Affichage des articles dont le libellé est Rentrée 2012. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rentrée 2012. Afficher tous les articles

vendredi 1 janvier 2016

Cosima Wagner-La maîtresse de la colline



"Derrière chaque grand homme se cache une femme" Ernest Legouvé

Toute proportion gardée, même si dans son domaine, la musique, Wagner aura été un homme qui compte, Wagner n’aurait pas été ce qu’il a été, son héritage n’aurait sans doute pas été autant entretenu sans Cosima Wagner qui s’est entièrement dévouée à l’œuvre de son mari et à sa transmission.

C’est  ce à quoi Olivier Hilmes s’emploie dans son ouvrage : montrer le rôle de Cosima dans la genèse et la maturation de l’œuvre du Maître d’une part, et son acharnement à en assurer la postérité à sa mort, et ce  malgré les vicissitudes de l’histoire. Elle aura régné sur la " verte colline" en femme d’affaire avisée veillant jalousement, et pas toujours avec succès, à l’héritage musical de Wagner.
C’est à elle que l’on doit le succès actuelle du festival de Bayreuth, elle qui inlassablement a veillé à le maintenir, à choisir les interprètes, à perpétuer la qualité d’exécution des œuvres.
La famille Wagner a aussi ses zones d’ombre, et notamment son antisémitisme notoire dont l’une des conséquences est que le Festival sera un haut lieu du national- socialisme à l’origine d’un profond  et durable clivage entre les pro et anti Wagner.

Les querelles familiales sont largement évoquées, et l’on comprend aisément les successions difficiles et douloureuses au fil des générations. Le festival de Bayreuth est encore entre les mains des descendants du maître, mais à quel prix !
  Voilà un ouvrage passionnant qui n’intéressera pas que les seuls amateurs de la musique de Wagner.

Cosima Wagner-La maîtresse de la colline, Oliver Hilmes
Perrin éditions, Octobre 2012
378 pages
4ème de couverture :
Fille illégitime de Franz Liszt, élevée à Paris avant d'épouser le chef d'orchestre Hans von Bülow, Cosima a laissé chez tous ceux qui l'ont croisée le souvenir d'une femme sulfureuse et envoûtante. Elle rencontre Richard Wagner alors qu'il écrit son opéra Tristan et Isolde, et quitte son mari pour devenir la mère des enfants, la femme, la secrétaire, la première " groupie " et la muse du génie qui fascine alors l'Europe entière. Protégeant son époux de tout ce qui pourrait le détourner de sa création, elle l'accompagne dans ses heures splendides ou misérables, ses amitiés passionnées et ses querelles – avec son mécène le roi Louis II et avec le philosophe Nietzsche. Après la mort du compositeur en 1883, Cosima devient la " gardienne du temple " et la première publicitaire de Bayreuth, ce théâtre sur une colline créé par et pour Wagner, devenu lieu de pèlerinage des mélomanes et des écrivains du monde entier. Prêtresse d'un culte de plus en plus politisé de son mari, elle sera aussi la matriarche d'une dynastie à côté de laquelle celle des Atrides fait presque figure de conte de fées. Première biographie fondée – entre autres – sur les archives de Bayreuth, ce livre aussi vivant que rigoureux nous raconte une femme fascinante et terrifiante à la fois. Oliver Hilmes, l'un des meilleurs spécialistes allemands du sujet, est aussi l'auteur de Cosima's Kinder , consacré à la dynastie Wagner, et d'une biographie d'Alma Mahler qui a connu un important succès en Allemagne.
A propos de l’auteur :
Oliver Hilmes, l'un des (jeunes) meilleurs spécialistes allemands du sujet est aussi l'auteur de Cosima's Kinder, consacré à la dynastie Wagner et d'une biographie d'Alma Mahler qui a connu un gros succès en Allemagne.

 Challenge Petit bac chez Enna : Prénom (ligne 1)

dimanche 29 juin 2014

Défendre Jacob



Une famille d’américains moyens dans une petite ville du Massachusetts voit son destin basculé du jour au lendemain suite au meurtre d’un camarade de classe de leur jeune garçon, Jacob.

Jacob se voit accusé sur la foi d’un certain nombre d’indices qui ne laissent guère de doute. La machine judiciaire est en marche. Jacob est-il coupable ? Oui ou non ? Dans une Amérique qui élit ses procureurs, ces derniers ont plus qu’intérêt à obtenir des résultats, et rapidement ; quitte à se tromper, lourdement ; il faut trouver un coupable et le condamner.

Jacob a un père, adjoint au procureur (l’histoire se corse) qui ne se résout pas à la culpabilité de son fils. En revanche sa mère se pose davantage de questions ; d’autant que les secrets de famille éclatent au grand jour. Peut-elle avoir engendré un monstre ?

Nous rentrons de plein fouet dans cette quête à la vérité qu’un père, écarté de son métier va entreprendre de toute son âme afin de prouver l’innocence de son fils à laquelle il ne doute pas l’ombre d’une seconde, quitte à se couper de tous.

Nous nous installons dans l’intimité de cette famille à jamais marquée par cette affaire. Nous assistons à la déliquescence des liens familiaux et conjugaux devant cette terrible remise en cause de la personnalité d’un garçon qui réserve bien des surprises.

Cette histoire qui vous happe, est vue sous l’angle du père qui s’exprime, et par la retranscription d’une audience de grand jury.

Implacable de précisions, et fin analyste de ses personnages, l’auteur évite néanmoins les longueurs et l’ennui avec une construction judicieuse, et une parfaite articulation des chapitres et des parties.

L’auteur parvient à questionner en permanence le lecteur. Que savons- nous réellement de nos enfants ? Quelle est la part de la génétique, et de l’éducation ? Porte-t-on en soit les vices de nos parents, et grands-parents ? Jusqu’où un parent peut-il défendre son enfant si ce dernier s’avère coupable du pire ? Une faille peut-elle survivre à une telle épreuve ?

« -Jusqu’où iras-tu pour lui ? –Au bout de l’enfer. »

La fin, inattendue laisse le lecteur sur son séant. Ce  livre m’aura captivée d’un bout à l’autre ; une fois plongée dedans, je ne voyais pas les pages défiler ; j’étais comme ces parents, tendue à l’extrême à me poser , comme eux, mille et une question sans entrevoir la moindre réponse avant les toutes dernières pages.


Défendre Jacob, William Landay
Michel Lafon, Octobre 2012/J’ai lu, Janvier 2014
444/510 pages



4ème de couverture :
Depuis vingt ans, Andrew Barber est procureur adjoint du comté de Massachusetts. Admiré par ses pairs pour sa combativité au tribunal, respecté de la communauté, il est aussi un père de famille heureux, veillant sur sa femme Laurie et leur fils Jacob. Quand un crime atroce secoue la quiétude de sa petite ville, c'est la foudre qui s'abat sur lui : son fils de 14 ans est accusé du meurtre d'un camarade de classe. Andrew ne peut croire à la culpabilité de Jacob et va tout mettre en œuvre pour prouver son innocence. Mais à mesure que les indices à charge s'accumulent et que le procès approche, certaines révélations surgies du passé sèment le doute et menacent de détruire son mariage, sa réputation et sa foi en la justice. Le dos au mur, Andrew devra faire face au pire dilemme de sa vie : choisir entre la loyauté et la vérité pour défendre cet adolescent qu'il connaît si mal. Dans ce thriller psychologique au suspense à couper le souffle, William Landay dresse le portrait d'une famille en crise confrontée aux démons de la culpabilité, de la trahison et de l'abîme qui peut s'ouvrir sous nos pieds en un instant. Le thriller événement dont tout le monde parle.

A propos de l’auteur :
William Landay est l’auteur de thrillers acclamés par la critique, dont Boston Requiem qui a reçu le prestigieux prix John Creasey Dagger du premier roman policier en 2003. Diplômé de l’université de Yale, il fut procureur adjoint avant de se tourner vers l’écriture. Il vit aujourd’hui à Boston.


 Le pavé du mois de juin avec Bianca .

Lecture en commun avec Bibliophile ; Flo Tousleslivres ; Stelphique ;

samedi 24 août 2013

Rue des voleurs


Ma première rencontre avec l’auteur avait un véritable flop ; Parle-leurs de bataille, etc… n’avait assez rapidement gonflée.

Comment allais-je recevoir Rue des voleurs ?

Nul doute, les première pages démarrent fort ; tant sur le style que dans les faits. Avec des mots qui sonnent  et qui claquent, et un phrasé heurté, et harponneur, nous entrons de plein fouet dans le drame familial qui va précipiter Lakhdar sur les chemins de l’errance, de l’exil, et des mauvaises rencontres.
Mathias Enard nous montre une jeunesse en quête d’idéal, de repère, de liberté ; une jeunesse prise entre le monde étriqué de leurs parents héritiers d’une société traditionaliste qui s’effrite de toute part, et celui inaccessible qui semble plein promesses.

Les pays arabes s’embrasent, les fondamentalistes s’organisent. Lakhdar est toujours pris en tenaille. C’est l’histoire d’un jeune homme lucide et intelligent, épris de livres  policiers, qui perd ses illusions,  et qui au final ne sait plus trop ce qu’il est et ce qu’il veut.

Mathias Enard nous donne à un bien beau roman, bien ancré dans notre monde, peuplé de personnages restitués avec juste ce qu’il faut de justesse et de lyrisme.

Rue des voleurs, Mathias Enard
Actes Sud, Août 2012
256 pages



4ème de couverture : (extrait, car trop bavarde….)

C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

A propos de l’auteur :

Né en 1972, Mathias Énard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone.
Il est l’auteur de cinq romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, prix des Cinq Continents de la francophonie ; Babel n° 903), Remonter l’Orénoque (2005), Zone (2008, prix Décembre, prix du Livre Inter ; Babel n° 1020), Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (2010, prix Goncourt des Lycéens, prix du Livre en Poitou-Charentes 2011) et Rue des Voleurs (2012).
Ainsi que Bréviaire des artificiers (Verticales, 2007) et L’alcool et la nostalgie (Inculte, 2011 ; Babel n° 1111).