lundi 20 septembre 2010

Ne t'inquiète pas pour moi



Par le biais de Post-it sur le frigo, ce livre est constitué de la correspondance vivante, enjouée, parfois coléreuse entre une mère et sa fille adolescente. Des petits tracas du quotidien aux doutes et souffrances de l’adolescente, c’est un instantané de la vie. Jusqu’au jour où la mère découvre qu’elle est gravement malade…
J‘ai pris ce livre, pensant y trouver une lecture "légère" pour une soirée de fin de semaine. Et Bien que vite lue, elle ne fut pas si légère que cela ; bien au contraire, c’est de l’émotion condensée, à ne pas lire n’importe quand, dans n’importe quelle situation. Il faut être en paix, avoir le moral bien solide, pour en apprécier toutes les finesses et rester objectif.
Il s’agit d’une correspondance un peu particulière, puisque dans cet ouvrage, mère et fille communiquent entre elles par ces petits papiers que l’on colle un peu partout dans la maison en guise de pense bête.
Ces petits écrits sont généralement très courts ; rares sont ceux de la valeur d’une page Ils sont le plus souvent composés de quelques mots voire quelques lignes.
Claire est lycéenne, sa maman est médecin et travaille beaucoup ; elles se voient peu.
Le lecteur entre tout doucement dans une correspondance, faite de banalités, listes de courses, recommandations maternelles...Petit à petit les échanges sont font plus graves et plus sérieux. C’est que la situation l’est devenue ; mais je n’en dirais pas plus.
Au fur et à mesure de l’avancée de ma lecture, j’avais la nette impression que non seulement mère et fille ne se croisent jamais, mais surtout qu’elles n’arrivent pas à se parler normalement.
"Je suis rentrée, j’ai lu ton mot, je suis allée à la porte de derrière, je t’ai regardée dans le jardin, et je n’ai pas pu te parler, Claire. (…)Mais je ne trouve pas la force de te répéter en face ce que m’a dit le médecin. Je suis désolée."
Nous sommes devant une adolescente vraisemblablement confrontée pour la première fois à la Maladie, et de très près de surcroit. Elle semble parfois, au début tout du moins, comme pas tout à fait consciente, au regard de ses actes et ses propos. Mais qui le serait dans pareille situation ? Bien que pouvant être maladroite, Claire, crie son amour à cette mère qui s’en va. Elle n’a pu trouver autre chose que ces post-it collés sur le frigo. C’est déjà beaucoup.
"Je n’ai pas besoin de grandes vacances. Je veux juste que tu ailles mieux. Je t’embrasse fort, Claire."
La mère en fait de même.
Toutes ces choses qu’on ne peut se dire de vive voix, les yeux dans les yeux, que l’on s’écrit. La peur de soi ? La peur de l’autre ? La pudeur ? A chacun sa manière de communiquer, de montrer son amour, d’exprimer ses regrets, et de laisser une lueur d’espoir aussi…..
"Je reste optimiste tout en me préparant au pire, maman. Ça te semble bien, comme compromis ? "
Alice Kuipers -Albin Michel jeunesse-242 pages



Lu dans le cadre du challenge épistolaire

lundi 13 septembre 2010

Je voudrais tant que tu te souviennes



Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent.
Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant. Le père de Julide est né dans un pays étranger, et sa mère est issue d'une campagne française. Dans un lieu comme dans l'autre, les mariages sont le fruit de la raison et non des sentiments : ainsi l'adolescente est-elle fiancée dès l'âge de seize ans à un cousin, sort auquel elle se plie.
Mais Mado la voit se résigner avec tristesse et impuissance, avec le sentiment que s'éteint la flamme qui habitait la jeune fille. Un jour, Albanala retourne dans son pays natal sans un mot d'explication, mais avant cela elle fait jurer à sa nièce de veiller sur Mado. Arrive en ville un homme que l'on surnomme l'Indien. Dès l'instant où Mado l'aperçoit, elle en tombe éperdument amoureuse. Mais pourquoi le fuit-elle lorsqu'il cherche à l'approcher ? Et pourquoi Julide s'efforce-t-elle d'empêcher à tout prix une rencontre ? Tous les thèmes chers à Dominique Mainard sont présents dans ce roman, l'exil, le monde imaginaire, les secrets et les mensonges, et enfin, les rencontres improbables qui seules nous permettent d'échapper à nous-même
Il est difficile, extrêmement difficile, de passer derrières tant d’éloges à propos d’un livre. Mais quand le livre nous laisse de bois, voir nous ennuie, cela devient gênant de laisser un avis dissonant.
Je suis rentrée à pas feutrés dans cette lecture, presque à reculons, tant elle semble fragile Mado. Je trouvais le début plaisant, poétique, finement écrit.
Et pourtant, au fil des pages l’ennui s’installe, et je m’éparpille, me disperse.
Je ne sais rien des personnages, des lieux, du temps, rien de rien.
Mon esprit cartésien est ainsi fait, il faut, à un moment où à un autre qu’il s’y retrouve, tel un GPS, qu’il puisse situer parfaitement les choses. Il n’aime pas l’imprécis, ni le flou, le manque d’histoire; L’imaginaire doit assez vite redescendre sur terre pour que je puisse en apprécier les finesses.
Arrivée à mi-parcours de cette lecture, j’ai du me mettre en mode lecture accélérée……Mais rien n’y fait, je n’accroche pas ; ou plutôt je décroche ; brutalement même, comme souvent.
Dominique Mainard-Editions Joelle Losfeld-248

mercredi 8 septembre 2010

Marie Leszczynska


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Le 5 septembre 1725, Louis XV épouse Marie Leszczynska. Pour cette princesse inconnue, fille du roi de Pologne en exil, Stanislas Ier, ce mariage inattendu est un cadeau du destin. La gentillesse de la charmante Polonaise et l'amour du jeune roi balaient les préjugés. Mais le conte de fées ne dure qu'une dizaine d'années, le temps de donner naissance à huit filles et à deux garçons, dont l'un meurt en bas âge. Puis le " Bien-Aimé " se met à collectionner les favorites. La reine, tout en se tenant à l'écart de la politique, continue d'assumer ses tâches avec dignité et dévoile son vrai visage qu'Anne Muratori-Philip révèle ici dans tout son éclat.

« A Stanislas Leszczynski, le bienfaisant, la Lorraine reconnaissante »


Telle est l’inscription au bas de la statue au centre la place éponyme à Nancy. Quel rapport, me direz vous, avec la femme dont il est question dans ce livre ? Ils sont père et fille. Si les Lorrains sont français, c’est à Stanislas qu’ils le doivent ; Les Duchés de Lorraine et de Bar, ont été apportés en dot (tardivement) au Royaume de France par Marie Leszczynska.

Madame Muratori-Philip retrace dans ce livre le destin à peine croyable d’une jeune adolescente, fille d’un roi sans couronne, balloté par les vicissitudes de l’histoire en la Pologne, et la Lorraine où il finira sa vie sous les flammes de sa cheminée.

Voici ce qu’écrivait Stanislas à sa fille à la veille de ses noces avec Louis XV, en 1725 : "Répondez aux espérances du roi par toutes les attentions possibles ; vous ne devez plus pensez que d’après lui et comme lui, ne plus ressentir de joies ou de chagrins que ceux qui l’affectent, ne connaître d’ambitions que de lui plaire, d’autres plaisirs que de lui obéir, d’autres intérêts que de mériter sa tendresse ; vous ne devez ne plus avoir à vous ni humeur, ni penchant ; votre âme doit se perdre dans la sienne."

Autres paroles d’un père à sa fille : "Si le propre des reines est d’être trompées, elles détiennent en revanche le pouvoir extraordinaire de donner chair à la dignité de la couronne."


Si j’ai choisi de mettre en valeur ces deux extraits, c’est parce qu’ils reflètent parfaitement ce qu’a été la vie privée et de souveraine de l’épouse du roi de France. Ces qualités ont été bien mises en valeur par l’auteur, notamment son incroyable dignité vis à vie de la Pompadour, son rôle de souveraine qu’elle a assumé en dépit des nombreux deuils de mère.

Une reine qui n’était pas capricieuse, bonne mère et aimante, malgré ses apparences froides et timides. Ce fut une reine humaine, qui n’hésitait pas à s’endetter pour aider les nécessiteux, une musicienne ayant connu Farinelli, Couperin, et Mozart alors âgé de 7 ans.

Une femme bonne vivante, ayant hérité de son père la gourmandise. Nous devons à Stanislas la madeleine, et les babas ; Marie Leszczynska apportera la bouchée à la reine.

Si après 43 ans de règne, elle est inhumé comme le veut la tradition en la Basique St Denis, son cœur rejoindra Nancy auprès de ses parents, fidèle à la Pologne de ses origines et à la Lorraine sa terre d’adoption

J’ai apprécié cette lecture, malgré quelques longueurs inhérentes à toute biographie qui se veut complète. J’y ai retrouvé des éléments historiques fort intéressants, et de nombreuses références qui font le quotidien des Nancéens.

Anne Muratori-Philip -Pygmalion -389 pages

dimanche 5 septembre 2010

En attendant Noël........



Un nouveau challenge:

En attendant Noël, et les livres reçus en cadeau, vidons nos piles à lire.
Depuis le 1er septembre , la mienne a grossi de 8 livres...........et donc est à 50 livres

Le 25 décembre, je me fixe une pile à lire à 30 livres..........

samedi 4 septembre 2010

Ma vie avec Mozart



«Un jour, il m’a envoyé une musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, lors d'un concert, dans un aéroport, au coin d'une rue, toujours surprenant, toujours fulgurant. Il est devenu mon maître de sagesse, m'enseignant des choses si rares, l'émerveillement, la douceur, la sérénité, la joie.»

Voilà un livre sans prétention, qui se lit en un rien de temps, et qui s écoute.
A la manière d’une correspondance fictive Eric-Emmanuel Schmitt d’adresse à Mozart, lui adressant une sorte de panégyrique, qui bien que débordant parfois, et cela peut lasser le lecteur, démontre que rien n’est écrit d’avance, et qu’une rencontre peut tout changer.
Alors adolescent, malhabile dans ses vêtements d’enfant qu’il quitte et pas encore habitué au costume de l’adulte qu’il a déjà endossé, l’auteur confie avoir été un jour touché par la grâce de la musique de Mozart, et en particulier par la voix et les tourments de la comtesse, et d’avoir été guéri de tout.
Un homme fend l’armure, nous confie ses peines, expose ses failles. C’est touchant de sincérité et de sensibilité, sans dramatisation, ni pathos dégoulinant.
La musique peut-elle guérir ? Vaste débat dans lequel je ne me risque pas. Assurément elle apaise, console, émerveille, éveille, sensibilise. Eric-Emmanuel Schmitt, à partir de cet exemple concret, pose une définition de l’Art quel qu’il soit, d’où qu’il vienne qui est celle d’élever l’Humain.
Un passage du livre m’a particulièrement amusée et émue : celui des chats Mozartiens…..J’ai eu deux chats, tous deux de fins mélomanes. Le premier avait les moustaches qui vibraient au son du violon, le second était plus éclectique. Tous deux savaient manifester leur satisfaction, ou leur rejet d’une musique……..
Avec le livre, était proposé un disque d’extraits choisis d’œuvres de Mozart. Libre à chacun de l’écouter, ou pas. Pour ma part, préférant une œuvre entière à un extrait, et préférant la musique instrumentale quand je lis, j’ai établi ma propre programmation :
Concertos pour piano n° 9, 20 ,23
Grande Messe en Ut mineur
Concertos pour flute n°1, et pour clarinette
"Lorsque la soprano s’arrêta, il y eu un silence presque aussi émouvant que le chant, un silence qui, certainement, était encore de Mozart……" p19
Qui n’a jamais entendu et savouré jusqu’à la dernière note dans le calme d’une église, la Grande Messe en ut, ne mesure pas tout à fait la portée de cette phrase ; et pourtant, c’est véridique.
Eric-Emmanuel Schmitt-Albin Michel-165 pages et 1 CD

vendredi 3 septembre 2010

Inconnu à cette adresse



1er août 1933. «Tu es un libéral, Martin. Tu vois les choses à long terme. Je sais que tu ne peux pas te laisser entraîner dans cette folie par un mouvement populaire qui, aussi fort soit-il, est foncièrement meurtrier.»
18 août 1933. «Tu dis que nous persécutons les libéraux, Max, que nous brûlons les livres. Tu devrais te réveiller : est-ce que le chirurgien qui enlève un cancer fait preuve de ce sentimentalisme niais ? Il taille dans le vif, sans états d'âme. Oui, nous sommes cruels. La naissance est un acte brutal ; notre re-naissance l'est aussi.»

1932. Martin Schulse, un Allemand, et Max Eisenstein, un Juif américain, sont marchands de tableaux en Californie. Ils sont aussi unis par des liens plus qu'affectueux - fraternels.
Le premier décide de rentrer en Allemagne. C'est leur correspondance fictive entre 1932 et 1934 qui constitue ce livre, écrit par une Américaine en 1938, et salué à l'époque, aux Etats-Unis, comme un chef-d’œuvre. Incisif, court et au dénouement saisissant, ce livre capte l'Histoire avec justesse. C'est un instantané, une photographie prise sur le vif qui décrit sans complaisance, ni didactisme forcené, une tragédie intime et collective, celle de l'Allemagne nazie.

Une correspondance lue d’une traite un soir, et qui me poursuit encore le lendemain.
C’est court mais puissant.
Comment l’idéologie, l’aveuglement, le fanatisme peuvent détruire tout détruire sur leur passage.
L’amitié anéantie en quelques mots.
Ce livre ne se résume pas, ne se commente pas : il se vit.

Kressmann Taylor- éditions Autrement/Le livre de poche-90 pages
Lu dans le cadre du challenge de la littérature épistolaire.



jeudi 2 septembre 2010

Lettre au père




" Très cher père, Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre... "

Réel et fiction ne font qu'un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris.

Réquisitoire jamais remis à son destinataire, tentative obstinée pour comprendre, la Lettre au père est au centre de l'œuvre de Kafka.
J’ai lu cet essai dans le cadre d’un challenge de la littérature épistolaire. Ce choix, n’a rien d’innocent : le père, selon la définition, est l’initiateur, le fondateur de, le créateur de tout individu ,d’un auteur comme de son lecteur………..Et la relation tissée entre un père et son enfant, est loin d’être uniforme, est rarement un long fleuve tranquille, et de ce fait , même si elle ne conditionne pas tout, pose largement les fondations de tout individu.
Cette lettre, n’est jamais parvenue à son destinataire. Est-ce volontaire ?
Kafka, dans un texte court, mais d’une rare densité, se livre à une charge assez véhémente contre son père, dont il a reçu une éducation autoritaire, et dépourvue de tendresse. Il y remet en cause ses principes éducatifs, lui reproche son attitude dure à son égard. Il s’est senti mal préparé à sa vie d’homme, rendu inapte à la vie conjugale.
Malgré cette charge, il y a malgré tout, entre les lignes l’affection d’un fils, qui au fond a suivi un chemin parallèle à celui de son père, mis sans vraiment le rencontrer. Il y a beaucoup d’ambivalences dans les sentiments de Kafka à l’égard de ce père : la peur, l’admiration, le ressentiment, le sentiment d’infériorité. Tout cela se mélange dans la pensée de Kafka.
Le style épistolaire, qui se conçois comme spontané, accentue le côté répétitif de certaines réflexions, et donne un côté brouillon, et confus à cette lettre. Le style est à mon goût un peu trop alambiqué et tortueux. C’est ce qui en fait pour moi une lecture moyennement appréciée, mais non dénuée d’intérêt.
J’ai peut-être fait une erreur d’appréhender l’œuvre de Kafka avec cette lettre, mais voilà qui est fait.

Franz Kafka-Gallimard/Folio-99 pages

mercredi 1 septembre 2010

Les vestiges du jour



" Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C'est, je l'ai dit, une question de "dignité"."
Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l'influent Lord Darlington puis d'un riche Américain. Les temps ont changé et il n'est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu'à ce qu'il parte en voyage vers Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qu'il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés... (tirée des éditions Gallimard)



Voilà un livre qui aurait pu m’échapper si je ne l’avais pas laissé un peu en friche, et surtout si je n’en avais pas regardé l’adaptation cinématographique, qui a sa sortie m’avais laissée plus que perplexe.
C’est l’écriture qui au début faisait repoussoir. Belle, magnifiquement bien construite, dans un style hautement aristocratique, mais terriblement rigide, à l’image de l’aristocratie de l’époque. Pour être crédible ce roman ne pouvait être écrit autrement.
Darlington Hall, dans les années 30, En attendant que le nouveau propriétaire des lieux n’arrive, Stevens, se voit proposer (et ce pour la première fois de sa carrière) quelques jours de" vacances " et la Ford de la propriété. Il décide d’aller rendre visite à Miss Kenton, qui fut gouvernante de ces lieux il y a quelques années. Le voyage dure 6 jours ; le livre comporte 6 chapitres.
Les souvenirs remontent en mémoire. C’étaient les années 20, Stevens, était alors majordome ; charge dont on héritait de père en fils, tant qu’on assurait son travail avec dignité.
Dignité, ou la raison de vivre de Stevens.
"Or, si la plupart des majordomes, je suis prêt à le concéder, risquent de découvrir en dernière instance que la capacité d’y parvenir leur manque, je crois profondément que cette dignité est un objectif que l’on peut viser avec profit tout au long d’une carrière." P 43
Cet homme est accaparé par son métier, et de ce fait incapable d’exprimer la moindre émotion. Cela se vérifiera à de nombreuses reprises, et dans les circonstances les plus tragiques comme la mort de son père.
"Miss Kenton, je vous en prie, ne me croyez pas grossier de ne pas monter voir mon père dans son « état de décès à ce moment précis. Vous comprenez, je sais que mon père aurait souhaité que je continue mon travail maintenant. " p 124
C’est stupéfiant, et impensable de nos jours.
Il est totalement assujetti à son employeur, qu’il appelle d’ailleurs "Sa Seigneurie ".
En ces temps là, Darlington Hall, est le cadre de réunions politiques internationales secrètes. Il se trame des tractations entre Allemands, Anglais, Français. Pour ne pas déplaire, on congédie deux femmes de chambres sous prétexte qu’elles sont juives. Stevens reste hermétique à tout cela. Je ne pense as que cela de la lâcheté, mais plutôt l’obsession d’accomplir sa tâche avec dignité. Il reste imperturbable, imperméable à tout ce qui sort du cadre de son travail.
Lors de l’évocation de son souvenir, l’auteur a su, tout au long de ce livre, et de manière constante, traduire par ses mots, et le style, l’atmosphère lourde, empesée, rigide, totalement dénuée de fantaisie qui régnait dans cette demeure.
L’humour n’en est pas moins présent. J’ai bien souri, en lisant, en début de livre les échanges savoureux entre Stevens et Miss Kenton, alors jeune gouvernante qui se fait reprendre de manière policée et désuète à propos de petits riens, ou lorsque Stevens manie la langue de bois avec les invités du château.
Comment ne pas s’attacher à Stevens, ne pas le plaindre, quelque part ; lui qui ne s’est jamais aperçu de "l’intérêt" pour lui qu’avait Miss Kenton, et qui fidèle à lui-même déclare des années plus tard alors qu’elle lui ait avoué à demi mot, il est vrai, ses sentiments :
"Je ne crois pas avoir répondu immédiatement, car il me fallu une minute ou deux pour digérer pleinement les paroles de Miss Kenton. De plus comme vous pouvez vous en douter, leur portée était de nature à susciter en moi une certaine douleur. En vérité –pourquoi ne pas le reconnaître ?-à cet instant précis, j’ai eu le cœur brisé." P 260

Kasuo Ishiguro-Presses de la renaissance-268 pages

dimanche 29 août 2010

Le désert des tartares




Heureux d'échapper à la monotonie de son Académie militaire, le lieutenant Drogo apprend avec joie son affectation au fort Bastiani, une citadelle sombre et silencieuse, gardienne inutile d'une frontière morte. Au-delà de ses murailles, s'étend un désert de pierres et de terres desséchées, le désert des Tartares.
A quoi sert donc cette garnison immobile aux aguets d'un ennemi qui ne se montre jamais ? Les Tartares attaqueront-ils un jour ?
Drogo s'installe alors dans une attente indéfinie, triste et oppressante. Mais rien ne se passe, l'espérance faiblit, l'horizon reste vide.
Au fil des jours, qui tous se ressemblent, Drogo entrevoit peu à peu la terrible vérité de fort Bastiani.
" Ainsi se déroulait à son insu la fuite du temps" p75
" L’existence de Drogo, au contraire s’était comme arrêtée. La même journée, avec ses évènements identiques, s’était répétée des centaines de fois sans faire un pas en avant. Le fleuve du temps passait sur le fort, lézardait les murs, charriait de la poussière et des fragments de pierres, li !ait les marches et les chaines, mais sur Drogo il passait en vain, ; il n’avait pas encore réussi à l’entrainer dans sa fuite." P 80
"Quatre années s’étaient écoulées depuis lors, une respectable fraction de vie, et rien, absolument rien n’était arrivé qui pût justifier tant d’espoirs." p144
Ainsi le temps, qui passe, qui court, qui fuit, est le maître mot de ce roman. Et pourtant cela n’a rien d’évident au début.
Hormis le fait que l’action se situe au somment d’une montagne, dans un fort, le lecteur ne sait rien de plus quand au lieu, et au temps. Dès le début, il règne une intemporalité que j’ai trouvée assez particulière. Seules les saisons rythment le récit.
L’attente est l’occupation principale, unique même de Drogo et ses camarades militaires. Ils sont à l’affut d’un ennemi hypothétique, qui tarde à venir. Viendra, viendra pas ?
Et si l’ennemi n’était finalement pas ailleurs, plus intime aussi ?
L’absurdité est poussée à l’extrême ; passer une vie à attendre. Mais quoi ? Tout est là.
L’espoir dans son expression la plus noire.
"Effectivement s’avançait contre Giovanni Drogo l’ultime ennemi .Non point des hommes semblables à lui, (…), mais un être tout puissant et méchant." P 229
L’écriture de Dino Buzzati, est belle, et son style est soigné. La lenteur du démarrage m’a un peu décontenancée. J’avais peine à avancer, mais paradoxalement, je me sentais intriguée au fur et à mesure.

Dino Buzzati-Robert Laffont-231 pages


mardi 24 août 2010

Colline



Un hameau provençal cerné de blé, de lavande, de genièvre. Le père Janet contemple cette nature depuis des années, il en connaît les sortilèges, et les secrets qui bruissent sur la colline. En montrant jadis où il fallait creuser pour capter l’eau, il a donné une fontaine, la vie, au village. Mais aujourd’hui Janet est vieux, couché près de l’âtre , il attend la mort en délirant. Ses paroles mystérieuses, menaçantes, inquiètent ses proches : c’est peut-être le signe qu’un danger plane sur le village. La fontaine tarit, une fillette tombe gravement malade, un incendie détruit les terres…..Et si le vieux sorcier, se sentant finir, avait décidé de précipiter le village avec lui dans la mort ?

Cruel est le dilemme : faire ou ne pas faire de critique. Quand un livre plait, ou au contraire ne passe pas, la question ne se pose pas ; il y a à dire quelle que soit l’option. Mais quand un livre laisse indifférente, quand une fois le livre fermé, les yeux sont grands ouverts en voulant dire "oui, et alors que vais-je faire de tout cela maintenant que j’ai terminé ?"
C’est à peu près l’état d’esprit qui était le mien, au beau milieu de mes vacances, alors que j’étais détendue, heureuse, libérée de pensées parasites qui m’encombre l’année durant, et que j’ai refermé ce livre.
L’écriture de Giono est belle, les mots sont bien choisis. Il y a un fond d’histoire, qui appelait plutôt à humer une ambiance, à ressentir un terroir.
Je pensais y sentir la garrigue, le romarin. Je comptais entendre chanter les cigales. Je me réjouissais comme avec Pagnol de cet accent provençal qui sent les vacances et le soleil…..
J’ai eu beau ouvrir en grand mes narines, pas d’odeur flatteuse.
J’ai eu beau ouvrir mes oreilles, et là c’est sur, je sais faire, pas de cigales pour bercer les fins de soirées
J’ai eu beau d’essayer, pas d’accent Provençal à la Pagnol.
Rien, un livre que l’on ferme comme on éteint une lampe derrière soi pour aller ailleurs…….
Giono, que je ne connaissais pas, ne m’a pas touchée. Je n’ai pas aimé, je n’ai pas détesté ; j’ai simplement été impassible devant tout cela.

Lu dans le cadre de la lecture commune d'août avec Grain de sel
Jean Giono- Grasset-189 pages

vendredi 13 août 2010

Blog en vacances............


Les vacances sont enfin arrivées; mon blog aussi a droit à un repos bien mérité.

A plus tard avec , je l'espère ,des lectures de vacances à faire partager


jeudi 12 août 2010

La femme blessée


Elle incarne la vieille France, lui l'ambition politique.
Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal taisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glace va très banalement tourner au vinaigre. Elevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? le temps d'une crise, toute l'histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

Peut-on échapper aux règles non écrites inhérentes à son milieu social ? La femme est-elle vraiment plus libre de sa destinée de nos jours ? Telles sont les deux questions que je me pose une fois avoir terminé ce livre.
Caroline Pascal fait rentrer le lecteur au cœur d’un monde où tout n’est que façade, silences, manigances, mensonges, petits arrangements entre « amis », ragots.
Victoire Mornas, née de Clervy, a obéi à tous les codes que son milieu impose. Elle facilitera l’ascension sociale de son mari, Henry, et l’envol de sa carrière politique. Parce que dans ce milieu, il en est ainsi ; les petites filles sont éduquées à cela dès leur plus tendre enfance. Quoi qu’il arrive, il faut se taire, et fermer les yeux, serrer les dents, souffrir en silence, mais sourire au monde.
Victoire, est délaissée, bafouée, trompée. C’est un détail insignifiant qui lui ouvrira les yeux. Elle n’en peut plus, n’accepte plus cette vie là.
Henry c’est le sale type par excellence. Il n’est pas de bien loin, un peu infirme- canard boiteux comme l’appellent ses beaux parents, mais a une ambition dévorante. Tous les moyens sont bons. Il est profiteur, cynique, avide de reconnaissance, infidèle pour finir.
Caroline Pascal analyse intelligemment et sans complaisance une société qui n’accepte pas ceux qui ne sont des leurs et qui font comme si.
« Dans un couple tout n’est pas bon à dire, Les hommes ont leurs affaires qui ne nous concernent pas et il vaut mieux ne pas les connaître. On ne comprendrait pas, on s’affolerait peut-être, on ferait même des bêtises qu’ils nous reprocheraient sans doute. Et avec raison » p 82 (c’est la mère de Victoire qui parle à sa fille)
J’ai trouvé que l’auteur faisant un minutieux décorticage des codes de l’aristocratie, et cela pouvait donner par moment à des dialogues savoureux .Je retiens en particulier quand Victoire vouvoie sa mère, où lorsque les même se lâchent en privé, avec des propos loin des mots convenus qu’elles peuvent avoir en société….
Les temps changent, mais rien ne change. Combien de Victoire sont encore réduites à accepter l’inacceptable au nom de la raison d’état, ou de la raison tout court ?
Si à la fermeture de ce livre la fin m’a surprise, avec le recul, pouvait-il vraiment en être autrement ?
Un livre qui fait réfléchir sur la condition féminine.
Tout cela me remet en mémoire un vieil adage, mais toujours d’actualité : mieux vaut vivre seule, que mal accompagnée.

Caroline Pascal-Plon-256 pages

A propos de l'auteur


Normalienne, agrégée, docteur es lettres, Caroline Pascal est universitaire. Elle a traduit en français les deux grands écrivains espagnols de la fin du XIXe siècle: Emilia Pardo Bazán et Benito Pérez Galdos. Elle est l'auteur de deux romans salués par la critique, Fixés sous verre (Plon, 2003) et Derrière le paravent (Plon, 2005).

lundi 9 août 2010

Un jour en mai

Ça se passe un jour en mai. En 1972. Alex Pappas, 16 ans, décide de suivre ses acolytes pour une virée dans le quartier noir, histoire de semer un peu la pagaille. Forcément, l'affaire tourne mal. Trente-cinq ans plus tard, le souvenir de l'" incident " est toujours vivace. Certains cherchent à se racheter, d'autres veulent à nouveau en découdre. Tous ont encore la rage au ventre

Autant le dire de suite, cette lecture, souhaitée et choisie, fut laborieuse et dénuée de plaisir. Je m’attendais à trouver un polar, comme indiqué sur le livre (ayant été primé par les lecteurs comme le meilleur polar de l’année 2010)………. Ce livre n’est pas un polar, tout au plus un thriller très édulcoré (et encore), mais avant tout une chronique socio-urbaine.Il est inutile de chercher le moindre suspens, il n’y en a pas.
La narration manque de piquant, d’entrain, et de dynamisme. Autrement dit, je me suis assez vite ennuyée dans cette lecture. Celle ci n’est pas ans rappeler de grandes similitudes avec ce que j’ai pu lire de Richard Price……….. George Pelecanos aura le mérite d’avoir limité le nombre de pages afin de ne pas effrayer le lecteur.
Les personnages sont à mes yeux trop caricaturaux, et sans grandes nuances. Il vient s’y greffer l’Afghanistan et son conflit, les relations urbaines difficiles, l’immigration, la violence……….avec parfois le sentiment de ne pas trop savoir pourquoi tout cela en même temps.
Je ne n’ai pas aimé ce livre, non pas pour son absence de qualité, son style, ou autres, mais tout simplement parce que ce genre ne me convient pas. J’ai besoin d’action, de suspens, de retournements de situation, de personnages qui sortent de l’ordinaire et remarquables dans le bon comme dans le mauvais (mais pas des Monsieur et Madame Tout le monde avec lesquels je m’ennuie assez vite). J’ai besoin d’être captée par un petit fil invisible qui m’entraine inexorablement- sans avoir besoin de me poser mille et une question- et goulument à la dernière page d’un livre.


Je tiens à remercier les éditions Points et Partage-Lecture, qui m’ont permis la lecture de ce livre en partenariat.

George Pelecanos-Points-376 pages
Summer PAL-challenge: 42 livres........pour l'instant, le compte y est....

vendredi 6 août 2010

Corps et âme



A New York, dans les années quarante, un enfant regarde, à travers les barreaux du soupirail où il est enfermé, les chaussures des passants qui marchent sur le trottoir. Pauvre, sans autre protection que celle d'une mère excentrique, Claude Rawlings semble destiné à demeurer spectateur d'un monde inaccessible. Mais dans la chambre du fond, enseveli sous une montagne de vieux papiers, se trouve un petit piano désaccordé. En déchiffrant les secrets de son clavier, Claude va se découvrir lui-même : il est musicien. Ce livre est l'histoire d'un homme dont la vie est transfigurée par un don. Son voyage, à l'extrémité d'une route jalonnée de mille rencontres, amitiés, amours romantiques, le conduira dans les salons des riches et des puissants, jusqu'à Carnegie Hall... La musique, évidemment, est au centre du livre - musique classique, grave et morale, mais aussi le jazz, dont le rythme très contemporain fait entendre sa pulsation irrésistible d'un bout à l'autre du roman. Autour d'elle, en une vaste fresque foisonnante, Frank Conroy brosse le tableau fascinant, drôle, pittoresque et parfois cruel d'un New York en pleine mutation.

A la fermeture de ce livre, je me retrouve identique à la dernière note d’un concert fabuleux : hébétée, les bas en l’air, incapable d’applaudir tellement ce fut beau et bon. Quelqu’un disait qu’après Mozart, le silence qui suivait était encore du Mozart……….l’après de ce livre est encore le livre.
L’écriture se déroule tel un legato, sans rupture ni temps mort ; l’intensité est modulée au gré des mots et des chapitres.
Les pages s’enchainent, tel un mouvement perpétuel dans lequel le lecteur rentre, sans y éprouver la moindre lassitude, aucun mot de trop, aucune longueur. Tout y est intense, concentré, fort.
Je me souviens particulièrement du passage lorsque Claude déchiffre le concerto pour 2 pianos de Mozart…………..j’en entendais presque les notes………frustrée tout de même de pas avoir l’enregistrement à portée de main pour m’accompagner.
La musique est omniprésente, tel un personnage à part entière. Elle fait corps avec Claude Rawling.
« Aussi singulier ou mystérieux que fût l’environnement (…), où qu’il se trouvât, dès qu’il s’asseyait au piano, le monde qui l’entourait n’avait simplement plus d’importance. Sa relation physique avec le piano était immuable. Tout le reste était là. Ses repères étaient là » p 210
Les références musicales sont nombreuses, sans élitisme. Même non averti dans le domaine, le lecteur ‘y retrouvera.
Quel bonheur de se promener avec Mozart, Chopin, Bach, mais aussi les plus grands jazzmen de l’après guerre……
En dehors de la musique, l’auteur a su donner de la consistance à son autre personnage clé du roman Claude Rawling. Nous faisons la connaissance d’un jeune garçon, pauvre, un peu livré à lui-même, qui vit avec une mère fantasque dans le New York bouillonnant des années 40.Son destin était tout tracé………….sauf qu’à New York, dans ces années là, pour peu que l’on soit un peu ambitieux, et travailleur, tout était possible. Si l’on rajoute à cela un petit coup de pouce du destin, la confiance d’un voisin dans lequel Claude va trouver le père manquant, l’avenir s’ouvre en grand devant lui. Un prodige, très vite conscient de ce qu’il est, va prendre le lecteur et l’accompagner dans son ascension musicale, et sociale ; dans sa vie d’homme, avec ses joies et ses meurtrissures, ses secrets.


Assurément ce livre est un immense coup de cœur.




Frank Conroy/Folio/680 pages

3ème livre du challenge Partage -lecture
Summer PAL-Challenge: il reste 43 livres.................

jeudi 5 août 2010

Challenge épistolaire


C'est un genre que je connais peu.

http://decouverteslivresques.blogspot.com/et http://ptite-boukinette.blogspot.com/ organisent un nouveau Challenge:le challenge épistolaire.

D' ici juillet 2011, je lirai entre 3 et 4 ouvrages du genre .Parmi une liste bien fournie, j'en ai dégagé les titres parmi lesquels je puiserai mes lectures.




- Lettres d'Indochine,Lucien de Reinach

- Lettre au père, F. Kafka
-Un homme à distance, K. Pancol
-Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor
-Oscar et la dame rose, E-E Schmitt
-84,Charing cross road, Helene Hanff
-Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer
-La septième vague, Daniel Glattauer
- La Couleur pourpre, A. Walker
- De profundis, Oscar Wilde
-Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates,M.A Shaffer& A.Barrows

lundi 2 août 2010

Ville noire, ville blanche




Une jeune femme blanche, en état de choc, se réfugie aux urgences d'un hôpital. L'inspecteur qui l'interroge relève très vite dans son récit et son comportement des contradictions... Roman choc entre deux communautés – la noire et la blanche, dans une banlieue new-yorkaise –, ce livre n'est qu'en apparence un thriller et révèle une ampleur sociale et psychologique d'une intensité impressionnante.

« On tient un grand livre qu'on ne lâchera plus. Style sec, nerveux, troublant. Personnages attachants, subtils, torturés. »
"L'Express"

« Entre le noir et le blanc, l'écriture puissante de Richard Price saisit toutes les nuances de la peur. » Elle


Une femme blanche, à priori sans histoire arrive blessée aux urgences, alors qu’on lui a volé sa voiture dans la quelle dormait son fils. Lorenzo, dit Big Daddy, flic noir se voit confié l’enquête. Il y est décrit comme un homme affable, humain, un Monsieur tout le monde en quelque sorte. Jess, journaliste dans un petit journal local, est à l’affut, et espère le bon scoop qui va doper sa carrière.
L’action se situe dans une banlieue ouest de New York, de l’autre côté des rives de l’Hudson ; 2 bourgades qui se font face :Gannon la Noire, Dempsy la blanche.
Tout autour gravite un certain nombre de personnages, dont certains resteront assez nébuleux pour moi……….
Richard Price, dans une première partie laborieuse campe lentement ses personnages, son décor, et l’action, si l’on peut appeler cela une action…….
La seconde partie tant espérée ne sera pas plus exaltante, soporifique, ennuyeuse au possible. J’ai vaillamment lutté durant 400 pages pour jeter l’éponge, sans aucune fierté puisque dans le cadre d’une lecture commune avec Partage –lecture je m’étais fait une joie de le proposer, et de le voir choisi.
En achetant ce livre dont l’action se situe à New-York, je m’attendais à une histoire énergique, une intrigue prenante, haletante, à un tempo rapide, à l’image de cette ville qui ne dort jamais……………..quelle déception à ce point de vue là. A aucun moment je n’ai retrouvé dans ce livre le dynamisme et l’élan qui m’avait tant enivrée.Le titre de ce livre, évoquait un contraste qui convient si bien à Big Apple, et bien je ne l’ai à aucun moment retrouvé dans les lieux de ce livre, ni dans les personnages. Il m’est difficile de m’identifier à l’un d’eux tant ils me paraissent fades.

Richard Price-éditions 10/18-620 pages

quelques mots à propos de l'auteur

Ayant passé son enfance dans le Bronx, Richard Price connaît à la perfection les nombreuses cultures qui composent ce quartier et les rapports entre les différentes communautés. Phénomène littéraire aux Etats-Unis, il est salué par la critique dès son premier livre paru en 1974. Ses romans, comme 'Ville blanche, ville noire' et le 'Samaritain' évoquent les rapports entre les Blancs et les Noirs dans les cités. Scénariste reconnu à Hollywood, Richard Price travaille notamment pour Martin Scorsese sur le film 'La Couleur de l'argent' Oscar du meilleur scénario en 1988, 'Clokers' de Spike Lee, d'après son propre roman, et 'Mélodie pour un meurtre' avec Al Pacino.

Summer-PAL challenge: La PAL comporte 44 ouvrages