lundi 19 avril 2021

L'île des âmes

 


Pour moi, depuis le premier jour, Gallmeister c’était forcément l’Amérique, une certaine Amérique. Alors forcément, quand la maison à l’empreinte d’ours décide de regarder ailleurs, j’ai d’abord hésité. Mais, c’était oublier que chez Gallmeister, on publie peu, mais on publie du très bon ! Partons donc pour la Sardaigne….

Il y a d’abord une ambiance, une atmosphère qui saute immédiatement aux yeux. Cette ambiance faite d’odeurs, de silence, de chaleur, de rusticité, de secret, de violence, de peur et de tribalité qui ne peut se soustraire à ce qui aurait pu constituer une banale enquête, autour d’un énième duo d’enquêtrices.

Mara, c’est la grande gueule du service ; un peu trop, et ça lui vaut d’être mise de côté, aux affaires classées, qui plus est nantie d’une nouvelle collègue, tout droit venue de Milan. Le duo s’avère explosif ; aucun point commun, qui plus est chacune a sa part d’ombre.

L’île a été le théâtre de meurtres rituels irrésolus, tandis d’une nouvelle disparition est signalée. Barrali qui se meurt demande à Mara de s’occuper particulièrement ce cette disparition…

Pour ne pas réduire cette histoire à une simple enquête, l’auteur à mis en lumière deux femmes chacune au caractère bien trempé, forcées de faire équipe pour une cause commune dans un cadre aux paysages à la fois grandioses et féeriques, et hostile. Il va leur falloir composer avec la rusticité de la population, ses rites et ses mystères. Cette terre ne se livre pas au premier venu. Et il va falloir à nos deux jeunes femmes détermination et perspicacité pour déjouer fausses pistes et rebondissements.

J’ai particulièrement apprécié l’évocation des lieux, et des personnages. L’auteur à bien su retranscrire les coutumes, ses légendes, son histoire, ses secrets. Cela forme un tout avec l’intrigue ; un savoureux mélange qui vous fait vous sentir bien dans cette histoire malgré sa noirceur. Le tempo est parfait ; l’écriture est assez lente pour profiter de la beauté de l’île dans des chapitres courts, nombreux et sur différentes temporalités pour tenir en alerte tout bon lecteur de roman noir qui se respecte !

Merci aux éditions Gallmeister pour l’envoi de ce livre avec la complicité due la masse critique Babélio

L’île des âmes de Piergiorgio Pulixi, traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux, chez Gallmeister (Avril 2021,545 pages)


Piergiorgio Pulixi est né en 1982 à Cagliari dans le sud de la Sardaigne. Il a été libraire avant de se consacrer à l’écriture. Après une expérience d’écriture collective de romans noirs, il s’est lancé dans une saga policière en 4 volumes, primée par le prix Glauco Felici et le prix Garfagna. Il est aussi l’auteur d’une série intitulée I canti del male (Les Chants du mal). L’Île des âmes est son dernier roman, publié en 2019 par Rizzoli, et le premier traduit en France.

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