mardi 27 septembre 2016

Code 93



« Longer les couloirs d’une PJ, c’est faire face à ce que l’homme recèle de pire en lui. »

Le polar d’ailleurs, c’est bien ; mais le polar de chez nous, dans notre bon vieux pays qui ne tourne plus très rond….c’est pas mal non plus !!! Mais quand c’est écrit par un vrai flic, qui connait la musique parce qu’il l’a jouée, vous avouerez que c’est top !!

Capitaine Coste est capitaine de police dans le 93, à Bobigny ; d’un côté la PJ, de l’autre le tribunal .On ne sait pas grand-chose de sa vie privée, si ce n’est qu’il en pince pour  Léa, médecin légiste avec laquelle il collabore souvent. Il travaille avec Sam et Ronan ; Aubin, s’apprête à les quitter pour être muté à Annecy remplacé par une femme…. Coste a pour supérieure, une femme…. Ambiance….. Une équipe soudée dans un vivier de services qui ne s’apprécient pas forcément entre eux, et les membres pas toujours très réglos.

Dans cette atmosphère un peu particulière, il se passe des choses un peu bizarres : un mort qui se relève, des lettres anonymes un peu étranges, un portable qui sonne à l’intérieur d’un cadavre.

Alors que c’est son premier roman, Olivier Norek dont j’ai apprécié le style direct, musclé et sans détours rentre par la grande porte dans le monde du polar.  Malgré quelques petites maladresses de jeunesse, son histoire est bien ficelée, bien amenée, et surtout réaliste à souhait. Lui qui connait parfaitement les arcanes de sa vénérable institution a parfaitement su la mettre en mots, et si j’ose dire, en images. On plonge dans le bain avec l’équipe, on fait corps avec elle. Les travers, et les zones d’ombre de la Police, ses magouilles, tout y est ; dosé juste comme il faut.

Une chose est certaine, après ce premier opus des (mes) aventures du Capitaine Coste (C’est Norek qui l’écrit), on a envie de continuer avec lui ; et puis, je suis sure qu’en plus il doit être beau garçon. Quant à Norek, en plus il est rudement sympa ! Raison de plus pour le lire !!

Code 93 d’Olivier Norek, chez Michel Lafon (Avril 2013, 304 pages), disponible en poche chez Pocket (Octobre 2014, 360 pages)


Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 (service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis) depuis quinze ans. Code 93, son premier roman, a été largement salué par la critique. Territoires (2014) est son deuxième polar consacré aux (més) aventures du capitaine Victor Coste et de son équipe. Ses ouvrages sont publiés chez Michel Lafon et repris chez Pocket. Olivier Norek a également participé à créer l’histoire de la sixième saison de la série Engrenages sur Canal +, et est le scénariste du téléfilm Flic tout simplement diffusé sur France 2 à la fin de l’année 2015.

lundi 26 septembre 2016

La vengeance des mères



« Depuis qu’on leur a donné des petits, les Cheyennes sont devenus notre peuple. »

Ma première rencontre littéraire avec Jim Fergus date d’il y a quatre ans ; ce fut avec  Mille femmes blanches…un grand moment de lecture. Je ne me doutais pas qu’il y aurait une suite.

« Nous nous sommes même choisi une devise" s’adapter ou périr".»

Des mille femmes échangées contre des chevaux pour, dit-on, intégrer les « natives », très peu  en définitive ont survécu aux massacres perpétrés à l’encontre des indiens et de leurs épouses. A l’instar de May Dodd  et de ses carnets, Jim Fergus bâtit une fiction à base de faits réels donne la parole Molly et Susan rescapées, et meurtries par la morts de leurs jeunes enfants. Ces dernières se lancent, avec les Cheyennes dans une fuite éperdue au milieu des grands espaces jusqu’aux Bighorn Mountain.
Résolument tournées vers la cause indienne, Molly Susan, mais aussi Margaret, Lady Hall,  Astrid, Lulu, Gertie, Matha se révèlent être de véritables guerrières prêtes à tout pour sauver ce peuple dont les jours sont comptés. Blanches, mais indiennes jusqu’au cœur de leur âme, ces femmes sont la clé de voute de cette histoire touchante basée sur la mort, le deuil, la reconstruction, et le dépassement de soi. Ce second volume (d’une trilogie dont le dernier tome est déjà très attendu)  a gardé un fil tenu le reliant au premier, tout en parvenant à s’en démarquer nettement ; on pourrait ne pas avoir lu Mille femmes blanches, mais pourquoi s’en priver ?

J’ai aimé l’alternance des deux carnets ; chacun ayant leur style, et leur ambiance. Ici on y parle de de tradition, de mode de vie, de grands espaces ; là, il est question de combats et de violence. La culture amérindienne est un tout. Jim Fergus y est viscéralement attaché, et cela se ressent  en tout point de ce roman. La tragédie de ces peuples ne doit pas tomber dans l’oubli ; Jim Fergus, dans ses œuvres de fiction leur rend hommage de la plus belle manière qui soit.

Un grand merci aux éditions du cherche-midi pour ce magnifique cadeau.

 La vengeance des mères, de Jim Fergus, traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre, aux éditions du Cherche- Midi (Septembre 2016, 380 pages)



Jim Fergus est né à Chicago d’une mère française et d’un père américain. Il vit dans le Colorado. Journaliste réputé, il écrit des articles sur la gastronomie, la chasse, la pêche et la nature dans les magazines Newsweek, The Paris Review, Esquire sportmen, Outdoor Life, etc. Après son premier roman Mille femmes blanches (le cherche midi, 2000, vendu à près de 400 000 exemplaires en France), La Fille sauvage (2004), Marie Blanche (2011), Espaces sauvages (2011), Chrysis (2013) et Mon Amérique (2013), La Vengeance des mères, suite de Mille Femme blanches, paraîtra à la rentrée 2016.

mercredi 21 septembre 2016

La griffe du chien



Enfin, pourrais-je me dire….et quel soulagement de fermer ce livre entamé pleine de courage, et pressée d’en finir quitte à prendre quelques libertés….

Salué par les plus grands, Don Winslow donne ici une vision à la fois romancée et documentaire de la guerre contre la drogue que les USA ont menée et perdue.

Nous suivons un grand nombre de personnages qui d’une manière ou d’une autre ont été impliqués dans cette lutte contre le trafic à grande échelle où politiques et malfrats de tout poil et de toute envergure côtoient ceux décidés à mettre un terme à la déferlante de drogue sur les Etats-Unis.

Evidemment, ce roman est ambitieux…800 pages, ça n’est pas rien. Je reconnais bien volontiers à l’auteur un travail de titan sur le sujet. Je m’incline humblement devant le résultat et l’accueil enthousiaste qu’il a suscité alors que tout cela m’a à la fois laissé de marbre, lessivé, et finalement lassé.

Hélas, j’ai trouvé l’ensemble plus qu’indigeste, long, très long, trop dense, trop touffu .
Voilà un roman culte qui pour moi ne restera pas un souvenir impérissable, et me tiendra sagement éloignée de la suite qui vient de paraître récemment.

La griffe du chien, de Don Winslow, traduit de l’américain par Freddy Michalski chez Fayard (2007, 765 pages), disponible en poche chez Points (2008,826 pages)


Né à New York en 1953, Don Winslow a été détective privé avant de devenir un auteur majeur du thriller américain. Il a reçu le Shamus Award à deux reprises et a été plusieurs fois adapté à Hollywood.

 Challenge Petit bac chez Enna : animal (ligne 4)


dimanche 18 septembre 2016

La rage



Nous avions quitté le procureur Szacki après une enquête éprouvante  à Sandomierz au sud de Varsovie. Quatre ans plus tard, nous le retrouvons, cette fois au nord du pays, à Olsztyn, petite ville apparemment sans histoires, agrémentée de nombreux lacs et forte de son passé prussien. Notre procureur  n’est pas vaillant ; il démarre à tâtons une nouvelle  relation sentimentale alors qu’il peine à renouer le contact avec son ado de fille.
En petite forme notre procureur ; d’autant qu’un stagiaire pugnace et très à cheval sur le droit  ne le lâche pas d’une semelle. Pour l’enfoncer un peu plus, Szacki ne prend pas au sérieux une femme venue lui faire part, à mots couverts de violences conjugales sur sa personne, tandis qu’un étrange macchabée ne parvient pas à livrer tous ses mystères.
Le sujet est donc jeté : les violences domestiques dans une Pologne  encore jeune sur le long chemin de la démocratie .Pour la dernière aventure du procureur, Miloszewski ne se retourne pas sur le passé de son pays, mais au contraire s’inscrit dans un présent lourd et oppressant

On suit cette histoire, comme précédemment, sur un mode journalier. Tout y est disséqué et dépecé. Zygmunt  Miloszewski nous emmène au cœur d’une intrigue complexe, travaillée .Il nous tiendra en haleine jusqu’au dénouement qui surprendra. Il n’est pas particulièrement porté sur la précipitation ; il prend son temps pour installer ses personnages et les faits. L’atmosphère un peu grise,  et froide est particulièrement  bien rendue. Son écriture est soignée, et précise.
Il ne faut pas y chercher de super –héros, amis au contraire un procureur peu flamboyant, en perte de vitesse, tiraillé entre l’éthique et la rage qui l’anime au plus profond de lui.

Après Un fond de vérité que j’avais lu avec beaucoup de plaisir, la rage confirme un auteur talentueux qui donne à ses lecteurs (et lectrices) du polar différent et dépaysant où il fait bon se faire manipuler de temps à autre !

Un grand merci à Muriel pour sa gentillesse .

La rage de Zygmunt Miloszewski, traduit du polonais par Kamil Barbaski, aux éditions fleuve noir (Septembre 2016, 540 pages)


Zygmunt Miloszewski est né à Varsovie en 1976. Écrivain, journaliste et scénariste, il publie en 2005 son premier roman d’horreur, Interphone, très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec la trilogie mettant en scène le procureur Szacki. Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point. Après Les Impliqués (Mirobole) et Un fond de vérité (Mirobole), La Rage est son premier roman à paraître chez Fleuve Éditions.


mercredi 14 septembre 2016

Et la vie nous emportera



Prologue et épilogue se situent en 1952 dans une réserve du Minnesota, pour constater la mort d’une jeune femme répondant au nom de Prudence, le titre original de ce livre….

Entre les deux, l’auteur nous plonge au moment où les États-Unis vont entrer en guerre. D’un côté les Washburn, parents et le fils Frankie ; de l’autre Billy, jeune métis et Félix, le vieil indien, travaillant tous deux sur la propriété de la famille.
 Prudence fait son apparition lors d’un évènement, qui dit-on va bouleverser le destin de la famille…
J’ai dit dit-on, car, justement, c’est là que je suis très embarrassée pour commenter un roman, bien écrit, et bien traduit du reste, qui m’a complètement laissée au bord de la route. J’ai, en outre eu du mal à en comprendre le sens, la finalité et par conséquent son intérêt.
 En lisant le sujet, j’attendais un grand roman sur les amérindiens, j’attendais quelque chose de fort, et comme le prétendait Toni Morrison « un roman extraordinaire et véritablement hypnotique » !!!! Rien que cela. Alors je crois que nous n’avons pas lu le même livre. Je n’y ai vu aucun panache, j’y ai trouvé des longueurs, et éprouvé un certain ennui, et une grosse question en le refermant «  mais qu’est que l’auteur a bien voulu me raconter ? »

Je n’ai pas compris la traduction du titre pour ce roman, qui à mon sens aurait gagné en clarté à conserver celui que l’auteur lui avait donné dans sa langue originale.

Bien entendu, beaucoup sur la blogosphère ont apprécié ce roman. Il ne fait aucun doute que certaines choses m’ont échappé ;peut-être pourra-t-on m’éclairer. A moins que la rencontre avec l’auteur ne se soit tout simplement pas faite. Il me sera dans ce cas un peu difficile de faire une seconde tentative.
Dommage, j’aurais tant voulu l’aimer….

Merci aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.



Et la vie nous emportera de David Treuer, traduit de l’américain par Michel Lederer, chez Albin Michel (Août 2016, 320 pages)

David Treuer est un auteur américain né à Washington DC en 1970.
Son père, juif autrichien, a émigré aux États-Unis en 1938, et sa mère est une amérindienne Ojibwé. Il a grandi dans la réserve indienne de Leech Lake, au nord du Minnesota.
Il a étudié à l'université de Princeton et a obtenu son diplôme en 1992 après avoir écrit deux thèses.
Il a publié son premier roman, "Little, en 1995". Son second livre, "The Hiawatha", a suivi en 1999. Il a publié deux livres simultanément à l'automne 2006: "Le Manuscrit du docteur Apelle" (nommé "Meilleur livre de l'année 2006" par le Washington Post, le Minneapolis Star Tribune, le Time Out Chicago et City Pages) et "Native American Fiction: A User's Manual".

En 2016, il publie "Et la vie nous emportera".

Il enseigne à l'Université du Minnesota, à Minneapolis.