétris du bon sens paysan qui fait tant défaut de nos jours
Frank Bouysse a une tendresse infinie pour Gus et Abel, et pour ces lieux oubliés, cette campagne qui se meurt faute de retenir des âmes pour la faire vivre.

Ce roman est une parenthèse  bienvenue dans ce monde qui n’en peut plus de grouiller et de gronder. Avec une plume simple et poétique à la fois, Franck Bouysse donne toute sa noblesse et sa finesse à une histoire dramatique.
J’en redemande !

Grossir le ciel  de Franck Bouysse aux éditions de la manufacture des livres (Octobre 2014,240 pages) disponible au livre de poche (Janvier  2016)



Franck Bouysse, né en 1965 est enseignant en Biologie à Limoges. Il voue depuis longtemps une passion pour la lecture de romans noirs, thrillers, une passion qui le pousse à écrire lui-même.

 Challenge Petit bac chez Enna : Voyage (ligne 2)