lundi 5 juillet 2010

Te retourne pas, Handala




Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.
Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes. Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.





Ce livre est un roman, pas simple roman qui se contente de nous raconter une histoire, mais un roman qui nous plonge dans l’Histoire actuelle.
Nous suivons le destin d’un certain nombre de personnages de culture et religion différentes, mais unis par une même terre siège de conflits, et de massacres permanents. Deux peuples se disputent une même Terre depuis que l’un d’eux ait obtenu le droit de s’y installer et d’y créer un Etat pendant que l’autre en est plus ou moins chassé.
La grande force de cette fiction, est qu’à aucun moment l’auteur ne prend partie pour l’un ou l’autre, mais au contraire prend soin d’exposer les points de vue de tous. Il revient au lecteur de trouver dans tout cela à nourrir sa propre réflexion sur le sujet. A mon humble avis, en lisant ce livre, je suis hélas convaincue que ce conflit –dont les origines sont anciennes et très profondes-est sans fin, qu’aucunes des parties ne semblent prêtes à faire un pas à la rencontre de l’autre.
L’extrémisme religieux est abordé sous ses deux aspects :
*le judaïsme orthodoxe, dont Sandra est proche. D’ailleurs, c’est assez paradoxal, parce que Sandra est une convertie qui a souhaité faire l’alyah, le retour en Terre Sainte, accompagnée de son mari, non juif, et de son fils qu’elle va orienter dans ce sens là aussi.
* Le fondamentalisme musulman, auquel les Palestiniens se raccroche, qui mène à des horreurs
La famille est un sujet également présent dans ce livre, mais de façon plus subtile. En effet, la différence culturelle et cultuelle entre Asso et Sandra est telle que cela finira par se ressentir sur leur couple et leur vie de famille en général.
La géopolitique, pour mon plus grand bonheur a toute sa place dans ce roman. En effet, le cadre est un vaste échiquier, dans lequel chacun y va de son influence. Une touche d’espionnage et de complot au centre duquel se retrouve Mossan, ancien mentor d’Asso, venu dans ces lieux pour redonner à la communauté Palestinienne l’eau qui lui revient. En effet, tout l’enjeu de ce conflit qui perdure est cette eau rare et précieuse dans la région et si indispensable au développement économique de chaque communauté. Je ne peux rester indifférente à la détresse d'un peuple qui ne demande qu'à vivre en paix sur la terre de ses ancêtres, et qui en raison de l'Histoire récente s'en trouve empêché. Le débat est vaste, et malheureusement insoluble.
Je n’aurais probablement jamais croisé le chemin de ce livre sans la volonté de Thot et Partage –lecture, ni les éditions Kyklos (injustement absentes des librairies que je fréquente habituellement) qui m’ont permis de lire ce livre grâce à leur partenariat. Qu’ils en soient infiniment remerciés.

Handala, créé par le célèbre dessinateur Naji al Ali, souvent tagué sur le Mur qui sépare Israël de la Palestine, est un petit garçon va-nu-pieds et déterminé qui tourne le dos au monde. Enfant palestinien, il était au début le symbole de la lutte palestinienne, mais sa conscience s'est développée pour devenir celle d'une nation, puis de l'humanité toute entière. La légende raconte qu'il ne se retournera que lorsque le Mur sera détruit. Handala veut dire amertume, du nom d'un arbrisseau très amer poussant dans le désert.

Olivier Gérard,Editions Kyklos,255 pages








11/18..............

samedi 3 juillet 2010

La musique d'une vie




Alexeï Berg, pianiste de récital, voit son nom sur une affiche, sous la pluie d'une ville de l'Union soviétique. C'est celle de son premier concert qui doit avoir lieu le 24 mai 1941, alors que l'URSS va bientôt subir l'offensive de l'Allemagne. La musique doit être jouée pour les ouvriers d'une usine de roulements à billes, à Moscou. Le concertiste attend cette date avec impatience. Mais le concert d'une vie n'aura pas lieu car l'histoire bascule...
Andreï Makine retrouve sa capacité à s'arrêter sur le temps de l'attente, avec ce style sobre et dénué de tout effet de manche.




Hélas, je ne suis pas parvenue à « rentrer » dans ce livre. Le rythme est lent, et l’histoire brouillonne.
Le challenge d’été a au moins une vertu, celle de procéder à un grand coup de balai dans sa PAL






10/18...............

mardi 29 juin 2010

Sukkwan Island

"Une île sauvage du Sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal.
La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable.
Jusqu'au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable. Avec ce roman qui nous entraîne au coeur des ténèbres de l'âme humaine, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan."
Cette histoire est édifiante, surprenante, à peine croyable, terriblement dérangeante, et, paradoxalement captivante.
Il me sera difficile d’en donner les grandes lignes de peur de casser le suspense qui règne dans le livre dont l’issue est inattendue.
C’est l’histoire d’un père et d’un fils, qui partent tous les deux, comme des grands sur une petite ile en Alaska, pour se retrouver, renouer des liens.
L’atmosphère est d’emblée curieuse, irréelle. A chaque page du livre, je me demandais comment cette histoire allait pouvoir finir. Non, je ne le dirai évidement pas !! Le malaise grandit petit à petit, et, le lecteur y est entrainé, et s’y laisse entrainer.
La structure même du roman accentue le climat sombre et pesant. Il est composé de deux parties inégales dont la fin de la première constitue La Rupture. Les deux parties sont compactes, sans chapitres, dont les paragraphes sont à peine séparés les uns des autres. Cela ne m’a cependant absolument pas gênée dans ma lecture. Le style de l’auteur est fluide, et rapide.
Deux personnages occupent ce roman. Ce sont deux personnes à la recherche l’une de l’autre. Ils sont tous attachants pour des raisons radicalement opposées ; l’un pour sa naïveté, l’autre pour sa noirceur dont les origines, non abordée ici, sont certainement profondes.
Voici un roman, assez court, qui n’a rien de gai, qui explore que l’humain peut avoir de plus sombre, mais qui retient son lecteur, en tout cas qui m’a retenue, et laissée un peu scotchée une fois refermé.
David Vann, Gallmeister,192p


David Vann est né en 1966 sur l'île Adak, en Alaska. Après avoir parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il travaille actuellement à la construction d'un catamaran avec lequel il s'apprête à effectuer un tour du monde à la voile en solitaire. Il vit aujourd'hui en Californie.








9/18.............

dimanche 27 juin 2010

La chute........




4ème de couverture :
« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation... J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtait net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement. »



Il peut paraître prétentieux de donner un avis à propos d’un livre dont on a lu à peine cinquante pages. Et pourtant ce cap est déterminant chez moi : je poursuis la lecture ou au contraire j’en reste là faute d’y trouver un intérêt quelconque.
Ce monologue d’un homme dont on sait juste qu’il est avocat m’ennuie. Pourquoi parle t-il ?
A qui ? De quoi ? Je suis bien incapable d’y répondre. Par cette belle journée d’été , je brûle d’envie de fuir cette lecture…

Albert Camus, Gallimard/Folio, 152 p








8/18................

samedi 26 juin 2010

Le coeur cousu




4ème de couverture :
" Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! " Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre: le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses on cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.



Ce livre est sans cesse à la frontière du réel et du fantastique ; et c’est ce qui en fait sa richesse, sa magie.
L’écriture de Carole Martinez est un régal à lire : fine, émouvante, ciselée, précise. Tout comme son héroïne, elle réussi à faire avec les mots, ce que Frasquita réalise avec ses fils précieux : un récit à la fois émouvant, difficile et fantastique.
Il n’est pas aisé de résumé ce livre. La narratrice, Soledad, met en scène, bien avant sa naissance, sa famille dont le pivot est Frasquita Carasco sa mère, dans une Espagne archaïque, ancrée dans ses traditions et ses croyances.
Les trois parties du livre constituent 3 périodes de sa vie bien distinctes :
- De son entrée dans sa vie de femme et son « initiation » par sa mère Francisca avec une boite à couture et des prières que l’on se transmet durant la Semaine Sainte, à son mariage avec José et la naissance de 4 de ses enfants.
- Sa longue traversée du désert, à travers l’Espagne après qu’elle eût été jouée et perdue par un mari rustre.
- La naissance de la narratrice en Afrique du Nord
J’ai trouvé assez orignal cette narration « ante- natale, puisque Soledad n’apparaît pas avant les deux tiers du livre ; comme pour mieux souligner cette phrase :
« Ma vie s’est jouée avant que je ne vienne au monde. N’est-ce finalement pas le cas de tout un chacun. Notre vie n’est le fruit d’un passé qu’on ne maîtrise absolument pas » p321 (édition brochée)
Quelle vie difficile que celle de ces femmes du 19ème siècle dans une Espagne ancrée dans ses traditions et son catholicisme. Le destin des femmes y est tout tracé : les rites d’initiation, le mariage auquel on n’échappe pas, les naissances qui sont plus de ressort de la bestialité que de la maternité. Carole Martinez a le mérite de l’écrire avec élégance et finesse sans rien n’enjoliver pour autant.
Malgré cette vie pleine de difficulté, Frasquita, accepte telle une fatalité cette vie et ses avatars sans mot dire.
Le thème de l’héritage, est omniprésent dans ce roman .Pour preuve :
« N’est-ce pas la douleur de nos mères que nous léguons depuis la nuit des temps dans cette boite en bois ? » p 323
Au-delà du symbole de cette boite à couture, l’auteur nous interpelle sur ce le fait que tout individu, inconsciemment, reproduit, génération après génération, un certain nombre de choses, de faits qui font nos difficultés profondes.
Merci à Grain de sel pour m’avoir permis de découvrir ce livre à l’occasion d’une lecture commune
Carole Martinez, Gallimard, 423 p

lundi 21 juin 2010

Les années d'innocence



Les années d’innocence
Auteur : Frankie Ventana
Editeur : Kyklos
Nombre de pages : 95
4ème de couverture :
Ils sont trois amis d'enfance. Trois artistes qui posent un regard farouche sur la vie. Trente ans d'amitié et un ultime rendez-vous à Amsterdam qui les cueille au moment le plus fragile de leur existence.
L'auteur nous livre ses interrogations pêle-mêle sur l’amour, les choix que l’on s’impose, l’expérience de vie et de mort, les souvenirs et la culpabilité qui va avec...
Ce récit, s'il révèle les émotions obscurcies d'une génération consciente de son éclatement, demeure avant tout un hymne à la vie que nous soyons combattants acharnés ou simples observateurs...
Mon appréciation :
Ces rendez-vous annuels entre copains d’enfance me laissent l’impression du refus du temps qui passe, du refuge dans ses souvenirs comme pour ne pas affronter ni le présent ni l’avenir. Ces années d’innocence, sont les années galères, les années SIDA.
Ces trois vies sont brouillonnes, comme le récit.
Je n’ai rien à reprocher à cette histoire de retrouvailles banales et tragiques à la fois. Cependant, à aucun moment je ne me suis, si ce n’est qu’un peu, identifiée à l’un des personnages. Je suis toujours restée en dehors de cette histoire, comme spectatrice, lisant finalement avec beaucoup de hauteur une histoire qui ne m’a pas touchée.
Le style de l’auteur ne manque pas d’intérêt ; j’irai à nouveau à sa rencontre dans un prochain ouvrage.
Deux citations qui m’ont particulièrement frappée :
p33 : « On ne partage pas trente ans d’amitié sans qu’un jour, une faiblesse passagère devienne un lourd tribut à régler comptant. »
p57 : « Accepter que tout soit écrit à l’avance, c’est se laisser déposséder en vaincu. Pire, c’est se laisser botter le cul par la vie sans jamais pouvoir lui rendre la pareille. »






7/18..........j'avance, doucement, mais j'avance

mardi 15 juin 2010

Qui touche à mon corps je le tue



J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune .
 Ma première réaction fut de ne pas vouloir le lire dans la mesure où le sujet ne m’inspirait pas du tout. Le hasard a voulu que mes yeux rencontrent ce livre…le sort en était jeté.
Hélas, ma première impression se confirmait assez rapidement ; avec bien du mal je parviens à venir à bout de cette lecture.
Le récit se déroule sur 24 heures, et a pour cadre 3 personnages dont les destins se croisent et s’entrecroisent. Lucie L. vient de se faire avorter et attend… ; Marie G faiseuse d’anges, est dans sa cellule, condamnée à mort, et attend, elle aussi…….. Henri D .actionne la guillotine à la prison, il attend l’aube…….
La lecture a été pour moi pénible, à la limite du supportable. Les propos sont d’une rare violence, et dureté. Certes, les 3 personnages ont des passés douloureux, semés d’embuches. Mais tout de même ; ce n’est pas une raison pour traiter l’avortement de cette manière là. Si la société a longtemps condamné celles et ceux qui transgressaient l’ordre établi, la maternité comme seul voie possible pour les femmes, si le sort réservé à celles qui à cette époque (la seconde guerre mondiale) avortaient ou se faisaient avorter était cruel, un peu de douceur dans ce monde de brutes n’aurait pas fait de mal.
La construction de ce roman, ne m’a pas plus conquise. J’ai trouvé les phrases longues, trop longues, au point parfois de manquer de souffle pour les lire jusqu’au bout.
Au fond, je n’ai rien compris à ce récit : ni le sens que l’auteur a voulu y donner, ni les raisons de cette violence. La seule chose que je parvienne à formuler, c’est de dire que cette lecture ne m’a pas plu. En revanche je suis incapable de déterminer la ou les émotions qu’elle m’a inspiré. Rarement une lecture aura été pour moi, à ce point un grand moment de solitude.

Qui touche à mon corps je le tue,Valentine Goby
Gallimard, Août 2008/ Folio ,Janvier 2010
144/138 pages


4ème de couverture :
Marie G., faiseuse d'anges, dans sa cellule, condamnée à mort. Lucie L., femme avortée, dans l'obscurité de sa chambre. Henri D., exécuteur des hautes œuvres, dans l'attente du jour qui se lève. De l'aube à l'aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort.
A propos de l'auteur:
Valentine Goby est née en 1974. Après des études en sciences politiques, elle a travaillé pour des associations humanitaires au Vietnam et aux Philippines. Elle a déjà écrit plusieurs romans pour adultes chez Gallimard et a collaboré à trois recueils de nouvelles pour la collection Scripto.









samedi 12 juin 2010

Si c'est un homme



Si c’est un homme

Auteur : Primo Levi

Primo Livi est né à Turin en 1919. En 1942, après des études de chimie, il s’installe à Milan. Il est arrêté comme résistant en février 1944, puis, déporté à Auschwitz, où il restera jusqu’en janvier 1945, date de la libération du camp par les soviétiques. La guerre fini, il épouse Lucia Morpuno dont il aura 2 enfants, et prend la direction d’une entreprise de produits chimiques. Parallèlement il commence à écrire. Si c’est un homme qui est son premier livre, parait en 1947 et est l’un des tous premiers témoignages sur l’horreur d’Auschwitz.



Editeur: Pocket
Nombre de pages : 315
4ème de couverture :
" On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'Holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce. C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur. Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité. " Angelo Rinaldi


Mon appréciation :
Tant qu’il y aura sur terre des Hommes pour anéantir ses semblables, tant qu’il y aura sur terre des Hommes pour nier l’Histoire, des témoignages comme celui-ci seront indispensables.
Primo Levi, a été arrêté tardivement dans le processus de l’Holocauste, c’est ce qui explique, sans aucun doute qu’il ait survécu à l’horreur des camps. Sa déportation à Auschwitz aura duré un peu moins d’un an, et il en sortira à la libération des camps par l’armé soviétique.
Ce qui fait à mon sens la grande valeur de ce témoignage, c’est le recul extraordinaire dont fait preuve l’auteur pour relater l’insoutenable, l’indicible, et ce à peine 2 ans après les faits.
Je n’ai relevé aucune haine dans ces propos, aucune joute oratoire ; mais au contraire les choses sont dites telles quelles : avec tact (j’entends par là sans volonté de choquer pour choquer), mais avec réalisme. Le récit est dur à lire de par la charge émotionnelle qu’il dégage, de par l’horreur des faits ; cependant Primo Levi, avec intelligence a su en faire un récit accessible pour tous.
La structure de ce témoignage est volontairement « désordonnée ».En somme, l’auteur a privilégié la spontanéité à un agencement organisé.
Malgré les nombreux livres qu’il m’a été donné de lire, ou films à ce propos, je me pose toujours les mêmes questions : Comment un « homme » ait pu être à l’origine d’un tel massacre ? Pourquoi n’en avons-nous pas encore tiré les leçons ?
Il n’y a, finalement, sur terre pas plus prédateur que l’Homme……….
Voilà un livre à mettre sans modération entre toutes les mains.
Quelques extraits qui m’ont particulièrement fait réagir
« Avec la précision absurde à laquelle nous devions plus tard nous habituer, les Allemands firent l’appel. A la fin l’officier demanda « Wieviel Stück ? » et le caporal répondit en claquant les talons que les « pièces » étaient au nombre de six cent cinquante et que tout était en ordre » p17
« Nous sommes des esclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement. » p57
« K.B, c’est l’abréviation de l’infirmerie.(…) Elle contient en permanence un dixième de la population du camp, mais bien peu y séjourne plus de quinze jours, et personne plus de deux mois, délai au terme duquel nous sommes tenus de guérir ou de mourir. » p65

Summer-PAL Challenge: 4/18

mercredi 9 juin 2010

Noveccento:pianiste




Noveccento : pianiste

Auteur : Alessandro Baricco
Né à Turin en 1958, il connaît une carrière littéraire fulgurante et obtient en 1995 pour Châteaux de la colère le prix Médicis Etranger. Ses romans Océans mer et Soie, traduits dans le monde entier, l’ont consacré.
Editeur : Mille et une nuits

Nombre de pages : 91

4ème de couverture :
Noveccento n’a jamais connu d’autre univers que mer. Devenu pianiste sur ce bateau dont il ne descend jamais, il en devient un rouage et n’existe qu’à travers lui. Virtuose enflammant les « Roaring Twenties », défiant Jelly Roll Morton « l’inventeur du jazz », Noveccento joue une musique jamais entendue, merveilleuse, à laquelle il restera lié pour l’éternité.

Mon appréciation :
Contre toute attente ce récit, heureusement court, me déçoit. Je m’y suis profondément ennuyée tant il est statique.
Moi qui aime tant la musique, et y trouve réconfort, calme, sérénité et ressourcement, je ne sis pas parvenue à trouver la moindre musicalité dans cet écrit.
Peut-être en attendais-je trop ?
Mon esprit curieux se tournera un jour vers Soie. Je sors frustrée de cette lecture, néanmoins je ne souhaite pas rester sur une idée négative.


mardi 8 juin 2010

Expéron


Expéron
Auteur : Hélène Cruciani
Editeur : Griffe d’encre éditions
Nombre de pages : 245
4ème de couverture :
Ange est un petit garçon étrange. À dix ans, il ne sait ni lire, ni parler. Comme si l’aridité des mots l’avait poussé à se réfugier dans les bras grands ouverts de l’image.
Son arrivée en neurologie pour une ultime consultation emplit le docteur Sollow d’espoir. Et si Ange était l’atout qu’il attendait pour relancer EXPÉRON, cet ambitieux projet de recherche qui lui tient tant à coeur ?
Très vite le garçonnet l’accapare, l’obsède.
À tel point que Sollow en oublie l’autre, l’enfant que sa femme, Annabel, désire plus que tout au monde. Elle a pourtant trente-huit ans, l’âge où le temps presse. Que se passera-t-il si elle n’obtient pas le diplôme l’autorisant à procréer ?
À cette question-là, le brillant chercheur donne une bien mauvaise réponse…
Mon appréciation :
Nous sommes à Lyon en 2054, donc guère plus tard que demain. Les voitures sont à commande vocale, l’éthylotest systématique, la domotique est généralisée, et il faut un diplôme pour pouvoir devenir parent Cinq ans d’études sont nécessaires, la psychanalyse obligatoire à chaque individu pour obtenir AAE (le diplôme d’aptitude parentale) .Au sein d’un couple c’est celui qui le détient qui aura la responsabilité de cet enfant choisi avec l’aide d’un généticien..
Passer outre cette obligation, revient à concevoir, naturellement, un ENA, autrement dit, un enfant non autorisé, retiré à ces parents et promis à l’adoption.
Annabel et Andy Sollow forment un couple mal assorti. Lui, est accaparé par ses expériences scientifiques et en particulier par le petit Ange qu’il a inclus dans son programma Expéron devant permettre l’acquisition de la connaissance grâce au transfert de cellules cognitives. Quant à Annabel, son désir d’enfant est tel qu’elle en vient à tenter le tout pour le tout, qui à se voir subtiliser l’enfant.
C’est mon tout premier livre de science- fiction. Je pensais, benoitement, que ce genre n’offrait pas matière à réflexion…..bien mal m’en a pris.
L’auteur nous présente un monde à 40 ans de distance du nôtre .L’évolution est tout à fait plausible.
La relation homme /femme, telle qu’elle est présentée, est assez pessimiste, car elle ne va pas dans le sens de l’égalité et de la parité. Il en va de même de l’égalité devant l’enfant : il y a ceux qui parviennent à obtenir leur examen, et les autres……
La place laissée aux libertés individuelles laisse beaucoup réfléchir, et ce livre me rappelle, dans des moindres mesures, 1984, puis que la dénonciation est monnaie courante.
Quelle place laisse t-on à l’affect et à l’amour ? Les enfants sont le résultat d’une sélection génétique.
A titre personnel, ce qui m’a le plus interpellée sont les problèmes d’éthique : jusqu’où doit aller la science ? Le désir d’enfant peut-il autoriser toutes les dérives ?
Où s’arrêtera l’Homme dans sa course effrénée vers le « progrès » Je suis déjà très sensibilisée en 2010 de toutes ses questions, et j’avoue être un peu effrayée par ce que j’ai lu. Ce livre a beau être une fiction, sa grande force est sa faculté de projection. Toutes les avancées sont plausibles et largement envisageables…alors pourquoi pas celles en matière de procréation ?
Sur le plan rédactionnel, ce roman est bien rédigé, facile à lire et d’une écriture fluide. Il est divisé en quatre chapitres, assez équilibrés par leur volume. L’auteur a eu la bonne idée de glissée en fin de volume un lexique des abréviations utilisées (ce qui est aussi révélateur de ce qu’est le monde scientifique).
Je remercie chaleureusement BOB et les éditions Griffes d’encre pour ce partenariat dont j’ai pu bénéficier

PAL-Summer Challenge 3/18

samedi 5 juin 2010

Heureux au jeu





Heureux au jeu





Auteur : Lawrence Block
Né à Buffalo en 1938, Lawrence Block compte parmi les géants du policier américain. Il est l’auteur de nombreux romans policiers parmi lesquels La balade du diable entre les tombes, Le diable t’attend ou Tous les hommes morts.

Editeur : Points

Nombre de pages : 231

4ème de couverture :

Tricheur professionnel, William Maynard est introduit dans une partie de poker chez le riche avocat Murray Rogers. Bien décidé à plumer l’assistance, il est stoppé dans son projet par Joyce, la femme de Rogers, qui le séduit et propose un autre plan : faire inculper son mari d’un meurtre pour toucher l’héritage. Mais la chance tourne, et, une fois plumé, le pigeon devient un dangereux chasseur…….
Mon appréciation
J’adresse un grand merci à Partage-lecture et aux éditions Points dont le partenariat m’a permis cette lecture et la découverte de cet auteur américain.
L’atmosphère générale de l’intrigue se déroule dans les années 60. Même si cela n’est pas explicite, hormis le fait que le roman eut été écrit en 1964 (seulement traduit en français en 2009), un certain nombre d’indices permettent de situer temporellement cette œuvre : les références musicales, télévisuelles, les marques de voitures, l’insouciance générale si typique de cette époque…….
Quatre personnages principaux occupent le devant la scène.
William Maynard, alias Bill, arnaqueur, escroc, s’enfuit de Chicago non sans avoir été tabassé par ses compagnons de jeu qu’il venait de duper copieusement. Il fait vite la connaissance d’un richissime avocat Murray Rogers avec lequel et quelques autres il poursuit son activité favorite, le poker. L’épouse de ce dernier, Joyce, s’ennuie dans sa vie de petite bourgeoise provinciale et ne tarde pas à le séduire afin de monter avec lui un plan destiné à dépouiller son mari de sa fortune rondelette. Cela constitue la seconde partie de ce roman. Notre avocat passe du statut de victime à celui de maître chanteur dans la troisième partie du livre constituant le retournement de situation auquel je ne m’attendais pas. Pour employer une expression populaire, je dirais l’arroseur arrosé. J’ai une sympathie toute particulière pour Barbara Lambert, professeur, et jeune divorcée qui tombe réellement amoureuse de son petit voyou, et prête à tout pour le garder.
J’ai eu un peu de mal avec les termes de poker, n’étant pas joueuse de carte, mais ces derniers n’étaient finalement pas si encombrant que cela. L’intrigue en elle-même est assez banale et le suspens relativement léger. Cependant l’écriture de ce roman est agréable et « d’allure rapide », ce qui en fait un livre agréable et facile à lire mais pour lequel je reste un peu sur ma faim dans la mesure où j’aurais aimé un peu plus de consistant.


Summer PAL-Challenge: 2/18

lundi 31 mai 2010

J'ai tant rêvé de toi


J’ai tant rêvé de toi
Auteurs : Olivier et Patrick Poivre d’Arvor
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 258
Résumé :
« Youki, 26 ans, est à Prague en ce mois de janvier 1995 pour y rencontrer le prix Nobel et poète tchèque Pavel Kampa. Elle fait une thèse sur Robert Desnos et c'est Kampa en mai 1945 qui a recueilli son dernier souffle à la sortie du camp de Terezin. En réalité ce n'est pas le poète qu'elle vient rencontrer mais son père supposé. Sa mère journaliste avant de mourir lui a avoué avoir eu une histoire d'amour avec lui quand elle était venue enquêter en 1968 sur l'insurrection étudiante. Et Youki, fragile, anorexique, nymphomane, à l'enfance dévastée par le manque paternel va découvrir en lieu du père un Casanova vieillissant doublé d'un imposteur... » (Evene)
Mon appréciation :


Je suis depuis longtemps le travail littéraire de Patrick Poivre d’Arvor, et lis assez régulièrement ses livres. J’aime sa façon d’écrire, et sa façon de mettre en lumière des personnages complexes et torturés. C’est la curiosité qui m’a poussée vers ce livre écrit à 4 mains. Le style ne m’a pas déçue ; il y a une belle homogénéité d’écriture ; à aucun moment je n’ai eu l’occasion de me dire « tiens, là, ils ont échangé leurs plumes, ce n’est plus le même qui écrit ! ». C’est lors d’une dédicace que j’ai acquis ce livre.
De courts chapitres, des phrases bien construites en font une lecture agréable et reposante.
Cette fois, les auteurs emmènent le lecteur à Prague sur les traces de Robert Desnos, poète Français mort en déportation , par le biais d’un autre poète Pavel Kampa, Tchèque, qui a bien connu Robert Desnos .
Ce dernier fait l’objet d’une thèse de littérature ; Youki, afin de mener à bien la fin de son travail rend visite au poète Tchèque, mais va surtout à la rencontre de son passé……..
Les auteurs ont lis beaucoup d’eux –même dans ce roman. En effet, le thème de l’anorexie est omniprésent. Youki en est atteinte, tout comme l’était Solen, la fille d‘un des auteurs. Le roman lui est d’ailleurs dédié ; l’hommage est touchant, et en tout cas plus apaisé que les précédents écrits de l’auteur. Ce personnage tourmenté, à la recherche d’un père dont l’identité lui sera révélé par sa mère à l’agonie, est attachante.
Par ailleurs, j’ai trouvé les références historiques et littéraires juste s et bien dosées, bien que ma sensibilité à la poésie soit plus que maigrelette. Le titre constitue les premiers vers d’un poème de Robert Desnos écrit en déportation avant de mourir.
L’issue de l’histoire, est surprenante, et le suspens bien entretenu.


NB: PAL-Summer challenge 1/15......

jeudi 27 mai 2010

Mort à la Fenice


Mort à la Fenice
Auteur : Donna Leon
Editeur : Points
Nombre de pages : 284
4ème de couverture :
Les amateurs d'opéra sont réunis à la Fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d'orchestre allemand, dirige La Traviata. La sonnerie annonçant la fin de l'entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s'installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n'est toujours pas là... il gît dans sa loge, mort.

Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure. Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l'opéra, Guido Brunetti découvre l'envers du décor.
Mon appréciation :
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais préciser les raisons qui m’ont poussée vers ce livre là. D’une part, l’envie de lire autre chose, et notamment du polar ; puis l’envie constante pour moi de voyager avec pour cette fois- ci Venise la Sérénissime, et puis, un clin d’œil à mon goût prononcé pour l’opéra puisque l’action se situe à la Fenice de Venise.
Nous sommes à l’entracte d’une représentation de la Traviata à la Fenice de Venise .Le directeur artistique du théâtre, Fasini, vient annoncer alors que la représentation est sur le point de reprendre, que le Maestro Wellauer n’est pas en mesure de reprendre la baguette……. Et pour cause, son corps vient d’être découvert sans vie dans sa loge……..
L’enquête sera dirigée par le commissaire Brunetti. Ce dernier va non seulement nous emporter au cœur de la Sérénissime, mais aussi au cœur du milieu lyrique et de ses petits secrets.
J’ai bien aimé le commissaire Brunetti, qui finalement avant d’être un policier, est tout simplement un Homme comme les autres : il a une femme, des enfants, une vie banale, étends ses pieds sur la table basse du salon, se lève le matin pour faire le café…….bref, Donna Leon en fait un personnage humain attachant, qui mène son enquête avec le respect de l’autre et de la compassion.
J’ai aimé me promener dans les coulisses de la Fenice, et surtout dans Venise, avec la quelle l’auteur réussit à me réconcilier, dans la mesure, où mon unique séjour dans cette ville ne m’avait pas laissé le souvenir impérissable que tout séjour à Venise est sensé laisser…….
Donna Leon, dont c’est ici le premier thriller mettant en scène Brunetti, réussi à instaurer un suspens jusqu’au bout du livre. Je n’ai envisagé la conclusion qu’à la toute fin du livre et encore……..
Je retiens une grande classe dans cette enquête. En effet, il n’y a pas d’effusion de sang, pas de descriptions sordides, des dialogues et un style élégants. L’auteur ne base pas non plus son intrigue sur des personnages paumés, asociaux, dépravés, ou tout droit sortis des bas-fonds. Au contraire, Donna Leon, emmène son lecteur dans la bonne société Vénitienne, nous immerge dans son esprit. Et c’est ce qui en fait un thriller pas tout à fait comme les autres, très agréable à lire.
Avec plaisir, je retrouverai le commissaire Brunetti pour de nouvelles aventures ; pas dans l’immédiat….j’ai d’autres auteurs à suspens à découvrir avant !!!

mardi 25 mai 2010

Objectif estival: réduire ma PAL........


Le summer PAL Challenge

Caroline de http://www.bleue-et-violette.fr nous propose de faire baisser notre PAL de 30% sur la période du 1er juin 2010 au 31 août 2010.

J'ai donc fait les comptes.............. pas moins de 60 livres attendent. Il me faudrait donc la réduire de 18 livres.
Compte tenu de ma vitesse de lecture je me fixe le minimum de 15 livres.......

dimanche 23 mai 2010

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran



Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 84
4ème de couverture :
À Paris, dans les années soixante, Momo, un petit garçon juif de 12 ans, devient l'ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim, l'épicier, n'est pas arabe, la rue Bleue n'est pas bleue et l'enfant n'est peut-être pas juif.
Mon appréciation :
Ce court récit, est vite lu ; non pas parce qu’il vous prend aux tripes et qu’il est impossible de le lâcher, mais parce qu’à mon sens, il est inconsistant.
L’auteur aurait pu en faire une fable, un conte philosophique, un hymne à la tolérance. C’est un coup d’épée dans l’eau : aucune émotion ne se dégage de ce récit. Et si, c’était le cas, son écriture et sa teneur m’étaient inaccessibles….ce qui pourrait expliquer mon incompréhension.
Une lecture à vite oublier

Martin Dressler ou le roman d'un rêveur américain



Martin Dressler, ou le roman d’un rêveur américain
Auteur : Steven Millhauser
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 304
4ème de couverture :
À la fin du XIXe siècle, Martin Dressler, fils d'un modeste marchand de cigares, fait très tôt preuve d'une grande créativité et d'un sens inné des affaires. Ses rêves et ses ambitions le mèneront au sommet de l'échelle sociale. Mais ce privilège qui lui est donné d'arriver à "écouter le désir de son cœur" tient à un fil. Au-delà des personnages et des décors que l'écriture de Millhauser rend presque palpables, on perçoit de multiples non-dits, et la tension entre le monde du rêve et celui du réel. Un roman magistral sur le rêve américain et les utopies occidentales, qui a valu à son auteur le prix Pulitzer.
Mon appréciation :
Je m’attendais à une fresque aussi bouillonnante que l’était New-York à la fin du 19ème siècle, alors en pleine mutation .Or il n’en est rien, ce récit est d’un calme presque ennuyeux.
Martin Dressler, jeune homme plein d’ambition, entreprenant à souhait, ne réussit pas à me transmettre ce souffle de vie qu’il est supposé régner à cette époque à New-York.
L’auteur aborde un thème qu’il eût été intéressant de développer. En effet, Martin Dressler, comme tous les jeunes hommes de son époque passe par l’étape du mariage, institution incontournable pour réussir. Il épouse une jeune fille dont on devine le puritanisme, et les failles, mais qui à aucun moment ne font l’objet d’un approfondissement. Dès le départ de ce mariage, on sait qu’il sera un échec. La personnalité des deux protagonistes est effleurée comme si l’auteur n’osait l’aborder. Il me parait évident que ce mariage désastreux, l’emprise maternelle sur Caroline (l’épouse) n’est pas étrangère à la désillusion professionnelle de Martin, mais le livre ne l’aborde pas.
C’est la fluidité de l’écriture de ce roman qui en a sauvé la lecture, et m’a permis de le finir….sans conviction.

mardi 18 mai 2010

La couleur du bonheur



La couleur du bonheur

Auteur : Wei-Wei
Wei-Wei est née à Guangxi en 1957. Après des études de français, elle séjourne à Paris, puis à Manchester où elle vit actuellement. Elle est l’auteur du Yangsté sacrifié et de Fleurs de Chine, disponible en Points.
Editeur : Points
Nombre de pages : 359
4ème de couverture :
Mei-Li quitte tout pour rejoindre sa fille, Bai-Lan, et ses petits-enfants. Le gendre ? Envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste. Ensemble, les deux femmes affrontent la misère et les persécutions. Cuisinière hors pair, conteuse de talent, Mei-Li ramène la joie dans cette famille brisée par le communisme. Sa méthode : infusions au gingembre, cueillette de kiwis et histoires abracadabrantes !
« Cela touche infiniment. Comme touche, loin de ces tumultes, cette manière de raconter la vie la plus humble, ses joies les plus modestes. Elle fait le charme du livre. »
Le Point
Mon appréciation :
C’est l’histoire d’une famille ordinaire, qui vivait dans un pays pas tout à fait ordinaire…….
Mei-Li, est née dans les années 20, dans une Chine ancestrale et féodale. Mariée de force à l’âge de 16 ans, à un homme handicapé et aveugle, et qu’elle ne connaît pas. Esclave au sein d’une belle famille hostile et autoritaire, elle quitte tout pour rejoindre sa fille et la seconder dans l’éducation de ses enfants, alors que son propre mari est prisonnier politique du temps de Mao.
Le livre se compose de chapitres, qui alternent le mode narratif. En effet, c’est tantôt Mei-Li qui s’adresse à sa petite fille Fan –Fan, en lui narrant l’histoire familiale depuis son mariage jusqu’à celui de son unique fille Bai –Lan, tantôt les autres membres de la famille qui relatent la vie durant les années sombres de la révolution culturelle Chinoise. Bien qu’un peu confuse au début, l’organisation du livre ne m’a pas gênée ; j’ai trouvé les transitions douces et intelligemment placées.
En fait la grand-mère évoque le passé, les petits enfants, se chargent du présent.
La dure condition féminine en Chine est évoquée sans détour, mais avec beaucoup de pudeur, et de tendresse. C’est ainsi qu’est évoqué la coutume de mariages forcés, le bandage de pieds des petites filles, la terrible pression auxquelles elles sont soumises jusque dans leur vie intime.
Bien qu’ayant tout connu : les sarcasmes d’une belle sœur, la tyrannie d’une belle –mère, un mari grabataire dont il faut tout assumer, une vie de femme négligée, les difficultés de sa fille, les bouleversements de la révolution culturelle, ce livre est un hymne au bonheur, une leçon de vie et d’humilité. Cette femme, bien que vivant chichement dans une Chine en grand bouleversement, sait profiter de chaque instant de bonheur.
Pour preuve :
« Nos anciens sages disaient souvent qu’on est heureux quand on sait se contenter de ce qu’on a.»
« Pour moi le bonheur n’est pas quelque chose d’abstrait, mais l’accumulation des moments heureux que la vie m’a réservés et me réservera, innombrables. La question est de savoir les saisir à la volée, les vivres paisiblement »
La lecture de ce livre a été un pur plaisir. L’écriture y est agréable. J’ai beaucoup aimé cette plongée dans l’histoire de la Chine, de ses coutumes, et de sa philosophie.

Je remercie Livraddict et les éditions Points pour ce magnifique voyage dans le temps et dans l’espace

Pour poursuivre avec la Chine, je recommande également:
La rivière et son secret, de Zhu Xia Mei