dimanche 30 décembre 2018

Là où les chiens aboient par la queue


Ce roman, premier roman qui plus est, est une quête. Sa narratrice, jeune femme aux origines multiples, donne la parole à ses tantes et à son père qui font ainsi revivre la famille Ezechiel partant de Morne- Galant, un nulle part en Guadeloupe, ″là où les chiens aboient par la queue″ à Créteil, terre d’adoption de ″Petit -Frère″ qui semble fort être le père de l’auteur.
Il y a la truculente Antoine, celle qui faisait passer les enfants, et les diamants. Lucinde est la plus ambitieuse des deux sœurs. Petit-Frère, quant à lui refuse son destin tout tracé ; il est le premier à conquérir la métropole ; les deux autres suivront avec plus ou moins de succès. Sans oublier Hilaire le patriarche et gardien des secrets.

Au-delà de l’histoire de cette famille, c’est l’évolution économique et sociale des Antilles qui nous est contée avec lucidité ; l’exil quasi inéluctable vers la métropole faute d’emploi et d’avenir pour la jeunesse.

J’ai beaucoup aimé cette fresque vitaminée et colorée à l’écriture dynamique et parsemée de créole. J’ai également apprécié la construction polyphonique qui donne du rythme et galvanise cette histoire.

Ce roman est une très belle surprise de cette rentrée littéraire, un premier roman à mon sens très abouti, et qui, hormis les jurés du Prix Stanislas présidé par Leïla Slimani qui l’ont récompensé, a été injustement ignoré.

Là où les chiens aboient par la queue ‘Estelle -Sarah Bulle, chez Liana Levi (Août 2018,280pages) Prix Stanislas 2018

Estelle-Sarah Bulle est née en 1974 à Créteil, d’un père guadeloupéen et d’une mère ayant grandi à la frontière franco-belge. Après des études à Paris et à Lyon, elle travaille pour des cabinets de conseil puis pour différentes institutions culturelles. Elle vit dans le Val-d’Oise. Là où les chiens aboient par la queue est son premier roman.

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