lundi 12 septembre 2011

C'est lundi, que lisez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*La malédiction des Macfadden, Frédéric Cancellera pour les nouveaux auteurs 
*Petite étoile Khmère, pour les agents littéraires
Ce que je suis en train de lire

*Une lecture cubaine (LC du 15 octobre) encore et toujours.....
*Easter parade, Richard Yates
*Tu, mio, Erri De Luca
*La fille de Louganis ,Metin Arditi

Ce que je lirai cette semaine
Continuer ce qui est encours, et dans le meilleur des cas, le terminer !!!
Sinon:
*Le pied mécanique, Joshua Ferris, partenariat grâce à Hérisson
*La comtesse et les ombres,Carrey Wallace, partenariat avec News book


samedi 10 septembre 2011

Petite étoile Khmère


" Que faire de toute cette mémoire qui ressurgit par bribes ? Est-ce parce que je n'ai plus d'Anciens que je tiens tant à faire vivre ce souffle de transmission ? J'ai longtemps tu ce passé, mais je souhaite aujourd'hui laisser à mes filles une trace de notre famille. "






Un grand merci aux agents littéraires qui ont pensé à moi et m’ont proposé de lire cet ouvrage, et à l’éditeur qui a bien voulu m’en faire cadeau.
 Nous avons affaire ici à un ouvrage un peu particulier, puisqu’il est écrit à deux mains…enfin presque. Champey Peik a livré son témoignage, a ouvert sa mémoire à Virginie Montefiore qui s’est chargé de la mise en forme, et en mots.
« Je n’ai pas voulu écrire moi-même ni traverser seule cette période de souvenir, et j’ai confié mon récit à l’écoute attentive de l’auteur. »
J’ai trouvé cela honnête, et beaucoup "d’écrivains «pourraient s’inspirer de cette sagesse…

Sur la forme, il s’agit d’un court récit, constitué d’une multitude de petits chapitres, écrits comme si l’auteur et la récitante ne faisaient qu’un ; C’est " je " qui prévaut ; il n’y a pas de dialogue, ou très eu, mais des citations qui viennent des membres de sa famille. Cela rend la lecture plus vraie, et place la récitante au cœur de ces souvenirs.
Sur le fond, Champey Peik , dans un soucis de travail mémoriel, et désireuse de transmettre à ses filles son histoire , retrace de manière linéaire un parcours qui lui n’est pas linéaire .Si j’ai pu lire quelques témoignages de victimes directes du régime cambodgien, ici , dans son malheur, la récitante a eu plus de chance ( même si une partie de sa famille , restée au pays, paiera le prix fort) puisque qu’elle a pu fuir le pays, et se reconstruire ailleurs.
Le récit est beaucoup axé sur les us et coutumes cambodgiennes  de la famille de la récitante. On y découvre une société éprise de sagesse, et rompu au culte des ancêtres pour qui les évènements d’avril 1978 seront une rupture sans précédent, et sonnera le glas d’une famille de la bonne société cambodgienne et unie. Nous apprendrons des choses intéressantes sur la culture Khmère, et sur la capacité insoupçonnée à rebondir de tous ces peuples asiatiques imprégnés de Bouddhisme.

« Le passé, présent en chacun de nous, doit nous rendre plus fort. »

Le style est très accessible et assez simple ; cela en fait un livre qui se lit vite et facilement. J’ai apprécié la présence en annexes d’un certain nombre de documents. Cependant, il manque une certaine chaleur dans le récit, il y manque du liant et surtout, de la profondeur. J’aurais apprécié que les choses, et les faits soient abordés avec  plus de conviction et plus de tripes.
 Virginie Montefiore/Champey Peik- Editions potentiel d'action-160 pages
Champey Peik, relaxologue depuis son retour à Paris, est diplômée de la méthode Tony Neuman.
Elle travaille actuellement auprès de deux sociétés de finance à Paris.
"Petite étoile khmère "est son premier témoignage




jeudi 8 septembre 2011

L'écriture ou la vie


Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri IV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peu exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et peut-être par un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document. Mais il a composé une oeuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald.
A plusieurs reprises j’ai été émue par les témoignages audiovisuels de Jorge Semprun. Son décès il y a peu m’a incitée fortement à le lire…enfin si j’ose dire. C’est peu dire que j’en attendais beaucoup, trop peut-être ? Car je suis extrêmement déçue de cette lecture.

Par le contenu, en premier lieu. J’attendais autre chose. J’attendais un témoignage sur sa déportation. Or il ne s’agit pas tout à fait de cela ; pas que de cela en tout cas.
Par les longs passages consacrés à la philosophie, aux auteurs, en second lieu. Certes il fut étudiant en philosophie, mais cela m’a semblé ennuyeux, trop copieux, trop !! En somme cela m’a paru "j’en mets plein la vue  avec tout ce que je sais… " Alors que je n’ai guère d’atome crochu avec cette matière si abstraite à mes yeux et à mon cerveau, je me suis senti engloutie et écrasée, au point de me demander sérieusement ce que tout cela faisait là, dans ce livre là…
Par le fouillis permanent que constitue ce livre, ensuite. Je n’ai pas aimé du tout ce manque d’organisation, ces aller et retour incessant et répétitifs .Il saute sans cesse du coq à l’âne, pour revenir à l’âne, et repartir vers autre chose…..J’aime les choses quand elles sont clairement exposées. J’aime  que les idées soient organisées, structurées…bref, j’aime bien m’y retrouver.
Enfin, je suis triste du peu de sensations que m’a occasionnées cette lecture. J’attendais d’être remuée, interpellée, secouée. J’attendais de l’émotion, j’attendais d’entendre raisonner cette corde intérieure, cette petite musique qui est le signe d’une belle lecture. Je m’attendais à cheminer avec Semprun…Et bien non, rien ; ressenti zéro, émotion nulle, calme plat, bouleversement avorté, secousses réduites à néant…

Pour finir sur une note plus positive, je reconnais que l’écriture est élégante, les références solides. Hélas cela ne fait pas tout.
Jorge Semprun- Gallimard Collection Folio n°2870-395 pages

Lu dans le cadre du challenge le nez dans les livres proposé par George.

mardi 6 septembre 2011

La petite

« J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. »
Méfiez vous des enfants sages…

Encore merci à ma libraire, la même, pour son enthousiasme communicatif.
Elle a douze ans, son grand –père vient de mourir, et ce jour là elle a décidé de mourir…

Avec une sensibilité extrême, Michèle Halberstadt se met dans la peau d’une adolescente qui un beau matin a décidé d’en finir avec la vie. Cela pourrait être larmoyant, mélodramatique à souhait….C’est d’une finesse infinie, cousu point par point, et délicatement construit pour finir….lisez et vous saurez !!!

Le prologue est abrupt : « J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. »
Le fil du roman retourne dans le passé au cours duquel la petite (on ne connaît pas prénom, c’est ainsi que ses parents l’appellent…. Un signe….) se livre au lecteur à une confession intimiste. Peu à peu nous faisons route avec elle, nous vivons avec elle, et prenons part à son mal être grandissant. « Une vie qui en vaille la peine, qu’est-ce qui fait qu’on la mérite ? »
Nous rentrons à petits pas dans cette famille où cette petite n’est guère regardée, où l’on s’perçoit à peine qu’elle existe. Elle grandit à l’ombre d’une grande sœur que la famille idolâtre. « La reine et la naine. C’est ainsi que je nous voyais. Comment se faire aimer de la Reine quand on est que la naine ? J’y épuisais mes nerfs. J’en oubliais de grandir. »

« Mourir d’ennui à l’école, pour ensuite se faire toute petite, s’enfermer dans sa tête et ses pensées à la maison, cela ne s’appelait pas vivre. Dépérir plutôt. »
« De toute façon, comment aurais-je pu dire à mon père que je me sentais étrangère à tous, même lui ? »

Michèle Halberstadt aborde ici avec délicatesse un sujet douloureux, celui de notre jeunesse qui ne veut plus vivre.

Difficile d’en dire plus sans déflorer l’histoire.
Difficile de retranscrire la finesse avec laquelle la maturité de cette petite, et la qualité de sa réflexion sont écrites.
Difficile de formuler davantage une lecture toute en sensibilité dégustée avec bonheur au milieu des bruyères et avec pour seule compagnie les oiseaux du large, le soleil (un peu traitre), et la musique de l’océan……

Michèle Halberstadt- Albin Michel( Août 2011)-150 pages




7/7 dans le cadre du challenge du 1% littéraire organisé par Hérisson.

Le challenge la plume au féminin organisé par Opaline.

Le match de la rentrée littéraire

La rentrée littéraire 2011 bas son plein en ce début de mois de septembre : 654 romans ont été annoncés par les éditeurs, et déjà la question se pose aux bibliovores : quels œuvres choisir cette année ?
L’année dernière, PriceMinister proposait à la blogosphère littéraire un match entre les gagnants du prix Goncourt et du prix Renaudot, La Carte et le Territoire de Houellebecq et Apocalypse bébé de Virginie Despentes. Cette année nous vous proposons de recevoir chez vous et de critiquer pas moins de 12 ouvrages de la rentrée littéraire sélectionnés par les blogueurs, pour les blogueurs.

Grâce au blog de Sharon, je participe cette année aux matchs de la rentrée littéraire.



Voici les douze titres sélectionnés :
 
1.Nestor rend les armes, de Clara Dupond-Monod
2.La belle amour humaine, de Lyonel Trouillot
3.1Q84, de Haruki Murakami
4.Les vaches de Staline, de Sofi Oksanen
5.Le Pacte des Vierges, de Vanessa Schneider
6.Désolations, de David Vann
7.Tuer le père, d’Amélie Nothomb
8.Des vies d’oiseau, de Véronique Ovaldé
9.Les souvenirs, de David Foenkinos
10.Limonov, de Emmanuel Carrère
11.Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan
12.Freedom, de Jonathan Franzen
J'aurai le grand plaisir de lire Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan.J'aurai jusqu'au 1er novembre pour publier mon avis. 

lundi 5 septembre 2011

Unité de vie


Unité de vie, c'est le face-à-face entre deux femmes. La plus âgée vient d'entrer dans un établissement médical. Elle n'en sortira plus. Elle laisse une maison, une famille, dont les contours s'estompent peu à peu. La plus jeune, sa belle-fille, d'origine bosniaque, se débat entre une vie de couple qui s'étiole et un passé ravagé par la guerre. Entre la femme qui perd la mémoire et celle qui veut la conserver à travers la photographie s'est nouée une relation forte.
La fosse aux ours publie peu, mais toujours de qualité, et dans un registre qui ne manque pas d’originalité. J’avais il y a 4 ans beaucoup apprécié Palermo solo de Philippe Fusaro .

Ce roman est court, mais bourré de sensibilité et de tendresse, et ce, malgré le sujet douloureux de la mémoire. Tout au long de ces pages, c’est en effet de mémoire dont il est question ;  d’un côté la mémoire qui fuit, et de l’autre la mémoire qu’il faut garder à tout prix pour préserver et transmettre.

C’est un roman de femmes. L’une s’en va, tout doucement, l’autre, depuis peu est sur une autre voie. Tout les oppose, et pourraient se détester. L’une est la belle-mère de l’autre.
La première perd la mémoire, et se voit "placée " comme on dit. La seconde est Bosniaque, réfugiée politique, a des difficultés dans son couple, et a un désir irrépressible de raconter pour ne pas se perdre. C’est la narratrice.

« Mon prénom qui se tien en équilibre sur l’incertain de sa mémoire et qu’elle prononce d’un coup avec l’urgence dans la voix. Mon soulagement de l’entendre me nommer car le jour viendra où je serai pour elle un visage sans importance. »

A une époque où nous parlons de pus en plus de celles et ceux qui perdent la mémoire, et avouons le nous que cela nous fait atrocement peur, ce livre m’a apporté beaucoup de douceur et e tendresse. Il est si cruel de voir d’éteindre celles et ceux qui en souffre. S’en occuper au quotidien amène au découragement et à l’impuissance, épuise même.
Ce livre apporte une réflexion sur la manière d’appréhender le sujet et aider à une approche différente de ces personnes.

« Comment ne pas penser à son propre vieillissement, celui qui fait peur parce que non-conforme à celui dont tout le monde rêve. »

Une question de la narratrice m’a énormément interpellée :
« Sans mémoire, le désir est-il encore possible ? »
Au-delà d’une réponse qui à elle seule pourrait occuper des pages et des pages, c’est de la dignité de la personne âgée, et surtout de celle dont les fonctions cognitives sont amoindries dont il est question…….une question que je n’ai pas pu ne pas relier à mon quotidien professionnel….

Encore un exemple de la tendresse et de la douceur qui relient ces deux femmes :
« Mais non tu n’es pas morte. Tu ne peux mourir que dans mes bras. »

Ce livre qui montre une vieillesse comme on voudrait l’éviter à ses proches, et se l’éviter aussi, n’est pourtant pas triste du tout. Il est serein. Je l’ai vu comme une passerelle….un trait d’union, entre deux vies.

Osez aller à la rencontre de ce livre dont je ne connaissais pas l’auteur –juste l’éditeur- et que j’ai choisi seulement pour l’enthousiasme de ma libraire qui c’est vrai m’oriente toujours judicieusement.

Fabienne Swiatly-La fosse aux ourses-110 pages




6/7 dans le challenge du 1% littéraire organisé par Hérisson               

 La plume au féminin, organisé par Opaline

C'est lundi, que lisez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*La petite , Michèle Halberstadt
*Unité de vie, Fabienne Swiatly
L'écriture ou la vie, Jorge Semprun


Ce que je suis en train de lire

*Une lecture cubaine (LC du 15 octobre)
*Easter parade, Richard Yates


Ce que je lirai cette semaine
*La fille de Louganis ,Metin Arditi
*Un manuscrit pour les nouveaux auteurs 
*Petite étoile Khmère, pour les agents littéraires
Voilà accessoirement je suis rentrée de vacances................


jeudi 1 septembre 2011

Kampuchéa


C’est le récit d’un voyage le long du fleuve Mékong, effectué entre le procès des leaders khmers rouges à Phnom Penh (2009) et la révolte des chemises rouges en Thaïlande (début 2010). Tout part, d’une certaine façon, de la découverte, par hasard, des temples d’Angkor par Henri Mouhot en train de poursuivre un papillon. Car la France est très présente. Elle est la puissance coloniale dont de nombreuses traces demeurent. Et Paris est le lieu où quelques jeunes Cambodgiens, vers le milieu du XXe siècle, viennent poursuivre de brillantes études : ils seront les « frères », numérotés par ordre d’importance, qui se retrouveront plus tard à la tête de l’inconcevable mouvement révolutionnaire des khmers rouges arrivés au pouvoir le 17 avril 1975 et qui organiseront une méthodique extermination de tous ceux qui résistent à leur système. L’auteur explore la mémoire de cette tragédie récente, dans le paysage souvent enchanteur du Mékong. La littérature n’est jamais loin, pour le meilleur (Pierre Loti, Malraux, Kessel ou encore Conrad) mais aussi pour le pire (Douch, l’un des hauts dignitaires après Pol Pot, à l’ouverture de son procès, déclame du Vigny).
Ce fut pour moi une lecture assez déroutante car premièrement il ne s’agit pas d’un roman avec des personnages, un scénario et un cheminement sur un temps donné.
En effet, l’auteur nous propose un récit de voyage dont il a posé un cadre temporel compris entre l’ouverture du procès des Khmères, et la révolte des chemises rouges en Thaïlande. Ce récit est en fait une série d’impressions posées ici où là sur l’histoire  et le présent non pas d’un pays, le Kampuchéa démocratique (ancien Cambodge) mais de sa région au sens large. Le fait de mélanger les choses, m’a un peu "dérangée" parce que j’aime savoir où je suis,  avec qui je suis, et à quel moment je suis.
Deuxièmement, et c’est peut-être là le plus important, j’ai trouvé cette lecture déroutante, car au fond elle est vite devenue ennuyeuse car très sèche. Autrement dit, pour moi cela manquait d’images, de documentations. L’écriture, bien que de bonne qualité, ne m’a pas donné la possibilité de m’évader, et, encore moins de visualiser, mentalement ce que l’auteur a écrit.
J’ai donc vite assez vite "décroché".
Les références historiques, et littéraires sont assez fournies, cependant tout cela manquait cruellement de vie.
Ce récit peut également dérouter celui ou celle qui n’a pas un minimum de connaissance de la région et de son histoire. Le hasard a voulu que durant cette période je lise d’autres ouvrages sur le Cambodge ; je savais donc ce qu’il en était. Mais pour les autres lecteurs…..
Au fond, une fois la lecture terminée, je me demande pourquoi ce livre, dans quel but, quel message et legs pour le lecteur ? Si ce n’est de l’ennui, et l’envie puissante de passer à autre chose, et vite.

Patrick Deville- Seuil (01/09/2011)-255 pages
Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire, et la revue du même nom. Son œuvre a été traduite en dix langues.

Je remercie Libfly et le furet du nord qui m’ont offert la possibilité de lire avant tout le monde cet ouvrage de la prochaine rentrée littéraire. 


5 /7 dans le cadre du 1% littéraire organisé par Herisson

lundi 29 août 2011

C'est lundi, que lisez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*Hypothermie, Arnaldur Indridason

On étés publiés cette semaine

*Comme une ombre, Michel Schneider
*Héritage,Nicholas Shakespeare

Deux ouvrages lus en juin2011 pour le grand prix du roman Fnac

Ce que je lirai cette semaine

Je suis en vacances.....j'ai pris quelques munitions avec moi: du polar des nouveautés,un livre en partenariat, quelques ouvrages de ma pile qui m'appellent.....mais pour le savoir, il faudra attendre mon retour......je ne lirai pas tout hélas





vendredi 26 août 2011

Le livre sur la place





Encore 3 semaines à patienter, et ce sera 3 jours de folie......des livres, des auteurs, des conférences, des émissions de radio.....

Laure Adler présidera cette 33ème édition
Simone Veil remettra le 10ème prix "Livre et droits de l'Homme" de la ville de Nancy
Marie Christine Barrault rendra hommage à Jacqueline de Romilly, accompagnée de Hugues Leclère au piano.
Fanny Contençon lira les plus beaux textes de Marguerite Duras.
Daniel Pennac se produira dans "Bartleby, le scribe"
Jean d'Ormesson s'entretiendra avec Françoise Rossinot
Lire et relire Jorge Semprun: ses plus beaux textes lus par la comédienne Catherine Matisse
Didier Decoin, lira es extraits de "Une anglaise à bicyclette"


Et puis tous les auteurs qui font cette rentrée littéraire , les éditeurs luxembourgeois, les éditeurs jeunesse, les éditeurs locaux.
Les auteurs fidèles au Livre sur la Place 

Vendredi 16 septembre
> 12h00
Chapiteau du Livre et jardin éphémère

Promenade inaugurale du Livre sur la Place, conduite par Laure ADLER, présidente de cette 33ème édition en présence de Frédéric MITTERAND, ministre de la Culture et de la Communication et de André ROSSINOT, Maire de Nancy.
Rendez-vous place de la Carrière, près de l'Arc Héré.


Vendredi 16 septembre
> 17h00
Studio de Radio France
Enregistrement en direct et en public de l'émission de France Inter " Le Grand Entretien " animée par François BUSNEL dans le studio de Radio France installé au cœur du jardin du livre devant le chapiteau.


Samedi 17 septembre
> 10h00 à 12h00
Opéra national de Lorraine
Enregistrement public de la célèbre émission littéraire de France Inter " Le Masque et la Plume " dans le foyer de l'Opéra en compagnie de Jérôme GARCIN et son équipe.

Samedi 17 septembre
> 15h00
Studio de Radio France
Enregistrement en direct et en public de l'émission de France Inter " Les liaisons heureuses " animée par Colombe SCHNECK dans le studio de Radio France installé au cœur du jardin du livre devant le chapiteau.

Dimanche 18 septembre
> 11h à 12h
Grand Salon de l'Hôtel de VilleBernard Pivot évoque son dernier livre " les mots de ma vie " (Albin Michel) à travers une conversation avec Françoise ROSSINOT.

 d'Ormesson et FOG :épatant !!

jeudi 25 août 2011

Vacances...........

Mon blog se met au ralenti, il a droit lui aussi à quelques jours de repos bien mérité.Quelques messages sont programmés, mais de manière sporadique.


* Le rendez vous traditionnel du lundi: C'est lundi que lisez vous?
* Le 1er septembre, vous pourrez lire mon avis à propos de Kampuchéa de Patrick Deville, lu en avant première en juin

 Promenades, découvertes, photographie


Lecture, repos, repos, et encore du repos......parce que je le vaux bien !!!


A bientôt................

mercredi 24 août 2011

Hypothermie

Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria.
Un suicide ? Erlendur n’y croit pas et rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d’ombres : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s’est noyé sous ses yeux.
En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs…
Une nouvelle enquête de ce cher Erlendur Sveinsson menée par la plume rigoureuse, poignante et glaçante du maître du polar islandais.

Rien de tel qu’un bon polar pour vous réconcilier avec un livre. Quand rien ne va, quand tout vous tombe des mains, un polar et ça repart !!!
J’ai   donc suivi Erlendur dans une nouvelle aventure, et, un petit séjour sous le ciel islandais est parfaitement adapté les jours de canicule.
Certes, je n’ai lu que la cité des jarres, et 4 autres romans sont arrivés avant Hypothermie, mais cela n’a aucune importance. Je regrette juste de ne pas avoir pu suivre dans l’ordre l’évolution de notre commissaire. Le moins que je puisse dire c’est qu’il a de la suite dans les idées, sans agitation, sans s’énerver, et avec une discrétion absolue par rapport à son entourage, il creuse encore et toujours…, il y a des choses qui le chiffonne, on le sent, mais il ne dit rien.
J’apprécie Erlendur, parce qu’il est humain ; c’est un type comme des milliers d’autres avec ses problèmes de couple, des enfants qui ont leur petits ou gros soucis. C’est un type qui a du cœur, et pour qui le métier, est aussi une affaire de rencontres dans lesquelles il prend part aux détresses des citoyens. Voilà un homme qui aura ténacité d’aller au bout de ses affaires, même officiellement closes. C’est un fidèle, cet Erlendur, et même un sentimental.
Dans ces romans islandais, n’allez pas chercher de débauches d’hémoglobine, de mutilations horribles, ni de langage châtié….. Non, tout y est bien policé, de bon aloi, le rythme n’y est pas frénétique, mais continue.
J’ai apprécié une construction faite de quelques flash- back, qui rompent intelligemment le rythme. J’ai trouvé que l’affaire était bien menée, et que le savant mélange entre l’affaire, ou plutôt les affaires, et les scènes de vie ordinaire permettaient une bonne immersion en terre islandaise.
L’écriture y est fluide, les chapitres sont juste comme il faut, l’épaisseur du livre idéale.
Tout cela en fait en bon policier comme il faudrait en avoir toujours sous le coude, au cas où…..vous savez, les dimanches pourris, les jours de canicule où le cerveau ramolli ne supporte pas grand-chose, le roman intello qui ce jour là vous piétine l’aorte au point de vouloir tout envoyer promener…..bref les jours où l’on a pas envie de se casser la tête, tout en gardant un certain niveau de qualité.
Arnaldur Indridason-Métailié (2010)/Points (2011)-349 pages 


Roman sélectionné pour le Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2011, et que j'ai lu en tant que juré

  

 Challenge 26 auteurs /26 livres , 21/26 [I]
Lu dans le cadre du défi scandinave en noir proposé par Prune.

Pour l'Islande                    

Comme une ombre


« Il y a des histoires qui veulent être racontées. J'écris celle de mon frère comme en un miroir. Mais on ne sépare pas d'un miroir l'image qui s'y reflète. »
M.S.
Comme une ombre, c'est l'histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur enfance, de leur rivalité secrète, de leur impossible amour. D'effrayantes symétries entre les objets, les noms, les guerres, les amours. Des images obsédantes : une piscine municipale au bord de la Seine, un dancing, une caserne à Blida, un été espagnol... Et la mystérieuse L.
Michel Schneider raconte ici l'enquête du narrateur sur les traces de son double perdu : la guerre d'Algérie et ses douleurs, la musique et ses consolations, les femmes partagées à commencer par la mère, le désir, la trahison. Il explore le plus intime et confie la difficulté de grandir privé de son ombre.
Cherchant les mots qu'il ne lui a pas dits, et qui lui auraient ouvert ses bras, le survivant adresse au frère disparu une lettre qui ne lui parviendra pas.
« - Tu vas lui écrire cette histoire ? Pourquoi ton frère ? Et maintenant ? – Je ne sais pas bien. Pour lui rendre justice. Ou me faire pardonner quelque chose. Parfois j’ai l’impression ne n’être que son écho, son reflet, son ombre. »

Voilà un roman bien singulier, mais passionnant qu’il m’a été permis de lire presque malgré moi, si j’ose dire, tant j’ai jusque là eu tant d’appréhension à aborder le moindre ouvrage de Michel Schneider.

Mais au fond, est-ce vraiment un roman ? Peut-on parler uniquement de fiction ? Je n’ai que trop peu d’éléments de la vie de l’auteur, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce que je viens de lire ne comporte pas une bonne part d’autobiographie …

La note de l’éditeur a, à mon sens, tendance à éloigner le lecteur de cette idée, mais…à postériori, j’ai tendance à penser que cette note peut jeter une certaine confusion.

Il  n’empêche, dans une construction originale et méthodique, Michel Schneider emporte son lecteur dans son histoire familiale, et fraternelle.
Ils étaient plusieurs frères et sœurs, pas tous du même père. Mais il y avait surtout Bernard et Michel. Bernard est son ainé, a " fait " l’Algérie, en est revenu, est mort prématurément.
Michel, écrivain, a en commun le goût de la musique avec son frère, et par le biais de l’écrit part à sa recherche.
Dans les chapitres impairs, c’est Michel qui s’exprime sous forme d’enquête. Les chapitres pairs sont rédigés sous forme d’un récit, impersonnel.
Chacun des chapitres raconte l’histoire de ces deux frères, mais sous un mode différent, voir parfois antagoniste, comme si l’histoire n’était pas toujours la même selon l’endroit où l’on se place.
Cette quête n’est, en réalité, rien moins qu’un cri d’amour à un frère tant aimé, que la guerre d’Algérie a abimé profondément.
Les femmes, qu’ils ont parfois partagées, et la musique occupent  une large place sans pour autant (pour la musique) que l’on puisse l’expliquer clairement.

« Jamais Michel ne saura s’il a aimé Bernard pour la musique, ou la musique pour Bernard. Jamais il ne saura  ce que la musique lui disait, à lui. Son frère parlait peu de celle qu’ils partageaient. Il disait : Tais-toi, écoute ça ! »

Cette construction  permet une lecture fluide et rapide, et permet de ne pas tomber dans l’écueil d’une  narration linéaire qui retirait tout le charme de ce livre. Le sujet somme toute assez banal, prend, à mon sens, une tout autre dimension ; et de plus laisse toujours un doute  quant à la possible note autobiographique. On referme le livre avec cette interrogation  obsédante, mais absolument pas gênante. Ce livre est intrigant, et vaut au moins pour cela  d’être lu.

Michel Schneider-Grasset (24/08/2011)-329 pages
 
 Né en 1944, Michel Schneider, écrivain et critique littéraire, a été directeur de la musique et de la danse au ministère de la Culture de 1988 à 1991. Il est l'auteur de La Comédie de la culture et de plusieurs ouvrages sur la musique, notamment Glenn Gould piano solo, Prima donna, Musiques de nuit. Il a reçu le prix Médicis de l'essai en 2003 pour Morts imaginaires et le prix Interallié 2006 pour Marilyn dernières séances.

Lu dans le cadre du jury du prix du Roman Fnac 2011 




4 /7 dans le cadre du challenge le 1% littéraire organisé par Herisson    

Héritage

Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire ? C’est ce qui arrive à Andy Lakham, employé sans avenir dans une maison d’édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l’enterrement d’un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste en compagnie d’une étrange vieille dame, aux funérailles d’un certain Christopher Madigan. Le quel avait stipulé, dans son testament, que seules les personnes présentes à la cérémonie hériteraient de sa fortune. 
Comment après une simple présence fortuites à des funérailles d’un homme qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, Andy va devenir un homme immensément riche. A première vue, la situation l’arrange bien, il tire le diable par la queue, n’a pas une situation professionnelle prometteuse, et, vient de se faire larguer.
Le fait du changement radical de situation d’Andy n’est qu’un élément mineur de ce roman ; l’auteur y consacre d’ailleurs une seconde partie dont l’importance est minime par rapport à la première consacrée, si j’ose dire à planter le décor et nos personnages dans leur vie d’avant., et à la quatrième dont l’intérêt va croissant à mesure que le dénouement approche.

« Tu n’as pas seulement hérité de la fortune de Madigan, idiot. Tu as aussi hérité de son histoire. Tan que refusera de reconnaître ce qui va avec le fric, tu resteras un pauvre con. Pourquoi ?  Parce qu’on n’a rien sans rien. »

Passée l’euphorie de la grande vie qui ne durera pas bien longtemps, Madigan saure entendre les saines paroles de son ami. Des paroles qui feront écho en lui, puisque à partir de là, il ira retrouver la vielle dame présente comme lui aux funérailles, Maral, qui sera pour lui la mémoire nécessaire pour se faire une place auprès de Madigan, et surtout pour comprendre cet homme qui préfère léguer sa fortune à des inconnus plutôt qu’à sa fille Jeannine, et de savoir qui il est en réalité.
L’auteur, en donnant à Madigan des origines arméniennes donne une tonalité historique réaliste avec l’évocation du drame de l’Arménie et de son peuple.

C’est avec un plaisir certain, et à un rythme soutenu que j’ai lu ce livre. Il est bien écrit, les choses avancent, il n’y a pas de temps morts, l’œuvre est bien découpée en fonction de l’importance qu’ont les évènements. J’avais hâte de savoir…..
Malgré tout, après avoir laissé décanter, cette lecture ne laisse pas grand sillage derrière moi. C’est un bon livre, mais pas un grand livre ; pas un livre qui me marque durablement comme d’autres ont pu me bousculer.


Nicholas Shakespeare- Grasset (24/08/2011)-425 pages
Nicholas Shakespeare est né en 1957 à Worcester. Journaliste littéraire, il est l’auteur de plusieurs romans, dont La vision d’Elena Silves ( Albin Michel  1991), prix Sumerset Maughan, ainsi que de The dancer Upstairs, dont il a écrit le scénario du film réalisé en 2002.

Livre lu dans le cadre du jury du prix du roman Fnac 2011


3 /7 dans le cadre du challenge le 1%littéraire organisé par Herisson               

lundi 22 août 2011

C'est lundi que liez vous?

Ce que j'ai lu la semaine passée

*Une saison blanche et sèche, André Brink
*L'heure trouble, Johan Theorin
*Jeanne,Jacqueline de Romilly
*Le soleil se lève aussi, Ernest Hemingway ;mettant fin au challenge ABC/Babélio

Ont été publiés cette semaines

*Le Turquetto, Metin Arditi
Lu en avant première pour la Fnac, en juin 2011

*L'ampleur du saccage, Katouar Harchi
Lu en avant première pour le furet du nord, et Libfly en juin 2011

Ce qui sera publié cette semaine

* Héritage , Nicholas Shakespeare
*Comme une ombre, Michel Schneider
Lus en avant première pour la Fnac en juin 2011

Ce que je lis en ce moment

*Lecture soleil, pour le challenge un mot des titres (1er septembre)
lecture finalement insatisfaisante , et abandonnée

Ce que je lirai ensuite

*Quelque chose de suffisamment prenant pour me faire patienter avant les vacances
Mais j'ignore encore ce que ce peut être.....





samedi 20 août 2011

Le soleil se lève aussi


« Elle éteignit sa cigarette.
- J'ai trente-quatre ans, tu sais. Je ne veux pas être une de ces garces qui débauchent les enfants.
- Non.
- Je ne veux pas devenir comme ça. Je me sens vraiment bien, tu sais, vraiment d'aplomb.
- Tant mieux.
Elle détourna les yeux. Je crus qu'elle cherchait une autre cigarette. Puis je vis qu'elle pleurait, qu'elle tremblait et qu'elle pleurait. Elle évitait de me regarder. Je la pris dans mes bras. »
Je ressens une énorme déception à propos de ce livre que je ne parviens pas à finir. Mes yeux lisent, mais c’est à peu près tout. A chaque fin de chapitre, je me demande bien ce que l’auteur veut dire, démontrer, expliquer.
Je ne réussi pas à m’intégrer à cette bande d’amis, désabusés, alcoolisés, désœuvrés, qui errent entre Paris et l’Espagne.
Certes, dans la moitié du livre que j’ai "lue", l’auteur fait un joli portait du Paris des années 50 ; certes l’Espagne est bien évoquée…mais, hélas c’est à peu près tout. Le scénario, le fil de l’histoire me laisse perplexe, voir dans l’incompréhension. Je ne saurais dire, si c’est ce livre là qui ne me convient pas, ou l’auteur dont le style n’est pas ma tasse de thé.
De cet auteur, j’avais lu, le vieil homme et la mer, mais il y a de cela très longtemps ; je n’en ai pas de souvenir très précis, ni bon ni mauvais ; à l’époque, je ne pense pas avoir été particulièrement transportée.
 Ernest Hemingway-Gallimard/Folio-275 pages
Ernest Hemingway est né en 1899 à Oak Park, près de Chicago. Il passa tous les étés de sa jeunesse en plein bois, au bord du lac Michigan. En 1917, il entre au Kansas City Star comme reporter. Il s'engage en 1918 comme ambulancier de la Croix-Rouge sur le front italien. Après la guerre, Hemingway reprend en Europe son métier de journaliste. En 1936, il devient correspondant auprès de l'armée républicaine en Espagne. Il fait la guerre de 1939 à 1945, participe à la Libération de Paris avec la division Leclerc, puis continue à voyager : Cuba, l'Italie, l'Espagne. En 1954, Hemingway reçoit le prix Nobel de littérature. En 1961, il met fin à ses jours.

Challenge ABC/Babélio, 26/26 [H]
 J’achève sur une note négative le challenge ABC/Babélio, avec une certaine malchance sur les auteurs en H, puisque c’est le 3ème que j’aborde sans succès….

Challenge 26 libres/26 auteurs ,26/26 [H]

vendredi 19 août 2011

Le prince des marées

 
Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose ou leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l'âge adulte. Parce qu'ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d'art, d'exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l'amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse.
Entre l'émotion et la vivifiante intelligence, Le prince des marées est un de ces livres magiques qui peuvent vous briser le cœur, un de ceux que l'on n'oublie jamais.
Le titre à lui seul pousse à investir le paysage de rêve choisi pour la couverture. Seule l’épaisseur de ce roman pourrait faire reculer. C’est l’été, les vacances ne sont plus très loin ; soyons fou, relevons le défi !!! Je ne l’ai pas regretté, j’ai été très vite emporté par cette histoire, pour ne me consacrer qu’à elle. J’ai lu ce livre très vite, tournant les pages sans m’en rendre compte.

Le Prince des marées nous transporte en Caroline du sud sur les traces d’une famille de pêcheurs à la découverte de ses drames et de ses secrets.
Pour éviter au maximum lassitude et linéarité qu’un grand nombre de page aurait pu engendrer, l’auteur a choisi une narration unique, mais alternée dans l’espace, et inversée dans le temps.
Le roman en lui-même est précédé d’un prologue relativement court, dans le quel Tom Wimgo (le narrateur) se présente au lecteur tant sur le plan familial que sur le plan géographique, et d’une certaine manière de manière assez claire plante le décor et la problématique.
« Elle (sa mère) règne en souveraine dans l’exquise imagerie d’un fils béat de dévotion, pourtant je ne peux lui pardonner de n’avoir rien dit du rêve qui la nourrissait du temps de mon enfance, ce rêve qui allait provoquer la ruine de ma famille et la mort de l’un d’entre nous. »
« Je vous raconterai mon histoire. Il n’y manquera rien. Je vous le jure. »
 Il suivra un épilogue relativement court aussi, s’ouvre sur une note positive, lumineuse, et achève ainsi une belle et passionnante lecture.

Nous démarrons donc notre histoire au présent avec un drame, puis tout ne sera que chassé-croisé, entre ce présent et un passé qu’il va falloir aller déterre pour sauver Savannah, la sœur jumelle de Tom auquel Susan Lowenstein, sa psychiatre new-yorkaise demande son concours pour tenter de comprendre le drame de Savannah.

Nous suivrons donc Tom, Savannah, et Luke, leurs parents Lila et Henry à la personnalité si différentes, les grands parents qui eux aussi ont leur part d’ombre. Il y a dans cette famille une conception assez particulière de ce qu’est la vérité.
« Nos parents n’étaient pas partisan d’en dire trop à leurs enfants ; ils n’allaient pas au-delà de ce qu’ils estimaient indispensable de porter à notre connaissance. »
Il se passera des choses, graves, qui auront des répercutions sur chacun, mais surtout, garder la tête haute, ne rien dire, faire comme s’il ne s’était rien passé.

Au fur et à mesure de la narration de Tom, de l’évocation de ses propres problèmes personnels, et de sa relation avec Susan, tout s’éclaire, tout s’explique.

Ici ou là, malgré les tensions, glisse ici ou là un humour sudiste caustique qui me donnera souvent le sourire aux lèvres. J’ai apprécié le mode narratif alterné ; même si les différentes situations ne sont pas franchement posées, cela n’empêche absolument pas le lecteur de s’y retrouver.
Le climat familial est bien décrit. Le sud est bien évoqué, et bien différencié de la frivolité new-yorkaise du Dr Lowenstein.
« Ma mère ne serait pas un cas facile à expédier. Nous étions nés dans une maison de souffrance, de drames et de complications. Nous étions des Sudistes typiques. En chaque Sudiste, sous le vernis du cliché se trouve un autre cliché beaucoup plus profondément enfoui. »
J’ai beaucoup aimé la manière avec l’auteur a retransmis l’amour inconditionnel entre les jumeaux.

Enfin, pour être entièrement objective, ce roman, comme la majorité des gros volumes, n’échappent pas à un certain nombre de longueurs. Certains passages auraient gagné à être abrégés. La fluidité de l’écriture aura, cependant rendu l’écueil largement surmontable.
En outre, la révélation se fait dans des termes qui peuvent heurter certains ou certaines. Le passage est court, et unique, ce qui la rend elle aussi surmontable.

Pat Conroy-Pocket n°12400-1070 pages

Lecture commune avec Anne (de poche en poche), Frankie, George, Mrs Pepy

Lecture dans le cadre du challenge le défi des mille organisé par Fattorius.  Il consiste à lire au moins un livre de plus de mille pages durant l'année....Mission accomplie !!

Pour la Caroline du Sud, berceau de la famille Wingo  6/50
 Livre adapté au cinéma par Barbra Streisand

jeudi 18 août 2011

Jeanne


Voici le livre secret de Jacqueline de Romilly. Écrit dans l'année qui suivit la mort de sa mère, en 1977, elle en fit imprimer quelques exemplaires pour les donner à ses amis. Mais par pudeur, par respect, parce qu'il y a quelque chose de vulgaire à se laisser interroger sur ce qu'il y a de plus intime, et parce qu'elle avait horreur de la vulgarité, elle n'a pas souhaité que ce livre soit publié de son vivant et a chargé son éditeur et ami Bernard de Fallois de le publier après sa mort. Elle fait ici le portrait d'une femme aux dons multiples, travailleuse infatigable, qui fit preuve pendant trente ans d'un talent d'écrivain reconnu, mais ne connut jamais le véritable succès. Après avoir perdu son mari au début de la guerre de 14, elle avait choisi de vivre dans l'ombre de sa fille. C'est toute une époque de la vie française du premier XXe siècle que Jacqueline de Romilly fait revivre autour d'elle. Mais c'est aussi le récit - on a presque envie de dire la confession - de l'union indissoluble d'une fille et de sa mère. Jacqueline de Romilly nous en dit beaucoup sur elle-même, à cette occasion, et nous comprenons mieux ce sentiment mêlé d'admiration, de sympathie, de reconnaissance et d'affection que ses lecteurs, même s'ils ne l'avaient jamais rencontrée, ont éprouvé en apprenant sa disparition.
Jeanne, sa mère ; Jeanne  son amie ; Jeanne, sa vie, Jeanne, l’amour de sa vie. C’est cette proximité avec sa mère qui avant tout surprend : il n’y a pas de maman, ou ma mère….. « Je suis sa fille-la fille de Jeanne au bracelet d’argent, ou plutôt celle qui avait été Jeanne au bracelet d’argent. » Cela surprend, mais il y a un tel respect à nommer sa mère ainsi, Elle l’érige à un rang supérieur.
Jacqueline de Romilly aura attendu sa propre mort pour offrir au public cette déclaration d’amour à sa mère que son éditeur conservait précieusement depuis 34 ans.
Si c’est bien de Jeanne Malvoisin dont il est question, Jacqueline de Romilly est omniprésente par le "Je" employé. Elle prend de fait position dans le couple fusionnel mère fille-fille. L’une ne va pas sans l’autre, elles ne font qu’un. Au travers de sa mère, c’est également elle que Jacqueline de Romilly raconte
C’est la grande guerre qui va sceller cet amour. Jeanne se retrouve veuve très vite avec une petite à élever. Jeanne a quelques talents pour écrire. Il faudra se serrer les coudes, travailler, vivre, ou plutôt survivre.
L’histoire d’une femme, l’histoire des femmes durant les guerres. Qu’il est difficile d’être seule, d’être veuve et mère, d’être une femme respectable et respectée durant cette époque.
Jeanne, c’est la bonté même, le sacrifice même. Elle vit pour et au travers de son enfant.
Jacqueline de Romilly dresse un vibrant hommage à cette femme de lettres, intelligente, et qui n’a vécu que pour sa fille.
« Je sais aussi que tout ce qui a jamais tenté Jeanne, dans la, a été refusé par elle à cause de moi. »
« Telle était, pour Jeanne, la joie de la richesse : pouvoir me donner tout ce dont j’avais un instant envie. »
C’est à la fois tendre, doux, émouvant, très instructif sur l’entre –deux guerre.
Je regrette cependant que ce livre soit écrit dans une langue trop belle pour ce genre littéraire. Le livre en aurait été plus sensible, plus proche. Peut-être que l’auteur aurait gagné à fendre davantage l’armure, même si je reconnais aisément, qu’à l’époque où ce livre a été écrit, et juste après le décès ce Jeanne, l’exercice pouvait être plus délicat.
Jacqueline de Romilly-Editions de Fallois-248 pages
26/03/1913-18/12/2010
Jacqueline de Romilly, née Jacqueline David, est la fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin. Elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly.

Études à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1933), à la Sorbonne.

Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l’université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d’être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique).

Du début à la fin, elle s’est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l’époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l’histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.).
Elle a également écrit sur l’enseignement. Quelques livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990, ainsi que quatre volumes de nouvelles.
Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l’année 1987.
Prix Ambatiélos de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1948), prix Croiset de l’Institut de France (1969), prix Langlois de l’Académie française (1974), Grand prix d’Académie de l’Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995) et diverses récompenses grecques, dont en 2008 le prix du Parlement hellénique.
Élue à l’Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d’André Roussin (7 fauteuil).
Obtenant la nationalité grecque en 1995, elle est nommée « ambassadrice de l'hellénisme » en 2000. Jacqueline de Romilly s'est convertie au catholicisme en 2008, à quatre-vingt-quinze ans.

La plume au féminin avec Opaline