vendredi 14 février 2014

Sans oublier


Dans ce troisième roman, Ariane Bois dresse le portrait attachant, et sensible d’une femme ravagée par un deuil qu’elle ne se résout pas à faire. Et cela en arrive à un point tel, qu’elle ne parvient plus à être la mère de ses propres enfants ; elle la fille qui vient de perdre sa mère, et qui n’a pas encore fait le deuil d’un frère.
Il ne lui reste plus que la fuite ; se sauver, pour tenter de se sauver. Parce que de cette fuite, lui viendra une forme de réconciliation avec elle-même, et avec ses racines, et son passé qui lui éclate à la figure.

« Partir pour ne plus faire de mal, pour les sauver. Se comporter en mère et en femme devenait impossible : j’étais redevenue une enfant apeurée en quête d’une sécurité disparue. »

Comme dans son premier roman, Ariane Bois remet à l’ouvrage la judéité, et la culpabilité à l’égard de celle-ci, et d’y survivre.

De cette écriture sensible imprégnée d’un « je » omniprésent ressort l’urgence qu’il y a pour elle de s’échapper. Nous l’accompagnons de Paris jusqu’à un petit village des Cévennes dans sa désespérance, et sa détresse, en tentant de se faire aussi petit que possible pour lui laisser reprendre pied avec elle-même, et digérer les non-dits  qui finissent par donner un sens à de multiples détails de son enfance.

J’ai lu ce livre presque en apnée, happée par cette femme que l’on voudrait voir retrouver les siens…Y parviendra-t-elle ?

Je remercie les éditions Belfond pour m’avoir permis de lire cet  ouvrage.


Sans oublier, Ariane Bois
Belfond, Février 2014
250 pages






4ème de couverture :
Lorsqu'elle apprend l'accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s'obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L'onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens.

Récit d'un crash intime, d'une fugue maternelle sur les traces d'un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d'abord cesser d'être une fille.

Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.

A propos de l’auteur :

Grand reporter au sein du groupe Marie-Claire et critique littéraire pour le magazine Avantages, Ariane Bois a déjà publié deux romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J'ai Lu, 2010) et Le Monde d'Hannah (Robert Laffont, 2011 ; J'ai Lu, 2014). Tous deux ont été salués par la critique et par des prix littéraires, et traduits en plusieurs langues.



 Pour le challenge d'Enna : Verbe


 

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