lundi 9 mars 2015

Une nuit trop douce pour mourir



« Les ivrognes sont comme les oiseaux migrateurs, ils retrouvent toujours la branche sur laquelle ils se sont posés un jour. »

Marseille, fin d’été, ses petites frappes qui se font buter au détour d’une petite rue, rien d’anormal à Marseille…
Mais aussi, et c’est plus surprenant, des femmes de bon milieu, qui se font massacrer dans les beaux quartiers…
Mais que fait la police ? Nous sommes à Marseille !! Alors doucement le matin, et pas trop vite l’après-midi ; et puis surtout, ne venez pas trop secouer le commissaire. Il a ses méthodes, son train-train, et quelques gugusses pas très propres sur eux.

Ajoutez un baroudeur sur le retour, porté sur le pastis, et le sexe (dit) faible… Clovis, c’est son petit nom. Il a élu domicile dans une bergerie dans les collines, mais ne dédaigne pas descendre au bar, ni  aller fureter ici où là, officieusement, il va sans dire.


Avec Maurice Gouiran, ça dépote et ça fuse. Ne vous attendez pas à des exercices de style ; la prose y est directe, sans fioriture, virulente, et dont la part de l’argot est juste dosée comme il faut. Il y a beaucoup d’humour et d’ironie là-dedans ; Et cela fait du bien !

De plus, du bruissement de la ville et de ses dangers, Maurice Gouiran nous fait passer d’un trait de plume à la garrigue, et la vue sur la mer.

Au-delà d’une enquête, qui, certes tient un peu le suspense au début, mais n’a rien de redoutable non plus, c’est plus une ambiance, une atmosphère, et l’esprit des lieux qui ont retenu mon attention.

Un polar sans façon, bien agréable à lire le week-end, qui sous son air léger nous donne à voir une ville telle quelle où les affaires du monde viennent se fracasser. L’art de mettre en lumière l’actualité, et les dérives de nos sociétés sans se prendre au sérieux.

Une nuit trop douce pour mourir, Maurice Gouiran
Editions Jigal, Février 2015
245 pages
 
4ème de couverture :

À Marseille, l’été n’en finit jamais. Mais la douceur des nuits phocéennes habituellement ponctuées par les traditionnels règlements de comptes à la kalach’ est brutalement perturbée par un mystérieux tueur qui s’attaque sauvagement aux jeunes bourgeoises des quartiers Sud. Curieusement, le modus operandi de ces meurtres ressemble étrangement à celui de Jack l’Éventreur… Clovis, en mission officieuse, décide alors de quitter son havre de paix et ses collines pour tenter, entre deux frivolités, d’y voir plus clair. La tension monte, la ville a peur jusqu’à ce que l’on découvre que les malheureuses s’étaient toutes rendues en Ukraine quelques mois plus tôt. Drôle de destination pour des vacances…
A propos de l’auteur :

Maurice Gouiran est un écrivain français né le 21 mars 1946 au Rove (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, dans une famille de bergers et de félibres.

Il passe son enfance dans les collines de l’Estaque, avant d'effectuer ses études au lycée Saint-Charles, au lycée Nord puis à la faculté, où il obtient un doctorat en mathématiques.

Spécialiste de l'informatique appliquée aux risques et à la gestion des feux de forêts, il est appelé comme consultant par l’ONU. Il enseigne également à l’université.

Son premier polar, La nuit des bras cassés, paru en 2000, reçoit le prix Sang d'Encre des lycéens de la ville de Vienne, Marseille, la ville où est mort Kennedy est lauréat du prix SNCF du polar à l'été 2005, Sous les pavés la rage est couronné par le prix Virtuel du Polar 2006 (prix décerné par les internautes, ex-prix Rompol).
 Pour le challenge d'Enna, catégorie Mort (seconde ligne)

1 commentaire:

  1. les éditions Jigal ont très souvent de très bons polars

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