vendredi 26 août 2016

La gouvernante suédoise



C’est au XVIII ème siècle que Marie Sizun nous embarque dans son 9ème  roman pour nous conter le destin d’une famille bourgeoise qui scella son destin avec un français.
Les codes de l’époque sont ce qu’ils sont, et n’empêchent en rien les trajectoires parallèles amenant son lot de secrets, puis de révélations sous forme de petites phrases anodines bien des années plus tard.

Marie Sizun, se sert de son histoire familiale pour nous faire entrer à pas feutrés dans l’univers codifié et contrôlé d’une bourgeoisie pour qui doit à tout prix  tenir son rang, et sauver les apparences .

Marie Sizun reconstitue un univers presque exclusivement féminin. Avec la sensibilité qu’on lui reconnait au fil de son œuvre, elle dresse le portrait d’une époque avec ses codes, ses usages, et ses petits arrangements. Marie Sizun surprend, agréablement, ses lecteurs habitues jusqu’à maintenant à des ouvrages tournées vers la seconde guerre mondiale.

La gouvernante suédoise est sans doute un livre un peu à part dans l’œuvre de l’auteur, parce derrière une œuvre romanesque, se cache une importante part d’elle-même.

Je remercie les éditions Arléa pour l’envoi de ce livre.


La gouvernante suédoise de Marie Sizun, chez Arléa (Août 2016)

Marie Sizun est née en 1940. Elle a été professeur de lettres en France puis en Allemagne et en Belgique. Elle vit à Paris depuis 2001. En 2008 elle a reçu le grand Prix littéraire des Lectrices de ELLE, et celui du Télégramme, pour La Femme de l’Allemand (2007) ; en 2013 le Prix des Bibliothèques pour Tous ainsi que le Prix Exbrayat, pour Un léger déplacement (2012). Elle a également publié Le père de la petite (2005), Jeux croisés(2008), Eclats d’enfance(2009), Plage (2010), Un jour par la forêt (2013), la maison guerre (2015)
La gouvernante suédoise est son neuvième roman publié chez Arléa.

Avant d’être un nom de plume Marie Sizun est aussi celui d’une peintre qui de temps en temps expose ses toiles lors de petites expositions estivales.

Tropique de la violence



Mayotte, au large de l’Afrique de l’est ; un minuscule ilot français non loin des Comores qui n’appartiennent pas à la France.

Roman polyphonique, Tropique de la violence s’attache à cinq personnages aux profils radicalement différents, mais qui se croiseront tus et toutes sur ce bout d’île vraiment pas comme les autres. Réceptacle impuissant de la misère environnante, Mayotte ne sait que faire de ses innombrables migrants qui arrivent inexorablement sur ses plages, ne peut qu’accueillir comme elle peut, avec les faibles moyens dont elle dispose  , ces femmes voulant donner à leurs enfants à naître un avenir meilleur que celui leur étant promis ailleurs.

C’est le cas du petit Moïse, beau bébé aux yeux vairons, rejeté par sa mère, pleine de superstitions, et qui sera recueilli par Marie, venue de métropole, elle non plus, pas épargnée par la vie.

C’est  à cette jeunesse-là, que Nathacha Appannah, va donner vie dans ce roman bouleversant. L’écriture chaotique, précise, et acérée est parfaitement adaptée aux destins, eux aussi chaotiques de nos cinq personnages. Ce roman nous décrit la triste réalité de ce territoire au bord de l’asphyxie, sans ressources marchandes et bien trop éloigné de la métropole pour que cette dernière puisse s’y intéresser véritablement.

Un grand merci aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre que je n’oublierai pas de sitôt.

Tropique de la violence de Nathacha Appanah, chez Gallimard (Août 2016, 175 pages)


Nathacha Appanah est née à l’île Maurice en 1973 et vit en France. Elle a écrit : Les Rochers de Poudre d'Or(2003),  Blue Bay Palace(2004), La noce d’Anna (2005), Le dernier frère (2007), En attendant demain (2015), Petit éloge des fantômes (2016). Tropique de la violence(2016) est son dernier roman.




 Challenge Petit bac chez Enna : Voyage (ligne 5)


Tropique de la violence



Mayotte, au large de l’Afrique de l’est ; un minuscule ilot français non loin des Comores qui n’appartiennent pas à la France.

Roman polyphonique, Tropique de la violence s’attache à cinq personnages aux profils radicalement différents, mais qui se croiseront tus et toutes sur ce bout d’île vraiment pas comme les autres. Réceptacle impuissant de la misère environnante, Mayotte ne sait que faire de ses innombrables migrants qui arrivent inexorablement sur ses plages, ne peut qu’accueillir comme elle peut, avec les faibles moyens dont elle dispose  , ces femmes voulant donner à leurs enfants à naître un avenir meilleur que celui leur étant promis ailleurs.

C’est le cas du petit Moïse, beau bébé aux yeux vairons, rejeté par sa mère, pleine de superstitions, et qui sera recueilli par Marie, venue de métropole, elle non plus, pas épargnée par la vie.

C’est  à cette jeunesse-là, que Nathacha Appannah, va donner vie dans ce roman bouleversant. L’écriture chaotique, précise, et acérée est parfaitement adaptée aux destins, eux aussi chaotiques de nos cinq personnages. Ce roman nous décrit la triste réalité de ce territoire au bord de l’asphyxie, sans ressources marchandes et bien trop éloigné de la métropole pour que cette dernière puisse s’y intéresser véritablement.

Un grand merci aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre que je n’oublierai pas de sitôt.

Tropique de la violence de Nathacha Appanah, chez Gallimard (Août 2016, 175 pages)


Nathacha Appanah est née à l’île Maurice en 1973 et vit en France. Elle a écrit : Les Rochers de Poudre d'Or(2003),  Blue Bay Palace(2004), La noce d’Anna (2005), Le dernier frère (2007), En attendant demain (2015), Petit éloge des fantômes (2016). Tropique de la violence(2016) est son dernier roman.




 Challenge Petit bac chez Enna : Voyage (ligne 5)


Là où les lumières se perdent



 « Il est impossible d’échapper à qui j’étais, à l’endroit d’où je venais. J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’&tais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant son sommeil si l’humeur le prenait. Le sang est plus épais que l’eau et je me noyais dedans, et une fois que j’aurais touché le fond, personne ne me retrouverait. »

 On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille…. 

Jacob est  au fond un bon gosse ; en tout cas il n’aspire à pas grand-chose d’autre que de partir, et accompagner Maggie qu’il aime  en toute sincérité.
Seulement voilà, Jacob est le fils d’un caïd local et notoire, et d’une pochtronne recluse dans son mobil home. Et avec un pédigrée pareil,  on ne s’arrache pas si facilement à son destin; même avec la même avec la meilleure volonté du monde, parce qu’un père reste un père, et qu’au fond on l’aime malgré lui, et malgré soi.

David Joy nous plonge au cœur d’une Amérique d’un autre âge et qui semble passée à côté de toutes règles morales et civiques, ne faisant pas la différence entre le bien ou le mal ; une enclave de violence, et de non droit.

Jacob parait bien frêle pour lutter contre un père que tout le monde craint, et un entourage qui n’a de cesse de lui alourdir son passé.

David Joy nous offre un texte à vif, sur la corde raide ; un beau texte malgré sa noirceur parce qu’il laisse une petite place à un personnage que l’on a envie de sauver du désastre. Il ne laisse aucune illusion sur ce monde pourri jusqu’au cœur dans lequel il souffle encore, malgré tout un petit vent d’espoir et de rédemption.

Un grand merci à Muriel pour cet envoi estival.

Là où les lumières se perdent, de David Joy, traduit de l’américain par Fabrice Pointeau, chez Sonatine (Août 2016, 300 pages)


David Joy est né à Charlotte, en Caroline du Nord, en 1983.

Le soleil sous la soie



Pavé estival par excellence, Le soleil sous la soie est un roman historique régional de très bonne facture. Eric Marchal est lorrain, et c’est sans doute ce qui a donné ce petit plus à cette fresque historique qui nous plonge au 18ème siècle, en Lorraine, et plus particulièrement à Nancy, alors que cette région n’est pas encore française, mais indépendante, sous la forme d’un duché, pas toujours en très bon terme avec le puissant voisin qu’est Louis XIV.

Nous suivrons oui la destinée de Nicolas Deruet, chirurgien ambulant (et oui, à l’époque, c’était ainsi) d’abord à ses débuts à Nancy, puis gagnant ses galons sur le front hongrois, pour être un praticien écouté du duc Léopold 1er dit le bon.

Cette histoire met principalement l’accent sur le développement de la chirurgie en Lorraine, et surtout à Nancy dans des institutions hospitalières toujours présentes et actives de nos jours. C’est à cet égard très intéressant de se faire une idée plus concrète du parcours d’établissements comme St Julien, et l’institution St Charles.

Nicolas Duruet, n’en n’est pas moins un homme animé de sentiments, et de désirs. Nous cheminons avec lui ans ses aventures sentimentales entre une marquise veuve, et une matrone compétente, reconnue, et très demandée.

Éric Marchal se veut un excellent conteur. Il a bâti une fresque sur plusieurs assises. Ce qui fait que chacun pourra y trouver matière à satisfaction, et délassement. Nancéenne, j’ai adoré me retrouver aux temps jadis et remonter l’histoire de ma ville. Le volet médical m’a aussi particulièrement intéressée. J’y ai perçu un gros travail e documentation de l’auteur qui, s’il reconnait quelques anachronismes, n’a pas transigé sur ce terrain-là.


Le soleil sous la soie, Eric Marchal, aux éditions Anne Carrière (Septembre 2011, 645 pages), disponible en poche chez Pocket (Mai 2013, 935 pages)


Eric Marchal est né en 1963 à Metz.

Après un diplôme de pharmacien, il entreprend une thèse de sciences à l'université de Nancy.
Il produit et présente en 1995 le magazine de l'actualité des sciences Polaris avec France 3 Grand Est.

Influenza est né en 1993, après une lecture sur la grippe espagnole, dans un magazine d'histoire. La version définitive fut achevée en 2007. Il a également publié Le soleil sous la soie (2011), La part de l’aube (2013), Là où les étoiles rêvent (2016)