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mercredi 30 mai 2018

Cheyenne en automne /La route sauvage


Charley est un gamin délaissé par son père qui a constamment la bougeotte. On sait peu de chose de sa mère, si ce n’est qu’elle est sortie de la vie du père et du fils. C’est tout juste s’il sait qu’il a une tante qui vit quelque part dans le Wyoming, mais sans plus.

Le père de Charley c’est l’insouciance même, l’instabilité. Charly est donc livré à lui-même, toujours sans le sou, le ventre criant famine. Il fait la connaissance d’un type pas plus recommandable que cela qui vit des courses de chevaux au gré de ses finances et ou plutôt de son manque de finance. Charley  semble y voir parfois un père de substitution, mais surtout un moyen de glaner quelques dollars au jour le jour .Drôle d’enfance que celle de Charley qui se prend d’affection pour un cheval promis à la mort et qu’il arrache à son bourreau pour s’enfuir sur les routes à la recherche de sa tante, son seul recours….

Cheyenne en automne, est le récit d’une épopée rocambolesque d’un adolescent débrouille, obstiné et prêt à tout pour retrouver un peu de  la chaleur familiale qui lui a tant manqué. Willy Vlautin, dont je découvre ici la plume et l’univers, n’hésite pas à investir les affres d’une Amérique profonde, celle des sans voix, des précaires, des désabusés, des marginaux et des oubliés du rêve américain.
Ses personnages, même les moins attirants sont attachants. Bien entendu, Charley est celui qui m’a le plus remué.

Cette première rencontre avec l’auteur ne restera pas sans suite tant j’ai envie de découvrir ses autres romans.

Cheyenne en automne de Willy Vlautin, traduit de l’américain par Luc Baranger et Adeline Regnault, aux éditions 13 ème note (2012, 320 pages), réédité par Albin Michel sous le titre La route sauvage (2018 ; 320 pages)


Avant d'être un écrivain de talent, Willy Vlautin est chanteur et compositeur, leader du groupe rock Richmond Fontaine de Portland, Oregon. Il est né dans le Nevada en 1967.

Motel life, son premier roman paru en 2006, a d'emblée imposé Willy Vlautin comme l'un des écrivains notables de sa génération.

Célébré par la critique et salué par des plumes de haut vol comme l'écossais John Burnside, Motel life connaît aujourd’hui la consécration à travers un projet d'adaptation par Guillermo Arriaga, le scénariste d'Alejandro González Iñárritu (21 grammes, Babel).

Publié deux ans plus tard, Plein nord confirme l'attachement de Vlautin au registre de Motel life et, surtout, son talent.

Il vit aujourd'hui à Scappoose dans l'Oregon.

lundi 28 mai 2018

Les blessures invisibles


Le roman démarre un peu bizarrement… Tommy un adolescent, rend visite à sa mère qui est en prison. Il sait qu’elle va mourir. C’est la dernière fois qu’il la voit…

Remontons le temps, avec le même Tommy, petit garçon que nous suivons alors, qu’il vit au domicile familial dans la campagne anglaise. Diane, est plus âgée, et comédienne. Tommy rêve de de cinéma, de grandes épopées, alors qu’il est  "incarcéré" dans un pensionnat dont l’Angleterre des années 50 a le secret. Il ne s’y plait pas, se sent abandonné, et surtout sert de souffre-douleur de ses petits camarades. Diane s’envole pour Hollywood en emportant Tommy avec elle et son nouveau copain…

En dire d’avantage déflorerait une histoire construite  en alternant les différentes époques et dont il faut préserver les ombres et les non-dits. Car dans ce roman, il est beaucoup question de non-dits, de mensonges qui accumulés finissent par  fragiliser définitivement la vie d’un homme.

Aux mensonges de la vie s’ajoutent les paillettes et les mirages du monde cinématographique. Hollywood est à son zénith dans les années 50. Si l’endroit brille, l’envers du décor est nettement moins reluisant. De tout cela Tommy va être imprégné, parfois pour le meilleur, mais nettement plus pour le pire, et va aussi se répande aux générations suivantes.

Et même si au fond, ce roman n’a sans doute pas une grande profondeur, il n’en reste pas moins plaisant à lire de par sa construction, et les thèmes qu’il aborde. Une lecture détente comme on peut les apprécier de temps en temps .

Les blessures invisibles de Nicholas Evans, traduit de l’anglais par Nathalie Cunnington, chez Albin Michel (Février 2012, 400 pages), disponible en poche chez Pocket (Juin 2013, 450 pages)

Nicholas Evans est un journaliste, écrivain et scénariste britannique né en 1950.


Diplômé de droit à l'université d'Oxford, majeur de sa promotion, il s'oriente vers le journalisme. Là il se spécialise sur l'Amérique et les États-Unis.

Passionné par le théâtre découvert à l'université, il se lance au début des années quatre vingt dans la production de documentaires sur des auteurs et des réalisateurs.
Face au succès rencontré et encouragé par ses succès, il se lance dans l'écriture et la production de film et téléfilm.

En 1993, il rencontre dans le sud de l'Angleterre un maréchal-ferrant qui lui raconte l'histoire des hommes qui parlent à l'oreille des chevaux pour les calmer. Nicolas Evans décide aussitôt d'en faire un livre qui deviendra un véritable best-seller à travers le monde : The Horse Whisperer (L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux)(1995).

Robert Redford en fait l'adaptation cinématographique trois ans plus tard aidé de Nicolas Evans au scénario.

Suivront "Le cercle des loups" 1998, "Le coeur des flammes" 2001, "La ligne de partage" 2005, "Les blessures invisibles " en 2012. Le succès est au rendez-vous.

mardi 18 octobre 2016

Mapuche



Jana, est une Mapuche, communauté aborigène argentine massacrée par le pouvoir central. Elle est sculptrice, vivant modestement dans un quartier populaire de Buenos Aires, après de longues années d’études marquées par les galères, la pauvreté.  Paula/miguel, son "ami " travesti est anéantie par la mort de Luz/Orlando

Ruben, est détective ; Rescapé de la dictature argentine, sa sœur et son père n’y ont pas survécu. Il consacre désormais son énergie pour venir en aide aux" Mères de la place de Mai ", ces femmes dont les enfants furent enlevés par la junte militaire et qui chaque semaine manifestaient sur la Place de Mai.

Alors que Ruben enquête sur la disparition d’une jeune femme, le destin met sur son chemin Jana. Ces deux –là n’ont rien en commun, et pourtant…..

Mapuche, c’est l’histoire d’un étrange tandem qui part à la recherche de vérités, et qui va déterrer les fantômes d’un pays et de ses années peu glorieuses.

Mapuche est d’abord le portrait de deux âmes blessées, de deux êtres que tout séparent, et qui pourtant se confondent de par leurs drames respectifs. Caryl Ferey n’en oublie pas pour autant de donner du corps et de l’épaisseur à ses personnages secondaires, donnant à son ouvrage une allure équilibrée.

Mapuche, est également,  dans le cadre d’un thriller parfaitement maîtrisé, une fresque historique et sociale d’un pays. Caryl Ferey ne se contente pas de faire voyager son lecteur (sa connaissance des lieux, et des Hommes en font un livre on ne peut plus crédible), il le " balance" là où cela fait mal.

Oui ! Ce roman fait mal ; la violence rôde à chaque instant, en dépit de quelques moments de tendresse et d’amour. Malgré la noirceur ambiante, malgré les affres et les douleurs de l’Histoire, on entre sans hésitation dans ce fabuleux roman, qui m’a semblé encore meilleur que Zulu.

Mapuche, de Caryl Ferey, chez Gallimard (Série noire, avril 2012, 450 pages), disponible en format poche chez Folio (Mars 2016, 560 pages)



Caryl Férey est un écrivain et un scénariste français né en 1967.

Il a grandi en Bretagne après que sa famille se fut installée à Montfort-sur-Meu près de Rennes en 1974.

Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, "Delicta Mortalia : péché mortel", puis quatre ans plus tard le très remarqué "Haka" (1998).

Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.

Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2006 pour "Utu" (2004) et le Grand prix de littérature policière 2008, le Prix Mystère de la critique 2009 et le prix Jean Amila au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras 2009 pour "Zulu" (2008).

En 2013, "Zulu" est adapté au cinéma, réalisé par Jérôme Salle d'après le roman éponyme, avec Orlando Bloom et Forest Whitaker.

"Mapuche" (Série noire, 2012) obtient le Prix Landerneau Polar 2012 ainsi que le Prix Ténébris en 2013.

Il publie "Condor" chez Gallimard en 2016 (Série noire)

lundi 1 septembre 2014

A coeur perdu



Paul, qui travaille pour l’ONU fait une pause estivale dans le sud de la France, où ses parents se sont retirés pour leur retraite. C’est l’occasion aussi pour lui de faire le point sur son couple qui ne va pas très bien.

Au cours d’une de ces mondanités, son regard croise celui d’une femme qui ne lui est pas inconnu, et qui lui rappelle bien des choses….

Alors que certains faits  se confirment, Paul se voit confronté un  passé qu’il aurait sans doute préféré laisser en l’état. Seulement, les soupçons se faisant de plus en plus insistant, Paul se retrouve embarqué, bien malgré lui, dans une enquête qui va le conduire au- devant de pratiques pas très reluisantes qui donneront au lecteur un sentiment de malaise.

Si j’ai trouvé le début assez convenu dans le déroulement des faits, et surtout en ce qui concerne les coïncidences qui arrivent un peu trop à pic, l’auteur, aura malgré tout réussi à instaurer un certain malaise, une ambiance particulier, et ce , en dépit d’un dénouement qui se devine très rapidement .

Les choses, et les personnages auraient mérités d’être davantage développés, travaillés. L’idée de départ est bonne. Sans doute que l’auteur aurait gagné en qualité en complexifiant un peu sa narration, et en posant davantage les choses.

Un premier roman pas mal, mais qui laisse pour tout ce que je viens d’énoncer, un peu sur ma faim.


A cœur perdu, Siwar Al-Assad
Encre d’orient, Mars 2012
250 pages


4ème de couverture :

Après une transplantation cardiaque en dépit de son jeune âge, Paul Ollenson est si heureux de revivre qu'il décide de vouer sa vie à servir ses contemporains. Haut fonctionnaire international, il épouse Elisabeth, une avocate américaine. Elle s'habitue mal aux voyages incessants qu'il fait pour le compte de l'ONU. Très vite, Paul comprend que cette union ne lui convient pas, tant ses pensées retournent de plus en plus souvent vers Caria, cette jeune femme rencontrée naguère et dont il est sans nouvelles. Ainsi se noue l'action de ce thriller : ce coeur transplanté est un coeur perdu. A toute force, Paul Ollenson doit savoir ce qui s'est passé à l'hôpital où il fut opéré. Et pourquoi apprend-il que les parents de Caria sont morts dans un accident de bateau ? De question en question, le malaise grandit, s'empare du lecteur et ne le lâche plus jusqu'à la dernière ligne. Une quête folle transforme Paul Ollenson en détective. Il avance en aveugle vers une terrible vérité. Pour un premier roman, c'est un coup de maître.
A propos de l’auteur :

Siwar al-Assad est le fils de Rifaat al-Assad, président de l'Alliance démocratique nationale unie de Syrie, cousin germain de l'actuel président de la République arabe syrienne. Il est né en Syrie et y vécut jusqu'à l'âge de 9 ans. Il a étudié en Europe principalement en Suisse et en Angleterre. Il a fait son droit à la Sorbonne. Depuis il est devenu directeur de plusieurs entreprises internationales dans le bâtiment et la construction. Il est propriétaire d'une chaîne de télévision cablée en Angleterre, al Alamia. Il se partage entre Paris et Londres.


 Pour le challenge de Calypso autour du mot Coeur.


 Passage par la Syrie pour le challenge d'Helran .