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dimanche 16 juin 2019

L’étoile du nord


Un petit séjour en Corée du nord, ça vous tente ?

Cela commence par une disparition bien mystérieuse d’un jeune couple sur une petite ile sud-coréenne à deux encablures de la sœur du nord. Nous sommes en 1998.
Douze ans plus tard, Jenna est une universitaire reconnue. Une seule ombre au tableau, sa sœur jumelle a disparu …

Le pays est entre les mains d’un psychopathe obsédé de l’arme nucléaire et affamant au passage son peuple surveillé de près.
La CIA recrute Jenna, officiellement pour les essais nucléaires, officieusement pour retrouver sa sœur.
L’auteur sait de quoi il parle. De son expérience nord-coréenne, il va tirer ses personnages secondaires qui reflètent les errements d’un pays miné par la corruption, le marché noir, et l’administration dont ses fonctionnaires cachent parfois à leurs dépens bien des secrets ; un peuple martyr qui tente comme il peut, avec les peu de moyens dont il dispose pour survivre, tout simplement.

Roman d’espionnage fort bien ficelé, ‶l’étoile du nord ″n’est pas écrit ‶le pied au plancher‶, mais se lit avec une certaine addiction imprégnant au lecteur au fil des pages l’effroi et révolte. On y apprend au passage le goulag, les camps d’expérimentations humaines, la stratégie porteuse de semence, la politique généralisée des enlèvements…un vrai petit paradis…

Alors, toujours partant pour la Corée du nord ? Je crois que je vais attendre en encore un peu !!
Encore une bonne idée de Poirette ! Merci à lui ! Pour les curieux, c’est le week-end de 6h à 9h sur Europe 1, et plus précisément le samedi à 8h50  pour le  polar de Poirette….

L’étoile du nord de D.B.John, traduit de l’anglais par Antoine Chainas, aux Arènes (Janvier 2019 ; 620 pages)


D. B. John (David John)
est journaliste et auteur anglais né au Pays de Galles.

Il commence une formation pour devenir avocat qu'il abandonne pour se consacrer à l'édition de livres jeunesse sur l'histoire et la science.

En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, "Flight from Berlin", publié en 2012.

Puis, il s’installe en Corée du Sud où il rencontre de nombreux réfugiés et fait de fréquents voyages en Corée du Nord, notamment en 2012.

En 2015, D. B. John a co-écrit, avec Hyeonseo Lee, "La fille aux sept noms" (The Girl with Seven Names), le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays.

Ces expériences lui inspire l'intrigue de "L'étoile du Nord" (Star of the North, 2018).

dimanche 15 mai 2016

Tout n'est pas perdu



Jenny Kramer est une adolescente sans histoire d’une ville cossue du Connecticut où elle vit avec ses parents bien insérés dans au sein de leur communauté. Jenny est victime d’un viol. Afin "d’oublier" elle reçoit un traitement expérimental. Sa famille, et notamment son père s’acharne auprès des autorités pour retrouver à tout prix le coupable, d’autant que Jenny ne va si bien que cela.
Mais peut-on réellement oublier ?
Ici point d’enquête de police, en tout cas pas au premier plan. Le narrateur est le psychiatre Alan Forrester en charge de la thérapie de la jeune femme. Et d’emblée la construction de ce roman prend une tournure un peu particulière tant l’implication personnelle et familiale d’Alan est forte. C’est d’ailleurs ce qui rend la première partie de ce thriller un peu poussive et parfois agaçante de par les nombreuses digressions qu’il comporte.
Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui insidieusement fait évoluer le contenu vers une dissection au scalpel de tous les personnages qui gravitent autour de la famille de Jenny, qui au passage sème le doute ici et là . De par son étude psychologique méthodique et sans fard, Wendy Walker parvient à créer un réel manque chez un lecteur qui au départ pouvait se perdre et se sentir un peu agacé.
Elle met aussi en lumière les interactions entre membres de la famille et entre les membres de la communauté pour mieux en extraire les failles et les non-dits.
Encore une fois Sonatine publie un ouvrage qui sort des sentiers battus en abordant un banal sujet de polar sous un angle différent , déstabilisant au départ et qui au final laisse un lecteur sans voix.

Un grand merci à Muriel pour ce livre .

Tout n’est pas perdu, de Wendy Walker, traduit de l’américain par Fabrice Pointeau, chez Sonatine (Mai 2016, 350 pages)


Ancienne avocate spécialiste en droit de famille, en droit commercial et banquier d'affaires, Wendy Walker est romancière et éditrice.

 Challenge Petit bac chez Enna : Ponctuation (ligne 3)

lundi 11 janvier 2016

Un fond de vérité



Nous sommes à Sandomierz, 200 km au sud de Varsovie, petite bourgade tranquille au bord de la Vistule, à l’époque actuelle. Szacki, procureur y est fraichement débarqué afin de mettre un peu de distance vis à vie de son ex d’une part, et d’y trouver un peu de calme, professionnellement parlant…. Lourde erreur !!
Le voilà  assez vite confronté à un meurtre à la mise en scène  qui rappelle les heures sombres du pays. Tout cela s’apparente à des pratiques judaïques…..
Voilà le lecteur embarqué au cœur d’un pays qui n’en a pas terminé avec son passé.
Zygmunt Miloszewski, dont c’est ici le second roman, remonte le fil d’une très vieille vengeance, et explore ainsi une histoire douloureuse tout en campant une son ouvrage dans une Pologne moderne où l’ombre tutélaire de la religion est encore vive.
L’auteur prend son temps dans la construction de son roman qui cependant ne comporte aucune longueur. La plume est alerte, travaillée sans être guindée, un brin mordante.
On lit ce roman avec un réel plaisir tant par ce qu’on y apprend que part un suspense savamment entretenu.
Assurément une très belle découverte.

Un fond de vérité de Zygmunt Miloszewski, traduit du polonais par Kamil Barbaski, Mirobole éditions, 2015,470 pages


Zygmunt Miłoszewski, né à Varsovie le 8 mai 1976, est un auteur phare de la jeune génération polonaise. Ecrivain, journaliste et scénariste, il fait ses débuts en 2005 avec un roman d’horreur remarqué, Interphone. Aujourd’hui, ses romans sont traduits dans 9 pays.
Les Impliqués (Mirobole, 2013) s’est vu sélectionné pour de nombreux prix, tel le Prix du polar européen , le Prix SNCF du polar et le Prix des lectrices de Elle. Mirobole a publié en janvier 2015 le deuxième volet des enquêtes de Teodore Szacki, Un fond de vérité.

jeudi 24 décembre 2015

Sans pitié ni remords



J’avais découvert Nicolas Lebel il y a presque 3 ans un peu par hasard avec "L’heure des fous ". Et j’avais perçu à l’époque un au bon auteur de polar en devenir.

Un autre, heureux hasard m’a remis sur le chemin de Nicolas Lebel, sans avoir mis un point d’honneur à le soutenir avec son second roman;Honte à moi !!


Me voilà donc avec le troisième entre les mains sachant de sources sures que l’auteur attend de pied ferme mon avis, et qu’il a le trac….

Comme il le dit, le corse est revenu ! Et mieux vaut ne pas  le croiser, car vous passerez un mauvais, très mauvais quart d’heure quart d’heure. Et c’est qu’il n’est pas seul, en plus.

Nous sommes là devant une affaire qui démarre presque dans un fou rire malgré les circonstances. Le capitaine  vient de perdre un ami et collègue, et se voit hériter de ses biens…. Et des emmerdes qui vont avec !
Si Nicolas Lebel ne veut ni pas prendre au sérieux, il ne n’en oublie pas pour autant de soigner son écriture en prenant le parti de l’humour, la dérision. Son intrigue est savamment travaillée ; on devine la recherche et la minutie. Jusqu’à la fin il aura su complexifier son affaire et ne pas tout dire  trop vite à son lecteur. Il faudra aller au bout pour démêler un scénario ancré dans le passé et dont l’architecture se nourrit de l’actualité.

Alors que Nicolas Lebel se rassure, il a progressé !Et comme il me l'a conseillé en PS, le  prêterai à qui il sait !!

Sans pitié ni remords, Nicolas Lebel
Marabout, Août 2015
384 pages
4ème de couverture :
9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d'un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s'agit de l'un des yeux d'une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l'Art ». Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l'apparent suicide d'un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d'une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police. Les deux « suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement. Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.
A propos de l’auteur :
Nicolas Lebel est né à Paris où il vit encore aujourd’hui.

Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins: "Les Frères du serment", qui sort dans un silence prometteur.

En 2013, il publie aux Éditions Marabout "L’Heure des fous", puis en 2014, "Le Jour des morts", deux romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.

Par ailleurs, soucieux de devenir le plus grand batteur de Métal de la planète avant sa mort, Nicolas Lebel apprend à dompter sa batterie depuis quatre ans sous les encouragements de ses voisins. Adepte de Côtes du Rhône et de Whisky Islay, l’auteur s’astreint à des dégustations régulières parce que rien de grand ne se fait sans rigueur et discipline. La photo et les sports de combat achèvent de remplir un emploi du temps saturé.