mercredi 7 novembre 2012

Artaserse (Leonardo Vinci)



Lorsque l’opera seria se laisse aller au génie de l’inspiration napolitaine… la fougue, le goût du contraste et le sens inné du théâtre viennent animer d’une vie toute particulière les personnages de cette épopée baroque, reprise par quasiment tous les compositeurs du siècle.
Dans la Perse antique, des complots sanglants rappellent au prince quelques-unes des vertus d’un bon gouvernement et les nombreux coups de théâtre, les intrigues amoureuses, avec leurs savants jeux de voix qui feront, ici plus qu’ailleurs, la renommée des grands castrats.


 
Nouvelle production ;Co-réalisation Opéra national de Lorraine et Parnassus Arts Productions

Ouvrage chanté en italien, surtitré ;Durée de l'ouvrage : 3h10 + entractes

Dramma per musica en trois actes
Livret de Pietro Metastasio
Créé au Teatro delle Dame de Rome le 4 février 1730


Direction musicale : Diego Fasolis
Mise en scène : Silviu Purcărete
Décors, costumes, lumières : Helmut Stürmer

 Concerto Köln
 Artaserse, les artistes

Artaserse : Philippe Jaroussky
Mandane : Max Emanuel Cencic
Artabano : Juan Sancho
Arbace : Franco Fagioli
Semira : Valer Barna Sabadus
Megabise : Yuriy Mynenko




Drame qui comme le titre l’indique se concentre sur le roi de Perse Ataxerxès 1ER . Trahisons, parricides, amours contrariées tout y est, mais au final l’histoire se finit sur une note positive. Le livret est un peu compliqué, mais au fond, une fois embarquée dans la magie musicale, et les acrobaties vocales, tout cela devenait secondaire.
J’avais le livret sous les yeux, mais je n’ai pas pris le temps de le lire attentivement ; je me suis juste imprégnée de la musique avant d’aller à la représentation. J’y allais donc en toute innocence, certaine du plaisir musical.
 
 
 
Leonardo Vinci m’est parfaitement inconnu. Pourtant, il a eu du succès en son temps, et il fut un compositeur recherché. De nos jours, ses œuvres sont tombées dans l’oubli. Nancy, grâce à son directeur Laurent Spielmann, a le secret des productions originales, et de qualité. Je pense au sublime Il Sant’Alessio de Landi , pour ne citer que cela….
Mais quelle claque ce fut dès les premières minutes de la représentation. Chose rare, les coulisses ne sont pas en coulisse, et il n’y a pas de rideau baissé. Le personnel technique est à l’œuvre et fait partie intégrante de la mise en scène ; les habilleuses habillent, les maquilleuses maquillent ; tout cela sur les côtés, pour pas amputer le décor, unique, mais raffiné, et digne des fête baroques. Ambiance…. Un décor modulable par le simple jeu de tableaux, qui permet au passage les tours de passe-passe imposés par le livret.
La scène nancéenne, de petit gabarit, semble faite sur mesure pour ce style d’ouvrage qui se marie à la perfection aux dorures de la salle
Musicalement, un bonheur !!! Le concerto Köln sous la baguette de Diego Fasolis est à la hauteur de sa réputation. Mais que dire d’une distribution alignant pas moins de 5 contre –ténor, les meilleurs du moment, et un ténor. Il n’y a pas de femmes ; tout est dans le travestissement l’illusion, le paraître. Si Jaroussky (rôle-titre) et Emmanuel Cencic (Mandane, sa sœur) tiennent leurs promesse, Franco Fragoli (Arsace) est extraordinaire de technique, et d’émotion.

Les costumes sont sublimes de sophistication, et d’exubérance : des plumes, des coiffes improbables.







Si le spectacle est long (bien que coupés de deux entractes) et amène le spectateur assez tard, le plaisir n’en est que plus intense. C’est une ovation que le public a réservé à l’ensemble de la distribution, et des musiciens. Ovation largement méritée.







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