mercredi 16 août 2017

En compagnie des hommes



Ebola, cinq lettres pour désigner un terrible virus qui régulièrement fait parler de lui en Afrique, semant la mort sur son passage, et qui régresse puis  retourne à la forêt.
Voilà un roman bien singulier qui nous est proposé ; singulier dans sa conception, dans sa construction ; singulier parce que le déroulé d’une épidémie est pris en main par tous ses acteurs.

De multiples narrateurs donc, de multiples points de vue encadrés par la figure tutélaire de la forêt : le baobab. En Afrique, le baobab est sacré ; c’est l’arbre à palabre ; celui autour duquel la communauté se rassemble pour parler de choses importante.

Ici le baobab est en quelque sorte la conscience collective. Il ouvre et ferme le roman. On retrouve donc, et c’est courant en littérature africaine la cohabitation du sacré et du profane ; du rationnel et de l’irrationnel.

Devant l’hécatombe, après avoir écouté ce qu’on pourrait appeler le " président de séance" chacun s’exprime, chacun y va de sa propre vision des choses dans un seul but : faire reculer l’épidémie.

Roman singulier donc par ses composantes, par son écriture puissante, et par l’énergie qu’il dégage.

Un roman fort dans lequel on entre presque avec une certaine violence et  que l’on quitte avec regret.
Un roman qui rend un hommage vibrant à l’âme africaine, à la magie qui entoure ce continent fascinant.

Un grand merci à ma bonne fée pour cette pépite qui sans ce petit coup de pouce, m’aurait échappé au milieu des innombrables parutions d’automne .

En compagnie des hommes de Véronique Tadjo, aux éditions Don Quichotte (Août 2101, 160 pages)


Véronique Tadjo est poète, romancière et universitaire. Après avoir dirigé le département de français de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, elle partage actuellement son temps entre Londres et Abidjan. Ses livres sont traduits en plusieurs langues, du Royaume aveugle (1991) à L’Ombre d’Imana : voyages jusqu’au bout du Rwanda (2001) et Reine Pokou, concerto pour un sacrifice (2005), pour lequel elle a reçu le Grand Prix littéraire d’Afrique noire.

1 commentaire:

  1. Je n'en ai pas entendu parler. Vu ce que tu en dis, je le note

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