jeudi 19 janvier 2017

Dans la forêt



Quelque part dans une forêt de Californie, à une époque improbable et indéterminée, à la suite de ce que l’on pourrait appeler un cataclysme majeur…..

Eva et Nell la narratrice sont deux sœurs vivant dans une maison au cœur d’une forêt californienne. Leurs parents ont disparu, il n’y a plus ni électricité, ni essence. Il va bien falloir se débrouiller, vivre, survivre même.

Tel est le  récit selon le point de vue de Nell, dont le rêve aurait été de pouvoir intégrer Harvard. Eva, elle, rêvait de devenir danseuse, carrière que sa mère a dû abandonner.

Dans la forêt est un huis-clos, une sorte d’alliance intime entre deux femmes résolues à vivre, et quelques hectares de forêt source du meilleur comme du pire. Dans cette nature nourricière, source de vie, et de mort, nous assistons à l’épanouissement de deux jeunes filles, à leur éveil à la sensualité, leur cheminement dans la relation à l’autre; une forme de parcours initiatique en communion totale avec la nature, loin des hommes et des évènements.

A première vue, dans la forêt peut sembler étouffant de par les lieux,  et sa construction sans chapitre – les paragraphes sont à peine distincts les uns des autres…Il n’en est rien tant l’écriture est belle et entrainante. Je me suis sentie à la fois emportée avec Eva et Nell, et freinée pour mieux me délecter d’une certaine poésie qui m’a touchée, tout simplement.

Merci aux éditions Gallmeister et Léa pour cette excellente découverte.

Dans la forêt de Jean Hegland, traduit de l’américain par Josette Chicheportiche, chez Gallmeister (janvier 2017, 300 pages, publié pour la première fois en 1996)


Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Caroline du Nord. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson. Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Caroline du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Chance



Eldon Chance est un neuropsychiatre dont la situation personnelle se complique sérieusement de par son divorce, et une certaine solitude qu’il assure assez mal.
Par son activité, Chance côtoie de nombreuses personnes, dont nous suivons parallèlement les problèmes et méandres de leurs vies perturbées….

Chance, contrairement à aux règles de bon sens, et surtout de déontologie va s’éprendre d’une de ses patientes. Les ennuis vont commencer…..

Une histoire assez bizarre, et un thriller plutôt " mou du genou". Il se passe assez peu de chose en définitive.
Kem Nunn a cependant un style très agréable, qui par moment prend des allures lyriques qui emportent le lecteur. Seulement la mollesse du personnage et son manque d’intérêt m’ont assez vite pesé. En réalité, je n’ai pas du tout aimé ce personnage tant par son manque de charisme, d’autorité.

On avait énormément de bien de Tijuana Straits… je me sens désormais nettement moins l’envie de le lire.

Je remercie la bonne fée Muriel pour l’envoi de ce livre. Il y a toujours le plaisir de la découverte, même quand on n’aime pas.

Chance, de Kem Nunn, traduit de l’américain par Clément Baude, chez Sonatine (Janvier 2017, 380 pages)


Kem Nunn est un romancier, un journaliste et un surfeur né en 1948.

Originaire de Californie, Kem Nunn est l'auteur de plusieurs romans noirs se déroulant dans le milieu du surf, abordant les thèmes de l'écologie et de l'Amérique déchue.

Après La Reine de Pomona (Gallimard, La Noire, 1993), Surf City (Gallimard, Série Noire, 1995) et Le Sabot du diable (Gallimard, La Noire, 2004), Tijuana Straits est son quatrième roman publié en France.

Il est co-producteur avec David Milch de John From Cincinnati (2007), une série fantastique se passant dans le milieu des surfeurs, à Imperial Beach en Californie.

jeudi 12 janvier 2017

Aquarium




« Tout est possible avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et ils nous détruisent. Ils déforment le monde, le recréent à leur manière et ce monde-là qu’on connait ensuite, pour toujours. »


Caitlin a douze ans, et vit avec sa mère ouvrière à Seattle. Elles mènent toutes les deux une vie modeste qui laisse peu de place aux extras. Caitlin trompe son ennui, après l’école à l’aquarium de la ville où elle se lie d’amitié avec un vieux Monsieur …
Bien sûr, je ne vais pas dévoiler ce que représente ce vieux Monsieur, car tout est là. Qui a lu Sukkwan Island verra sans doute venir un peu les choses…un peu seulement !!

Au silence feutré du monde marin, David Vann oppose la violence des relations humaines et familiales, en instaurant un climat de plus en plus tendu qui atteindra son apogée au milieu du roman. L’équilibre fragile vole en éclat, Tout est à refaire, à reconstruire

Caitlin est une enfant futée et espiègle, et qui sait ce qu’elle veut, Elle maitrise parfaitement  les difficultés familiales sans en connaître les origines, et s‘adapte de manière innée aux contraintes que les difficultés économiques de sa mère imposent.
 Au trio mère-enfant-vieux Monsieur , s’ajoute deux personnages qui apportent au lecteur une petite lueur d’espoir, et d’optimisme : le petit ami de la mère et la petite copine de Catlin

Les romans de David Vann ne sont pas gais, mais ici, contrairement aux autres, il donne quelques raisons d’espérer.


Moins puissant que Sukkwan Island, Aquarium a su me capter, mais néanmoins pas autant de Goat Mountain .


Aquarium de David Vann, traduit de l’américain par Laura Derajinski, chez Gallmeister (Octobre 2016)


David Vann est né en 1966 sur l'île Adak, en Alaska, et y a passé une partie de son enfance avant de s'installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Il a travaillé à l'écriture d'un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d'un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent n'accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée.
David Vann est également l'auteur de Désolations, Impurs, Dernier jour sur terre, Goat Mountain. Il partage aujourd'hui son temps entre la Nouvelle-Zélande où il vit et l'Angleterre où il enseigne, tous les automnes, la littérature.