mercredi 7 décembre 2016

Condor



Gabriela, est une jeune vidéaste Mapuche vivant dans un quartier populaire de Santiago. Pour celles et ceux qui suivent Caryl Ferey, elle est la sœur de Jana , héroïne de Mapuhe, le précédent roman de l’auteur. (Mais, Condor n’est pas une suite).

Esteban, est un avocat un peu fantasque, fils de très bonne famille. Il compense son origine aisée, et les accommodements plus ou moins douteux avec le pouvoir de sa famille en défendant comme il dit "les causes perdue «.

La " cause perdue" c’est un gamin des rues mort d’une overdose.
Esteban et Gabriela n’avait pas grand-chose en commun ; et pourtant ces deux-là, outre le fait de se trouver, vont, en plus du fait de faire un tandem étonnant  sur le chemin d’une investigation qui vont les mener à remonter le fils d’une histoire mouvementée et dont les feux ne semblent pas encore tout à faits éteints.

Ce que j’aime chez Caryl Ferey, c’est d’abord sa faculté à faire voyager le lecteur, lui faire explorer des contrées lointaines et mythiques. Mais c’est aussi, et surtout sa manière de s’emparer des zones noires et grises de l’histoire d’un pays et de l’intégrer parfaitement  à ses démons du moment pour en construire  une intrigue actuelle. L’Amérique du sud, et ses dictatures est un terrain de choix !

Ferey façonne le rythme et l’intensité. On prend le temps de rentrer dans l’histoire, et d’appréhender les personnages. Et puis par je ne sais quel tour de magicien dont l’auteur a le secret, il devient impossible de lâcher ce livre. S’il m’a semblé un tantinet moins prenant et moins fort de Mapuche, il n’en reste pas moins un très bon cru.

Et comme j’aime le dépaysement, il me reste à prendre la direction de l’Océanie en compagnie des Maoris !

Condor de Caryl Ferey chez Gallimard (Mars 2016, 410 pages).


Caryl Férey est un écrivain et un scénariste français né en 1967.

Il a grandi en Bretagne après que sa famille se fut installée à Montfort-sur-Meu près de Rennes en 1974.

Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, "Delicta Mortalia : péché mortel", puis quatre ans plus tard le très remarqué "Haka" (1998).

Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.

Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2006 pour "Utu" (2004) et le Grand prix de littérature policière 2008, le Prix Mystère de la critique 2009 et le prix Jean Amila au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras 2009 pour "Zulu" (2008).

En 2013, "Zulu" est adapté au cinéma, réalisé par Jérôme Salle d'après le roman éponyme, avec Orlando Bloom et Forest Whitaker.

"Mapuche" (Série noire, 2012) obtient le Prix Landerneau Polar 2012 ainsi que le Prix Ténébris en 2013.

Il publie "Condor" chez Gallimard en 2016 (Série noire)

samedi 3 décembre 2016

Dust



De New-York à Nairobi, il n’y a qu’un pas…. Nous faisons connaissance avec Hannah Baxter, française, profileuse de son état, et ayant fait le choix de vivre sa vie, à sa façon dans cette grande ville anonyme. Juste le temps de nous la présenter, et nous embarquons avec elle pour l’Afrique de l’ouest. Là-bas, on a besoin d’elle, de ses talents de son expertise, de ses dons, aussi.

Il se passe d’étranges choses, et puis, surtout on y massacre les albinos en série, ou quasiment.

Hannah débarque au sein d’une unité d’élite de la police kenyane. C’est peu dire que sa présence ne fait pas que des heureux. C’est une jeune femme fonceuse, et opiniâtre qui va devoir faire sa place, et qui va être amenée à décrypter les us et coutumes d’une société bien surprenante.

Bien sûr, il y a là un scénario très bien construit,  une enquête menée à très bon rythme, une intrigue prenante et addictive. Mais avant tout, dans ce roman, Sonja Delzongle met en lumière le sort réservé en Afrique aux Albinos, et toutes les croyances ancestrales relatives à cette anomalie génétique qui fait de la vie des noirs qui en sont atteints un véritable calvaire. Sonja Delzongle nous mène aux confins de la folie humaine.

Cette femme aime profondément l’Afrique, et cela se ressent au fil des pages. Sous couvert d’un roman policier, prend fait et cause pour cette terre et ceux qui la peuplent, alerte à sa façon sur un génocide silencieux, mais bien réel.

Ce premier roman confirme l’excellente impression que m’avait faite son deuxième roman  Quand la neige danse.

Dust de Sonja Delzongle, chez Denoël (Avril 2015, 528 pages), disponible en poche chez Folio avril 2016, 555 pages)


Sonja Delzongle est une ancienne journaliste installée à Lyon et passionnée d’Afrique.

Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie.

Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture.

C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de "Dust". Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours.
En 2016, Sonja Delzongle publie chez Denoël Quand la neige danse.

mercredi 30 novembre 2016

Les loups blessés



Attention, commentaire volontairement succin, pour d’une part ne pas dévoiler l’histoire, mais surtout parce que le temps a filé depuis la fin de lecture…

Depuis quelques années déjà, les flics deviennent des auteurs de polars ; et pour en avoir  à maintes reprises, fait l’expérience de lecture, je dois dire que le niveau est toujours relevé, et le rendu on ne peut plus réaliste.

Christophe Molmy, spécialisé dans le grand banditisme, s’y essaie, ici, pour la première fois, non sans avoir hésité. Il a eu bien raison, car l’essai, est concluant.

Mettant en scène Pessac un flic un peu usé et solitaire d’une part, et de l’autre un gangster de haut vol qui cherche à se « ranger des voiture » après un ultime  « coup », Molmy bâti une intrigue qui a du rythme et du souffle, et qui prend son inspiration dans ses années d’expérience au sein de la police. Tout parait plausible. Son écriture est très imagée, presque cinématographique. Le lecteur, plongé d’emblée dans le noir,  est tenu en haleine d’un bout à l’autre. On ne s’ennuie pas une seconde. On en redemande !

Les loups blessés de Christophe Molmy, aux éditions de La Martinière (Mars 2015, 334 pages), disponible en format poche chez Points (Mars2016, 360 pages)


Christophe Molmy est chef de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), dite aussi Brigade de l’antigang, à Paris. Spécialiste du grand banditisme, Il a commencé sa carrière dans la Police Judiciaire à Marseille, et a longtemps travaillé à l'Office Central pour la Répression de Banditisme (OCRB).



 Challenge Petit bac chez Enna : animal (ligne 5)

lundi 28 novembre 2016

Rio de Janeiro




Quelques jours loin de l'hiver et du quotidien.... Le Brésil, un pays gigantesque qui mérite plusieurs séjours pour en appréhender toutes les facettes.

Rio de Janeiro, ses plages, son pain de sucre, le Corcovado, les favelas.....



















Le sambodrome, long d'un kilomètre, et qui sert au moment du Carnaval pour le défilé des écoles de samba











Les escaliers Selaron, 215 marches revêtues de faïence par l'artiste Chilien Jorge Salaron


Paraty, sur la Costa verde. Ville de pirate et de corsaires,qui fut un port important, puis tombé dans l'oubli avec l'arrêt de l'utilisation de la route de l'or;la ville restée longtemps à l'abri des touristes. Son centre ville est interdit au voitures.Cette ville est peu fréquentée; ses plages sont restées sauvage. La forêt Atlantique regorge d'essences, de fleurs, et de cascades.Les environs regorgent de petites îles désertes, de plages vierges bordées d'une nature luxuriante, et de petites criques paradisiaques.









Et la nature.........
























mardi 15 novembre 2016

Les bottes suédoises



Henning Mankell et moi, si j’ose dire, c’est une longue affaire. Je connais Wallander par cœur, et bon nombre de ses autres romans me sont passés entre les mains ; tout comme son testament paru en 2015. Je pensais sincèrement, avoir lu le dernier Mankell (sans pour autant m’interdire de revenir de temps à autres vers ceux qui m’ont échappé). J’avais ressenti d’ailleurs un petit serrement au cœur en le lisant.

Alors quand" un petit dernier pour la route" arrive sur les tables des libraires, et qu’en plus il s’agit d’une suite d’un roman particulièrement apprécié, forcément, je n’ai pas pu résister. Ai-je eu tort, sachant que très souvent, les suites ne sont pas du même jus que les débuts ?

Allez, ce brave Mankell qui m’a donné tant de plaisir par le passé n’étant plus là pour répondre, je dirais ni oui, ni non ! Comme cela faisait longtemps que j’avais lu Les chaussures italiennes, j’avais la mémoire un peu défaillante sur ce qui s’était passé, et au fond, le second peut très bien passer pour un opus isolé.

M’enfin, tout de même à bien y réfléchir, tout cela est un peu léger et convenu, malgré tout.

Pour situer cette histoire : Frederik, est retiré depuis longtemps sur un îlot suédois après avoir dû quitter son poste de chirurgien, suite à une erreur. Il prend de l’âge ; comme tout le monde ; le souvenir de sa femme revenu il y a quelque temps auprès de lui pour mourir et lui révéler au passage qu’il avait une fille Louis, est encore vivace. Sa modeste maison de bois brûle en pleine nuit, lui laissant tout juste le temps de sauver sa peau, mais rien de plus (pas même des bottes, d’où le titre). Il va bien falloir trouver le fin mot de l’affaire….

Certes, le personnage principal est attachant ; je lui ai souvent trouvé des airs de Wallander d’ailleurs ; et chacun sait que Wallander, c’est sacré, on y touche pas !
Certes, Henning Mankell nous dresse le portrait tout clair –obscure d’un homme qui, comme lui, voit sa fin.

Alors, même si quelque peu léger et convenu qu’il soit, ce roman n’est pas complètement négatif ; loin s’en faut. Pas forcément indispensable dans la bibliographie de Mankell, mais pas désagréable à lire non plus. Sans doute un livre qui avait une utilité pour son auteur, avant de s’en aller au paradis des auteurs de polar, comme un dernier petit signe à ses lecteurs avant de tirer définitivement sa révérence.

Ne boudons donc pas notre plaisir !

Les bottes suédoise, de Henning Mankell, traduit du suédois par Anna Gibson, chez Seuil (Août 2016, 360 pages)


 Challenge Petit bac chez Enna : objet (ligne 5)