samedi 8 juin 2019

Le chant de l’assassin


On a tous nos auteurs chouchou, ceux dont on attend fébrilement chaque nouvel opus, pour lesquels on pardonne toujours les petits coups de mou.
En ce qui me concerne, depuis Seul le silence, je ne rate jamais un Ellory. J’ai tous ses livres dans ma bibliothèque et je les ai tous aimés ; certains passionnément…
Nous voici donc avec le onzième tous traduit ; et le plaisir de lecture est intact !
R.J. Ellory n’est pas américain, mais il écrit l’Amérique comme s’il l’était.

Dans le début des années 70, deux compagnons de cellule sont sur le point de se séparer. Henry Quinn a purgé sa peine, et le voilà libre alors que son compère Evan Riggs finira ses jours à l’ombre…Evan confie à Henry une lettre destinée à sa fille Sarah qu’il n’a jamais connue. Charge à Henry de la retrouver et de lui donner.

« Il devait sa vie à Evan Riggs. Elle était là la vérité. Il devait sa vie à cet homme, et il ne pouvait pas faire moins en échange que tenir sa promesse. »

Pour Henry, une promesse, c’est sacré ; coûte que coûte il faut la tenir. De toute façon, à part cette promesse, rien ne tient Henry. De retour chez sa mère, il se rend vite compte que rien n’a changé ; elle boit toujours autant. Henry est de retour libre, mais toujours sous ″surveillance‶. Et cela va bien arranger le shérif de la ville, le frère de Riggs qui ne voit pas d’un très bon œil les démarches d’Henry.
Le shérif a ses secrets, ses petites affaires ; et il est hors de question que quelqu’un y vienne fourrer son nez.

Alternativement nous suivrons au présent le parcours du combattant d’Henry véritablement, viscéralement habité par sa promesse, acharné à mener sa recherche à son terme ; et à rebours, Ellory remonte le temps sur les traces de la famille Riggs et de ses deux fils Evan et Carson.

Évidemment, il y a un secret entre les deux frères. Mais tout le génie d’Ellory réside dans sa manière de nous l’amener, dans la construction d’un suspense au milieu d’un contexte et d’un déterminisme social implacable et destructeur pour les faibles.

J’ai retrouvé avec ce roman la puissance et les émotions éprouvés lors de mes premières rencontres avec l’auteur.
Ellory campe des personnages très forts ; autant dans l’empathie (Henry), que dans la détestation (Carson). Ses rôles secondaires ne sont pas en reste non plus ; juste assez présent pour donner au roman un bel équilibre et donner au lecteur un peu d’air dans une ambiance bien sombre et poisseuse.

Ellory signe ici un ouvrage particulièrement réussi, qui pour ma part se classe parmi les meilleurs de ses onze traduits en français .

Le chant de l’assassin de R.J. Ellory, traduit de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli chez Sonatine (Mai 2019,498 pages)


R. J. Ellory est né en 1965 à Birmingham. Le Chant de l’assassin est son onzième roman publié en France par Sonatine Éditions.

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