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samedi 13 novembre 2021

Profession du père

 

Emile a grandi entre une mère soumise à son mari, et un père mythomane, tyrannique, fabulateur, violent, indigne même. Le père sombre lentement mais surement vers une forme de folie. La mère est dans le déni et subit en silence. Emile absorbe.  Jamais tout au long de sa scolarité, Emile n’a pu dire précisément la profession de son père tant ce dernier en a changé au cours de sa vie, en tout cas selon ses dires. De toute façon, Emile ne peut pas ne pas croire son père, son héros. Il lui faudra même l’aider dans ses folles ambitions.

Tel est le contexte dans lequel Émile se construit depuis sa tendre enfance, et avec lequel il va devoir composer pour sa vie d’homme, de mari et de père.

Je retrouve dans ce second volet consacré au père le Chalandon qui me fait vibrer et sait se faire percutant. Cet opus préfigure parfaitement celui qui suivra avec Enfant de salaud qui, on le verra plus tard sera moins marquant pour moi.

J’ai aimé l’écriture de cet opus, parfaitement équilibrée. J’ai aimé la juste dose de recul de l’auteur qui met ici beaucoup de pudeur. Le père, on le comprend, est le sien, mais sans doute n’a-t-il pas encore pu parvenir à en parler plus directement. Et ça, ça me pait beaucoup !

Profession du père de Sorj Chalandon, chez Grasset (Août 2015,320 pages), et au livre de poche (2016, 285 pages)

Sorj Chalandon est un journaliste et écrivain français.

Il a été journaliste au quotidien "Libération" de 1974 à février 2007. Membre de la presse judiciaire, grand reporter, puis rédacteur en chef adjoint de ce quotidien, il est l'auteur de reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie qui lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988. Depuis 2009, Sorj Chalandon est journaliste au "Canard enchaîné", ainsi que critique cinéma.

Il est devenu un auteur reconnu grâce notamment à "Une promesse", qui obtint le prix Médicis en 2006, "Retour à Killybegs" couronné en 2011, par le Grand Prix du roman de l'Académie Française et "Le Quatrième mur", roman qui permis à Sorj Chalandon d'être lauréat du prix Goncourt des Lycéens en 2013.

En 2010, Sorj Chalandon apparut en dernière partie du film documentaire de Jean-Paul Mari "Sans blessures apparentes".

De 2008 à 2012, Sorj Chalandon fut le parrain du Festival du Premier Roman de Laval, organisé par Lecture en Tête. Depuis 2013 il est le Président du Jury du Prix Littéraire du Deuxième Roman.

En 2015, il publie "Profession du père", une oeuvre romanesque où il s’inspire de sa propre enfance.

En 2017, il publie le roman "Le Jour d'avant", sur la catastrophe minière de Liévin-Lens qui a fait 42 morts le 27 décembre 1974.

En 2019, paraît "Une joie féroce", qui obtint un grand succès commercial.

En 2021, il publie  Enfant de salaud   "

"Mon traître", "Retour à Killybegs" et "Le quatrième mur", ont été adaptés en bande dessinée.

 

mercredi 28 novembre 2018

Le festin des fauves


Un homme très influent trouve la mort alors qu’il est au centre d’une soirée libertine ultra chic….Je n’en dirai pas plus…

La scène inaugurale donne le ton de ce polar qui dès les premières pages me prendra dans ses rets, comme peu de livres y sont parvenus depuis  un bout de temps.

Mais que viennent faire un mystérieux justicier sorte de père la morale ce faisant appeler Judex, trois frères brésiliens à la recherches d’urnes précieuses, une maîtresse SM instrumentalisée, et qui instrumente à son tour, un vieillard antiquaire receleur et collectionneur morbide, et la DGSI ?
Pas évident, n’est-ce pas !!

En effet, les 500 pages de ce polar seront nécessaires à l’auteur pour développer son propos, car bien entendu, il va prendre un malin plaisir à nous emmener, nous perdre et plonger dans les arcanes du renseignement intérieur qui pourrait bien y laisser sa réputation face à ces sordides décès auxquels Rossi va devoir donner rapidement des réponses sous peine d’avoir de sérieux ennuis.

L’intrigue est parfaitement menée et dense. Les entrées sont suffisamment variées, les personnages nombreux et non caricaturaux pour donner une épaisseur à ce roman glaçant et redoutable à bien des égards. L’auteur a le souci du détail, sans jamais lasser son lecteur.

Le festin des fauves de Dominique Maisons, aux éditions de La Martinière (Novembre 2015,544 pages), disponible en poche chez Points (Octobre 2016,530 pages)


Dominique Maisons est auteur de roman policier.

Il a été éditeur de presse, traducteur de bande-dessinée, a travaillé 10 ans dans la musique, a coproduit un long métrage (un thriller franco-chinois, "L’œil du silence" ) ainsi que les DVD de "La Vie privée des animaux" de Patrick Bouchitey.

Son premier thriller, "Le psychopompe" (2010), a été couronné du Grand Prix VSD du polar 2011 (réédité chez Pocket sous le titre "Les Violeurs d’âme").

Son précédent roman, "Le festin des fauves", a été sélectionné pour le Prix Polar 2016 de Cognac.
En 2018, il publie "On se souvient du nom des assassins".

lundi 31 juillet 2017

Simone, éternelle rebelle



Superbe photo qui présente Simone en toute simplicité, et avec ce regard si reconnaissable. Elle nous regarde bien droit, franchement, avec bienveillance, mais avec aussi une forme d’avertissement et de mise en garde contre tout relâchement de notre vigilance.

Bien entendu, chacun d’entre nous connait la vie de cette femme ; d’autant plus avec son récent décès. Quelle vie !!!
Certes on apprend assez peu de chose de Simone. Mais Sarah Briand l’a joliment dit, et surtout elle a fait du caractère du personnage (mauvais, selon certains) le fil conducteur de cette vie marquée à chaque étape sous le sceau de la tragédie.

Il en fallait du caractère pour dépasser tout ce qu’elle a vécu dans sa vie.
Il en fallait du caractère pour affronter une assemblée d’hommes pour défendre une loi sur l’intime des femmes
Il en fallait du caractère pour aller à la rencontre des jeunes et parler de son drame : la déportation.


On lit avec délectation, cette biographie dont pourtant on sait tout, ou presque.
Et quand l’auteur rapporte les propos d’un collégien lors d’une de ses interventions «  J’ai un grand respect pour vous, madame Veil », c’est nous toutes qui avons un grand respect pour elle !


Avec ce livre reçu en cadeau gagné à un jeu, était joint un ouvrage ( édité en Août 2009) réunissant le discours de Simone Veil pour le droit à l’avortement, à celui prononcé 7 ans plus tôt par Lucien Neuwirth pour légaliser la contraception, discours d’une rare modernité à l’époque, et qui 50 ans plus tard n’a pas pris une ride..
Deux textes fondateurs, à mon sens de l’émancipation des femmes.





Simone, éternelle rebelle, de Sarah Briand (Fayard, octobre 2015, 270 pages), disponible en poche chez Points (janvier 2017, 190 pages)


Sarah Briand, trente-six ans, journaliste à France 2, est réalisatrice de documentaires pour l’émission de Laurent Delahousse « Un Jour Un Destin », notamment auteur du film Simone Veil, l’instinct de vie.