Ce
roman, premier roman qui plus est, est une quête. Sa narratrice, jeune femme
aux origines multiples, donne la parole à ses tantes et à son père qui font
ainsi revivre la famille Ezechiel partant de Morne- Galant, un nulle part en
Guadeloupe, ″là où les chiens aboient par la queue″ à Créteil, terre d’adoption
de ″Petit -Frère″ qui semble fort être le père de l’auteur.
Il
y a la truculente Antoine, celle qui faisait passer les enfants, et les diamants.
Lucinde est la plus ambitieuse des deux sœurs. Petit-Frère, quant à lui refuse
son destin tout tracé ; il est le premier à conquérir la métropole ; les
deux autres suivront avec plus ou moins de succès. Sans oublier Hilaire le
patriarche et gardien des secrets.
Au-delà
de l’histoire de cette famille, c’est l’évolution économique et sociale des
Antilles qui nous est contée avec lucidité ; l’exil quasi inéluctable vers
la métropole faute d’emploi et d’avenir pour la jeunesse.
J’ai
beaucoup aimé cette fresque vitaminée et colorée à l’écriture dynamique et parsemée
de créole. J’ai également apprécié la construction polyphonique qui donne du
rythme et galvanise cette histoire.
Ce
roman est une très belle surprise de cette rentrée littéraire, un premier roman
à mon sens très abouti, et qui, hormis les jurés du Prix Stanislas présidé par Leïla
Slimani qui l’ont récompensé, a été injustement ignoré.
Là
où les chiens aboient par la queue ‘Estelle -Sarah Bulle, chez Liana Levi (Août
2018,280pages) Prix Stanislas 2018
Estelle-Sarah
Bulle
est née en 1974 à Créteil, d’un père guadeloupéen et d’une mère ayant grandi à
la frontière franco-belge. Après des études à Paris et à Lyon, elle travaille
pour des cabinets de conseil puis pour différentes institutions culturelles. Elle
vit dans le Val-d’Oise. Là où les chiens aboient par la queue est son premier
roman.
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