dimanche 11 novembre 2018

Aucun de nous ne reviendra. Auschwitz et après I


Ecrit "à chaud", juste après être sorti de déportation, ce premier volet de "souvenirs"  montre l’urgence avec lequel il a sans doute été rédigé afin de rien perdre de ce qui fût enduré durant la déportation.
Charlotte Delbo fut arrêtée et déportée pour faits de résistance.
Ce qui frappe, c’est l’écriture quasi  chaotique : phrases courtes, parfois lapidaires.
Ce récit n’a rien de progressif ; il est plutôt thématique. Chaque chapitre constitue une entrée sur  des sujets simples ; la vie de tous les jours où  la cruauté est sans cesse rappelé.

Ce qui frappe également, c’est l’aspect impersonnel des souvenirs. Ici, il figure assez peu d’évocations nominatives. Les faits sont décrits de manière assez synthétiques, presque sans affect ;
Chaque évocation des camps est unique. Chaque témoignage est chargé de sa propre charge émotionnelle, sa propre richesse. Il ne saurait être question de graduer les récits.
Sans aucun doute, d’autres voix m’ont davantage parlé que celle-ci ; cela ne tient pas à son contenu, mais plutôt au caractère particulier de cette voix : une certaine désincarnation, une distance accentuée par ce style particulier qui n’incite guère à "entrer" plus intimement dans l’ouvrage.
Malgré ces quelques réserves, je lirai les deux autres volets de ce récit.

Aucun de nous ne reviendra. Auschwitz et après I DE Charlotte Delbo aux éditions de minuit (1970,192 pages)


Charlotte Delbo est née en 1913 à Vigneux-sur-Seine (Essonne), de parents immigrés italiens. Après avoir suivi une formation de sténodactylo, elle travaille à Paris comme secrétaire dès l’âge de dix-sept ans. Elle adhère en 1932 au mouvement des Jeunesses communistes. En 1934, elle rencontre Georges Dudach, communiste engagé, très actif au sein du Parti, avec qui elle se marie en 1936. Un an plus tard, elle devient la secrétaire de Louis Jouvet, alors directeur du théâtre de l’Athénée. Celui-ci l’avait convoquée après la lecture d’un article sur le théâtre qu’elle avait écrit pour Les Cahiers de la Jeunesse, dont Dudach était le rédacteur en chef.
L’été 1941, Charlotte Delbo accompagne la troupe de l’Athénée lors d’une tournée en Amérique du Sud. Georges Dudach, engagé dans la Résistance intérieure, est resté à Paris. Elle décide de le rejoindre dans la clandestinité, contre l’avis de Jouvet qui la supplie de n’en rien faire. Charlotte regagne Paris et retrouve son mari en novembre 1941. Ils vivent cachés, ne se montrent jamais ensemble. Georges sillonne Paris, rencontre ses contacts, transmet des informations pendant que Charlotte tape à la machine des tracts et des journaux clandestins. Mais la police déploie patiemment ses filets. En février 1942, de nombreux membres de leur réseau de résistants communistes sont pris en filature. Les arrestations se multiplient à la mi-février : Georges et Maï Politzer, Danielle Casanova, Lucien Dorland, Lucienne Langlois, puis André et Germaine Pican, Jacques Decour… De filature en filature, l’étau se resserre.
Georges Dudach et Charlotte Delbo sont arrêtés le 2 mars 1942 par les brigades spéciales de la Police française. Delbo est emprisonnée à la Santé, où elle reverra son mari une dernière fois, le 23 mai ; Dudach est fusillé le jour même au Mont-Valérien. Transférée en août au Fort de Romainville, puis à Compiègne, Charlotte Delbo quitte la France pour Auschwitz-Birkenau le 24 janvier 1943, dans un wagon à bestiaux, en compagnie de deux cent vingt-neuf autres femmes, majoritairement engagées comme elle dans la Résistance.
Transférée à Ravensbrück au début de l’année 1944, elle est libérée en avril 1945 après vingt-sept mois de déportation. Sur les deux cent trente femmes du convoi de 1943, elles sont quarante-neuf à rentrer. Quelques mois après son retour, dans une maison de repos en Suisse, elle écrit dans un cahier Aucun de nous ne reviendra qui deviendra, vingt-cinq ans plus tard, le premier volume de la trilogie Auschwitz et après. À partir de 1947, elle travaille pour l’ONU à Genève. Elle réside douze ans en Suisse avant de regagner Paris, où elle entre au CNRS en 1960, devenant l’assistante du philosophe Henri Lefebvre, qu’elle avait rencontré en 1932. Elle termine sa carrière au CNRS en 1978 et meurt en 1985, âgée de soixante-douze ans.

mardi 6 novembre 2018

Pike


Pike n’a pas toujours été un saint ; désormais il s’est rangé, vit de petits boulots cahin- caha. Nous sommes dans un coin paumé non loin de Cincinnati. A part fumer, boire, et sniffer et se prostituer, il n’y a pas grand-chose d’autre à y faire. Un beau jour, on lui ramène Wendy, flanquée d’un chaton comme unique bagage. La mère de Wendy était prostituée, et est morte d’une overdose. Elle et son père ne se voyaient plus depuis de nombreuses années.

Alors quand un flic véreux du coin se met à tourner autour, Pike ne l’entend pas comme ça. L’agneau qu’il était devenu se réveille assez violement, bien décidé à comprendre ce qui est arrivé à sa fille, et à coincer le pourri à ‘origine de sa mort. Non seulement, il s’agit pour lui de rattraper en quelque sorte le temps perdu, mais aussi de préserver l’avenir qui a un nom : Wendy !

Premier roman de Benjamin Whitmer, Pike est une histoire extrêmement sombre ; celle des petits, des sans grade, des invisibles, des cas désespères.
Whitmer n’y va pas de main morte. Il campe avec autant de violence que de justesse, le désespoir d’un père rongé par la culpabilité et hanté par l’idée de venger Wendy qu’il va falloir apprivoiser et aimer.
Des chapitres courts ; un texte taillé au cordeau et qui dit la violence, et la noirceur humaine.
Pike, ou l’impossible rédemption est un roman vraiment très noir, d’un auteur à suivre de très près !

Pike de Benjamin Whitmer,traduit de l’américain par Jacques Mailhos chez Gallmeister (Septembre 2012,265 pages), en poche collection Totem (Janvier 2017,290 pages)



Benjamin Whitmer est né en 1972 et a grandi dans le Sud de l'Ohio et au Nord de l'État de New York. Il a publié des articles et des récits dans divers magazines et anthologies avant que ne soit publié son premier roman, Pike, en 2010. Il vit aujourd’hui avec ses deux enfants dans le Colorado, où il passe la plus grande partie de son temps libre en quête d'histoires locales, à hanter les librairies, les bureaux de tabac et les stands de tir des mauvais quartiers de Denver.

samedi 3 novembre 2018

Au loin


Finaliste du Pulitzer, encensé par la blogosphère et la presse littéraire, ce livre avait tout pour me plaire.
Nous suivons l’aventure d’un jeune suédois, qui embarqué avec son frère pour atteindre ensemble la côte est des Etats –Unis, se retrouve finalement seul en Californie, à la faveur d’une erreur à l’embarquement…
Qu’à cela ne tienne, notre jeune et courageux suédois, se donne pour objectif de retrouver son frère là où il est censé être. Un chemin à contre -courant ; une succession de rencontres, d’aventures, d’expériences qui visiblement en a réjoui plus d’uns … et qui pour ma part m’a comblé……d’ennui !
J’aurai cependant bien essayé d’en venir à bout, luttant contre l’envie irrépressible de faire la sieste, de vaquer à d’autres occupations, boire, manger, téléphoner, ranger….Bref, rien n’y fait ce livre ne me captive pas le moins du monde. Ce livre ne cesse de me tomber des mains.
Je n’ai rien à lui reprocher, si ce n’est l’ennui éprouvé par un rythme lent et un manque de dynamisme (pour moi en tout cas) à un moment où pour retenir mon attention j’en ai particulièrement besoin.

Un livre qui n’était pas pour moi à ce moment précis, mais qui dans d’autres circonstances aurait sans doute pu me séduire davantage.

 J’ai lu ce titre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de Rakuten ( #mrl18)

Au loin de Hernan Diaz, traduit de l’américain par Christine Barbaste aux éditions Delcourt ( Août 2018, 336 pages)

Hernan Diaz, auteur américain né en Argentine est directeur adjoint de l'Institut hispanique de l'Université Columbia.

En 2012, il a publié un essai, "Borges, between History and Eternity".

"Au loin" (In the distance, 2017), son premier roman, a été finaliste du prix Pulitzer et du Pen/Faulkner Award.

Après avoir vécu en Suède et à Londres, il vit depuis vingt ans à New York.

mercredi 31 octobre 2018

La légende de Santiago


Je retrouve Santiago, non sans un certain plaisir, après un long moment loin de lui ; sa seconde aventure m’a échappé !
Pas très en forme Santiago ! Sa compagne le quitte, il n’est pas vraiment bien vu par ses collègues flics, pour couronner le tout il a un peu accélérer son beau-père à passer à trépas.
La ville de Santiago regorge de trafiquant, les problèmes sociaux liés à la mondialisation et l’immigration sont à l’origine de nouvelles violences, de rejet.
Santiago n’est pas ce qu’on appelle un flic intègre, toujours borderline, la coke à portée de main, la conscience malmenée par son geste.

Santiago commet sans doute la faute de trop en mettant dans sa poche un gros paquet de poudre blanche. Un geste qui ne va pas tarder à lui revenir en boomerang

Ce roman est plus lent à s’installer que le premier. Il s’inscrit également bien au-delà de la propre personne de Santiago.

Ici point de rédemption, point de lumière possible ; c’est noir de chez noir !
Il me reste à trouver un peu de temps pour Tant de chiens que je n’ai pas encore lu…

Merci aux éditions Asphalte et la masse critique Babélio pour l’envoi de ce livre.

La légende de Santiago de Boris Quercia, traduit de l’espagnol par Isabel Sikloki chez Asphalte (Octobre 2018, 250 pages)



Boris Quercia est né à Santiago du Chili. Il est connu dans son pays en tant que cinéaste aux multiples facettes : acteur, réalisateur, scénariste, producteur… Il travaille sur une série télévisée très populaire au Chili, Los 80. Mais son jardin secret est l’écriture de polars. Les Rues de Santiago, son premier livre, est paru chez Asphalte début 2014 et met en scène le flic Santiago Quiñones. On retrouve ce dernier dans son roman suivant, Tant de chiens, qui a remporté le Grand Prix de littérature policière 2016.

lundi 29 octobre 2018

Je voudrais que la nuit me prenne


Avis rédigé à chaud tant il m’a été difficile de donner un sens à ce que j’ai lu…

Le premier quart de ce roman est délicieux ; Clémence, petite fille intelligente, à la sensibilité de sismographe nous exprime une vie à l’abri de tout avec des parents aimants, une tortue, un  petit amoureux et camarade de jeu, une cousine et une grand-mère.
Même si d’emblée un certain malaise est perceptible, sans pour autant être envoûtée par une écriture quelque peu alambiquée pour moi, le début est de l’ordre du compréhensible.
Parce que subitement, Clémence change d’âge, ne semble plus se situer de la même façon, mais surtout tout devient obscure, flou,  souvent malsain.
Je comprends de moins en moins ce que je lis, et pourtant j’ai envie de savoir ce qui se passe.
Que la route fut longue vers quelques éclaircissements, bien maigres…tant est si bien qu’aux dernières  lignes le mystère demeure.
Voilà donc un roman dont l’histoire me laisse froide parce qu’incomprise, et dont l’écriture que l’on dit ici où là poétique ne m’a pas vraiment mis en émoi.

Un livre vraiment pas pour moi alors qu’il m’avait été chaudement recommandé .Je remercie les éditions Belfond pour cet envoi, et me sens vraiment désoleé de mon manque flagrant d’enthousiasme.

Je voudrais que la nuit me prenne d’Isabelle Desesquelles chez Belfond (Août 2018,200 pages)


Isabelle Desesquelles a choisi de vivre à Toulouse où elle dirigeait la librairie Privat. Le rachat de la librairie par DirectGroup France, ayant conduit à sa démission, est narré dans Fahrenheit 2010.

Isabelle Desesquelles a publié quatre romans. Je me souviens de tout, La vie magicienne aux éditions Julliard et Pocket, La mer l’emportera, Quelques heures de fièvre, aux éditions Flammarion et J’ai Lu. Elle a également écrit un livre de contes pour enfants : Le chameau le plus rapide du désert (Le Chêne Jeunesse).

Aujourd'hui, Isabel Desesquelles a crée une maison d'écrivains, à Calvignac dans le Lot,joliment nommée "De Pure Fiction" dans laquelle elle reçoit des auteurs ayant un projet d'écriture, afin de leur permettre d'écrire dans des conditions très favorables.

mercredi 24 octobre 2018

Le nord du monde


Encore un premier roman qui ne laissera pas un souvenir impérissable…
Menée tambour battant, la narration de ce court, et il faut bien le dire (en tout cas pour moi), énigmatique ouvrage, la narration suit parfaitement ce que l’on perçoit de suite comme une fuite éperdue loin de tout, et plus précisément au nord du monde.
La narratrice fuit "l’homme chien", et va croiser sur sa route une ribambelle de personnages dont un enfant qu’elle "embarque" avec elle.
Jusque- là tout est clair, enfin, à peu près compréhensible. C’est ensuite que la chose se complique pour moi, alors qu’il est sensé se passer quelque chose entre la femme et l’enfant….cela m’a échappé…acte manqué révélateur, ou bien événement trop subtilement évoqué pour que mon esprit cartésien puisse s’en saisir ? Telle est la question, sans réponse !

J’ai rien à dire de l’écriture, si ce n’est qu’elle est au service d’une histoire qui ne m’a pas plu ; donc je reste sur ce dernier point : une histoire pas pour moi, d’un auteur visiblement pas pour moi non plus. Fort heureusement, le livre est court, se lit vite, et s’oublie vite également.

Le nord du monde de Nathalie Yot aux éditions de la contre-allée (Août 2018,150 pages)




lundi 22 octobre 2018

Dans le sillage de l’Invincible Armada


Un livre de journaliste qui n’a rien à voir avec l’actualité !

On connait journaliste engagé de Libération, on connait moins bien le plaisancier expérimenté, le marin passionné.
Dans ce cours récit, Laurent Joffrin s’attache à faire revivre, en marin des temps moderne, l’épopée de l’Invincible Armada qui en 1588, fût lancée vers le nord pour défier la puissante Angleterre dirigée à l’époque par la protestante Elizabeth I.
Bien évidemment l’épopée espagnole fut un fiasco, non pas en raison de combats directs, mais plutôt à la faveur des éléments climatiques et surtout d’une géographie que ne connaissait pas beaucoup les espagnols.

C’est en accomplissant le trajet initial de la déroute espagnole que le journaliste redonne nit aux protagonistes de l’époque, en se remettant au niveau des connaissances scientifiques et géographiques d’alors pour d’une part nous permettre de mieux comprendre, et d’autre part montrer les apports déterminants de la science dans le domaine de la navigation maritime.


Entre passé et présent, Laurent Joffrin nous donne à la fois une leçon d’histoire et une grande bouffée d’iode durant son grand tour de l’Angleterre.

C’est sans prétention, bien écrit, pédagogique et divertissant. Voilà un livre bienvenu qui dénote et qui change des traditionnel romans de la rentrée ( dont je commence un peu à me lasser…).

Un grand merci aux éditions Paulsen pour l’envoi de cet ouvrage


 Dans le sillage de l’Invincible Armada de Laurent Joffrin, chez Paulsen (Octobre 2018, 192 pages)


Journaliste français, né en 1952 à Vincennes, Laurent Joffrin est directeur de la rédaction du quotidien Libération.

Après le Collège Stanislas de Paris, il entame des études d'Histoire et d'Économie à la Sorbonne puis de Sciences politiques à l'IEP de Paris tout en militant au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). En 1975, il fonde avec Denis Olivennes, Patrick Weil, Éric Dupin et quelques autres membres du CERES (un courant du Parti Socialiste animé par Jean-Pierre Chevènement) le club "Socialisme et Université". Cette organisation édite un brûlot intitulé Le Crayon entre les dents où Laurent Joffrin publiera sous pseudonyme (Laurent André, Paul Helleme), entre 1976 et 1978, plusieurs articles.
Après un diplôme de journaliste obtenu en 1977 au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) de Paris, Laurent Joffrin travaille à l'AFP de 1978 à 1980. Il intègre en mai 1981 le service économique du journal "Libération" où il devient chef de service et éditorialiste. En 1988 il rejoint le Nouvel Observateur où il est nommé Directeur de la rédaction. En 1996 il retourne à Libération pour occuper le poste de Directeur de la rédaction qu'il quittera en 1999 à la suite d'un désaccord avec Serge July. Il reprend la direction de la rédaction du Nouvel Obs. En novembre 2006, il est désigné à la fois Président Directeur Général et Directeur de la rédaction de Libération, fonctions qu'il quitte en 2011 et prend pour la troisième fois la tête de la rédaction du Nouvel Observateur. En 2014, Laurent Joffrin est nommé directeur de la rédaction du journal Libération.
Laurent Joffrin est l'auteur d'une quinzaine d'essais et romans historiques et/ou politiques dont, entre autres.
Il anime aussi des émissions consacrées à l'actualité politique et à l'histoire, notamment sur France 5 (depuis 2005).Il est enfin membre de plusieurs think-tank comme la Fondation Saint-Simon, En temps réel, Phares et balises ou encore le Club Danton, sans oublier Le Siècle, incontournable select club des élites françaises.
Il a épousé Sylvie Delassus, éditrice chez Robert Laffont, avec qui il a eu deux enfants.

vendredi 19 octobre 2018

Rochelle


Où il est question dans ce premier roman de la quête d’un adolescent. Paul Dupaty, dans cette belle ville de la Rochelle vit avec Lina, sa mère et Etienne son mari.
Qui est ce Simon Moncif, ce juif qui a croisé le chemin de Lina voici quelques années ?

Paul part à la recherche de cet inconnu, parcourant les rue de Rochelle…
Si j’avais commencé par ce roman, j’aurais sans doute eu la tentation d’en rester là. Le propos est parfois confus, la construction maladroite.
Mais ce livre prend une autre dimension lorsque l’on sait le talent déployé par  Fottorino dans ses écrits "familiaux". Rochelle inaugure la longue quête de l’auteur à propos de ses origines, sa mère ses pères. Rochelle est un ouvrage balbutiant  pour lequel les lecteurs habituel de Fottorino auront volontiers quelques indulgences.

Rochelle d’Eric Fottorino, chez Fayard (1991,280 pages), disponible en poche chez Folio (2005, 256 pages)


Éric Fottorino est le fils d'une infirmière, Monique Chabrerie, enceinte à 16 ans d'un juif marocain qu'elle ne pourra pas épouser. Elle épousera plus tard un kinésithérapeute, Michel Fottorino, qui donnera son nom au petit Eric Bruno.

Il passe son enfance à Bordeaux et suit ses études à La Rochelle, d'abord au Lycée Fénelon puis à Faculté de Droit d'où il sort avec une Licence, envisageant un temps de s'engager dans une carrière d'avocat ou de magistrat. Après La Rochelle, Éric Fottorino intègre l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Paris et s'intéresse dès lors au journalisme.

En 1981, il envoie au journal Le Monde une tribune sur l'article 16 de la Constitution qui sera aussitôt publiée. L'année suivante il commence à travailler comme journaliste pigiste pour Libération puis à La Tribune de l'Économie (1984-85). En 1986 il entre au Monde où il effectuera dès lors toute sa carrière.

Au sein du quotidien du soir, Eric Fottorino est d'abord journaliste spécialisé sur les matières premières et le continent africain tout en étant parallèlement Chargé de conférences à l'IEP de Paris de 1992 à 1995. Il devient Grand reporter (1995-1997), Rédacteur en chef (1998-2003) puis Chroniqueur (2003-06).

En 2005, il est chargé de préparer la nouvelle formule du quotidien puis est nommé Directeur de la rédaction en mars 2006, remplaçant à ce poste Edwy Plenel qui a démissionné du journal.
En juin 2007, suite à l'éviction de Jean-Marie Colombani après un vote négatif de la Société des rédacteurs, Eric Fottorino est élu Directeur du Monde. En raison de désaccords d'ordre financier avec la Société des rédacteurs, il annonce en décembre sa démission, en compagnie de Pierre Jeantet et Bruno Patino, mais revient finalement sur sa décision. Il décide de se porter candidat au poste de président du directoire du groupe La Vie-Le Monde, occupé jusqu'alors par Pierre Jeantet, et est élu à l'unanimité le 25 janvier 2008 par les membres du Conseil de surveillance.

Le 9 avril 2014 est paru le premier numéro de l’hebdomadaire Le 1, co-fondé par Eric Fottorino, Laurent Greilsamer, Natalie Thiriez et Henry Hermand.

Éric Fottorino est aussi l'auteur d'une œuvre de romancier commencée dès 1991 avec le très autobiographique Rochelle. Outre quelques essais (Le Festin de la terre 1988, Prix du meilleur livre d'économie, La France en friches, 1989), il a publié une dizaine de romans. Citons notamment Coeur d'Afrique (1997, prix Amerigo Vespucci), Nordeste (1999)

mercredi 17 octobre 2018

Onze jours


Il faudrait toujours se méfier des bandeaux trop louangeurs ….
 « Une histoire envoûtante. »



Je choisis mes lectures essentiellement par la quatrième de couverture, en fonction du sujet ; il y a ce qui m’intéresse et qui donc m’attire, et il y a le reste que je laisse….L’éditeur entre, bien entendu en ligne de compte, même si, et c’est normal et sain, que je n’adhère pas forcément totalement et inconditionnellement à ce qu’il publie.

"Onze jours" avait tout pour me séduire, en tout cas le sujet me faisait envie. Il restait une inconnue de taille, que seule la lecture pouvait lever : la manière de le traiter….
Et pour le cas, je n’ai guère été convaincue par le propos tant j’ai trouvé ce roman ennuyeux car beaucoup trop lent à mon goût ; un propos plus enclin à m’endormir qu’à susciter l’envie d’aller plus loin.
Habilement construit et bien écrit, ce roman n’en demeure pas moins frustrant, à part les cinquante dernières pages nettement plus énergiques et plus motivantes. L’ensemble manque de souffle et d’entrain ; il ne m’a pas ému.

Un livre qui avait tout pour me plaire ais qui visiblement n’était pas pour moi, et je ne pouvais pas vraiment le savoir….

Merci aux éditions Gallmeister et  masse critique Babélio.

Onze jours de Léa Carpenter, traduit de l’américain par Anatole Pons, chez Gallmeister (Septembre 2018, 270 pages)


Lea Carpenter est née en 1972 dans le Delaware. Diplômée de Princeton et de Harvard, elle a été éditrice du magazine de Francis Ford Coppola, Zoetrope. Elle partage son temps d’écriture entre scénarios et œuvre romanesque. Onze jours est son premier roman, qu’elle a commencé à écrire après la mort de son père, espion dans l’Army Intelligence en Chine et en Birmanie pendant la Seconde Guerre mondiale. Lea Carpenter vit à New-York.



lundi 15 octobre 2018

La guérilla des animaux


Guérilla : Forme de guerre caractérisée par des actions de harcèlement, d'embuscades ou de coups de main.
Groupe de soldats armés légèrement et chargés de harceler l'ennemi….

Ici, l’ennemi, c’est l’homme, rien que cela !

La fin justifie-t-elle les moyens ? Telle est le questionnement qui domine ce premier roman d’un jeune enseignant de lettre.
Notre planète est en perdition, c’est un fait, une évidence ; à intensité plus ou moins importante selon les pays, mais nul doute qu’il se passe des choses, et que ça n’est pas fini.
Que pouvons- nous y faire ? A notre échelle de citoyen lambda qui a besoin de se nourrir, de se déplacer pour travailler (pour se nourrir il faut bien aller travailler pour gagner quelques sous), nous chauffer, nous éclairer….bref, assurer nos 14 besoins selon Virginia Henderson ( mes consœurs et confrères sauront de quoi je veux parler), j’ai la conviction qu’hélas nous ne pouvons pas grand-chose, et qu’il nous faut être fataliste. Le début d’une ébauche de solution, se situe bien plus haut, chez de bien plus puissants que nous ( gros pollueurs démographiquement ultra-puissants et accessoirement financeurs des états endettés….., lobbys multiples et inattaquables…..)

Camille Brunel est sans doute un idéaliste pour avoir imaginé dans ce roman de légère anticipation pouvoir interroger les consciences et modifier les comportements.

Autrement dit, parce que le règne animal sur notre planète est en danger ( personne ne le conteste) la sur-consommation de viande provoque pollutions, souffrances animales ( là aussi, on est d’accord), Issac devient un justicier que rien n’arrête, et qui rendant l’homme responsable de tous les maux se met à exterminer tout ce qu’il trouve sur sa route.

La fin justifie -t-elle les moyens ?

Cet ouvrage est, à mes yeux trop violent, trop radical, trop engagé et trop militant. Il a eu sur moi l’effet inverse à celui que souhaitait. Il ne peut qu’énerver davantatge celles et ceux qui se sentent harcelés, manipulés et orientés vers une pensée unique par les médias, les ONG, les politiques et cie…

Ce roman, qui n’a pour seul mérite que d’être vite lu, m’aura donc déplu sur toute la ligne !

La guérilla des animaux de Camille Brunel chez Alma (Août 2018, 280 pages)


Né en 1986, titulaire d’un CAPES de Lettres Modernes, Camille Brunel a publié en 2011 un essai Vie imaginaire de Lautréamont (Gallimard).