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jeudi 23 août 2012

Peste et choléra


Ouvrage lu en qualité de juré des lecteurs pour le grand prix du roman Fnac 2012. Ouvrage lu sous forme d’épreuves non corrigées, donc sans avis de l’éditeur, ni aucunes notes biographiques. L’édition que j’ai eu à lire comptait encore quelques coquilles qui m’ont un peu gênée. Le hasard a fait que j’ai eu l’occasion d’évaluer un ouvrage de l’auteur, Kampuchéa, lors de la rentrée littéraire 2011 (mais, précision de taille, mais ne provenant pas de la même source), et que je ne l’avais pas tout à fait apprécié. En revanche, je n’ai pas été dépaysée par le style, ni par la présentation de l’ouvrage.
Si je n’avais pas d’informations de base quant au contenu de l’ouvrage, j’ai rapidement pu cerner le sujet, contrairement à d’autres lectures ayant lieu dans le même cadre.
Cette fois, Patrick Deville a choisi  d’évoquer un personnage assez peu connu du grand public, Alexandre Yersin, médecin et biologiste(entre autres choses) contemporain de Roux, Pasteur, et Calmette, célèbre pour une de ses découverte en matière de maladie contagieuse. C’est d’ailleurs à l’évocation du nom latin de la bactérie en question que j’ai pu saisir la perche.
Patrick Deville s’applique à souligner la polyvalence d’un homme qui, dans la seconde partie de sa vie, s’est plus attardé sur son côté explorateur que médecin. L’aventure le poussera en Asie du sud-est, et notamment en péninsule indochinoise. C’est là un point commun (géographique !!) avec Kampuchéa que j’ai lu, l’année dernière à la même époque.
Si l’aspect connaissance n’est à mon sens pas critiquable, le point de vue de la forme et du style, l’est davantage à mon goût. Mais peut-être que cela s’avère la patte de l’auteur, et que je n’y suis pas très sensible, en tout cas pas très favorable.
J’ai beaucoup de mal à définir la forme de cet ouvrage ; récit et/ou roman ? L’écriture y est sèche. Elle a manqué une bonne dose de rondeur pour en faire un roman. Les courts chapitres laissent un peu sur sa faim un amateur de récit. Quelques sauts d’époques m’ont parus assez incongrus.
Ce genre d’ouvrage laisse peu de place à la fibre sensible, aux émotions. C’est un peu dommage quand c’est justement cela que l’on recherche, et que rien ne permet de le deviner à l’avance… S’il est intellectuellement utile, il ne stimule pas l’imaginaire.
A l’heure, où je suis sensée évaluer un livre pour le Prix du roman, je m’interroge sur la pertinence de la sélection d’un tel ouvrage, qui n’a peut-être pas (je dis bien peut-être) sa place parmi les romans.

Peste & Choléra, Patrick Deville.
Seuil,23/08/2012
221  pages 


 
4ème de couverture :
« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger. »

Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise. Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

jeudi 1 septembre 2011

Kampuchéa


C’est le récit d’un voyage le long du fleuve Mékong, effectué entre le procès des leaders khmers rouges à Phnom Penh (2009) et la révolte des chemises rouges en Thaïlande (début 2010). Tout part, d’une certaine façon, de la découverte, par hasard, des temples d’Angkor par Henri Mouhot en train de poursuivre un papillon. Car la France est très présente. Elle est la puissance coloniale dont de nombreuses traces demeurent. Et Paris est le lieu où quelques jeunes Cambodgiens, vers le milieu du XXe siècle, viennent poursuivre de brillantes études : ils seront les « frères », numérotés par ordre d’importance, qui se retrouveront plus tard à la tête de l’inconcevable mouvement révolutionnaire des khmers rouges arrivés au pouvoir le 17 avril 1975 et qui organiseront une méthodique extermination de tous ceux qui résistent à leur système. L’auteur explore la mémoire de cette tragédie récente, dans le paysage souvent enchanteur du Mékong. La littérature n’est jamais loin, pour le meilleur (Pierre Loti, Malraux, Kessel ou encore Conrad) mais aussi pour le pire (Douch, l’un des hauts dignitaires après Pol Pot, à l’ouverture de son procès, déclame du Vigny).
Ce fut pour moi une lecture assez déroutante car premièrement il ne s’agit pas d’un roman avec des personnages, un scénario et un cheminement sur un temps donné.
En effet, l’auteur nous propose un récit de voyage dont il a posé un cadre temporel compris entre l’ouverture du procès des Khmères, et la révolte des chemises rouges en Thaïlande. Ce récit est en fait une série d’impressions posées ici où là sur l’histoire  et le présent non pas d’un pays, le Kampuchéa démocratique (ancien Cambodge) mais de sa région au sens large. Le fait de mélanger les choses, m’a un peu "dérangée" parce que j’aime savoir où je suis,  avec qui je suis, et à quel moment je suis.
Deuxièmement, et c’est peut-être là le plus important, j’ai trouvé cette lecture déroutante, car au fond elle est vite devenue ennuyeuse car très sèche. Autrement dit, pour moi cela manquait d’images, de documentations. L’écriture, bien que de bonne qualité, ne m’a pas donné la possibilité de m’évader, et, encore moins de visualiser, mentalement ce que l’auteur a écrit.
J’ai donc vite assez vite "décroché".
Les références historiques, et littéraires sont assez fournies, cependant tout cela manquait cruellement de vie.
Ce récit peut également dérouter celui ou celle qui n’a pas un minimum de connaissance de la région et de son histoire. Le hasard a voulu que durant cette période je lise d’autres ouvrages sur le Cambodge ; je savais donc ce qu’il en était. Mais pour les autres lecteurs…..
Au fond, une fois la lecture terminée, je me demande pourquoi ce livre, dans quel but, quel message et legs pour le lecteur ? Si ce n’est de l’ennui, et l’envie puissante de passer à autre chose, et vite.

Patrick Deville- Seuil (01/09/2011)-255 pages
Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire, et la revue du même nom. Son œuvre a été traduite en dix langues.

Je remercie Libfly et le furet du nord qui m’ont offert la possibilité de lire avant tout le monde cet ouvrage de la prochaine rentrée littéraire. 


5 /7 dans le cadre du 1% littéraire organisé par Herisson