vendredi 23 septembre 2022

Faire bientôt éclater la terre

 


La manière de gagner de l’argent importait moins que le fait d’en gagner. ″

″Si les travailleurs obtenaient leur juste part des richesses qu’ils créent, il y aurait tout ce qu’il faut pour tout le monde. Le voilà le rêve de l’IWW. (Industrial Workers of the World ou IWW est un syndicat international fondé aux États-Unis en 1905 dont le siège actuel se trouve à Chicago. À son apogée, en 1923, l'organisation comptait environ 100 000 membres actifs.)

L’histoire se déroule sur une cinquantaine d’année, de fin du 19ème siècle dans une Finlande rurale, sous la coupe du grand voisin russe. La population a faim, et vit sous la répression, alors que frémissent les mouvements révolutionnaires de résistance à l’oppression, et en même temps les idées communistes.

C’est ainsi que nous faisons connaissance avec la famille Koski, et en particulier Ilmari, Aino (la cadette) et Matti.

La fratrie quitte le pays pour aller s’installer entre l’état de Washington et celui d’Oregon, sur les rives de la Columbia River ; deux états réputés pour leurs forêts, et l’essor de l’exploitation du bois. Ils retrouvent sur place d’autres membres de la diaspora finlandaise, avec lesquels ils vont s’établir, se mélanger au gré des aléas économiques et professionnels.

Aino, est un personnage central de cette épopée à la fois historique et sociale, traversant le siècle et les luttes syndicales dans un pays en plein essor économique et pas vraiment concerné par le mouvement ouvrier.

Aino, a été très tôt sensibilisée par les inégalités, la précarité ouvrière, et toute sa vie sera consacrée à la lutte pour l’amélioration des conditions de travail, et de rémunération, dans tous les secteurs économiques qu’elle sera amenée à connaître. Elle prend tous les risques, sacrifie jusqu’à sa vie privée et familiale. C’est viscéral, elle ne peut admettre que les uns puissent s’enrichir quand d’autres n’ont pas de quoi manger ou soigner leurs enfants. Toute sa vie elle sera ″ une rougeparmi les blancs, une politiquement incorrecte au pays du capitalisme, une ennemie, voir une traitre.

Ce roman est une fresque de 850 pages dans laquelle le lecteur vit au cœur de cette diaspora que l’on voit évoluer, souffrir devenir parents, s’insérer avec plus ou moins de difficultés au sein d’une société qui ne veut pas forcement d’eux si ce n’est pour la puissance de leurs bras. Et si de temps à autre, quelques longueurs viennent ponctuer cet ouvrage, ce dernier n’en demeure pas moins un très bon cru parce qu’il porte un regard un peu différent, moins triomphant, et donc plus réaliste sur un pays en construction. Parmi les nombreux personnages, certains occupent une place prééminente, et sont parfaitement campés ; néanmoins les autres n’en ont pas été oubliés pour autant.

Je remercie l’éditeur et Netgalley pour cette très belle découverte.

Faire bientôt éclater la terre de Karl Marlantes, traduit de l’américain par Suzy Borello , aux éditions Calmann-Levy (Août 2022, 850 pages).

Karl Marlantes, né en 1944, a fait ses études à Yales et à Oxford. Il est titulaire d'un MA en philosophie et sciences politiques.

Il a travaillé comme consultant auprès de diverses entreprises énergétiques internationales.

Ancien lieutenant des marines, il est un des soldats les plus décorés de la guerre du Vietnam avec sa Navy Cross, ses deux Navy Commendation Medals, ses deux Purple Hearts et ses dix Air Medals.

Il a reçu le Washington State Book Award pour Matterhorn (2009) qui, dès sa publication, est entré septième aux best-sellers du New York Times.


 



 Je reste fidèle au challenge du pavé de l'été organisé par Brize .  

1 commentaire:

  1. Je n'avais pas repéré ce pavé dans cette toujours très riche rentrée littéraire !

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